dimanche 28 mai 2017

Les Articles du Blog


Voici la liste des articles traduits en français publiés sur ce blog, séparés des réponses aux lecteurs traduites aussi sur ce blog.

Il existe le blog http://temoignages-enfance.blogspot.fr pour lire et publier des témoignages sur l'enfance et les maltraitances que l'on y subis.

Infos: Les liens sur le site d'alice miller ont changés, j'essaie de les mettre à jour mais c'est long donc il est possible que des liens renvoyant vers le site d'alice miller soient erronés, dans ce cas reprenez le titre du lien qui est souvent le titre de l'article et indiquez le dans la boite de recherche du site d'alice miller à droite.


Note: la liste les articles ci dessous ne sont pas présentés par ordre chronologiques de publication sur le site d'Alice miller. 

Articles Traduits en Français d'Alice Miller

Les articles ci dessous ont été archivés ici : https://archive.is/alice-miller.blogspot.se



Articles sur les Travaux d'Alice Miller et d'Olivier Maurel



 Articles sur les Maltraitances des Enfants :




 

"Votre Travail"

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Your work" (https://archive.is/qfrpl), Friday November 17, 2006.


L'auteur du courrier est un conseiller en santé mentale qui travaille dans un centre pour femmes abusées et explique qu'aucun de ses collègues ne connait les livres d'alice miller.

Merci de votre courrier. Je pense que même de nouvelles méthodes qui reconnaissent déjà les nombreux traumatismes endurés dans l'enfance sont toujours incapables d'aider si elles ne peuvent pas encourager les clients à voir clairement qu'ils nétaient pas seulement soumis à de nombreux traumatismes mais ont vécus de nombreuses, nombreuses années comme étant des enfants sans défense sans "témoins secourable", dans un climat de terreur insupportable. C'est seulement si les thérapeutes peuvent supporter cette connaissance qu'ils peuvent aider les survivants de ces crimes à se rebeller contre eux, à arrêter de protéger les parents de leur rage et à se libérer des sentiments de culpabilité qu'ils s'imposent; ils paient ça avec d'inombrables maladies. Si vous lisez mes plus récents articles et d'autres article sur le site vous allez comprendre pourquoi mes livres ne sont pas connus en Floride ou ailleurs. Qui veut savoir ce que pape et maman ont réellement faits ? Les thérapeutes ne veulent pas le savoir non plus. Donc beaucoup d'entre eux empêchent leurs clients de connaitre la vérité. Ils ne veulent pas être ennuyés par mes livres parce que ces livres les confrontent à leur propre histoire. Il n'y en a pas beaucoup qui recherchent cette confrontation comme vous. La plupart préfèrent rester les "aidants" sans connaitre leur propre histoire. Mais ça ne marche pas, je suppose, le corps se rebelle à la fin.

Version Originale:

AM: Thank you for your letter. I think that even new methods that already do acknowledge the many traumas endured in childhood are still unable to help if they can’t encourage the clients to clearly see that they were not only submitted to some traumas but lived for MANY, MANY YEARS as helpless children without ‘knowing witnesses,’ in a climate of an UNBEARABLE TERROR. Only if we as therapists can bear this knowledge can we help the survivors of these crimes to REBEL against them, to stop to protect their parents from their rage and to liberate themselves from the feelings of guilt they instead burden on themselves; they paid for this with countless illnesses. If you read my most recent article and other articles on this site you will understand why my books are not known in Florida or elsewhere. Who wants to know what Daddy or Mom really have done? The therapists don’t want to know it either. So many of them prevent their clients from acknowledging the truth. They don’t want to be bothered with my books because these books confront them with their history. There are not many who are seeking this confrontation as you obviously do. Most prefer to stay the “helpers” without knowing their history. But this actually doesn’t work, I suppose. The body rebels at the end.

mercredi 24 mai 2017

A Propos de Thérapie

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "About therapy"
Sunday August 17, 2008. (https://archive.is/GKha0)


La personne explique dans le courrier qu'elle a essayé plusieurs formes de thérapies sans succès et que les émotions que ressent cette personne maintenant ne sont pas connectés à des souvenirs d'enfants, qu'elle ne se souvient pas d'abus sexuel mais qu'elle se sent inconfortable sexuellement dès qu'il y a des hommes et qu'elle ressent une énorme colère envers ses parents envers ce qu'ils lui ont fait ou ce qu'ils n'ont pas réussi à lui donner.

Norman: "La personnalité borderline", qui est réellement un complexe de stress post traumatique, est toujours le résultat de sévères abus dans l'enfance, et ça inclus généralement l'abus sexuel. Vos émotions indiquent clairement que vous avez été abusé sexuellement dans l'enfance. Comme beaucoup de victimes, vous ne vous en souvenez pas de façon consciente. De part ma propre expérience, il est possible de se souvenir des aspects les plus difficiles et douloureuse de l'abus dont on a souffert dans l'enfance seulement après que nous ayons pris au sérieux les souvenirs d'abus que nous avons déjà, et les signaux que le corps (l'enfant) utilise pour communiquer avec nous et nous dire ce qui nous est arrivé. Vous avez besoin de prendre entièrement au sérieux le ressenti de votre corps. Le petit enfant que vous étiez a besoin de vous faire confiance  pour pouvoir vous redonner vos souvenirs consciemment, et il ne le fera pas si vous ne prenez pas au sérieux ces signaux. Il peut essayer de vous informer avec des rêves aussi. Ces choses prennent du temps et de la patience. J'espère que vous thérapeute est assez courageux pour voir l'importance et le sens de vos émotions et qu'elle ne va pas en être effrayée ou essayer de vous imposer des interprétations psychodynamiques.

Version Originale:

Norman: “Borderline Personality Disorder”, which is really a complex post-traumatic stress disorder, is always a result of severe childhood abuse, and this usually includes sexual abuse. Your sensations indicate clearly that you were sexually abused in childhood. Like many victims, this abuse is not available to your conscious memory. From my own experience, it is possible to remember the most difficult and painful elements of the abuse we suffer in childhood only after we take seriously the abusive memories we already have, and the signals that the body (the child) is using to communicate with us and tell us what happened to us. You need to take completely seriously your body sensations. The little child you once were needs to trust you very much in order to give you back your conscious memories, and he will not do it if you don’t take him signals seriously. He may try to inform you with dreams, too. These things take time and patience. I hope that your therapist is brave enough to see the importance and meaning of your sensations, and that she will not be afraid of them or try to impose on you harmful psychodynamic interpretations. 

Abus Physique et Politique

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Physical abuse and poltics", Friday July 14, 2006 (https://archive.is/pIw6z)


Le courrier parle des combattants violents en Israel et dit qu'ils ont une histoire de violences et d'abus dans l'enfance et que l'ignorer est ce qui cause cette réapparition au niveau politique et personnel. Ensuite il parle de son histoire personnelle, des ses parents qui "inspectaient" et "corrigeaient" de façon brutale sont corps quand il était petit, impuissant, dépendant d'eux et de leur compréhension, de son sentiment de trahison absolu de leur part et des sentiments intenses de revenche et de haine contre eux.

Il parle ensuite des politiques qui laissent leur blessures et la rage supprimée se "former" inconsciemment dans des idéologies politiques dans lesquelles ses sentiments sont finalement déchargés sur des substitut avec des conséquences désastreuses pour tous ceux impliqués.

"AM:Je suis d'accord avec vous. Les sentiments consciemment SENTIS ne sont pas dangereux et nous rendent libres de trouver des solutions constructives. Mais la rage et la peur niée, supprimée (des parents), couverte par des idéologies et le fanatisme religieux, conduisent à des actions irrationnelles contre des substituts et sont destructeurs à la fois pour la victime et l'agresseur."


Version Originale:

"AM: I agree with you. The consciously FELT feelings are not dangerous and make us free for finding constructive solutions. But the DENIED, suppressed rage and fear (of parents), covered up by ideologies and religious fanaticism, lead to irrational actions against substitutes that are destructive for both the victim and the aggressor."


vendredi 29 avril 2016

Le Féminisme


Recueil de quelques courriers sur le site d'Alice Miller dénonçant les dérives du féminisme qui ne sert en définitive bien souvent qu'a protéger la mère représentée par les femmes.


  • A propos d'un cas d'infanticide en Allemagne [Archive] :  "Ces meurtres sont l'effet des conditions sociales rudimentaires et peu civilisées du deuxième Etat allemand, où cette femme a grandi, affirme un homme politique, tandis que d'autres s'indignent de ces déclarations. Un scientifique et ex-ministre réclame une enquête sur les conditions de vie des enfants dans l'ex-Allemagne de l'Est, peut-être plus dangereuses que dans la partie occidentale. Il ne manque plus qu'une déclaration féministe disant que cette malheureuse femme a tué parce qu'elle vivait sous le patriarcat, sans quoi elle n'aurait jamais fait une chose pareille.
    Tout le pays est visiblement troublé : que se passe-t-il dans notre belle société si propre, si ordonnée, si merveilleuse ? Un crime, et surtout un meurtre d'enfant, est-il concevable dans de telles conditions ? Cela peut-il réellement se produire ?"
  • Frenzy - Enfance, haine et pulsion de meurtre  [Archive]: "(Au passage, Pincus apporte un éclairage révélateur sur une thèse chère à certaines féministes : aucun enfant mâle ne naît avec la haine des femmes, cette haine est le produit de circonstances bien réelles et concrètes. Lorsqu'on lit les déclarations des prostituées victimes des agressions de Post, on ne peut s'empêcher de se poser des questions sur une société capable, comme l'a fait l'Allemagne, de considérer la prostitution comme une “profession ordinaire”. Il n'y a rien à redire au fait que les prostituées aient été libérées de la stigmatisation morale et qu'elles aient désormais accès à la sécurité sociale. Mais sont-elles des travailleuses comme les autres ? J'en doute fort. Cette position et d'autres du même genre défendues par certains groupes sociaux me paraissent être bien davantage l'expression d'une perversion fondamentale de la sensibilité et de la pensée.)"
 
  • Thomas Gruner – Entretiens avec Alice Miller sur l’enfance et la politique (octobre 2004) [Archive]: "A cet égard, j’aimerais revenir sur la question que j’ai déjà eu l’occasion de soulever à propos de Hildegard Lächert, connue au camp de Majdanek sous le nom de “Brigitte la Sanglante”. Aujourd’hui encore, des féministes réputées, en particulier en Allemagne, continuent à défendre obstinément la thèse selon laquelle les femmes ne peuvent pas être violentes, encore moins sadiques, et il est assez rare qu’on leur porte la contradiction.
    Dans votre premier livre, vous parliez déjà de mères défaillantes, mais aussi de mères cruelles. Vous n’avez jamais cessé d’attirer l’attention sur la difficulté de faire émerger toute la vérité, donc pas seulement la vérité sur le despotisme du père. Depuis, de nombreux cas de mères maltraitantes ont été mis en évidence. Si nous ne vivions pas dans une société patriarcale, on pourrait bien imaginer qu’une femme aussi puisse présenter des traits de caractère semblables à ceux des dictateurs hommes, donc qu’elle arrive au pouvoir et soit à l’origine de crimes semblables.
    En soi, c’est concevable, mais il ne faut pas oublier que lorsqu’elles sont dans des rôles de mère, de puéricultrice, d’éducatrice de jeunes enfants, les femmes disposent déjà d’un pouvoir illimité et pratiquement incontrôlé, qu’elles sont donc déjà en capacité de nuire à un être humain dès le début de sa vie de telle façon qu’il ne s’en remettra jamais. Et elles peuvent le faire impunément. Les mères pratiquent la violence plutôt en cachette, mais elles ont indubitablement une part dans la production de la cruauté.
    Et nous savons que parmi ceux qui choisissent la “carrière de terroriste”, il y a aussi des femmes. Elles ne se défendent pas des hommes, ne luttent pas pour être indépendantes, mais elles extériorisent leurs frustrations contre des inconnus qui ne leur ont rien fait, y compris des enfants. Des femmes ont participé à la prise d’otages de Beslan. On peut difficilement s’empêcher de penser que ces preneurs d’otages, hommes et femmes, ont aussi mis en scène là l’histoire de la terreur qu’ils ont vécue autrefois."



Comprendre le tortionnaire n'aide pas


Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Understanding the torturer doesn’t help" [Archive]


Comprendre le tortionnaire n'aide pas


J'ai eu de la compassion pour ma mère jusqu'à ce que je retrouve la mémoire. J'ai su très tôt dans ma vie que ma mère m'a brutalisée parce qu'elle a souffert. Ca ne m'a jamais aidé pour mes souffrances mais a rendu possible de tolérer une mère brutale dont j'avais besoin pour de la nourriture et un abris qui étaient instinctivement mes premiers besoins en tant qu'enfant.

Je savais que ma mère était maltraitante, mais j'ai du croire qu'elle avait un bon coté après tout. N'est-ce pas comme le syndrome Stockholm ?

En tant qu'adulte ma connaissance intellectuelle que ma mère était une victime de beaucoup de choses (de la guerre, de son père - certainement pas du mien, qu'elle controlait comme un idiot - et de sa mère) n'a pas aidé le petit enfant que j'étais à se protéger de se monstre, ma mère.

J'ai eu plein de problèmes de santé de 33 ans à 45 ans. Graduellement tandis que je reconnaissais la terrible mère que j'ai eu, ma santé s'est améliorée, mais jamais totalement. Toujours dans les main de la médecine alternative, merci mon dieu. Ce n'est que quand j'ai compris que mon enfant intérieur avait besoin d'être libéré de la présence de son tortionnaire, de tous les contacts avec elle, ma santé redevint totale.

Ma vision s'est améliorée, je n'utilise plus de lunettes. J'ai l'air plus jeune. Souvent mon enfant intérieur est effrayé que sa "mère" puisse souffrir et alors le tuer pour l'avoir déçue, et que ça ne serait pas de sa faute. La connaissance de sa souffrance ne m'a pas aidée avec la peur d'être abandonnée ou tuée par elle.

Je peux dire que ça ne va pas aider un enfant tué par sa mère qu'on lui dise que sa mère a beaucoup souffert. La biologie et la survie ne sont pas sensibles à la politique pour un enfant. J'étais une féministe et j'ai protégé ma mère avec cet argument infantile pendant des années.  Mon enfant intérieur m'a conduit à la maladie qui a stoppée seulement quand j'ai été sur pour ma petite fille intérieure que cette femme n'allait plus jamais l'approcher. Elle a confessée avoir de la pitié pour son tortionnaire.  Cette mère pardonnant le féminisme et ses excuses pour les crimes des femmes contre les enfants ont retardé ma guérison pour des décénnies. Ma soeur pourrait mourrir. Vous pouvez publier cette lettre.


"AM: Vous avez absolument raison en disant que "La connaissance de sa souffrance ne m'a pas aidé pour ma peur d'être abandonnée ou tuée par elle. Je peux dire que ça ne va pas aider un enfant tué par sa mère qu'on lui dise que sa mère à beaucoup souffert." Et votre corps vous remercie pour votre découverte. Malheureusement le féminisme bloque cette compréhension en protégeant les mères. Félicitations!"




 

Version Originale:

I had compasión for my mother ever since I have memory. I know very early in life that my mother brutalized me because she suffered. That never helped my suffering, but made posible to tolerate a brutal mother that I needed for food and shelter which were instinctively my primary needs as a child. I know my mother was evil, but I had to believe she had a good side alter all. Is that not like Stockholm síndrome? As an adult my intelectual knowledge that my mother was victim of many things (war, her father- certainly not mine who she controled like an iditot- and her own mother) did not help the need the little child I was had of being protected from this monster, my mother. I had many health problems from 33 to 45. Gradually as I acknowledged the terrible mother I had, my health imrproved, but never totally. Always in the hands of alternative medicine, thank god. Only when I realized that my inner child needed to be freed from the presence of this torturer, from all contact with her, my health became total. My eyesight improved. Do not use glasses any more. I look younger. Many times my inner child is frightened that this so called mother might suffer and then kill me for dissapointing her, and that it World not be her fault. The knowledge of her suffering did not help my fear to be abandonded or killed by her. I could say it would not help a child killed by her mother to be told that her mother had suffered a lot. Biology and survival are not sensitive to politics for a child. I was a feminist and protected my mother with this infantile argument for years. My inner child led me to sickness that only stopped when I made sure to my inner little girl that that woman would never get anywhere near. I did well, my sister who stayed with her, is now at 34 sick with a terrible cancer. She confessed to pity her torturer. This mother forgiving feminism and its excuses for womens crimes against children delayed my recovery for decades. My sister might die. P
You can publish this letter.


"AM: You are absolutely right by saying “The knowledge of her suffering did not help my fear to be abandonded or killed by her. I could say it would not help a child killed by her mother to be told that her mother had suffered a lot.” And your body thanks you for this insight. Unfortunately, the feminism blocks this understanding by protecting the mothers. Congratulations!"

mardi 12 avril 2016

Ce Que Je Sais



Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "What I Know" [Sauvegarde].



"Je ne me souviens pas exactement quand ma dissociation a engloutie presque tous mes souvenirs d'enfance mais elle l'a fait. Voilà ce dont j'ai pu me souvenir cette année. Mon père me l'a dit cette année. "Tu as seulement été partiellement circoncisé." Je n'ai pas demandé pourquoi. Je part de ce principe parce que j'ai mis en place une tel lutte. Premier souvenir revenu. J'ai quelques mois, et je me sens totalement impuissant. Je regarde en haut et voit ma mère, elle à l'air d'un grand oiseau essayant de me manger. Je suis terrifié. Je me rappelle être sous une table et toucher mon pénis et je me sens bien. Ma mère me voit et réagi avec horreur. Je suis confus et effrayé. Je me souviens d'avoir cueillit des tulipes de ma grand mère parce qu'elle sont si belles. Elle était la seule personne qui ne m'a jamais aimé. J'ai senti de l'amour pour ce cadeau. Je suis seul debout dans une église et le prêtre a demandé à tous ceux qui savent avoir été sauvé par Jésus de venir et de se lever devant lui. J'ai six ou sept ans, je suis la seule personne qui ne le rejoint pas. Je me sens si petit et si effrayé. Tout le monde à l'air si nerveux. Je pense que c'est parce que je suis très mauvais. Je suis en train de courir. Mon père me chasse et me frappe, me pourchassant autour de la maison. Ses yeux sont exorbités et son visage est rouge il crie. Ca a duré des jours et des années, j'ai eu une expérience de sortie de mon corps en thérapie quand j'ai retrouvé ce souvenir. Je suis terrifié. La dissociation a commencé. Ma mère me frappe si durement et elle est tellement en colère parce qu'elle a eu mal a sa main. Je suis terrifié et ça fait mal. Je sens que je mérite ça. Ca a duré des années. J'ai huit ans assis dans la maison d'un voisin avec mes parents dans la pièce voisine la chambre de leur fils de 16 ans ou j'ai été envoyé pour jouer. Il m'a violé. Je me sens comme étant dégoutant et je passe silencieusement vers mes parents et les laisse tout seul. Je prend soin de ne pas les déranger. Je ne sais pas exactement ce que je ressens mais je suis conscient d'être sale et effrayé. J'ai 9 ans dans le lit de ma mère, mon père n'est plus à la maison je veux juste être près d'elle. Je me sens malade comme ce n'est pas permis. Je suis confus. J'ai été molesté par un garçon plus âgé, plusieurs fois, je me sens bien. En thérapie, j'ai trouvé le sentiment de terreur et la connaissance que j'ai sacrifié mon corps pour ressentir quoi que ce soit qui puisse ressembler à l'amour. Je me sens malade. Vers 11 ans, je me suis renfermé sur moi même. Personne ne l'a remarqué. J'ai des fantasmes ou je pense à me tuer. Espérant, que peut être si je fais ça au moins quelqu'un va remarquer une fois parti qu'ils m'aimaient. Je suis très confus et dissocié. Je sens de la haine pour moi mais je ne sais pas comment l'appeler. Je sens que je suis la cause de tous les problèmes et du problème de mes parents. Je deviens une cible pour beaucoup d'autres gens qui essaient de me molester mais maintenant je fuis, pas seulement d'eux mais de moi même. Cette haine de moi même est devenu une compagnie constante. Elle a grandi en la forme tordue d'un ami. Je suis trompé. Elle me réconforte. Je me retire dans un endroit sûr profondément à l'intérieur ou personne ne peut m'atteindre. La personne que tout le monde voit continue de fonctionner dans le monde et personne ne remarque que je suis partis. Maintenant je suis très très seul mais je me sens plus en sécurité. La personne à l'extérieur reçoit l'abus croissant de la colère des autres. Ils deviennent très très en colère que je ne fonctionne pas correctement et que je me sois retiré si profondément. Dans ce retrait je me préserve. La personne que tout le monde voit devient maintenant très en colère. Je suis entré dans des années d'auto destruction, de plusieurs formes. Je ne sens presque plus que de la colère et plus tellement de douleur. Sous le radar de chacun le garçon caché continue de rechercher la vérité. Il est déterminé. Il y a plus mais c'est assez. Quelques part entre hier et aujourd'hui j'ai trouvé le courage et la force de mettre de coté tous mes trucs spirituels et de faire face à la vérité des faits. Un par un totalement seul. Pour chaque fait simple, j'ai joint un sentiment. J'ai maintenant deux informations importantes. Premièrement. J'ai survécu à la réalité de peu d'amour mais je suis capable d'être aimé. Deuxièmement. Quand j'ai commencé d'écrire cette lettre j'ai eu une grande peur que si j'envoyais ce courrier les gens en lisant ce courrier allaient sortir de mon écran d'ordinateur et essayer de me tuer tellement je suis répugnant. C'était le poison tordu que j'ai bu. Ce que j'ai trouvé ici dans la solitude de ma chambre avec seulement moi et mon chat est un être humain très aimant et très attentionné, pas seulement pour tous les créatures vivantes et les choses, mais ayant plus d'importance pour la personne que je suis. Je suis mon cadeau et je suis le seul cadeau que j'ai a offrir aux autres. James.



AM: Vous avez trouvé votre véritable moi et voulez vous écouter. C'est en effet, comme vous le dites, le plus grand cadeau que vous pouvez obtenir. Et avec ce courrier vous nous laissez participer à cette découverte. Merci de votre courrier, aussi au nom des gens qui vont le lire."




Version Originale:



"I don't exactly remember when my dissociation swallowed up almost all my memories/sensations of childhood but it did. Here is some of what I've recovered this year. Told to me by my father this year. "you were only partially circumcised" I did not ask why. I assume because I put up such a struggle. 1st recovered memory. I am a couple of months old I feel totally helpless laying down. I look up and see mom, she looks like a giant bird trying to eat me. I am terrified. I remember being under a table and touching my penis and it feels good. My mother sees me and reacts with horror. I am confused and frightened. I remember picking my grandmother's tulips because they are so beautiful. She was the only person who ever loved me. I feel love for this gift. I am standing alone in a church the preacher has asked everyone who knows they are saved by Jesus to come and stand up front with him. I am small, 6 or 7 maybe, I am the only person that does not join him. I feel so small and so scared. Every one looks so nervous. I think Its because I'm so bad. I am running. My father is chasing and hitting me, dragging me around the house. His eyes are bulging out and his face is red he is screaming. This goes on for days for years, I have an out of body experience in therapy as I find this memory. I am terrified. Dissociation is beginning. My mother is hitting me so hard and she is so angry because she has hurt her hand. I am terrified and it hurts. I feel that I deserve this. This goes on for years. I am 8 sitting in a neighbors house with my parents in the next room their 16 yr old son's room where I was sent to play. He rapes me. I feel like I am disgusting and I quietly pass by my parents and leave all alone. I take care not to upset them. I don't know exactly what I feel but I am aware of being scared and dirty. I am 9 in my moms bed, my dad is not at home I just want to be near her. I feel sick something isn't right. I am confused. I am being molested by an older boy, many times, It feels good. In therapy I find the feeling of terror and the knowledge that I sacrificed my body to feel anything that resembles love. I feel sick. Age 11 or so I start retreating inside . No one Notices. I have fantasies where I think of killing myself. Hoping, maybe if I do that at least someone will notice that when I'm gone they loved me. I am very very confused and dissociated. I feel self hate growing but don't know what to call it. I feel I am the cause of all problems and the problem of my parents. I become a target for many other people trying to molest me but I now run, not just from them but from myself. Self hate becomes a constant companion. It grows into the twisted form of a friend. I am deluded. It comforts me. I retreat into a safe place deep inside where no one can reach me. The person everyone sees continues to perform for the world and no one notices I'm gone. Now I am very very alone but I feel safer. The outside person receives the increasing abuse from other's anger. They do become very very angry that I don't perform correctly and have withdrawn so deeply. In that withdrawal I preserve myself. The person everyone sees now becomes very angry. I move into years of self destruction, in many forms. I mostly only feel anger not so much pain. Below the radar of everyone the hidden boy continues to search for the truth. He feels determined. There is more but this is enough. Somewhere between yesterday and today I found the courage and strength to set aside all my minds trickery and to face the facts. One by one totally alone. To each simple fact I attached a real feeling. I now have two important insights. 1st. I have survived the reality of little love but I am loveable. 2nd. As I started to write this I had great fear that if I sent this letter people when they read it would jump out of my computer screen and try to kill me because of how disgusting I am. This was the twisted poison I drank. What I find here in the solitude of my room with only me and my beloved cat is a very loving and caring human being, not only for all living creatures and things, but most importantly for the person that I am. I am my gift and I am the only gift I have to offer others. James"


"AM: You found yourself and you want to listen to yourself. This is indeed, as you say, the biggest gift you could have obtained. And with this letter you let us participate in this finding. Thank you for your letter, also in the name of the people who will read it."




samedi 5 mars 2016

Les Anti Dépresseurs Suppriment Votre Vérité

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Antidepressants suppress your truth" [ Sauvegarde ].


"AM: Vous écrivez:

"Pendant ce temps, j'ai mal à la tête depuis sept mois; j'ai l'impression d'être tous le temps étourdi; ma pression sanguine peut chuter sévèrement. Je prend des anti dépresseurs et deux fois par semaine je vais en psychothérapie. J'aime mes parents qui se font du souçi pour moi... Mes rêves la nuit sont essentiellement des scènes ou je suis furieuse envers un groupe de personnes de mon environnement ( Je bat ma soeur, brise des plats, met le feu à mes collègues, etc...)

J'aimerais beaucoup arrêter de prendre des médicaments mais je suis effrayée. Extrêmement effrayée que ma situation soit irréversible. Votre livre m'aide à croire que cette condition est temporaire et que je vais réussir à guérir en retrouvant mes sentiments, qui sont réprimés à cause de mon enfance."

La dépression vous montre que vous supprimez vos plus intenses sentiments. En prenant des anti dépresseur, vous supprimez aussi votre vérité. Vous aimez vos parents et la nuit vous sentez de la rage - que heureusement vous pouvez toujours sentir. J'espère que votre thérapeute peut vous aider à comprendre qui mérite votre rage et pourquoi. Quand l'enfant, qui a du souffrir de cruauté, se sent accompagnié par un courageux témoins, vous n'aurez plus besoin de médicaments et vous servez capables de sentir et de comprendre les origines de vos souffrances."


Version Originale :

"AM: You write:

„ Meanwhile, I have a headache since seven months; I have the impression of being constantly dizzy; my blood pressure can fall severely. I am taking anti-depressives and twice a week I go to psychotherapy. I love my parents, who worry about me. . . My nightly dreams are essentially scenes where I get furious towards a bunch of people from my environment (I beat my sister, break dishes, set my colleague on fire, etc. . .)

I would like very much to stop taking the medication, but I am scared. Extremely scared that my situation is irreversible. Your book is helping me to believe that this condition is temporary and that I will succeed to become healthy by regaining my feelings, which are repressed because of my childhood.”

The depression is showing you that you are suppressing your strongest feelings. By taking antidepressants you are also suppressing your truth. You love your parents and at night you feel rage—which fortunately you still can feel. I hope that your therapist can help you understand who deserves your rage and why. When the child, who had to suffer cruelty, feels accompanied by a courageous witness, you will no longer need medications and will be able to feel and understand the origins of your suffering."

mercredi 24 février 2016

Deux Ans plus Tard


Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Two Years Later" [ Backup ], ainsi qu'une partie du courrier qui décrit précisément les abus (émotionnels et souvent invisibles) que subissent plein d'enfants dans le monde et il dit avoir écrit cette lettre suite à son premier courrier à Alice Miller: The crime of not giving protection  [ Backup ]


" Le Crime de ne pas Donner de Protection

A.M. :  Vos frères et soeurs vous ont fait ce qu'ils ont appris de leur parents que vous protégez toujours parce que vous êtes trop effrayés par eux. Mon dernier article sur ce site peut vous aider. Mais en disant ça je ne veux pas minimiser les souffrances que vous avez enduré de votre soeur et de votre frère. Ca a du être terrible. Votre rage, cependant, semble être plus libre quand vous parlez d'eux. C'est seulement totalement bloqué quand vous pensez à vos parents qui peuvent toujours se moquer de vous, quand vous essayez de vous plaindre."


"Lettre à ma mère


Je veux que tu sache que dans le futur, je ne vais pas lire tes lettres ou tes emails. Même tes lettres les plus "compréhensives",  comme la dernière que j'ai eu de ta part, m'a fait trop de mal. Et je ne vais pas le permettre, je ne vais pas me permettre d'être encore blessé. Même pas une fois.


Tu écris que "tu ne savais pas ce que mon père a fait" et que "ça ne t'a même pas traversé l'esprit". Ca fait mal. Tu me ment encore. Je ne crois pas que tu ne savais rien de la violence de mon père, que tu n'a pas fait l'expérience toi aussi de cette violence. Je ne le crois simplement pas. Tu savais, tu ne pouvais simplement pas y faire face, faire face à des questions comme "est-ce que cette homme est dangereux pour mes enfants?" et "Est-ce que je devrais faire quelquechose a propos de ça?". Pour tes propres raisons, tu as raté. Pour cet échec, tes enfants l'ont presque payé de leur vie.

"Laisse moi expliquer ce que je veux dire quand je parle d'abus émotionnel et psychologique. Kieran O'Hagan définit l'ABUS EMOTIONEL comme n'importe quel réponse émotionnelle continue, répétée et inappropriée à l'expression emotionnelle de l'enfant et à ses comportements expressifs (Abuse Emotionnels et Psychologiques des Enfants, 1993). Exemples: Répondre répététivement avec mépris et dérision à mes expressions de PEURS et de DETRESSE face à la violence de mon frère ainé; des réponses répétées de PLEURS, ACCUSATIONS, et d'APITOIMENT à mes expressions de COLERE et de DESESPOIR - ce sont seulement deux exemples de tes abus émotionnels envers moi et ma soeur. Ton INTENTION ou CONSCIENCE à l'époque ne sont pas PERTINENTS - la plupart des abuseurs sont aveugles à la sévérité de leurs actes, comme tu l'étais. Les effets de ce genre d'abus sur les enfants sont dévastateurs. Ils écrasent la capacité de l'enfant et lui vole la capacité de sentir des émotions positives et d'apprécier la vie. En tant qu'enfant, j'ai n'ai presque pas fait l'expérience d'autre chose que de la PEUR, de la COLERE et d'IMPUISSANCE.

L'ABUS PSYCHOLOGIQUE est n'importe quel comportement répété, inaproprié qui détruit, ou réduit significativement, la créativité et le développement potentiel des capacités et processus mentaux de l'enfant; incluant l'intelligence, la mémoire, la conscience, la perception, l'attention, le language et l'instinct moral (O'Hagan). P'ar exemple, m'accuser REPETITIVEMENT moi et ma soeur de MENTIR OU EXAGERER quand nous t'avons dit LA VERITE sur ce qui s'est passé pour nous - est un abus psychologique. Ce comportement de ta part m'a fait perdre confiance en ma mémoire et j'ai commencé de penser que je mentais quand je disais la vérité.  A un certaine âge, je ne comprenait plus ce qu'était la vérité et ce qu'était un mensonge. J'ai commencé de mentir et de croire à mes propres mensonges, et j'ai pensé que mes histoires d'abus étaient aussi quelque chose que j'avais seulement imaginé ou inventé. J'ai oublié beaucoup de chose qui me sont arrivées, et je me suis BLAME MOI MEME pour le reste. J'ai mal compris ma vie: j'ai cru que c'était entièrement de MA faute, quand en fait c'était de la TIENNE. Je ne pouvais pas comprendre ce qui m'avait été fait. En résumé, MA CONFIANCE EN MOI était cassée, ma PERCEPTION et COMPREHENSION était déformée, ma mémoire était dysfonctionnelle, et mon instinct moral était endommagé. Et tout ça à cause de ce que TU a fait. 

Que veux tu que je fasse avec tes excuses et qu'est-ce que je peux en faire maintenant ?  Quelle est l'utilité de tes "soins" pour moi, comme tu écris, de ton "compliment" pour "mon courage, ma moralité, mon honnêteté, beauté et mon intelligence" ? Je n'ai rien à faire avec ça maintenant, et ce jusqu'au jour de ma mort, la mémoire de la douleur que j'ai senti pour ne JAMAIS avoir eu ce compliment de ta part quand j'étais tellement désespéré de le recevoir de toi et papa - cette mémoire de douleur est gravée sur ma peau. Pour tes propres raisons, tu n'a pas pu EXPRIMER directement ce "compliment" de ta part, tu l'a gardé enfermé ou caché et je ne L'AI PAS EU. C'est encore ton échec en tant que mère, un ECHEC qui a causé beaucoup de dommages à ma fierté et a mon estime personnelle. 

Sais tu comment on se sentait d'être ton enfant ? J'ai ressenti que tu ne m'a jamais cru. J'ai senti que je devais acheter le droit à ton attention avec un total déni de soi. J'ai acheté ton attention en portant un masque amical de "bon garçon", en face de ta brutalité sans fin. Pour faire ça, j'ai du étouffer mes pensées, mes sentiments, ma vérité, mes opinions, tout ce qui était MOI. J'ai du me tuer, écraser ma personnalité. C'était la seule façon d'être ton enfant: d'être MORT, de supporter un véritable enfer, plein de peurs, d'impuissance, de douleur et d'humiliations, sans se plaindre.  Je devais taire avec force toutes les émotions qui étaient sucitées en moi. Toute mon existence étaient devenu sans vie, sans expoir et j'étais hanté par un fort souhait de mourir, depuis très jeune.

Et alors il y avait des moments - peut être quelques minutes ou des heures, ou même un jour -  ou tout semblait être mieux. Cela m'a fait espérer que finalement j'étais important à tes yeux. J'étais tellement désespéré, si désireux de croire que je me trompais, que tu m'aimais réellement - et donc je l'ai cru. J'étais au paradis... Et alors, en un instant, tu changeais, laissant tout en plan et allait faire autre chose. Tu allais alors totalement ignorer mon existence, et devenait impatiente, nerveuse et au coeur dur. A chaque fois mon monde s'écroulait, en face de cette haine  inattendue, dont je ne comprenais pas pourquoi je la "méritais". Encore d'autres déceptions pour ton enfant au coeur brisé.


C'est comme ça que je vivais, dans cet enfer de haut et de bas, dans ce cruel manège de ta part. J'ai souffert de façon inimaginable de ça. J'étais épuisé, confus, et conduit au désespoir. Je sentais que je n'avais pas de porte de sortie de cet enfer. Pas de sortie. Les années passaient et l'enfant que j'étais vivait sa vie de peurs et d'humiliations, d'insultes et de douleur, sans crier, sans se plaindre, sans poser de question et sans espoir. C'est comme ça que j'ai vécu, effrayé à mort, toujours dans l'attente du prochain coup, le corps raide et douloureux, effrayé de tous ceux que je rencontrais, effrayé de tous les enfants, enfermé derrière un mur de silence, sans amis, sans aide, sans espoir. C'était ma vie en tant qu'enfant.

Ce n'est PAS MA FAUTE que  je ne puisse pas te pardonner, que je ne puisse même pas te parler à nouveau. Ce n'est pas ma faute. Je n'ai pas de rôle la dedans. Aucun. Ce sont TES échecs en tant que mère, tes échecs à toi toute seule. Ce n'est pas de ma faute que tu ai besoin de cette relation avec moi, que tu ais besoin de moi. Ta douleur n'est pas de ma faute. Je n'ai pas de responsabilité pour ça et aucun rôle la dedans. Aucun. Je n'ai pas de culpabilité.


Je ne veux pas que tu m'écrive encore, parce que tu me blesse à chaque fois. Et je ne vais pas perdre même une minute de mon temps à essayer de "réparer" ça.  C'est la dernière fois que je me fais ça. Toute ma vie, c'est exactement ce que j'ai essayé de faire -  de "réparer" cette relation déformée. C'est le même piège émotionnel dans lequel j'étais pris au piège dans toute mon enfance. Tout est toujours trop familié avec toi. Trop de fois j'ai cru que tu m'aimais, et ton comportement prouvait que le contraire était vrai. Tu m'a déçu trop de fois, et je n'ai plus confiance en toi. Et ça, aussi, ça n'est pas ma faute. Ce n'est pas moi qui ai provoqué cet état de choses.


J'ai ma propre vie maintenant, est-ce que tu le sais ? Plus d'un tiers de ma vie a passé quand je vivais dans un enfer de peurs, de déni de soi et de tendances suicidaires. La mort intérieur que tu m'a causé m'a tourmenté pour plus de 30 ans. Maintenant pour la premiere fois de ma vie, je commence de me sentir VIVANT, et je ne vais rien laisser qui peut menacer ce sentiment qui vient vers moi. Je ne vais pas te laisser détruire ce changement incroyable que j'ai réalisé en moi, ce miracle de la renaissance, après des années d'enfer. Maintenant que je commence de sentir de la véritable joie et la paix pour la première fois dans ma vie, JE NE VAIS PAS RISQUER CA, pour rien au monde. Dernière chose, après tout ce que tu m'a fait. Je ne peux pas te laisser te rapprocher de moi et ruiner ma vie avec tes mensonges. Réussir ma vie va être ma revanche. Je vais vivre bien et sans toi. Pendant des années tu étais près de moi, et j'étais dévasté, mort, effacé, dépourvu de sentiments et de personnalité. Plus jamais ça. C'est seulement quand je suis loin de toi que je peux VIVRE. Et je vais réussir ma vie. Aurevoir "maman".
" 

AM: Félicitations! Votre lettre est forte, authentique et va encourager les autres à prendre leur sentiments au sérieux et à ne pas se forcer à croire dans les mensonges afin que les illusions puissent être sauvées. C'est donc exactement à cause de nos illusions que nous devenons malades. Vous avez sauvé votre vie, votre futur."




jeudi 14 janvier 2016

Le Punitions Corporelles et les Engagements Politiques


Le Punitions Corporelles et les Engagements Politiques
par Alice Miller - Avril 2007

Article Original en Anglais:
http://nospank.net/miller31.htm

« Aussi longtemps que les enfants seront traités non pas par amour mais avec de la peur, l'humanité ne vivra pas dans la justice mais par la force. Aussi longtemps que les enfants seront gouvernés par les peurs des éducateurs et par le père fouettard, aussi longtemps l'humanité sera dominée par le club de la police, par la peur de la prison et par la panique de l'invasion par l'armée et la marine. »
- Boris Sidis, « Une lecture sur l'abus de l'instinct de peur dans l'éducation », dans le journal de Psychologie Anormale 1919.

Sous certaines circonstances, les enfants à qui l'ont a répété que le fait d'être battu et les humiliations auxquels ils ont été sujets sont pour leur bien peuvent finir par le croire toute leur vie. En conséquence, ils vont éduquer leurs enfants de la même façon, travaillant dur avec l'illusion qu'ils sont sur la bonne voie. Mais ce qui arrive à toute la rage, la douleur, la colère, de ces enfants qu'ils ont été forcés de supprimer quand ils n'étaient pas que traités cruellement par leur parents mais devant aussi en être reconnaissant ?


Soulever cette question m'a aidé à me rapprocher de la réponse à la première des questions. Je me suis demandé : Comment le mal vient il au monde ? Graduellement, la conviction à pris forme dans mon esprit que le mal est produit à chaque nouvelle génération. Les nouveaux nés sont innocents. Quelque soit les prédispositions qu'ils ont, ils ne ressentent pas le besoin ou l'urgence de détruire la vie. Ils veulent qu'on prennent soin d'eux et être protégés. Si ces besoins ne sont pas satisfait, si les enfants sont abusés à la place d'être aimés, alors ça va déterminer le parcours entier de leur vie. Les humains ressentent le désir d'être destructeurs seulement si ils ont été sujet à la cruauté au début de leur propre vie. Un enfant qui a été aimé et respecté n'aura pas de motivation de faire la guerre aux autres. Le Mal n'est pas inévitable ou intégré à la nature humaine.


Même si ces éclairages me semblaient logiques et cohérents, j'avais toujours mes doutes parce que presque personne ne semblait d'accord avec moi. Pour me prouver que les convictions étaient vraies, j'ai tourné mon attention sur la vie d'Adolf Hitler. Je pensais que si je montrais que si ce monstrueux criminel de masse avait été rendu comme ça par ses parents, ça serait la fin de l'idéologie traditionnelle que certaines personnes sont nées avec le mal. J'ai décrit l'enfance d'Hitler dans mon livre « C'est Pour Ton Bien », et beaucoup de mes lecteurs ont été attérés. Une femme m'a écrit « Si Hitler avait eu 5 enfants il aurait pu prendre sa revanche pour les tortures dont il avait été le sujet dans son enfance, alors il n'aurait probablement jamais victimisé le peuple Juif. Vous pouvez mettre sur le dos de vos enfants tout ce qui vous a fait souffrir et ne jamais être punis parce que le meutre de l'âme de vos enfants peut toujours passer pour de l'éducation parentale. » Dans « Chemins de Vie » p 158,161, j'ai recherché sur les racines dans l'enfance de Hitler :


« Nous savons qu'étant enfant Hitler a été tourmenté, humilié et moqué par son père, sans que sa mère ne soit capable de le protéger. Nous savons aussi qu'il a nié ses véritables sentiments contre son père... Sa haine est restée supprimée parce que détester son propre père était strictement prohibé (interdit), et parce que c'était dans l'intérêt de la survie de l'enfant de maintenir l'illusion d'avoir un bon père. C'est seulement sous la forme d'une déviation sur les autres que la haine était permise, alors pouvait circuler librement.


Les problèmes spécifiques d'Hitler avec les juif peuvent être retracés à la période avant sa naissance. Dans sa jeunesse, sa grand mère paternelle a été employée comme femme de menage par un marchand juif de Graz. Après son retour à la maison dans le village Autrichien de Braunau, elle a donné naissance à un fils, Alois, plus tard devenu le père d'Hitler, et à reçu comme support pour l'enfant des paiments de la famille de Graz pendant 14 ans. Cette histoire qui est décrite dans de nombreuses biographies d'Hitler, représentait un dilemme pour la famille d'Hitler. Ils avaient un intérêt à nier que la jeune femme a été abandonnée avec son enfant soit par le marchand juif ou son fils. D'un autre coté, il était impossible d'affirmer qu'un Juif voulait payer une pension si longtemps sans bonne raison. Une telle générosité de la part d'un juif aurait été inconcevable pour les habitants du petit village.


Pour Alois, la suspicion qu'il pourrait être descendant de juif était insupportable dans le contexte anti juif de l'époque dans lequel il a grandi … La seule chose qu'il pouvait faire avec impunité été de décharger sa rage contre son fils Adolf. Avec les compte rendus de sa sœur Angela, il battait son fils sans merci tous les jours. Dans un essais d'excorciser ses peur de l'enfant, son fils à entretenu l'illusion maniaque qu'il lui incombait de libérer non seulement lui même des juifs mais aussi l'allemagne et plus tard le monde entier. Jusqu'à sa mort dans le bunker, Hitler et resté la victime de ses illusions parce que tout sa vie sa peur de son père à moitié juif est restée bloquée dans son esprit inconscient.


Les juifs n'ont pas été les seules cibles de la rage et de la peur d'hitler. Il a été aussi effrayé par le comportement chaotique de sa tante schizoprenique, Johana, qui vivait dans la famille :

Etant adulte, Hitler a ordonné que chaque handicapé et personne psychotique devait être tuée, pour libérer la société allemande de son fardeau. L'allemagne semblait représenter pour lui l'innocent enfant qui devait être sauvé.

A coté de ses peurs en connexion avec son père et sa tante, il y a eu cette relation précoce avec sa mère très intimidante, qui vivait dans la peur constante des violentes explosions et coups son mari.

Ces peur irrationnelles – qu'un observateur regardant ses discours peut facilement reconnaître – sont restées non reconnues et inconscientes pour Hitler jusqu'à la fin de sa vie. Stockée dans son corps, elles l'ont constemment conduit à de nouvelles actions de destructions dans ses essais sans fin de trouver une solution.

Ceux qui prétendent qu'Hitler et ses disciples sont nés avec des gènes sadiques - et il y en a encore beaucoup qui pensent et même écrivent ce non sens - devraient être capables de réponse à la question de pourquoi des millions d'allemands sont nés avec ces gènes défectueux exactement 30 ans avant le 3eme Reich, le faisant devenir des bourreaux pour un dictateur Fou, et pourquoi les allemands de maintenant n'ont pas un tel héritage génétique. Pour moi, la seule raison pour l'holocaust à cette époque a été l'éducation brutable à laquelle les enfants allemands ont été soumis durant les premières années du 20eme Siècle. C'était une éducation calculée pour produire une obéissance aveugle. (Je l'ai documenté dans l'essai les Racines de la Haine dans mon livre « Chemin de Vie »)


Tous mes lecteurs n'ont pas été capables d'accepter cette vision d'Hitler et de comprendre que son terrible exemple démontre comment le mal vient, comment des enfants si petits, innocents peuvent devenir des bêtes féroces menaçant non seulement leur familles mais le monde entier. Il m'a été dit que beaucoup d'enfants sont battus et abusé dans l'enfance, mais ils ne deviennent pas tous des criminels de masse. J'ai pris cet argument au sérieux et investigué la question de comment des enfants peuvent survivre à ces traitement brutaux sans devenir des criminels plus tard dans leur vie.

D'après une étude de biographies, j'ai établi que ceux dans le cas ou la victime de devient pas bourreau, il y avait invariablement quelqu'un qui a montré à l'enfant de l'affection, une personne que j'appelle un témoin aidant. Les enfants avec des témoins aidants vers qui se tourner ont été capables de voir le mal qui leur a été fait et en même temps de s'identifier à la personne leur ayant montré de la gentillesse. L'écrivain Russe Fyodor Dostoyevsky est un un bon exemple, il a sans doute souffert de son père Brutal mais, sa mère lui a donné du réconfort.


Les enfants sans témoins aidant sont dans le plus grand danger de considérer les choses terribles auxquelles ils ont été soumis comme étant pour leur bien et alors faire subir aux autres le même type de traitement sans le moindre remord de conscience. Pour fait court, ils vont idéaliser cette hypocrisie. Hitler enfant à appris à la maison que les coups et les humiliations étaient bien et propre. Hitler adulte a insisté – et cru – que c'était sa mission de sauver l'allemagne en exterminant les Juifs. Les autres dictateurs ont idéalisés leurs actes de vengeance d'une façon similaire. Staline devait purger la russie des subersifs « cosmopolites » Napoléon devait établire la « Grande Nation » ; Milosevic devait faire de la Serbie une grand nation.


L'aveuglement de la société à ces mécanismes est ce qui rend toujours les guerres possible, parce que les raisons actuelles derrière ça restent dans l'ombre. Probablement que tous les historiens, au moins en Allemagne, savaient que Frédérique le Grand était humilié et tourmenté par son père , j'ai encore à trouver un travail historique qui fait les connexions entre la cruauté infligée à cet enfant sensible et plus tard le besoin compulsif du monarque de renverser autant de pays qu'il pouvait. Objectivement, ce sujet est toujours tabou.

Pour aussi longtemps qu'on a des enregistrements historiques, la meme image triste se répètent elle même. Les hommes vont à la guerre, les femmes les encouragent quand ils partent et très peu de questions sur ce qui a déclenché tout ça. Les guerres organisées pour envahir et conquérir des territoires étrangers sont présentés comme des actes d'auto défense, ou pour remplir quelques mission divine. La plupart des gens sont aveugles aux raisons véritables derrière ces « missions ». C'est seulement quand nous aurons compris d'ou vient le mal et comment nous le gardons actif dans nos enfants que nous allons cesser d'être exposé sans pouvoir à ces effets. Nous avons un long chemin à parcourir.

Dans presque la moitié des 50 Etats aux USA, les enseignants sont toujours autorisés à battre les enfants à l'école. Cette punition est donnée pour des offenses mineures, habituellement sous la forme de coups avec des lattes en bois sur les fesses donné par une personne spécialement désignée pour ça. Il y a une échelle de différents formes de punitions corporelles visant à administrer la discipline. Les élèves se tiennent dans un corridor attendant leur tour d'être chatié. Les enfants semblent considérer cette humiliation institutionnalisée comme normale. C'est seulement plus tard que leur rage refoulée va être déchargée dans ces actes d'agressions criminels. La plupart des parents tolèrent ce systeme, certaines l'endossent. Des mères et pères isolés s'y opposent sont voués à l'échec. Au Texas, d'après le site web http://www.nospank.net , c'est pas moins de 118 000 enfants qui sont punis comme ça chaque année.

La plupart des enseignants ne peuvent pas imaginer un système entièrement libre de tels punitions. Ils ont eux mêmes grandis dans une atmosphere de violence, donc ils ont appris très tôt à croire dans l'efficacité de tels mesures punitives. Ni dans leur propre enfance ni durant leur études il ne leur a été donné la possibilité de développer une sensibilité aux souffrances de l'enfant. Donc ils ont peu conscience que sur le long terme, utiliser de la force physique contre les enfants leur apprend simplement à se comporter agressivement plus tard dans la vie.


Les enfants avec un passé de violence ont appris à consacrer tout leur attention à prévenir le danger. Donc il seront difficilement capables de se concentrer sur ce qu'il leur est appris à l'école. Ils peuvent ainsi dépenser plus d'énergie à observer l'enseignant pour être préparé à la « correction » physique qu'ils ressentent comme inévitable. Si ça arrive, ça va renforcer leur point de vue. D'un autre coté, un enseignant qui comprend les peurs de ces enfants peut bouger des montagnes – à condition, encore que la réalité de l'enfant abusé ne soit jamais minimisée.


Nous retrouvons le même phénomène en politique. Aussi longtemps que nous sommes inconscients que le droit à la dignité humaine nous a été dénié dans l'enfance, ça ne sera pas facile de reconnaître ce droit à nos enfants, même si nous voulons sincérement le faire. Nous croyons souvent agir dans l'intérêt de l'enfant et nous n'arrivons pas à réaliser que nous faisons l'exact opposé, simplement parce que nous avons appris a être insensible à cet égard très tôt. Les effets de cet apprentissage sont plus fort que toutes les choses que nous pouvons apprendre plus tard.

Nous pouvons voir une illustration de ça dans la législation actuelle.

En septembre 2000, le parlement allemand à expressement refusé aux parents le droit à la correction physique. Aussi récemment qu'en 1997, ils étaient toujours autorisés à utiliser ce privilège questionnable ; il était refusé seulement à ceux qui n'étaient pas des parents du même sang et aux autres soignants. L'écrasante majorité des parlementaires allemands (80%) étaient convaincus à cette époque que dans certains cas les punitions corporelles données par les parents naturels pouvaient avoir un effet bénéfique. Cette opinion est toujours partagées par la plupart des législateurs, comme la récente décision en Angleterre le montre. L'argument persistent étaient que la force physique ne doit pas être interdite parce qu'elle prépare les enfants aux dangers de la vie et donc les aide à se protéger eux mêmes.


Mais les enfants battus n'apprennent pas à se défendre contre des criminels. Ils apprennent la peur de leurs parents, à minimiser leur propre douleur et à se sentir coupable. Etre le sujet à des attaques physiques dont ils sont incapables de se défendre instille chez les enfants un sentiment profond qu'ils ne méritent pas la protection et le respect. Ce messages faux et pernicieux et stocké dans leur corps et va influencer leur vision du monde et leur attitude envers leur propres enfants. Ils seront incapables de défendre leur droit à la dignité, incapables de reconnaître la douleur comme un signal de danger et d'agir en accord avec ça. Leur système immunitaire peut même en être affecté. Dans l'absence d'autres personnes sur lesquelles l'enfant peut prendre modèle pour son comportement, ces enfants vont voir le langage de la violence et de l'hypocrisie comme le seul moyen efficace de communiquer. Naturellement ils vont se prévaloir de se langage en grandissant parce que les adultes suppriment normalement leur sentiments d'impuissance et de détresse. C'est la véritable raison pour laquelle tellement de gens défendent l'ancien système d'éducation et scolaire. Jusqu'à maintenant seuls 17 des 191 membres de l'organisation des nations unies ont rendu la fessée des enfants illégale. Cela montre à quel point ce problème est peu reconnu dans le monde.


Au Cameroon, une organisation appelé EMIDA (Elimination de la maltraitance infantile domestique africaine) a reporté qu'il y a des évidences statistiques que 218 millions d'enfants en Afrique sont régulièrement soumis à des châtiments corporels (« correction physiques »). Quand j'ai demandé les raisons d'un niveau si élevé de maltraitances, on m'a dit qu'il y a un mythe que le cerveau fonctionne mieux quand les enfants sont battus jusqu'à ce qu'ils saignent. Ils est compréhensible que quand ils atteignent l'âge adulte, les enfants élevés dans une telle tradition vont adhérer à ce systeme pour éviter d'avoir à se confronter à leur souffrances réprimées très tôt. Mais les conséquences d'une telle répression sont trop apparentes dans les conflits sanglants entre les peuples d'Afrique. Toutes sortes de raisons sont avancées pour expliquer ces conflits , mais la plus plausible est la rage refoulée de l'enfant battu assoiffé de libération et de vengeance.


Bien que les enfants dans toutes les écoles africaines sont cruellement battus (dans un sondage d'EMIDA en 2000, seulement 20 sur plus de deux milles enfants ont répondus qu'ils n'étaient jamais battus à l'école ou à la maison), les méthodes utilisées sur les enfants sont celles qui sont d'une importance décisive. Plus tôt la violence commence, plus profondément la leçon est internalisée et moins accessible plus tard au contrôle par l'esprit conscient. Ainsi, la premiere opportunité, sous la forme d'une idéologie politique, va suffire à déclencher la cruauté bestiale cruelle dans des personnes calmes et serviles qui vivaient avec une agressions explosive supprimée (réprimée).


Pour ces actes de vengeances, la société donne une grande variété de déguisements idéologiques. racisme, anti sémitisme, fondamentalisme, fanatisme, et « nettoyage ethnique » sont seulement quelques uns d'entre eux. Beaucoup de jeunes engagés dans de telles activités croient vraiment qu'ils servent des objectifs idéalistes.


PS : Beaucoup de survivants des châtiments corporels dans l'enfance écrivent à l'email d'Alice Miller (site web) et disent à quel point ces maltraitances ont ruinées leur vies, leur estime d'eux mêmes et leurs compétences de parents. Cependant, ils se blâment toujours pour les châtiments qu'ils ont subis (parce qu'ils étaient vraiment très méchants). Ils reçoivent d'Alice Miller ou de son équipe des informations qui les aident à dépasser les effets persistants de la cruauté extrême qu'ils ont du endurés dans la partie la plus tendre de leur vie, alors ils commencent de sentir et de comprendre les souffrances du petit enfant qu'ils étaient alors, et deviennent conscients et des parents aimants.

jeudi 12 novembre 2015

Brochure "Parlons Clair sur les Claques"


Parlons clair sur les claques
http://nospank.net/parlons.htm

Illustration: Herman Wiederwohl

Alice Miller félicite l'auteur de cette brochure dans le courrier traduit sur le site : http://alice-miller.blogspot.se/2015/11/parlons-franchement-des-claques-et.html

(2004) L'ayant-droit renonce au copyright de cette publication, qu'on peut obtenir librement à www.nospank.net/parlons.pdf comme fichier de Adobe .PDF, reproduire et disséminer. Pour plus d'information sur ce sujet, visitez à www.nospank.net. Parents and Teachers Against Violence in Education est une organisation à but non lucratif de classification 501(c)(3). Adressez toute question à PTAVE, P.O. Box 1033, Alamo, CA 94507 ou par e-mail riak@nospank.net, ou téléphonez (925) 831-1661.

Parents et enseignants contre la violence dans l'éducation (PTAVE) offre Parlons clair sur les claques pour le bien des enfants de tous pays. Les idées que vous lirez dans cette plaquette ne sont pas nouvelles ni révolutionnaires. Il y a toujours eu des gens sages et sensibles dans toute culture civilisée qui ont plaidé en faveur de méthodes non-violentes de socialisation des enfants. Mais, le plus souvent, leurs sages conseils ont été ignorés ou rejetés et les conséquences ont été incalculables pour l'ensemble de l'humanité. Dans ces quelques pages, nous avons tenté d'extraire l'essentiel de leur message et de le publier une fois de plus.

Nous exprimons notre profonde gratitude à nos nombreux amis pour leur enthousiasme, leurs conseils éclairés et leur soutien généreux.

L'enfant qui gémit sous la baguette
Écrit sa vengeance au Royaume des morts.

-- William Blake (1757-1827)


Par JORDAN RIAK

Aujourd'hui, on ne trouve plus d'arguments favorables aux châtiments corporels dans la littérature scientifique. Cette opinion, partagée par les spécialistes de la santé mentale et du développement des enfants et d'autres professionnels de domaines voisins s'est développée depuis plusieurs décennies et ses origines remontent à plusieurs siècles.

Cela ne signifie pas qu'il n'y ait plus d'avocats des châtiments corporels des enfants, de même qu'il serait faux de proclamer qu'il n'y a plus d'avocats des châtiments corporels des femmes. Les deux pratiques sont répandues, et les personnes qui en frappent d'autres croient en général avoir des raisons valables.


L'effet durable sur les enfants

Certains chercheurs affirment que tout acte de violence commis par un adulte sur un enfant, quelle que soit sa durée ou sa force, laisse une cicatrice affective qui demeure toute la vie. Nous pouvons dans une certaine mesure le démontrer à partir d'une expérience personnelle. Beaucoup d'entre nous doivent admettre que les plus vivaces et les plus désagréables souvenirs d'enfance sont ceux d'avoir été frappés par nos parents. Certains trouvent le souvenir de ces faits si désagréables qu'ils prétendent qu'ils étaient sans importance et même comiques. Vous pourrez remarquer qu'ils sourient lorsqu'ils décrivent ce qu'on leur a fait. C'est la honte et non le plaisir qui les fait sourire. Comme une protection contre la souffrance présente, ils travestissent la mémoire des sentiments passés.

Dans une tentative pour nier ou minimiser les dangers de frapper, on entend beaucoup de "frappeurs" arguer que "Une claque n'a rien à voir avec la maltraitance" ou "Une petite claque sur le derrière n'a jamais fait de mal à personne". Mais ils ont tort.

Une bonne comparaison avec la fessée est le fait d'empoisonner la nourriture. Dans la plupart des cas, les victimes d'un empoisonnement s'en tirent sans mal apparent ni effet durable. Mais qui a besoin de cela? Le simple fait qu'une personne a toutes les chances d'y survivre n'est pas pour autant une preuve que l'expérience est bénéfique. Les parents informés reconnaissent que frapper leurs enfants est comme saupoudrer leur nourriture d'une substance toxique. Aucun bien ne peut en résulter et le risque est grand.

Mais certains parents demandent : "Comment pouvez-vous prétendre être un parent responsable si vous n'empoignez pas l'enfant qui est sur le point de se jeter au beau milieu de la circulation et si vous ne lui envoyez pas une bonne claque pour qu'il retienne vos avertissements sur le danger de la rue?"

En réalité, le fait d'être frappé précipite les enfants dans un état de violente confusion émotionnelle qui rend très difficile pour eux de retenir la leçon que les adultes disent essayer de lui inculquer. Donner une prétendue "bonne fessée" peut en fait aider l'adulte à donner libre cours à sa colère, mais risque d'accumuler la colère dans l'enfant. Alors que le soulagement de l'adulte est temporaire, l'effet sur l'enfant est permanent. Les coups n'enseignent pas à l'enfant que les voitures et les camions sont dangereux. Ils leur enseignent que les adultes dont ils dépendent sont dangereux.


La confiance perdue

L'enfant frappé ne peut plus regarder son père ou sa mère comme la source d'amour, de protection et de confort vitale pour le bon développement de l'enfant. Le ressentiment et la méfiance, qui résultent des coups, détruit les sentiments d'attachement de l'enfant aux adultes les plus importants dans sa jeune vie. L'enfant qui est ainsi trahi, comme l'enfant à qui est refusée nourriture appropriée, chaleur ou repos, souffre et ne peut se développer de la meilleure manière possible.

Menaces

Certains parents frappent rarement ou ne frappent pas du tout, mais profèrent constamment de terribles menaces : "Si tu ne restes pas tranquille pendant que je téléphone, je vais te coudre la bouche avec une grande aiguille," ou "Fais bien attention ou on va te couper les doigts. C'est ce qu'on fait aux enfants désobéissants qui touchent à tout." Ils trouvent facile de faire obéir les enfants de cette façon, au moins temporairement..

Au début, tant que les enfants croient aux menaces des adultes, ils obéissent par peur. Mais ils apprennent vite à ruser et à mentir pour échapper aux terribles punitions qu'ils croient qu'on leur réserve. Plus tard, lorsqu'ils découvrent que les menaces sont vides, ils en concluent que les adultes aussi sont des menteurs.

Quand la confiance entre les enfants et leurs plus proches éducateurs est ainsi entamée, la capacité des enfants à établir des relations de confiance avec les autres est aussi perturbée. Cela peut les rendre incapables de jamais entrer en coopération et en intimité avec qui que ce soit. Les gens qui ont été blessés de cette manière tendent à voir toute relation comme une négociation, comme un marché à perdre ou à gagner. Ils voient l'honnêteté et la confiance dans les autres comme une faiblesse à exploiter, exactement comme leur faiblesse a été jadis exploitée.

Force

Frapper les enfants leur apprend que l'interaction humaine est basée sur la force et que c'est la force qui fait le droit. Plus un enfant est frappé, plus grande est la probabilité que cet enfant devienne un adulte qui se conduira avec les autres non par raison et par bon exemple, mais par la force. Quel type d'homme décrivons-nous?

C'est le souteneur, le violeur, le mari violent envers sa femme. Le charlatan, le tricheur, le "con artist," le pervers, tous appartiennent à ce type d'homme. Et également les lâches et les profiteurs qui deviennent les seconds-couteaux de (ou qui se cramponnent à) ceux que nous avons énumérés.

Violences conjugales et fessées.

Dans une écrasante majorité de cas, les maris et les femmes dont le mode de relation inclut la violence sont aussi violents envers leurs enfants. De tels parents ont sûrement été battus quand ils étaient enfants et en ont vu d'autres se faire battre.

Les épouses battues qui frappent leurs enfants les élèves pour devenir batteurs et victimes exactement comme elles. Les enfants apprennent de l'exemple de leurs parents que la meilleure manière de donner libre cours à leur frustration, exprimer leur désapprobation et affirmer leur autorité, est de battre un plus petit et un plus faible que soi. Ils voient ce principe démontré toutes les fois qu'ils sont témoins des violences de leurs parents aussi bien que toutes les fois qu'ils sont les émissaires de punitions violentes.

Ils apprennent que dès qu'ils seront assez grands et assez forts, ils pourront dominer les autres en les menaçant et en les battant. Ils apprennent que se battre entre maris et femmes est une excellente chose, ainsi que pour les adultes de battre les enfants.

Quand les enfants, dont la personnalité a été formée dans une famille violente, grandissent et ont à leur tour des enfants, ils trouvent très difficile de rompre avec les comportements auxquels ils ont assisté et qu'ils ont subis. Les recettes qu'ils appliquent dans leur vie de famille sont les pauvres savoirs qu'ils ont appris de leurs parents et ls vont vraisemblablement perpétuer le cycle de violence à travers leurs propres enfants innocents.

Lorsque la fessée disparaîtra de la vie des familles, les autres formes de violence domestique disparaîtront aussi. Pas avant.

Abus sexuels et fessées

Les enfants fessés ne regardent pas leur corps comme leur propriété personnelle. La fessée les amène à accepter l'idée que les adultes ont une autorité absolue sur leur corps, y compris le droit de leur infliger la souffrance. Et les coups sur les fesses leur apprennent que même leurs zones sexuelles sont soumises au bon vouloir des adultes. L'enfant qui est soumis à une fessée le lundi sera probablement incapable de dire "Non" à un abuseur le mardi. Les gens qui abusent ou exploitent les enfants savent cela.Ils choisissent leurs victimes potentielles parmi les enfants à qui l'on a dit "Obéis ou autrement...", parce que de tels enfants sont des proies faciles.

Fessées et développement sexuel

Les coups sur les fesses peuvent provoquer chez certains enfants des sensations sexuelles immatures. Ils n'ont pas de contrôle sur ces sensations et ne comprennent pas ce qui leur arrive. La tragique conséquence pour certains de ces enfants est qu'ils établissent une relation entre la souffrance, l'humiliation et la stimulation sexuelle qui perdure tout au long de leur vie. Même s'ils peuvent se marier, avoir une vie familiale, occuper des postes de responsabilité dans la société et ne donner aucun signe apparent de trouble affectif, ils peuvent être secrètement et honteusement tourmentés par un besoin qui, dans certains cas, les pousse à recourir à des prostituées qu'ils fessent ou à qui ils demandent des fessées. L'industrie de la pornographie fait d'excellentes affaires en pourvoyant aux besoins de ces infortunés.

La science médicale a longuement reconnu et analysé avec force détails le lien entre les fessées dans l'enfance et le développement de comportements sexuels antinaturels. Ce pourrait être une raison suffisante pour ne jamais fesser un enfant.

Danger physique de frapper sur les fesses.

Le nerf le plus long du corps, le nerf sciatique est situé dans l'épaisseur des fesses. Un coup violent sur les fesses, en particulier avec un instrument comme un morceau de bois, peut provoquer un hématome dans les muscles qui entourent ce nerf, lui porter atteinte et entraîner un affaiblissement de la jambe concernée.

La très délicate extrêmité osseuse à la base de l'épine dorsale peut aussi être endommagée quand l'enfant est battu à cet endroit. Et quand on demande aux enfants de se courber en avant pour pouvoir les frapper, leurs organes sexuels peuvent être atteints. Dislocation de l'extrêmité de la colonne vertébrale et écrasement des organes sexuels à la suite de châtiments violents sont souvent constatés par les médecins hospitaliers

Certains, pour justifier la fessée, affirment que Dieu ou la Nature a conçu cette partie de l'anatomie pour la fessée. Cette croyance est absurde. Aucune partie du corps humain n'a été faite pour être traitée avec violence.

Danger physique de frapper sur les mains

La main de l'enfant est particulièrement vulnérable parce que ses ligaments, ses nerfs, ses tendons et ses vaisseaux sanguins sont tout près de la peau, sans tissu protecteur sous-jacent. Frapper les mains de jeunes enfants est spécialement dangereux pour les "plates" de croissance des os qui, s'ils sont endommagés, peuvent causer des difformités ou des déficiences de fonctionnement. Frapper la main d'un enfant peut aussi lui causer des fractures, des dislocations et de l'arthrite précoce.

Secousses

Secouer un enfant peut provoquer cécité, "whiplash", dommages au cerveau et même mort.

Fessée à la maison, performances à l'école

Beaucoup d'enseignants vous diront que les enfants qui manifestent les plus sérieux problèmes de comportement à l'école sont ceux qui sont les plus maltraités à la maison. Les enfants battus à la maison ont été conditionnés pour attendre la même sorte de traitement de la part des figures d'autorité hors de la maison. Pour ces enfants, le champ de bataille qu'est leur vie domestique tend à inclure la vie scolaire. Cela les destine à l'échec scolaire et "dropout", au conflit avec les autorités scolaires et, éventuellement, avec le système de justice criminelle.

Dans leur tendance à s'affronter à ce qu'ils voient comme un monde inconfortable et hostile, ces enfants recherchent naturellement la compagnie d'autres enfants ayant des problèmes semblables. "Mes parents et mes profs ne me comprennent pas, mes copains, si," disent-ils. Et ils ont de bonnes raisons de le croire. C'est une des raisons pour lesquelles se développent les bandes de jeunes, spécialement attirantes pour les enfants dont l'estime d'eux-mêmes a été ruinée par les fessées, "whupping, paddling, switching," les humiliations, les insultes, les menaces, les critiques incessantes, les interdictions déraisonnables et la négligence physique et affective.

Il ne faut pas s'étonner que beaucoup de jeunes garçons rejettent le monde des adultes, dans la mesure où ils croient en avoir été rejetés. Ni être surpris que ces adolescents qui, tout au long de leur enfance, ont été soumis à la violence, veuillent eux-mêmes utiliser la violence autant qu'ils en sont capables. Et, comme cela est fréquent, l'agressivité que beaucoup d'adolescents cultivent parce qu'ils la croient essentielle à leur survie, les pousse inexorablement à l'échec et à la catastrophe. Nos prisons pleines à craquer en sont la preuve.

Certains enseignants travaillent sans relâche à canaliser l'agressivité excessive de leurs éléves, chargés de violence, et de leur instiller la confiance dont de tels enfants manquent beaucoup. Mais c'est une tâche monumentale qui exige un savoir-faire spécialisé et un dévouement que tous les enseignants ne possèdent pas ou ne peuvent pas manifester longtemps. Cela demande des ressources extraordinaires dont le système des écoles publiques des Etats-Unis est dépourvu.

L'échec scolaire et la délinquance juvénile cesseraient d'être une des causes majeures d'affaiblissement de notre pays si seulement il était possible de persuader les parents et les autres éducateurs de cesser de socialiser les enfants de telle manière qu'ils les rendent associaux ou auto-destructeurs. Autrement dit, de cesser de les battre et de commencer à les élever.

Fessées, tabac, boisson et drogues

Etre frappé est une expérience dégradante et humiliante. L'enfant frappé n'enregistre pas seulement les coups, mais aussi le message qu'ils lui transmettent : "Tu es un vaurien. Je ne veux plus de toi!". Ce message influence le développement de la personnalité des enfants. Il leur inculque la haine d'eux-mêmes.

Tôt ou tard, chauque enfant est exposé à la tentation de substances qui promettent un soulagement instantané des sentiments d'indignité et de rejet. Tout le monde peut être vu ingérant des substances diverses dans le but de se sentir mieux. Il est difficile de convaincre un enfant en souffrance qu'un tel soulagement est une illusion, qu'on ne peut pas retrouver sa propre estime grâce à une substance avalée, inhalée ou injectée, et qui'on peut facilement l'ensevelir plus encore sous le poids de nouveaux problèmes.

Fessées et comportements criminels

Tout le monde connaît la liste des maladies sociales considérées comme la source des comportements violents et criminels : pauvreté, discrimination, rupture de la famille, drogue, gangs et accès facile à des armes meurtrières. Et il est clair que chaque élément de la liste ci-dessus contribue à la violence et à la criminalité.. Pourtant, un élément-clé est rarement mentionné : la fessée.

En 1940, les chercheurs Sheldon et Eleanor Glueck entreprirent leur fameuse étude sur les enfants délinquants et non délinquants. Ils découvrirent combien certaines précoces influences du milieu amène les enfants à développer des comportements antisociaux et violents. Ils montrèrent que les premiers signes de délinquance apparaissent souvent dès trois ans, longtemps avant que les enfants entrent en contact avec des influences extérieures au foyer. Les Glueck montrèrent comment l'incapacité des parents à élever leurs enfants avec calme, douceur et patience, et leur promptitude à frapper en faisait des enfants agressifs et impulsifs.

Plus sévère et plus précoce était le mauvais traitement, pire le résultat.

Les Glueck découvrirent aussi que la plus faible fréquence de comportements antisociaux est toujours le fait d'enfants qui ont été élevés depuis leur plus jeune âge dans des familles attentives, tolérantes, non-violentes et qui ne les frappaient pas.

Le message pour tous les parents qui veulent que leurs enfants ne voient jamais l'intérieur d'une cellule ou d'une prison est tout ce qu'il y a de plus simple: DONNEZ DE L'AMOUR ET EDUQUEZ SANS FRAPPER.

Fessées, racisme et haines collectives

Frapper les enfants les emplit de colère et de désirs de vengeance. Mais ces désirs ne passent presque jamais à l'acte immédiatement. Même les enfants les plus sévèrement frappés, en règle générale, ne rendront pas les coups à ceux qui les leur ont donnés. Au contraire, ils vont vraisemblablement chercher dans leur imagination sur quel supposé adversaire ils vont pouvoir se libérer en toute quiétude de leur colère. Des frères ou des soeurs plus jeunes, ou le chouchou de la famille peuvent permettre de réaliser ce projet. Les spectacles populaires peuvent aussi répondre à ce besoin.

Au fur et à mesure que les enfants grandissent et tombent sous l'influence des préjugés de leur communauté, leur colère peut être aisément canalisée sur des boucs émissaires désignés par leur milieu. Des factions politiques cultivant la haine et l'extrêmisme les accueillent à bras ouverts, leur offrant l'opportunité de transformer leurs fantasmes en réalités. A chaque génération, beaucoup plus qu'une minorité répond à cette offre. Leur comportement constitue le pire échec de la tradition de la fessée.

Fessée à l'école

Dans les pays industrialisés, les châtiments corporels à l'école ont presque disparu. Ils sont illégaux dans tous les pays européens. (En Autriche, en Croatie, à Chypre, au Danemark, en Finlande, en Italie, en Lithuanie, , en Norvège et en Suède, personne, en aucune circonstance, y compris les parents, ne peut légalement frapper un enfant). Parmi les grands pays industriellement développés, les Etats-Unis sont les plus réfractaires à toute réforme dans ce domaine. Mais, petit à petit, un nombre croissant d'Etats bannit les châtiments corporels de l¹école, et dans les Etats qui les permettent, un nombre croissant de districts scolaires ont sagement interdit cette pratique.

Pourtant, il reste beaucoup d'enseignants et d'administrateurs d'écoles qui, comme beaucoup de parents, manquent d'information à ce sujet et persistent à croire qu'il est tout à fait normal d'élever les enfants par les moyens de la violence physique et de la menace. Alors, qu'est-ce que les parents éclairés et responsables devraient faire?

Si vous saviez que le bus de ramassage scolaire a des pneus lisses et des freins défectueux, vous ne laisseriez pas votre enfant y monter et vous demanderiez aux autorités scolaires de résoudre ce problème immédiatement. Si vous appreniez que les conduits d'aération de votre école sont pollués par l'amiante, vous en retireriez votre enfant immédiatement et alerteriez les autres parents du danger.

Les punitions corporelles ne sont pas plus inoffensives. Elles sont très dangereuses et toutes les personnes sensibles de la communauté scolaire devraient lutter contre elles.

En tant que parent, vous avez le droit et l'obligation de protéger votre enfant contre tout danger connu. Informez vos autorités scolaires, locales, régionales et nationales que personne n'a votre permission, ni le droit moral, de mettre en danger votre enfant à l'école.

La fessée et le développement cérébral

Dans la première période de l'enfance, le cerveau se développe plus vite que tous les autres organes du corps. À l'âge de cinq ans, le cerveau sera arrivé à environ 90 pour cent de son poids adulte, et à sept ans, sera complètement formé. Cela fait de ces premieres années une période très délicate en ce qui concerne le développement cérébral.

Le stress associé à la douleur et à la crainte causées par la fessée peut affecter négativement le développement et le fonctionnement du cerveau d'un enfant. Et c’est précisément pendant cette période de haute malléabilité que beaucoup d'enfants sont assujettis aux punitions physiques. L'effet peut être une déviation de la croissance naturelle et saine du cerveau, dont résultent des anomalies définitives.

Selon le Dr. Martin Teicher de l'hôpital McLean à Belmont, Massachusetts : "Nous savons qu'un animal exposé au stress et à la négligence tôt dans sa vie développe son cerveau selon des connexions agencées pour l'expérience de la peur, de l'anxiété et du stress. Nous croyons que la même chose est vraie chez l’être humain." ("Child Abuse Changes the Developing Brain," Yahoo! News, le 29 décembre 2000)

Dans son article "The Neurobiology of Child Abuse," (Scientific American, mars 2002), Martin Teicher écrit : "De nouvelles topographies d'imagerie cérébrale et d'autres expériences ont montré que la maltraitance des enfants peut causer des dégâts permanents sur la structure et le fonctionnement neurologique du cerveau en train de se développer. La gravité de ce résultat suggère que l'on doit accentuer les efforts pour empêcher l'abus et la négligence concernant les enfants avant que ce mal irrévocable ne soit infligé à des millions de jeunes victimes (p. 70) . . . La société recueille ce qu'elle sème par sa manière d'éduquer les enfants (p. 75)."

Aucun parent responsable ne mettrait en péril délibérément le développement normal du cerveau d'un enfant, et pourtant c'est précisément ce que font sans le savoir les parents qui recourent à la fessée.


CE QUE DISENT LES EXPERTS (traduits de sources anglophones)

"Toute forme de punition corporelle ou de fessée est une attaque violente contre l'intégrité d'un autre être humain. L'effet demeure dans la victime pour toujours et devient une part inoubliable de sa personnalité, une frustration massive se transformant en hostilité qui cherchera à s'exprimer plus tard en actes violents contre les autres. Plus tôt nous comprenons que l'amour et la douceur sont les seules formes de comportement adaptées à l'égard des enfants, mieux ce sera. L'enfant, en particulier, apprend à devenir le type d'être humain qu'il ou elle a expérimenté. Cela devrait être pleinement compris par les éducateurs."

Ashley Montagu, anthropologiste

"Les punitions corporelles infligées aux enfants contrarient les processus d'apprentissage des enfants et leur développement social optimal en tant qu'adultes responsables. Nous croyons important, pour le personnel de santé, les eseignants et les autres catégories concernées par la santé physique et affective des enfants et des jeunes, d'adopter des méthodes alternatives pour la maîtrise du contrôle de soi et un comportement responsable chez les enfants et les adolescents."

Dr. Daniel F. Whiteside, Assistant chirurgien général, Département de la Santé et des sevrices sociaux (Administration du Président Ronald Reagan)

"Les mesures punitives, qu'elles soient administrées par la police, par les enseignants, les époux ou les parents ont des effets types bien connus : '1) évasion hors de l'éducation qui porte un nom particulier : la paresse; 2) contre-attaque, vandalisme à l'école et agressivité contre les maîtres; 3) apathie, retrait morose dans la passivité. Plus violente est la punition, plus graves les résultats."

B. F. Skinner, Ph. D., écrivain, Professeur de psychologie à Harvard

"Les punitions corporelles entraînent l'enfant à accepter et à tolérer l'agression. Elles figurent toujours, de façon marquée, parmi les sources de l'agressivité des adolescents et des adultes, spécialement dans les manifestations qui prennent une forme antisociale comme la délinquance et la criminalité."

Philip Greven, Professeur d'histoire, Rutgers Université

“J'ai toujours plaidé pour la totale abolition des punitions corporelles et je crois que la pornographie prend sa source dans notre tradition de battre les enfants.”

Gordon Moyes, D.D. Pasteur de l'Uniting Church, Superintendant de la Wesley Central Mission, Sidney, Australia

"Être élevé comme un esclave crée un tempérament d'esclave. . . Les battre, et leur infliger toutes sortes de punitions corporelles humiliantes n'est pas une discipline à employer pour l'instruction de ceux dont nous voudrions qu’ils deviennent des hommes bons, sages et honorables."  

John Locke, 1632-1704, "Some Thoughts Concerning Education," 1692
John Locke (1632-1704), “Pensees sur l'education des enfants,” 1692

"Ne te hâte pas de gronder ton élève, car cela l'abêtit et décourage sa bonne volonté à la fois., mais instruis-le avec douceur de façon à lui donner à la fois le désir de s'amender et la joie de progresser dans l'amour et l'espoir de la connaissance. Laisse le maître dire : "C'est bien!" Je vous assure qu'il n'y a pas de meilleure pierre pour aiguiser un bon esprit et encourager l'amour du savoir que la louange. A mon avis, l'amour est plus efficace que la peur, la douceur que les coups pour conduire un enfant dans la voie de la connaissance."

Roger Ascham (Tuteur de la Reine Elizabeth I), Le Maître d'école, Angleterre, publié aux environs de '1568.

"Les enfants doivent être conduits à adopter des moeurs honnêtes par le moyen des encouragements et de la raison et certainement pas par les coups et les mauvais traitements."

Plutarque, circa 46-120 A. D., "L'Education des enfants", Vol. I, Moralia, Grèce ancienne

"Quand les enfants sont battus, la souffrance ou la peur a fréquemment pour résultat le dégoût de parler et vraisemblablement, par la suite, la honte, honte qui affaiblit et paralyse l'esprit et amène l'enfant à fuir et détester la lumière. Je ne veux pas passer plus de temps sur ce sujet. Nous en savons déjà assez."

Quintilien, circa 35-95 A. D., Institutes of Oratory, Rome ancienne


QUESTIONS ET RÉPONSES

Q: Qu'est-ce que les délinquants juvéniles ont tous en commun?
R: Ils ont été élevés par des parents frappeurs.

Q: Quel était le point commun des enfances de Hitler, Staline, Pol Pot, Saddam Hussein et Charles Manson?
R: Ils ont été, enfants, impitoyablement, sévèrement et physiquement châtiés.

Q: Qu'est-ce que les prisonniers du couloir de la mort ont tous en commun?
R: Une multitude de fessées durant leur enfance.

Q: Qu'est-ce que les violeurs, les incendiaires, les terroristes, les tortionnaires, les tueurs en série, les auteurs de massacres, les auteurs de crimes sexuels, les maniaques de l'attentat à la bombe, les kidnappeurs, les snipers, les assassins, les alcooliques, les escrocs, les vandales et les "stalkers" ont en commun?
R: Une éducation violente.

Q: Quel type d'enfant est destiné à ne jamais s'associer à des malfaiteurs?
R: Celui qui est éduqué sans être battu.

Q: Que faut-il faire pour changer un gentil chiot en chien de garde vicieux?
R: Restreindre ses mouvements et le battre souvent.


COMMENT VOUS POUVEZ CHANGER LES CHOSES

Il y a des gens dans vos relations qui n'ont jamais entendu les idées exprimées dans Parlons clair sur les claques. Ne pensez-vous pas qu'il est temps qu'ils les entendent?

Vous pouvez aider à planter la graine d'une prochaine génération plus attentive, plus coopérative et moins violente en partageant cette publication avec les autres, avec vos amis, vos voisins, vos relations, les parents des amis de vos enfants, les dirigeants sociaux et religieux, les enseignants de vos enfants et vos représentants au gouvernement. Nous pensons que tout le monde devrait entendre ce message.

Nous savons que certains rejetteront nos conclusions sur la fessée. Ils refuseront d'y penser ou seront gênés ou hostiles parce que cette information les rend mal à l'aise. Cela ne doit pas nous déconcerter ni nous décourager. D'autres veulent savoir pourquoi les vieilles méthodes familières pour socialiser les enfants réussissent médiocrement. Il y a aussi ceux qui sont déjà en train d'élever leurs enfants sans violence mais qui ont besoin d'avoir l'assurance de bien faire. Votre rôle est de toucher ces gens et de leur permettre de connaître ce que vous savez à ce sujet. La meilleure manière de le faire est de mettre une copie de cette brochure entre leurs mains.

Nous croyons qu'un jour prochain l'humanité civilisée regardera avec stupéfaction et pitié l'époque où l'on croyait que battre les enfants était bon pour eux.


RESSOURCES ET LECTURE ADDITIONNELLE

Jane Bluestein. Creating Emotionally Safe Schools: A Guide for Educators and Parents. Deerfield Beach, Florida: Health Communications, Inc., 2001

Alan DeWitt Button. The Authentic Child. New York: Random House, 1969.

Marc-André Cotton, "Fessée et perversions sexuelles." Regard conscient (Février 2003). En ligne à www.regardconscient.net/archi03/0302fessee.html.

Susan Forward. Toxic Parents: Overcoming Their Hurtful Legacy and Reclaiming Your Life. New York: Bantam Books, 1989.

Ian Gibson. The English Vice. London: Duckworth, 1978.

James Gilligan. Violence: Reflections on a National Epidemic. New York: G.P. Putnam's Sons, 1996.

Thomas Gordon. Teaching Children Self-Discipline At Home and At School. New York: Ramdom House, 1989. [PTAVE strongly recommends Thomas Gordon’s Parent Effectiveness Training (P.E.T.) and Teacher Effectiveness Training (T.E.T.)]

Philip Greven. Spare the Child: The Religious Roots of Punishment and the Psychological Impact of Physical Abuse. New York: Random House, 1991.

Mitch Hall. The Plague of Violence: a preventable epidemic. Checkmate Press, www.CheckmateNow.org, 2002.

Irwin A. Hyman. Reading, Writing and the Hickory Stick: The Appalling Story of Physicaland Psychological Violence in American Schools. Boston: Lexington Books, 1990.

__________, Case Against Spanking: How to Stop Hitting and Start Raising Healthy Kids. San Francisco: Jossey-Bass Inc., 1997.

Irwin A. Hyman and Pamela A. Snook. Dangerous Schools: What We Can Do About the Physical and Emotional Abuse of Our Children. San Francisco: Jossey-Bass Publishers, 1999

Dorothy Otnow Lewis. Guilty by Reason of Insanity - A Psychiatrist Explores the Minds of Killers. New York: The Ballantine Publishing Group, 1998.

Mike A. Males. The Scapegoat Generation: America's War on Adolescents. Monroe, Maine: Common Courage Press, 1996.

Olivier Maurel, La Fessée: 100 questions-réponses sur les châtiments corporels, Tressan: éditions La Plage, 2001.

Michael J. Marshall. Why Spanking Doesn’t Work. Springville, Utah: Bonneville Books, 2002.

Miller, Alice, Libres de savoir Ouvrir les yeux sur notre propre histoire. Paris: Flammarion, 2001 / The Truth Will Set You Free : Overcoming Emotional Blindness and Finding Your True Adult Self. New York: Basic Books, 2001

__________, C'est pour ton bien: Racines de la violence dans l'éducation de l'enfant. Paris: Aubier, 1984 / For Your Own Good: Hidden Cruelty in Child Rearing and the Roots of Violence. New York: Farrar, Straus and Giroux, 1983. [PTAVE recommande l'ensemble des livres d'Alice Miller, qui sont tous disponibles en français.]

Eli H. Newberger. The Men They Will Become: The Nature and Nurture of Male Character. Cambridge: Perseus Publishing, 1999.

Jane & James Ritchie. Spare the Rod. Sydney: George Allen & Unwin, 1981.

Murray A. Straus. Beating the Devil out of Them: Corporal Punishment in American Families. New York: Free Press, 1994.

Felicity de Zulueta. From Pain to Violence: The Traumatic Roots of Destructiveness. London: Jason Aronson, Inc., 1994.

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