samedi 8 novembre 2008

"Comment Combattre le Déni", Traduction

Traduction de l'interview d'Alice Miller en Anglais: "How to combat denial".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

On peut aller plus loin dans la compréhension du conte du petit chaperon rouge et déduire que non seulement la mère refuse de voir le danger dans la forêt parce qu'elle est semblable au loup, elle est dangereuse comme le loup car elle envoie sa petite fille sans défense seule dans une forêt forcément dangereuse, cette mère nie les parties d'elle même qui sont très ressemblantes au loup, accepter de voir le loup, c'est accepter de se voir telle qu'elle est réellement, et elle ne le peut pas à cause de sa propre enfance, on apprend à l'enfant à se renier tel qu'il est, et à "jouer la comédie" pour complaire aux parents, mais ça l'empêche d'être lui même et de voir la réalité.


"Comment Combattre le Déni

Interview originale "How to combat denial" en anglais, sur le site http://www.alice-miller.com, traduction en Français par Gaël Roblin, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.

Comment combattre le déni ?

Interview donné par Alice Miller à Borut Petrovic Jesenovec en Juillet 2005

Les contes de fées et les mythes peuvent nous en apprendre beaucoup à propos de notre culture et de notre perception du monde. L'un des contes les plus connus que les petits enfants sont "forcés" à écouter et à lire lorsqu'ils sont plus ou moins grands est "Le Petit Chaperon Rouge". Parmis des milliers d'autres contes populaires celui-ci reste debout comme étant incroyablement populaire. Qu'est-ce qu'ils nous dit à propos de notre attitude envers les enfants dans notre culture ?

Il nous dit qu'il est évident d'utiliser les enfants comme des victimes.La mère envoie l'enfant seul vers la grand mère et ne se soucie pas du danger (le loup) dans la forêt.

Je suis toujours choqué par l'interprétation "officielle" que la mère du Petit Chaperon Rouge est bien intentionnée et en prend soin. Elle envoie sa jeune fille dans une forêt dangereuse expliquant que c'est un tâche honorable (pauvre grand mère après tout).Je trouve cette mère cruelle, mauvaise et même perverse. Etes vous d'accord ?

Oui je suis d'accord parce quelle doit avoir connu l'existence de ce loup. Cependant elle ne prépare pas l'enfant pour le danger qu'elle nie. Le résultat est que l'enfant croit le loup, lui dit ou habite la grand mère et même quand elle voit plus tard le loup dans le lit de la grand mère, lui parle comme si il était la grand mère. Elle a déjà pris le déni de la mère, partage sa cécité et devient la victime naïve du loup qui symboliquement représente ici le père incestueux auquel les mères livrent souvent ses filles. Elles protègent leurs propres pères en supprimant leurs souvenirs d'avoir été abusées dans leur enfance et deviennent AINSI aveugles aux dangers pour leurs filles.

Quand j'ai voulu parler des mauvais aspects de mon enfance, j'ai été rejeté et on m'a rappelé que tout a son bon et mauvais coté et c'est pourquoi nous devrions nous concentrer sur le coté brillant de la vie et adopter une attitude positive. Dans de telles argumentation même l'abus a quelquechose de valeur. Comment réagiriez vous à de telles relativisations et à un tel relativisme ?

Ce type de pensée est nécessaire dans l'enfance, c'est notre stratégie pour survivre. Même avec les parents les plus brutaux, l'enfant ne veut pas mourir, alors il doit absolument croire que ce qu'il endure n'est pas l'entière vérité. Et bien sûr il y a des moments quand le père brutal semble changer, il vous emmène sortir pour pêcher et vous pouvez vous sentir aimé pour un temps.Si plus tard ils vous utilise comme un jouet ou un objet de ses désirs sexuels vous pouvez vous échapper de votre peur, vous avez toujours pour vous en mémoire le bon souvenir de la pêche ou d'autres occasions. De cette façon nous survivons à notre enfance, et la plupart des gens essaient de vivre seulement avec ces bons souvenirs en supprimant les mauvais. De tels actes sont supportés par les religions et presque toute les philosophies connues. Mais je pense qu'en tant qu'adultes nous avons la possibilité de prendre ces faits sérieusement et de savoir qu'en faisant ça nous ne sommes plus dans le danger mortel.Nous pouvons faire l'effort de voir que nos parents pour quelques raisons que ce soit ne nous aimaient pas aussi longtemps qu'ils pouvaient nous utiliser comme des victimes, sans prendre soins de nos sentiments, notre douleur, et notre futur. Cette conscience nous aide à nous débarasser de nos sentiments auto-destructeurs de culpabilité.En rejetant de tels actes de nos parents nous devenons libres de la compulsion de répétition de tels actes avec nos propres enfants.

Comment définiriez vous un abus ?

Abuser veut dire utiliser une personne pour ce que je veut obtenir d'elle ou de lui, sans lui demander son accord, sans respecter sa volonté et ses interêts. Avec les enfants, c'est très facile de le faire, parce qu'ils sont aimants, ils croient leurs parents et la plupart des adultes et ne réalisent pas qu'ils sont abusés, que leur amour à été exploité. Spécialement si ils étaient forcés d'ignorer leur émotions depuis le début, ils peuvent avoir perdu leur sensibilité aux signaux de dangers.

Une petite fille va suivre à la cave le voisin qui lui à promis du chocolat, bien qu'elle puisse se sentir inconfortable. Mais si elle a appris depuis le début de sa vie que ces sentiments n'ont pas d'importance et qu'elle devrait obéir à chaque personne adulte, même si elle sent de la résistance, elle va suivre le voisin. Elle va se comporter comme le Petit Chaperon Rouge dans le conte de fée. Et elle peut plus tard souffrir dans ces relations avec les hommes pour toute sa vie si elle ne travaille pas sur cette première expérience dans la cave. Cependant si elle le fait, elle ne sera plus en danger de devenir une victime de viol ou de n'importe quel autre type de tracasseries.

Combien de gens pensez vous ont été abusées dans leur enfance ?

C'est difficile d'estimer combien de gens n'ont pas été abusés. Je connais des gens qui n'ont pas été exploités dans leur enfance, qui étaient aimés, dont on se souciait et qui étaient autorisés à exprimer leur véritables sentiments. Je les ai vus étant bébés et je vois qu'ils sont capables de donner à leurs enfants le même respect qu'ils ont eu de leurs propres parents.Mais je n'en connais pas beaucoup comme ça. Donner une fessée à des enfants est toujours considéré comme étant inoffensif et utile partout dans le monde. Je pense qu'environ 90% de la population mondiale a été abusée de cette manière plus ou moins sévèrement. Vous pouvez voir chaque jour à la TV ce que les plus sévèrement abusés font quand ils deviennent des adultes qui nient leur souffrances et admirent et respectent leurs parents abusifs. Vous pouvez le tester, vous pouvez aller tout autour du monde et demander au gens les plus cruels comment étaient leurs parents. La réponse de plus grand tyrans sera souvent: Mes parents étaient des gens bien.Il voulaient le meilleur pour moi, mais j'étais un enfant têtu.

La cécité humaine qui permet d'abuser peut être stupéfiante. Même confrontés à leurs propres abus les plus évidents, les gens croient toujours au mythe d'avoir été aimés, et continuent à abuser de leurs enfants (et des enfants des autres). Comment leur "ouvreriez vous les yeux" sur ce qu'ils font ? Est-ce possible après tout ?

Je ne peux pas ouvrir les yeux des autres; ils se refermeront rapidement encore, et ils ne veulent pas voir - ou ils ont peur de voir - la vérité parce qu'ils s'attendent à être punis par leurs parents ou Dieu qui les représentent. Je peux seulement ouvrir mes propres yeux et dire ce que je vois. Et quelques fois les gens se sentent encouragés à ouvrir un oeil ou même les deux. Ils sont surpris de ne pas être punis, de sentir même le soulagement d'avoir arrêté de se trahir eux mêmes.

Les gens préfèrent normalement nier qu'ils ont été abusés. Interpréteriez vous les désordres alimentaires, l'obsession des régimes-minceur, se ronger les ongles, boire "innocemment" lors de réunions sociales, penser au suicide, l'asthme, prendre des drogues ou même le "besoin" d'aliments sans valeurs nutritive ou les cigarettes comme des preuves sans équivoques d'abus émotionnel ou physiques ?

Oui, absolument. Toutes ces maladies ou addictions sont des cris du corps qui veut être entendu. Au lieu d'entendre et d'essayer de comprendre ces cris, la plupart ont choisis de s'en aller.

Vous dites que le corps est sage et ne peut être trompé. La bonne nouvelle est que si nous l'écoutons, nous pouvons être guéris des symptômes physiques. Mais si nous sommes trop occupés à nier ces besoins et sa mémoire nous nous condamnons à vivre dans un enfer invisible. Tout est parfait, mais nous sommes coupés de nos véritables émotions et destinés à vivre une vie superficielle creuse et notre organisme devient notre ennemi. Comment pouvons nous devenir amis avec notre corps qui demande une vérité extrêmement désagréable ?

D'abord nous devons arrêter d'éviter la vérité et vivre par une ou plusieurs expériences que la vérité ne tue pas, qu'en fait ça nous fait nous sentir meilleur éventuellement. Si vous décidez de ne pas prendre vos pilules quand vous avez votre mal de tête et trouver à la place exactement quand le mal de tête à commencé, vous pouvez être assez chanceux pour comprendre pourquoi votre corps à besoin d'un mal de tête juste maintenant, ce qui vous est arrivé aujourd'hui qui vous a fait vous sentir malheureux, si vous prêté votre complète attention à l'événement. Une fois vous le faites, une émotion très douloureuse peut surgir qui doit être sentie. Cependant, après que ce sentiment soit fini, une solution à votre problème peut apparaitre. Mais en tous cas, à votre grande surprise vous vous rendez compte que votre mal de tête à disparu sans aucun médicament. Si vous avez déjà fait l'expérience d'une disparition si spontanée d'un symptôme, personne ne sera jamais capable de vous convaincre que votre mal de tête à besoin d'aspirine pour partir. Les drogues vous empêchent de vous comprendre, mais cette compréhension peut être essentielle pour votre santé.

La différence entre les sentiments (Gefühle) et les émotions (Emotionen) est fondamentale pour comprendre le mécanisme du déni. Pourquoi est-ce si important de connaitre cette différence ?

Si vous n'essayez pas de refuser votre passé vous êtes plus libres de croire vos émotions. Elles vous transmettent votre histoire, souvent inconsciemment et souvent à travers les messages de votre corps. Votre esprit peut apprendre à comprendre ces messages et dans cette optique transformer vos émotions en sentiments conscients. Si vous connaissez vos sentiments vous avez la meilleure protection dans votre vie, tandis qu'en vous battant contre eux vous vous sentez constamment en danger, effrayé par des choses qui se sont déjà produites des décennies et qui ne sont plus de vrais dangers.

Un enfant doit réprimer l'expérience de l'abus pour arriver à survivre. Comment un mécanisme qui permet de survivre se transforme-t-il en un mécanisme qui étouffe la vie ?

Ce mécanisme ne se transforme pas lui même. Il reste le même mais n'est plus adapté aux nouvelles circonstances. Nous n'en avons plus besoin adultes. Nous devons le laisser partir. Autrement nous ne pouvons pas profiter d'être un adulte; nous continuons de vivre comme des enfants dépendants. Si vous faites un voyage en avion, vous avez besoin de mettre votre ceinture de sécurité. Mais après avoir quitté l'avion, quand vous marchez sur la terre, vous n'en avez plus besoin. Vous ne la garderiez pas. Mais la plupart des gens font exactement ça. Ils gardent sur la terre ce qui leur sauvait la vie en l'air. Ils marchent adultes avec le déni qui a sauvé leur vie dans l'enfance. Et ce qui était nécessaire ALORS, devient étouffant MAINTENANT.

Vous utilisez le terme "pédagogie noire" (schwarze Pädagogik). Je comprend ceci comme étant une éducation autoritaire. L'éducation laxiste a-t-elle des effets similaires ?

La notion de "pédagogie noire" a dans mes éditions Anglaises le nom "Poisonous Pedagogy". Dans mon livre "C'est Pour Ton Bien" j'ai décris comment ces méthodes pour produire un enfant obéissant et soumis tue leur capacité naturelle d'empathie. L'éducation laxiste de 1968 à été dommageable d'une autre manière. Mais peut être moins destructrice. Cela voulait souvent dire une négligence totale pour les besoins de protection et de communication de l'enfant. Et c'était aussi un type d'exploitation de l'amour de l'enfant pour l'idéologie de l'adulte. Ceci conduisant souvent à de sévères abus sexuels, dissimulés selon la théorie de Freud de la "sexualité infantile", et à une confusion profonde du sens de l'identité de l'enfant. Mais je ne pense pas que l'éducation laxiste était aussi brutale que les partisans de l'autorité, qui a finalement mené des millions de servants obéissants volontairement auprès d'Hitler.

Quand j'ai du préparer un court résumé de votre livre, j'ai écrit que vous discutiez d'abus de l'enfant doué. Alors on m'a rappelé que je devais éviter le terme abus, parce que c'était trop offensant, brutal et révoltant. A la place j'ai du écrire que vous traitiez de "l'incompréhension" des parents et de "l'indifférence" de leurs enfants. Quel est votre commentaire ?

C'est très commun d'être accusé d'être "offensant" si vous "appelez un chat un chat", à la place d'utiliser un mot euphémique. C'est partout une bonne façon de dissimuler la brutalité des parents et d'offenser les gens qui les dénoncent. Comme c'est la façon dont nous avons appris à nous comporter, nous n'osons pas y renoncer et nous sommes rapidement intimidés. Mais en réalité c'est une voie étouffante.

Vous écrivez: "Le traumatisme stocké dans le cerveau mais nié par notre esprit conscient" sera toujours visité par la génération suivante." Pouvez vous décrire ce mécanisme ? Est-ce l'innocence de l'enfant attaché en bas âge qui est prise pour être emportée simplement parce qu'il est né de parents qui nient leur traumatismes ?

Oui, malheureusement, les miracles sont très rares. Si les parents disent: "La fessée ne m'a fait aucun mal", il vont faire la même chose à leur tour sans arrière pensées. Mais si ils peuvent voir que le traitement de leurs parents a mutilé leur vie, ils vont essayer d'épargner leurs enfants du même destin, il vont rechercher des informations et ne voudront pas être bloqués dans le déni et l'ignorance.

Je remarque que beaucoup de gens deviennent allergiques quand ils voient un enfant vraiment sincère soulagé de l'abus et de la culpabilité. Ils ne peuvent simplement pas le supporter. Ils répètent que chaque enfant doit être socialisé le plut tôt possible, en d'autres mots éloigné des parents et mis au jardin d'enfant pour qu'il ou elle devienne "disponible" pour quelqu'un. Ils prêchent les bénéfices de la socialisation comme étant la cause la plus sacrée, noble. Je trouve que cette pression sociale est énorme. Mais dans ce contexte de socialisation c'est l'égal de l'adaptation à la cruauté. Pourquoi un enfant qui est vivant, véritable et pur, à leurs yeux insupportables, même coupable et doit bien sûr être mutilé par tous les moyens pour devenir leur semblable ?

Parce que la créativité de l'enfant et sa vivacité déclenchent chez les parents leurs sentiments réprimés de douleur d'être étouffés. Ils ont peur de sentir leurs peurs, donc ils font ce qu'ils peuvent pour éviter les déclencheurs. En insistant sur l'obéissance ils tuent l'enfant vivant, ils le font devenir une victime comme eux ou elles ont été eux mêmes traités avant. C'est pourquoi ils ont absolument besoins d'informations. C'est pourquoi nous parlons et travaillons dans cette interview.La plupart des parents le font automatiquement, simplement en répétant ce qu'eux mêmes ont appris étant enfants. Nous pouvons les aider à arrêter ce comportement destructeur en leur expliquant pourquoi c'est en réalité destructeur. Pour qu'ils puissent se réveiller et faire un choix."

mardi 4 novembre 2008

"Le Piège du Pardon", Traduction

Traduction de l'article de Barbara Rogers en Anglais: "The Trap of Forgiveness".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

"Le piège du pardon

Mardi 1er mars 2005
de Barbara Rogers, auteur de « Screams from Childhood »

Article original "The Trap of Forgiveness" en anglais, sur le site http://www.alice-miller.com, traduction en Français par Delphine Jejcic, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.

Les enfants se doivent d’honorer et de pardonner leurs parents et la discipline est le maître mot de l’éducation. Pourquoi concevons-nous ainsi la relation parent enfant, une relation si essentielle pourtant? A savoir, les uns détiennent le pouvoir physique, émotionnel et mental ainsi que la responsabilité d’accompagner des enfants malléables et innocents en jouant le rôle de modèle. Les autres sont dépendants, vulnérables, n’ont aucun pouvoir et sont à la merci de leurs parents.

Ces rôles prédéfinis des parents et des enfants décrivent bien comment le pouvoir est utilisé. Pour que les enfants obéissent et soient loyaux, les parents sont autorisés et même encouragés à faire preuve de tout ce qui ressemble de près ou de loin à la discipline. Ce qui est donc transmis aux enfants comme une punition leur apprend que le pouvoir peut s’exercer sous forme de violence et de dégradation, que ce sont des comportements acceptables lorsqu’ils viennent de ceux qui détiennent le pouvoir. L’enfant impuissant ne jouit pas de droits humains.

Nous apprenons à nos enfants à ne jamais attaquer et blesser les autres. Comment pouvons-nous être des modèles sérieux si nous ne respectons pas les droits de nos enfants et surtout leur droit à l’intégrité physique ? Il existe assurément des parents qui considèrent leurs enfants avec respect, bienveillance et qui sont toujours prêts à donner des conseils avisés. Toutefois, deux tiers des Américains cautionnent la punition corporelle et plus de vingt états l’autorisent dans leurs écoles. La société assiste dans le silence à la souffrance des enfants mal traités. Les enfants ne sont protégés par aucune loi. Puis plus tard, lorsqu’ils essaient de faire face aux conséquences de ce qui leur est arrivé, souvent grâce à des thérapies, nous demandons à ces enfants mal traités de pardonner, du moins dans une certaine mesure.

L’idée selon laquelle il faut honorer les parents engendre un mécanisme destructif qui se prolonge à l’âge adulte : manquer de respect aux enfants, ne pas considérer leur dignité, leur humanité et les droits humains. Ce que ressent l’enfant qui subit un comportement abusif de la part de ses parents est soit ignoré, soit considéré par les parents comme irréel, irrespectueux, impardonnable, comme la preuve d’une insoumission ou d’une rébellion.

Mais ce mécanisme bloque les sentiments de l’enfant, l’empêche de comprendre les problèmes qu’il rencontre, de se connaître et d’appréhender son passé. Ce mécanisme est nourri par l’idée selon laquelle ceux qui détiennent le pouvoir illimité ont le droit de punir, d’humilier, de dénigrer et d’ignorer les sentiments et la douleur de l’enfant. Mais également par la conviction que les parents méritent toujours d’être honorés et pardonnés, que l’on peut pardonner le déni de la vérité et le mépris des sentiments de l’enfant. Même si aucun parent n’a demandé à son enfant de le pardonner, ou n’a essayé de le/la comprendre, on glorifie le pardon pour guérir la colère et la haine et on le considère comme un moyen d’atteindre la paix intérieure. J’ai trouvé la paix intérieure en me pardonnant à moi-même et surtout en prenant de la distance vis-à-vis de mes parents et de leurs convictions. Chaque pas que j’ai fait m’a rapproché de mon vrai Moi.

Colère, haine ou douleur sont jugés comme néfastes uniquement lorsqu’ils apparaissent chez les enfants mal traités ou lorsque plus tard, ils essaient de surmonter les conséquences de ces abus grâce à la thérapie. Pour les adultes, le mot « discipline » peut cacher et excuser les comportements les plus empreints de revanche et les plus cruels, un vrai euphémisme.

Pendant mon enfance, ma mère ressentait toujours de la souffrance et de l’amertume. Ses crises de colère incontrôlées me terrifiaient, moi et mes frères et sœurs. Elle n’éprouvait aucune indulgence envers ses enfants. Les principes éducatifs ne prônaient pas l’indulgence envers les enfants, au contraire, ils insistaient sur l’importance de la discipline. Elle pensait qu’elle était en droit de nous punir et de nous persécuter et cela lui donnait la liberté d’extérioriser sur nous tout ce qu’elle combattait en elle-même. J’ai eu besoin d’années de thérapie pour comprendre que ses actes et ses croyances étaient abusifs et cruels, que je n’étais pas coupable, que je n’étais pas le monstre diabolique qu’elle décrivait. A l’âge adulte, lorsque j’ai fini par avoir la force intérieure et le pouvoir d’agir ainsi, j’ai compris que j’avais le droit de construire des barrières pour éviter d’être blessée à nouveau par sa froideur, son manque de compassion et sa sévérité cruelle.

Ces années de thérapie m’ont fait prendre conscience que chaque être humain ressent différents sentiments, selon ce qu’il se passe dans sa vie, ou ce qui peut ressurgir du passé. Ces sentiments sont le fondement de notre capacité à être en vie et participent au ressenti de soi. Je vis depuis des années loin de ma mère, au sens propre ( géographique) comme au sens figuré puisque je n’ai plus de contacts avec elle. On m’a souvent conseillé de lui pardonner. Mais ce qui me permet d’être honnête envers moi-même, c’est de rester éloignée de ma mère pour me protéger d’elle, de sa satisfaction personnelle entêtée, de son apitoiement perpétuel sur son sort, de son manque de volonté total de me comprendre et de comprendre les épreuves que j’ai affrontées, et enfin pour me protéger du fait qu’elle veuille que je renie l’inceste qui a eu lieu entre mon père et moi. Cela me permet d’être intensément libre dans mes sentiments et dans mes pensées. Je n’ai plus besoin de les réfréner pour elle.

Si l’on met de côté l’idée de pardon, je ne suis pas quelq’un embourbée dans la colère ou la haine. Quand de tels sentiments font surface, ce qui est rare, je vérifie si cela renvoie à une expérience douloureuse de mon enfance, et si cela s’avère nécessaire, j’écris pour le comprendre avec compassion. Puis je me pardonne d’avoir tant souffert sans avoir eu le courage d’intervenir, de me défendre, de changer ma vie et mes relations. Enfin, je rattache cela à mon présent, ce qui en résulte, j’ai désormais le choix, je peux vivre différemment, je peux me défendre et je dois préserver mon bien-être.

Se pardonner à soi-même est une étape cruciale, c’est une excellente solution thérapeutique. C’est ce genre de pardon que je recommanderais aux enfants mal traités qui suivent en ce moment des thérapies pour surmonter leurs traumatismes passés.

Un acte, et tout particulièrement un acte à sens unique ou le fait de pardonner à un parent ne guérit pas des traumatismes et des mécanismes destructeurs du passé de l’enfant. Au contraire, cela les repoussent loin dans l’inconscient avec l’ordre non dit mais pourtant explicite : « reste ici, conduis-toi bien ou recommence à saigner, tout ceci est du passé, c’est derrière moi, je ne t’écouterai pas. » Il ne demande pas aux parents ou à la société de faire face à la responsabilité de celui qui est à l’origine des maltraitances et de reconnaître les conséquences de ces actes.

Ainsi, la réalité et la vérité du comportement abusif est caché par le pardon et peut refaire surface d’une façon plus tragique et plus destructive contre la prochaine génération.

Quand le passé et la souffrance de l’enfant peut être reconnu, débattu et partagé, quand un parent peut exprimer de la compassion, de la compréhension, du regret et peut accepter sa responsabilité, alors le pardon se fera naturellement sans même être exigé. Mais nombreux sont ceux qui pensent que le concept du pardon s’adresse aux parents impardonnables, ceux qui n’ont pas l’intention de considérer le mal qu’ils ont fait, qui ne s’en excusent pas sincèrement, ne le regrettent ou n’essaient pas de ressentir de l’empathie et de la compassion pour leur enfant. C’est ainsi que le pardon devient un lien invisible et secret qui continue de relier la victime à son bourreau. Il réduit au silence les voix des victimes et la vérité au travers des recommandations, ou même de l’exigence du pardon. C’est ce que j’appelle le piège du pardon.

Le piège du pardon nous fait croire que c’est fini une fois que nous avons reconnu ce qui est à l’origine du mal et ce qui nous a transformé pendant l’enfance. Nous ne cherchons plus à prendre conscience de ce mal et à le comprendre, non seulement pour nous-mêmes mais également pour ne pas adopter de comportement abusif, blessant ou méchant à l’égard de nos propres enfants.

On demande à la victime de pardonner pour mettre fin aux sentiments de douleur, de colère, de protestation et de haine, comme si pardonner allait résoudre les problèmes rencontrés pendant une enfance douloureuse. Ce type de pardon signifie le reniement de mes sentiments, mes pensées et ma capacité à vivre. Cela serait le déni de mon vrai Moi. Cela mettrait fin à mon désir le plus profond d’être moi-même. Ce n’est seulement en étant à l’écoute de mes sentiments propres, de mes souvenirs tout au long de ma vie que je peux être honnête envers moi-même et apprendre de ce ressenti.

Je connais d’une part des personnes qui s’enlisent dans la colère, la haine, la souffrance et l’apitoiement sur leur propre sort, la jalousie et les autres d’autre part.

Ils n’ont pas besoin du pardon pour surmonter des situations difficiles mais d’une thérapie éclairante. Ils n’ont, le plus souvent, pas conscience que ces sentiments obsessionnels et accablants sont déclenchés par des expériences douloureuses ou traumatisantes durant l’enfance.


Lors de mon « périple » thérapeutique, avec différents praticiens, différents types de thérapie, beaucoup d’écriture sur mes propres sentiments de colère, de tristesse, d’indignation ou de haine, j’ai eu besoin de temps pour refaire surface et pour être reconnue. Une fois compris et acceptés, ils se sont amoindris et ont laissé place à la paix intérieure. Ces sentiments révèlent le souvenir d’une enfance douloureuse, puis deviennent tout simplement des faits.

L’idée du pardon est souvent chargée de concepts vagues et d’une énergie religieuse dogmatique. Il a pour but de faire ressentir de la culpabilité chez l’être humain mal traité. Il exploite et se nourrit du sentiment ancestral de la culpabilité accumulée pendant l’enfance. Il autorise une forme passée et bien connue du contrôle de nos sentiments et l’on doit continuer de ressentir ce besoin du pardon à l’âge adulte et lors de la thérapie. Cela nous empêche de devenir des adultes libres et investis qui peuvent donner leur version de la vérité, prendre soin d’eux-mêmes et de leurs besoins réels. Tous les autres délits passent devant la justice, sont poursuivis et punis.

Mais les délits commis par les parents sur leurs enfants sont traités dans le secret et la honte, sont enfouis en conseillant le pardon et ne font jamais l’objet de poursuites devant les tribunaux. Pardonner les actes nés de la revanche est humain et fait sens, mais cela devient un piège dès lors que différents niveaux de culpabilités destructrices à l’égard des parents empêchent la création de frontières saines et protectrices qui soignent le Moi et nourrissent le bien-être. Alors que l’on ne cesse de recommander aux enfants mal traités de pardonner, il n’en est jamais question pour les parents. Le mot discipline règne en maître dans les conseils d’éducation donnés aux parents, cela englobe donner la fessée, une correction, être le bouc émissaire et tous les comportements humiliants. Ces pratiques sont dégradantes, inhumaines et seraient souvent assimilées à de la torture si elles étaient administrées à un adulte. Que se passerait-il si nous insistions sur la fait que l’on puisse pardonner et comprendre les enfants et plus seulement leur exiger le pardon ? Les enfants n’auraient plus besoin de pardonner la maltraitance parce qu’ils auraient eux-mêmes ressenti la compassion, le pardon et l’amour plutôt que d’avoir appris l’impossibilité de pardonner, l’inhumanité dans la forme impitoyable et haineuse du comportement parental.

Pourquoi n’apprend-t-on pas aux parents à pardonner et n’attendons-nous pas cela d’eux ? Les enfants doivent pouvoir faire des erreurs et apprendre de celles-ci. Ils ont besoin d’être guidés avec compassion et compréhension de façon humaine et significative, sans violence et sans dégradation.Ainsi ils éprouvent l'amour et deviennent autorisés à construire leur vie et à créer un monde qui n'est pas dominé par la violence."

samedi 1 novembre 2008

"Dire la Vérité aux Enfants sur la Terreur", Traduction

Traduction de l'interview d'Alice Miller en Anglais: "Tell Children the Truth about Terror".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

"Dire la Vérité aux Enfants sur la Terreur
Interview originale "
Tell Children the Truth about Terror" en anglais, sur le site http://www.alice-miller.com, traduction en Français par Gaël Roblin, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.

Interview par Oliver Bantle

sueddeutsche.de: Quels effets les images télévisées des attaques terroristes aux USA et dans la guerre en Afghanistan peut avoir sur l'esprit des enfants ?

A.Miller: Ces images n'étaient pas traumatisantes dans le véritable sens du terme parce qu'elles ne menaçaient pas notre existence physique réelle.

Donc les enfants recevant des punitions corporelles finissent par considérer leurs parents comme des "assaillants" ?

Ces actes de terrorisme nous font réaliser ce qu'un enfant d'un ou deux ans vit (et réprime) quand sans qu'aucun avertissement ils sont soudainement saisis et battus par les parents qu'ils aiment, même si la punition est "douce" et appelée "fessée". Les enfants en bas âge ne peuvent pas comprendre pourquoi ça devait leur arriver. Ils sont abasourdis, horrifié, totalement impuissants. Le monde entier vient en dégringolant en bas autour de leur oreilles, ils n'ont aucune idée de ce qui leur arrivera ensuite. Pour un petit bébé fragile, la fessée peut être aussi effrayante qu'un tremblement de terre pour un adulte qui a un cerveau complètement développé et qui peut saisir le sens de ce qui se passe pour lui. Son corps met de côté ses émotions, mais parce qu'elles sont réprimées tellement profondément qu'il n'est pas facile de les faire de nouveau remonter à la surface, sont inaccessibles à la mémoire consciente.

Comment les enfants peuvent ils venir à bout des images des grattes-ciels brûlants et des gens sautant des fenêtres ?

En exprimant leur sentiments et en voyant que les autres les comprennent.Peindre, dessiner et parler avec les autres peut être très utile dans ce processus.

Qu'est-ce les adultes peuvent faire pour aider ?

Les parents peuvent aider en prenant au sérieux les peurs et l'anxiété des enfants, en les écoutant, et en répondant à leurs questions sincèrement plutôt qu'en restant évasif. Les enfants comprennent souvent plus vite la vérité que les adultes parce que, contrairement aux adultes, ils ne sont pas habitués à déguiser leur connaissance par des théories.

Comment les adultes peuvent-ils rendre de tels événements compréhensibles pour les enfants ?

Nous devons leur dire la vérité, aussi difficile que ça puisse être. De tels échanges honnêtes peuvent approfondir et enrichir nos relations avec nos enfants. Nous devons leur dire qu'ils ont le droit à notre respect, qu'ils ne doivent jamais être battus ou humiliés. Et si ils l'ont été, c'est parce que leurs parents ne savaient pas ce qu'ils faisaient. Une telle ignorance est quelquechose dont nous devons nous excuser auprès d'eux, ici et maintenant. Ce que ces attaques affreuses nous ont appris est que les gens qui peuvent faire de terribles choses aux autres doivent avoir fait l'expérience de terribles choses dans leur propre enfance.Personne n'est né étant le mal.

Donc la violence n'est pas innée mais acquise ?


Oui absolument.Nous apprenons la violence très tôt par nos propres parents, en les imitant. Les gens humiliés par des "corrections" physiques dans leur enfance doivent supprimer leur colère face à de tels traitements, jusqu'à ce qu'ils aient quelqu'un pour les aider. Mais nos corps stockent les mémoire de telles brutalités.Ultérieurement dans la vie ces victimes sont conduites par leurs mémoires inconscientes pour se venger impitoyablement sur des gens innocents.

Comment les adultes devraient réagir quand ils voient leurs enfants jouer et s'identifier avec les terroristes Arabes et les mettre dans la même catégorie que des figures comme Superman ?

Ceux qui produisent de tels films ont été eux mêmes sujets à des châtiments corporels très tôt dans leur vie. Les fantaisies d'omnipotence et les illusions de pouvoir d'un super humain (SuperMan) sont les dispositifs qu'ils dessinent pour parer leur véritables sentiments de blessures et d'impuissance. S'identifier avec les terroristes ont la même fonction. C'est une expression de la rébellion de l'enfant contre les désaccords obstinés ou probablement même la cruauté de leurs parents. Mais les enfants aiment toujours leurs parents et ne vont jamais les accuser directement.

Comment devrions nous réagir quand nous voyons nos enfants prétendre être des "terroristes" ?

Si les parents adoptent une attitude plus mature et arrêtent de vanter les punitions physiques comme une méthode d'éducation parentale, si ils agissent comme des partenaires respectueux de leurs enfants, alors les enfants n'auront pas besoin de jouer à être des terroristes. Ils seront content d'être capables de s'engager dans une communication paisible et confiante avec leurs parents plutôt que de se trouver eux mêmes dans un état constant d'hostilité. Je me réfère pas seulement ici à des cas extrêmes qui sont généralement reconnus pour présenter l'abus de l'enfant.Ils sont simplement la partie visible de l'iceberg. Je parle de la violence largement utilisée dans les familles comme une méthode "légitime" d'éducation et acceptée par 90 pour-cents de la population de ce monde. Il est étonnant que les églises n'aient jamais parlées contre cette croyance et cette pratique...

Quelles marques vont laisser les événements présents dans l'esprit des enfants d'aujoud'hui quand ils grandiront ?

Les événements eux mêmes ne vont pas nécessairement avoir un quelconque effet négatif sur le développement ultérieur des enfants. En effet, si ils ont vécus ces événements en compagnie d'adultes éclairés, empathiques et ont été capables de leur parler librement de ce qu'ils ont vus, ça peut même amener à une consolidation et différenciation de leur réponse émotionnelle.Le corps d'un enfant sait tout ce qui s'est passé.Mais le seul langage à ces commandes est le développement de symptômes physiques.

Pourquoi est il si important de parler de ces choses ouvertement ?

Les sentiments sur lesquels nous pouvons mettre un nom et les sentiments que nous partageons avec les autres sont plus facile à catégoriser et contrôler. Si les parents sont enclins à concéder que la correction physique infligée sur les petits enfants est dangereuse et peut avoir de désastreuses conséquences, ça donnera à l'enfant la confirmation qu'il doit trouver sa voie dans le monde et de refuser la croyance en des choses qui n'ont pas de fondations logiques. C'est une source d'assurance.

Est-ce que la violence et la guerre peuvent être empêchés ?

Nous avons instamment besoin d'une loi interdisant à tous les parents de ce monde de battre, de donner une fessée ou de taper les enfants en bas âge.Si la cruauté est infligée sur les enfants à une époque ou leur cerveau n'est pas complètement développé (les premiers 3 ou 5 ans), ces enfants vont plus tard être déterminés à se venger eux mêmes sur la société pour l'ensemble des violences et des brutalités auxquelles ils ont été soumis, à moins que, ils aient la chance d'avoir ce que j'appelle un "témoin secourable" vers qui se tourner pour avoir de l'aide.

Qu'est-ce qui peut arriver si les enfants sont laissés seuls avec la violence qui leur est infligée ?

De tels témoins sont remarquables par leur absence dans les années d'enfance des dictateurs de tous les plus horrible dictateurs du siècle dernier: Hitler, Staline, Mao, Franco, Ceaucescu.Pour cette raison (et beaucoup d'autres), je suis convaincue qu'avec une telle loi dans 20 ans la société humaine serait sans terroristes et criminels.Elle consisterait à la place en des individus responsables capables d'une communication paisible, non violente parce qu'ils n'étaient pas battus quand ils étaient petits et pas forcés à grandir dans une atmosphère d'hostilité.

Cela semble très utopique.

Ce n'est pas une vision désespérément utopique mais la conséquence logique de la connaissance qui est déjà disponible mais qui doit encore être largement disséminée. Ce que cette connaissance nous dit est que le traumatisme stocké dans le cerveau mais nié par notre esprit conscient sera toujours transmis à la génération suivante."

mercredi 29 octobre 2008

"Ma Post-Face 2007 à "Chemins de Vie" ", Article d'Alice Miller

Traduction de l'article anglais d'Alice Miller: "My Afterword 2007 to "Path of Life".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

Cet article montre que la confrontation et le réconciliation avec les parents n'est pas nécessaire pour guérir et peut même être dangereuse si les parents continuent de jouer la comédie, de ne pas être sincères.Il peut même être nécessaire de ne pas les contacter.
Les médicaments comme les antidépresseurs ne guérissent pas mais calment et cachent les souffrances et leur origine.Même si les autres médicaments qui soignent réellement ne permettent pas de découvrir la vérité sur l'enfance, ils sont nécessaires.
Il se peut que les parents qui maltraitent l'enfant se disent qu'une fois adulte on en parle plus, on y revient pas pour justifier et ne pas arrêter les maltraitances de l'enfant.Puisqu'une fois adulte on en reparlera plus, il n'y a pas de risque à continuer de maltraiter l'enfant tant qu'il est encore petit.

"Ma Post-Face de 2007 à "Chemins de Vie"

Article original "My Afterword 2007 to "Path of Life" en anglais par Alice Miller, sur le site http://www.alice-miller.com, traduction en Français par Gaël Roblin, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.Note: cet article originalement en anglais ne s'applique peut être qu'a l'édition en anglais du livre "chemins de vie"

En révisant ce livre pour l'édition brochée, j'ai décidée d'omettre l'un des cas étudié après avoir reçu de la part de son protagoniste une précision sur la façon dont l'histoire s'est développée pendant ce temps.
Dans la version de poche de "Chemins de Vie" (1998), une fille adulte que j'appelle Sandra, relate fièrement qu'elle a réussi à se persuader elle-même d'aller visiter son père âgé, et avec une relative équanimité, de le confronter au fait qu'il l'a abusé sexuellement quand elle était petite. Elle était fière de ne pas s'être permise d'être inondée par des sentiments forts et lui avait calmement dit ce qu'elle avait découvert au court de la thérapie.Comme son père ne pouvait pas nier ces faits, Sandra se senti confiante et pouvait espérer un rétablissement complet de ces symptômes résiduels.
Mais à sa grande stupéfaction ces symptômes sont en réalité devenus plus aigus en l'espace de
seulement quelques années. En même temps, de nouveaux souvenirs et des rêves affligeants l'ont assaillie, lui révélant le sadisme extrême de son père dont elle était inconsciente jusqu'à ce point.Elle a réalisée que la "confession" joviale de son père l'a trompée sur l'entière vérité, et cette prise de conscience a provoquée une imposante rage en elle. C'était la rage d'une petite fille contre son père tout-puissant, qui l'a sacrifiée si jeune à ses penchants pédophiles. Les sentiments intenses, les rêves et les réponses physiques réveillés par tout ce qu'a révélé un homme n'ont aucun rapport avec le père bien intentionné qui à si facilement avoué son comportement abusif quand elle l'a rencontrée à Toronto. Durant leur rencontre, il devait savoir que la mémoire de Sandra ne révélait seulement qu'une part de la vérité. Donc il a continué de jouer le personnage du bon père agréable dont la sincérité en laquelle elle voulait tellement croire faisait partie. Elle ne réalise que maintenant qu'il n'a laissé aucune trace d'empathie pour son petit enfant dans sa mémoire.

C'était cette longue colère refoulée, non mesurable qui a libérée la Sandra adulte de l'idéalisation de son père et de son "amour" pour lui. Elle était enfin capable d'abandonner la compassion qu'elle a cultivée en elle depuis son enfance comme étant une marque de sa propre générosité. Elle a finalement pu percevoir toute la cruauté qu'elle avait subie étant enfant, et le résultat est que ses attaques de migraines et ses insomnies ont disparues.

Mon livre "Chemins de Vie" était déjà dans les librairies quand j'ai entendu la tournure que ces événements avaient pris. Dans le même temps, les courriers des lecteurs qui était adressés à mon site web montraient que la plupart des femmes étaient incapables de couper les attaches qui les reliaient à leurs pères, même si il était clair dans leur esprit de la brutalité avec laquelle elles avaient été humiliées et battues. Certaines d'entre elles souffraient même de sclérose en plaque ou de fibromyalgie, de désordres et de douleurs chroniques leur indiquant qu'elles avaient été battues et la rage supprimée de l'enfant. Elle adhèrent encore inébranlablement à la conviction qu'elles aiment leurs parents et sont aimées par eux en retour. Dans l'enfance, l'acceptation et l'expression de la rage aurait impliquée de sévères punitions ou un abandon total, et la peur des conséquences dans la vie de l'enfant une fois adulte. Mais aussi tôt qu'elles réaliseront qu'elles ne sont plus en danger, elles seront capable de comprendre la situation dans laquelle elles étaient étant enfants et de se rebeller intérieurement contre les cruautés perpétrées sur elles, au lieu de continuer de pardonner "généreusement". Normalement, ça apportera un soulagement, et le corps ne sera plus obligé d'utiliser les symptômes qui sont sa seule manière de s'exprimer.

Je me suis bientôt rendu compte que les souhaits de Sandra m'ont trompés dans l'idée - comme la plupart des thérapeutes - qu'une conversation à "coeur ouvert" avec les parents peut aider à soulager les blessures infligées dans l'enfance. Aujourd'hui, neuf ans plus tard, je doute que ça puisse être vrai. Même si le père de Sandra était devenu sincère, même si il avait sincèrement reconnu ces jeux sadiques (et ça arrive rarement), il ne pourrait toujours pas la soulager du travail qu'elle a dû faire. Dans mon dernier livre "Ta Vie Sauvée Enfin" (2007), je décris ce "travail" et le processus interne que ça implique. La réalité de l'enfance ne va jamais s'en aller.
Même si ces parents étaient soudainement transformés en anges, la mémoire de leur cruauté, leur haine, leur rejet reste comme la connaissance stockée dans le corps de leurs enfants.
La tâche qui est dévolue sur les enfants maintenant adultes est de se libérer eux mêmes de cette mémoire, non en oubliant et en pardonnant, mais en acceptant la réponse logique à la torture, l'expérience de la rage qu'ils ont niés eux mêmes si longtemps. Les médicaments ne peuvent rien faire pour révéler cette vérité. Tout ce qu'ils peuvent faire est de la camoufler, souvent pour des décennies, sans apporter de véritable soulagement.

Comme Sandra, la plupart d'entre nous sont inflexibles dans le refus de croire que les parents peuvent être si cruels envers leurs enfants innocents, en dépit des faits épouvantables que nous lisons tous les jours dans les journaux.
Ce refus mène à une idéalisation trompeuse de notre propre enfance et de là à une répétition inconsciente de cette cruauté. La seule chose qui peut nous aider à abandonner cette cécité et à épargner à nos enfants le même destin est d'accepter la vérité."

"Adolf Hitler: Comment un Monstre Peut Il Réussir à Aveugler une Nation ?"

Traduction de l'article anglais d'Alice Miller: "Adolf hitler: how could a monster succeed in blinding a nation? ".




"Adolf Hitler: Comment un Monstre Peut-Il Réussir à Aveugler une Nation ?

Article original "adolf hitler: how could a monster succeed in blinding a nation? " en anglais par Alice Miller (http://www.thisisawar.com/AbuseNature.htm) , traduction en Français par Gaël Roblin, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.

Note: article original disparu, voilà le lien en anglais: https://archive.is/arTz7 ou http://www.naturalchild.org/alice_miller/adolf_hitler.html

"Quelle chance pour ceux qui ont le pouvoir que les gens ne pensent pas"
- Adolf Hitler, cité par by Joachim Fest.

Est-il toujours possible dans l'Allemagne d'aujourd'hui d'échapper à la prise de conscience que sans les maltraitances des enfants, sans une forme de dressage faisant plier l'enfant basée sur la violence pour lui inculquer l'obéissance aveugle, il n'y aurait pas eu d'Hitler et ses partisans ? Et ainsi pas de millions de victimes assassinées ? Probablement chaque personne pensante dans la période de l'après guerre s'est demandée de temps à autre comment est il possible qu'un humain invente une gigantesque machine de mort et trouve des millions de personnes pour le soutenir ?

Le monstre Adolf Hitler, meurtrier de millions de personnes, le maitre de la destruction et de la folie organisée, n'est pas venu au monde en étant un monstre. Il n'a pas été envoyé sur terre par le diable, comme certaines personnes le pensent, il n'a pas non plus été envoyé par le ciel pour remettre de l'ordre en Allemagne, pour lui donner l'autoroute et la sauver de la crise économique, comme beaucoup d'autres pensent toujours.

Il n'est pas né avec des "gênes destructeurs", parce qu'il n'existe pas de telles choses. Notre mission biologique est de préserver la vie, pas de la détruire. La destructivité humaine n'est pas innée, et les traits héréditaires ne sont ni bon ni mauvais. La manière dont ils se développent dépendent du caractère de chacun, qui est formé au cours de la vie, et dont la nature dépend, à son tour, des expériences que l'on a, et par dessus tout, de l'enfance et de l'adolescence, et surtout des décisions qui font de nous des adultes.

Comme chaque autre enfant, Hitler est né innocent, seulement pour être élevé, comme tant d'autres enfants à cette époque, d'une façon destructrice par ses parents qui l'ont fait devenir un monstre. Il était le survivant d'une machinerie d'annihilation qui dans le tournant du siècle en Allemagne était appelée "dressage d'enfant" et que j'appelle "le camp de concentration dissimulé de l'enfance", qu'il n'est jamais permit de reconnaitre pour ce qu'il est.

J'ai décrit en détail comment il a concédé cette horreur manifeste dans son Troisième Reich dans mon livre "C'est pour ton bien", et dans mes autres livres, par exemple, "Abattre le Mur du Silence" et "La Connaissance Interdite". Le lecteur trouvera là une description détaillée de raisonnement pour soutenir ce à quoi, pour des raisons de place, je fais allusion ici dans une version très abrégée.

Pour ne pas mourir, tous les enfants maltraités doivent totalement réprimer les maltraitances, les privations, et la confusion qu'ils ont subis parce qu'autrement l'organisme de l'enfant ne serait pas capable de faire face à l'ampleur de la douleur subie. C'est seulement une fois adulte qu'ils ont d'autres possibilités pour traiter leurs sentiments. Si ils n'utilisent pas ces possibilités, alors ce qui était une fonction de répression nécessaire pour survivre peut être transformée en une dangereuse force destructrice et auto-destructrice. Dans la carrière de tyrans comme Hitler et Staline, leur fantaisies réprimées de vengeances peuvent conduire à des atrocités indescriptibles.

Ce phénomène n'existe pas ailleurs dans tout le royaume animal, car aucun animal n'est entrainé pas ses parents à nier complètement sa nature pour devenir un animal "sage" - seulement des êtres humains agissent d'une façon si destructive. Selon le rapport de criminels Nazis (et aussi de soldats qui étaient volontaires dans la bataille du Vietnam), leur programmation inconsciente pour être violents à commencée dans chaque cas par une éducation brutale qui à exigée l'obéissance absolue et à exprimée le mépris le plus total pour l'enfant. Je ne connais aucun autre exemple de ce type aussi bien documenté et qui démontre si clairement les conséquences du meurtre psychologique de l'enfant - apportant avec lui une forme de cécité collective - que le succès fatidique d'Hitler.

Le Führer a dit une fois à sa secrétaire que durant l'une des fois ou son père le battait régulièrement il était capable d'arrêter de crier, de ne plus rien sentir, et même de compter les trente-deux coups qu'il a reçu.

De cette façon, en refusant totalement sa douleur, ses sentiments d'impuissance, et son désespoir - en d'autre termes en refusant la vérité - Hitler est devenu maitre dans la violence et le mépris pour les être humains. Le résultat était une personne très primitive, incapable d'avoir de l'empathie pour une autre personne.

Il était impitoyablement et constamment poussé à de nouveaux actes destructeurs par ses sentiments latents de haine et de vengeance. Après que des millions ont été forcés à mourir pour cette raison, ces sentiments le hantaient toujours dans son sommeil. Hermann Rauschning rapporte les paroxysmes nocturnes des cris perçants du Führer, avec des "comptage inexplicables", que je vois comme venant de son enfance quand il était battu et qu'il comptait les coups.Hitler n'a pas inventé le fascisme; il l'a trouvé, comme tellement d'autres de ses contemporains, préfiguré dans le régime totalitaire de sa famille. La version socialiste nationale du fascisme, cependant, porte indubitablement les traces de l'enfance d'Hitler.

Mais cette expérience précoce n'était en aucun cas une exception. Ainsi, ni Gerhart Hauptmann ou Martin Heidegger ni beaucoup d'autre intellectuels de l'époque n'étaient capables de percevoir la folie d'Hitler. Pour le faire, il auraient dû être capables de voir la folie de leur propre éducation.
Hitler a pu faire de l'Europe et du monde le champ de bataille de son enfance parce que dans l'Allemagne de cette époque il y avait des millions de gens qui avaient eu la même sorte d'éducation que lui. Bien que n'étant pas nécessairement conscients des faits, ils ont pris les principes suivant pour étant évidents en soi:
- Non pas la vie mais l'ordre et l'obéissance sont les valeurs les plus élevées.
- Le seul moyen de créer et de préserver les ordres est la violence.
- La créativité (incarnée par l'enfant) représente un danger pour l'adulte et doit être détruite.
- Obéir au père est la plus haute loi absolue.
- La désobéissance et la critique est impensable parce qu'elles sont punies en battant l'enfant ou par des menaces de morts.
- L'enfant vivant doit être transformé le plus tôt possible en un robot obéissant, un esclave.
- Les sentiments indésirables et les besoins réels doivent être supprimés aussi vigoureusement que possible.
- Les mères ne doivent jamais protéger leurs enfants des punitions du père mais après chaque incident de torture doit leur prêcher d'honorer et d'aimer leurs parents.

Heureusement, il y avait des personnes avec lesquelles l'enfant pouvait de temps en temps trouver un refuge à ce régime totalitaire, et éprouver peut être même de l'amour, du respect et de la protection. Sur la base ces bonnes expériences, même simplement sur la base de la comparaison qu'elles ont procurées, un enfant peut au moins avoir un jugement intérieur sur la cruauté endurée et ne pas vouloir l'infliger à son tour plus tard.

Mais lorsqu'il n'y avait pas de témoin pour venir à la rescousse, l'enfant n'a d'autre choix dans ce scénario bizarre que d'étouffer chaque réflexe naturel comme la colère ou même le rire, et de pratiquer une obéissance absolue quotidiennement pour garder le comportement menaçant du père dans ses limites supportables. C'était ce type de caractère qu'Hitler fut plus tard capable d'exploiter.En strict concordance avec ce système de dressage de l'enfant il a alors développé son idéologie Nazi, qui avait les conséquences pratiques suivantes:

- La volonté du Führer est la plus haute loi.

- Le Führer créera de force l'ordre et fera de l'Allemagne le paradis des "Aryen", la race maître.

- Ceux qui se soumettent comme des robots seront récompensés.
- Ceux qui osent la critique seront envoyés aux camps de concentration.
- Les Juifs et les Gitans doivent être exterminés - hommes, femmes, enfants.
- L' handicapé et le malade mental doivent de même être mis à mort.
- Les Russes et les Polonais sont susceptibles de devenir des esclaves utiles.
- L'art libre est dangereux et "dégénéré"; comme tout autre forme de créativité libre, il doit être persécuté.
Sans les nombreux films documentaires qui attestent des acclamations frénétiques qu'Hitler a reçu, personne aujourd'hui ne croirait qu'un fou avec cette idéologie de mépris pour les être humains peut générer autant d'enthousiasme. Comment est-ce possible qu'Hitler ai trouvé un nombre si immense de disciples ? En promettant à son peuple une solution à tous leur problèmes et en leur offrant un bouc émissaire ? Certainement.Mais ça tout seul n'aurait pas suffit.
Pour utiliser un nombre indéfini de personnes comme des marionnettes, il a du faire ces promesses dans le style du père dominant et violent que la plupart de ses disciples connaissaient, craignaient et admiraient. Dans l'histoire des sacrifices humains - du cannibalisme aux Aztèques - nous pouvons apprendre comment des religions ont sanctifiées de tels actes pour disculper les parents de leurs crimes contre leur enfants. Celui qui lit cette histoire avec les yeux ouverts est frappé encore et encore par le même modèle:
"Si je fais aux autres ce qui m'a été fait, alors je n'ai pas besoin de sentir toute la douleur que je devrais autrement éprouver. Si je met tout dans l'emballage idéologique et religieux et que je répète les mensonges que ceux autour de moi m'ont appris à croire, j'aurais beaucoup de disciples. Si de plus - comme Hitler - j'utilise mes talents d'acteurs et que j'imite les agissements du père menaçant que presque tout le monde a une fois cru aveuglément et absolument et que chacun a craint, alors que je serais capable de trouver des aides innombrables pour chaque crime imaginable - d'autant plus facilement que le crime est absurde."
La fameuse expérience de Milgram, dans laquelle des participants observaient les instructions données par une figure d'autorité pour administrer des décharges électriques d'intensité croissante à d'autres participants, l'a prouvé d'une façon très convaincante. Beaucoup d'adultes, des enfants autrefois obéissants, attendent juste une forme légale de décharge de leur rage qu'ils ont refoulés des décennies plus tôt. Dans les mauvais traitements de leurs enfants, connus sous le nom de "dressage", ou dans les guerres et les génocides, la société leur offre cette décharge et l'étiquette culturelle qui va avec.
Quel rapport y-t-il entre nous aujourd'hui et ce que nous apprenons d'Hitler et de son histoire ? Pour moi, le rapport est celui-ci: notre connaissance va servir d'avertissement contre notre aveuglement et nous encourager à y renoncer une fois pour toutes et à lutter contre la répression collective. C'est ce que je fais successivement dans tous mes livres pour aider à comprendre la psycho-dynamique des maltraitances des enfants et son danger incommensurable pour la société, comme le démontre le cas d'Hitler. Mes explications ne sont en aucun cas destinées à suggérer la pitié pour un homme aussi impitoyable qu'Hitler.
C'était en grande partie à la suite d'Hitler et de son histoire que je suis devenue consciente des dangers de notre moralité traditionnelle. On nous exhorte à honorer nos parents et à ne jamais les questionner peu importe ce qu'ils ont fait. Encore quand je me rend compte que des millions d'être humains ont dû mourir pour qu'Adolf Hitler puisse garder sa répression des traumatismes de l'enfance intacte, que des millions étaient sujets aux humiliations dans les camps de concentration pour qu'il n'ai jamais à reconnaitre combien il à été humilié alors je crois que l'on ne peut pas indiquer ces connexions trop souvent pour éclairer cette production inconsciente du mal.
Comment devrait on attendre des jeunes qu'ils reconnaissent et rejettent l'inhumanité et le crime si ceux-ci continuent d'être déguisés au lieu d'être montrés aussi simplement que possible ? Seulement quand on permet aux jeunes de savoir exactement ce qui est arrivé et comment c'est arrivé, seulement si ils ne permettent pas d'étouffer leur curiosité et ne sont pas effrayés par la vérité, ils peuvent se libérer du fardeau placé sur eux par la cécité de leur ancêtres.
Si le nom d'Hitler n'est plus tabou en Allemagne, alors ces découvertes vont aussi être capables d'apporter une nouvelle connaissance pour éclairer et créer un nouveau stimulus à la compréhension. Le plus grand obstacle à cet égard est de nier les maltraitances dont on a souffert étant enfant et de se défendre contre ça au détriment des autres: des enfants, des subalternes associés, ou d'électeurs.
Récemment en 1997, plus de la moitié des parents dans l'Allemagne de l'ouest étaient en faveur des punitions corporelles comme étant un moyen d'élever les enfants - en dépits des nombreuses années d'efforts de la part de la ligue de protection de l'enfance pour éclairer le public.D'où vient ce manque persistant de conscience ? Pourquoi ces parents ne savent-ils pas que que les punitions physiques ou - selon le cas - les punitions psychologiques constituent l'endommagement et les mauvais traitements des enfants, et ont toujours - à plus ou moins long terme - des conséquences destructrices, qu'elles soient visibles ou dissimulées ? Pourquoi ne savent-ils pas qu'avec leur fausses déclarations que battre les enfants est absolument nécessaire et complètement sans danger ils affirment, préservent et perpétuent une tradition destructrice ?
Ils ne le savent pas parce qu'ils sont familiers suivant leur propre expérience seulement avec cette forme de dressage de l'enfant et ont dûs apprendre très jeunes de considérer ça comme normal et sans danger. A leurs yeux, les méthodes violentes sont la seule correction efficace du comportement de l'enfant. Pour cette raison, ils construisent des théories compliquées pour expliquer le meurtre de millions dans l'Allemagne Nazi.
Cela semble plus facile pour eux que de faire l'expérience de la douleur et de l'endommagement qu'ils ont une fois ressenti en étant battu étant enfant bien que ça puisse ouvrir la porte à la conscience, une conscience qui protégerait leurs enfants des maltraitances et eux mêmes de leur cécité en tant que parents et électeurs. Si ils sont dans un gouvernement, alors leur conscience sauverait peut être des nations entières de la guerre et d'autre sacrifices insensés.
Un innombrable nombre d'être humains ont déjà été tués dans des guerres dont les instigateurs n'ont pas voulu se rendre compte qu'ils portaient la dynamite dont ils essayaient constamment de se débarrasser à la charge des autres personnes pour prendre la revanche sur de vieilles blessures à forte teneur personnelles.
Face même à la possibilité la plus simple d'une guerre nucléaire, nous ne devons pas nous permettre d'ignorer cette connaissance plus longtemps. Et pourtant c'est ce que nous faisons, d'innombrables experts et officiels s'occupent eux mêmes tous les jours et toutes les heures des conséquences des abus des enfants sans être capables de le reconnaitre et de voir ces conséquences pour ce qu'elles sont.
Même l'enfance la plus macabre n'exonère pas un criminel de la culpabilité qui consiste en sa destruction de la vie.En tant qu'adulte il a l'opportunité de se confronter à son enfance, de ne pas nier l'horreur qu'il a enduré alors, d'éprouver la haine qui était réprimée et de comprendre sa justification. La haine éprouvée consciemment est seulement un sentiment, et les sentiments ne tuent pas. Mais des actions destructrices aveuglément dirigées contre des ersatz sont des actes qui peuvent couter la vie à des être humains pour lesquels le criminel doit porter le blâme.
Peut être que nos petits enfants seront capables de dire; "Quelle chance que nous n'ayons pas été battus comme nos grand parents et que maintenant nous soyons capables de voir les choses plus clairement qu'eux.Si être battu dans son enfance était inoffensif, ils n'auraient pas été aveugles du mépris d'Hitler pour les gens; ils auraient remarqué ça immédiatement et l'aurait rejeté, comme le font nos enfants quand ils sont confrontés à des actes de cruauté.
Les enfants à qui l'on permet de se défendre ne deviennent pas destructeurs.Il est évident que la destruction n'est pas le destin inévitable de l'humanité, que le traitement aimant des enfants pourrait la bannir du monde. Les "comportements destructeurs" sommeillent dans l'enfant qui à été maltraité et ne veut pas savoir plus tard ce qui lui est arrivé dans son passé.
Nous n'avons nous même aucun besoin de frapper nos enfants sans défense; nous ne pouvons même pas imaginer le faire même quand nous somme fatigués et n'avons pas de patience pour leurs questions. Après tout, il y a tellement d'autres façons de traiter nos enfants qui sont vraiment productives, respectueuses et nos destructrices.C'est tout simplement impossible pour nous d'imaginer avoir été fascinés par Hitler.
Les gens qui ont été traités avec respect étant enfant, qui n'ont pas été entrainés à devenir des robots à l'aide de mauvais traitements, ne vont jamais vouloir mourir "par fidélité au Führer" ou envoyer des milliers d'être humains à Stalingrad contre toutes les raisons juste parce qu'un fou l'a projeté. Mais les généraux d'Hitler ont été au garde à vous dans les quartiers généraux du Führer, et tous les contre-arguments étaient dissous dans la crainte et la paralysie mentale, ou d'autre part, dans l'enthousiasme quand ils (le père) l'entendaient parler.
Cette cécité politique désastreuse qui a couté la vie à des millions de gens prouve définitivement ce que nos grands-parents ont tellement niés: que dans tous les cas, les abus physiques ou psychologiques de l'enfant n'est pas seulement nuisible mais dangereux.Pas seulement pour l'individu mais dans certaines circonstances pour des nations entières.
© 1983 Alice Miller"

jeudi 23 octobre 2008

"A Propos du Transfert", Traduction

Traduction de l'article anglais d'Alice Miller: "About Transference".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

On apprend dans cet article que les parents se transfèrent sur leurs enfants, leurs enfants deviennent leurs boucs émissaires et les enfants qui n'ont pas conscience de l'origine du transfert (les parents) vont à leur tour se transférer sur des boucs émissaires, souvent leur propres enfants.

"A propos du Transfert

Article original "About Transference" en anglais par Alice Miller, sur le site http://www.alice-miller.com, traduction en Français par Gaël Roblin, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.


Au début de notre vie nous étions, en tant que tous petits enfants, totalement dépendants de nos parents. Et nous avons cru, nous DEVIONS croire, que nous étions aimés par eux. Même quand nous étions abusés, nous ne pouvions pas nous en rendre compte. Puis, après 4 ans, nous avons grandi et nous ne pouvions plus éviter la souffrance d'être rejetés, haïs, et traités cruellement. Mais en tant qu'enfants dépendants nous ne pouvions toujours pas nous permettre de RESSENTIR cette souffrance, nous étions trop petits pour faire face à ces sentiments, nous avons alors dû réprimer notre rage, notre indignation et notre profond malaise à l'intérieur de notre corps. Quand nous devenons adultes, ces sentiments réprimés qui découlent des traitements cruels de nos parents peuvent revenir à la surface, mais ils sont encore connectés à la peur du petit enfant d'être puni au moindre signe de rébellion.

Devrions-nous en tant qu'adultes être traités de la même manière que nos parents nous ont traités étant enfants ? La plupart d'entre nous - spécialement ceux qui sont allés en
en thérapie - peuvent devenir conscients de la cruauté endurée par le passé.
Mais la connaissance de la totalité de la cruauté endurée peut toujours rester réprimée parce que la terreur est arrivée quand nous n'avions pas encore de mots pour ça. Pour cette raison nous avons besoin du "transfert", haïr par exemple une autre personne au lieu de notre mère ou de notre père.

Le transfert est inévitable si nous étions des enfants abusés.Il peut aussi être extrêmement confus. Mais il peut aussi bien être libérateur si nous somme prêts à le voir comme étant une conséquence du début de notre vie.
Si nous avons le courage de regarder nos JEUNES parents outragés et haineux dans les yeux et de ressentir la peur du petit enfant que nous étions, alors le rôle trompeur, confus, et défensif du transfert disparaît. Nous pouvons alors rechercher à sentir la peur du petit enfant,
mourant de peur à cause des deux êtres humains tenant notre corps et notre âme dans leurs mains et nous faisant ou nous disant ce qu'ils veulent, totalement négligents a propos de notre avenir, a propos des conséquences de leurs abus sur nos vies. Ils agissaient comme des robots, dirigés par leur propre enfance, incapables d'avoir la moindre réflexion que ce soit.

Si nous ne voulons pas devenir comme eux, nous devons nous efforcer de les VOIR aussi exactement que possible. Nous pouvons utiliser le transfert de cette manière: comme étant un moyen de découvrir les sentiments du petit enfant que nous étions et d'approfondir la compréhension que nous avions pour lui ou elle. A ce moment le transfert devient notre guide qui va permettre au petit enfant en nous de CROIRE ce que son corps SAIT depuis toute sa vie mais que son esprit ne peut pas croire: que tant de mal et de haine peuvent être dirigés contre un petit enfant innocent seulement parce que les parents ont endurés la même chose et n'ont jamais remis ça en question."

mercredi 22 octobre 2008

"A Propos de l'Abus Dans le Travail", Traduction

Traduction de l'article anglais d'Alice Miller: "About Work Abuse".


Dans cet article, on voir qu'une fois de plus la seule chose dont peuvent parler les médias est le déclencheur que l'on présente comme étant la cause principale des maltraitances, les difficultés au travail des parents ne peuvent être que le déclencheur, la "goutte d'eau qui fait déborder le vase" et non l'origine des maltraitances des parents sur leurs enfants.Cette interprétation évite d'accuser les parents à cause de notre peur des parents.
La société ne voit que la surface, l'aspect superficiel des faits et ne tient pas compte de ce qui se cache derrière, de ce qui est caché. Ce n'est que le sommet de l'iceberg, on a l'illusion qu'il flotte à la surface si l'on ne sait pas qu'il est en partie caché sous l'eau.

"A propos de l'abus dans le travail

Article original "About Work Abuse" en anglais par Alice Miller, sur le site http://www.alice-miller.com, traduction en Français par Gaël Roblin, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.

Je suis heureuse que l'exploitation, l'irrespect, les manipulations, l'engourdissement ou en d'autres termes les modèles destructeurs de notre éducation soient de plus en plus reconnus dans notre vie sociale: au travail, dans l'industrie du sport, la politique, les partenariat - partout.Le livre "STALKING THE SOUL" (Helen Marx, 2000) [En Français: Voir les livres de harcèlement moral de
Marie-France Hirigoyen] écrit récemment par Marie-France Hirigoyen qui décrit ces modèles pervers au travail est devenu un best seller en France en une nuit.Je suis absolument d'accord avec l'auteur qu'il est important d'aider les victime d'abus du travail de reconnaitre ces modèles pour qu'ils deviennent capables de les combattre et d'utiliser les possibilités qui s'offrent à eux en tant qu'adultes (groupes professionnels, l'internet, avocats, etc), spécialement si ils ont été habitués à ces types de mauvais traitements depuis les premiers jours de leur vie.

Mais l'étude citée sur le forum "ourchildhood.usa" au premier juillet 2001 semble suggérer qu'une personne avec une enfance "heureuse" peut devenir un abuseur de ses enfants parce qu'il/elle est victime, humilié(e) et maltraité(e) durant sa journée de travail...Les journalistes qui ont préférés trouver les causes de l'abus de l'enfant dans la vie présente plutôt que dans l'enfance de l'abuseur (parce que la question de l'enfance leur fait peur) m'ont souvent confrontés à ce point de vue.Ils étaient convaincus que les parents sont capables de battre leurs enfants parce qu'ils sont débordés de travail, parce qu'ils sont au chômage ou quoi que ce soit d'autre.Je dois avouer que je n'ai jamais rencontré un seul père ou une seule mère qui bat ses enfants à cause de problèmes au travail si ils n'étaient pas maltraités dans leur enfance.Mais je connais des gens qui ont terriblement humiliés leurs enfants, même en ayant des conditions de vie très indépendantes, comme artistes ou professeurs.

Pour cette raison, je ne suis pas d'accord avec la suggestion qu'il y a un lien de causalité réciproque entre l'abus dans le travail et les maltraitances des enfants et que les parents frappent leurs enfants parce qu'ils sont sans défenses au travail, comme on l'a dit.
Je suis convaincue que 95% de la population mondiale, les parents qui battent leurs enfants pour des "raisons éducatives" le font SEULEMENT parce qu'ils ont appris ce comportement par imitation, très, très tôt dans leur vie.Toute fois, en manipulant, humiliant, trahissant, effrayant et frappant un petit enfant nous prenons le risque que son cerveau se développe en conséquence de cette expérience, nous enseignons aux enfants en leur donnant des exemples de cruauté, de malhonnêteté, et d'indifférence.
Ces enfants vont certainement nier leur souffrances précoces, vont blâmer les autres plutôt que leurs parents pour leur situation plus tard dans la vie et remettre en scène ce qu'ils ont appris, au travail ou avec leurs propres enfants.Ainsi, je crois que les parents qui n'étaient pas battus dans leur enfance ne seront pas amenés à le faire, même si ils ont d'autres problèmes."