lundi 1 décembre 2008

"Les Sentiments de l'Enfant", Traduction

Traduction d'une interview d'Alice Miller de 1987 par Diane Connors en Anglais: "The feeling child".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

"Les Sentiments de l'Enfant

Article original "The feeling child" en anglais, sur le site http://www.alice-miller.com, traduction en Français par Gaël Roblin, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.

Interview avec Alice Miller par Diane Connors pour OMNI Publications International en Mars 1987

"J'ai décris des situations de gens, utilisé leur histoire comme des miroirs. Et alors beaucoup sont venus et on dit « C'est exactement ce que j'ai ressentis toute ma vie mais je ne pouvais pas le dire ». Je ne veux pas que les gens me croient. Je veux seulement les encourager à prendre leur propre expérience au sérieux."

Les histoires d'Alice Miller peignent des enfants abusés et réduits au silence qui deviennent plus tard destructifs envers eux mêmes et les autres. Adolf Hitler, dit Miller, était un tel enfant. Constamment maltraité pas son père, émotionnellement abandonné par sa mère, il a appris seulement la cruauté; Il a appris à être obéissant et à accepter ses punitions quotidiennes avec complaisance sans les remettre en question. Après des années, il a pris sa revanche. Une fois adulte il dit : « Ca nous donne un plaisir très spécial, secret, de voir comment des gens sont inconscients de ce qui leur arrive vraiment »

A.Miller, célèbre en Europe, a décrit l'enfance d'Hitler dans « C'est pour ton bien : La cruauté cachée dans l'éducation et les Racines de la Violence ». Dans le même travail elle laisse Christiane F. raconter sa propre histoire: « J'avais du mal à dire les les lettres H et K à part. Un soir ma mère se donnait du mal pour m'expliquer la différence. Je pouvais à peine prêter attention à ce qu'elle disait parce que j'avais remarqué que mon père était de plus en plus furieux. J'ai toujours su ce qui allait arriver. Il est sorti et à pris le balais manuel et m'a rossé. Maintenant j'étais supposé dire la différence entre H et K. Bien sûr à ce moment je n'en savais rien de plus, donc j'ai eu un autre coup et je fus envoyée au lit. » Christiane est allée à la rue et est devenue dépendante à la drogue.

« Nous n'avons pas besoin de livres de psychologie pour apprendre à respecter nos enfants », dit Alice Miller.

« Ce dont nous avons besoin est une totale révision de nos méthodes d'éducation de l'enfant et de notre point de vue traditionnel à ce propos. La façon dont nous étions traités quand nous étions des petits enfants est la façon dont nous nous traitons nous mêmes le reste de notre vie: avec cruauté ou avec tendresse et protection. Nous imposons souvent notre propre souffrance à nous même et plus tard sur nos enfants »

En 1979, le premier livre d'Alice Miller, « Le Drame de L'Enfant Doué », était publié en Allemagne, d'abord titré « Prisonniers de L'enfance », ce sont trois courts essais qui décrivent comment les parents projettent leurs sentiments, idées et rêves sur leurs enfants. Pour survivre et être aimé, un enfant apprend à obéir. En répriment ses propres sentiments, l'enfant étouffe ses tentatives d'être lui même. Le résultat, dit Alice Miller, est trop souvent la dépression, la perte de vitalité et de soi même. Le « Drame de L'Enfant Doué » a attiré une large audience en Europe et aux Etats Unis. Deux livres supplémentaires ont suivis rapidement: « C'est Pour Ton Bien » et « L'enfant Sous Terreur » continuent d'attirer l'attention sur l'enfant mais sont entrés dans des études plus profondes de l'abus de l'enfant, les attitudes de dressage de l'enfant, la théorie psychologique, et le traitement.

L'été dernier Alice Miller à publié « Images d'une Enfance ». Une collection de 66 peintures aquarelles en couleur, il représente une petite fraction de son art. Comme elle le dit dans l'introduction du livre, Alice Miller a commencée de peindre il y a 14 ans. « Cinq années plus tard j'ai commencé de peindre spontanément, j'ai commencé d'écrire des livres. Ceci n'aurait jamais été possible sans la libération intérieur que la peinture m'a donné. Plus j'avais de liberté à jouer avec les couleurs, plus je devais questionner ce que j'avais appris 30 ans plus tôt.

« Ce n'est que quand j'ai écrit mes livres que j'ai trouvé combien la société était hostile envers les enfants », dit-elle. « J'ai commencé de réaliser que l'hostilité envers les enfants est contenue sous d'innombrables formes, pas seulement dans les camps de la mort, mais à tous les niveaux de la société et dans chaque discipline intellectuelle - même dans la plupart des écoles de thérapie. »

Née en pologne en 1923, Alice Miller a été éduquée et vit en Suisse. Elle a étudiée la philosophie, la sociologie, et la psychologie et a reçu sont doctorat en 1953. Elle terminé sa formation psychanalitique à Zurich, et en tant que psychanalyste a été impliquée dans l'enseignement et la formation pendant plus de 20 ans.

Comme son écriture progressait, l'avis d'Alice Miller sur l'enfant devient de plus en plus opposé à celui de la tradition Freudienne. Alice Miller a d'abord dédicacé « L'enfant Sous Terreur » à Freud lors du 125ème anniversaire de sa naissance. « Ses découvertes de la survivance des expériences de l'enfance dans l'inconscient de l'adulte et du phénomène de la répression ont influencé ma vie et ma façon de penser », dit-elle. « Mais je suis arrivée à de différentes conclusions sur Freud quand je n'ai plus pu nier ce que j'avais appris de mes patients à propos de la répression de l'abus de l'enfant.

Aujourd'hui Alice Miller s'est séparée de la traditionnelle approche analytique du traitement et des théories Freudiennes. Au début de son travail Freud a cru que la racine de la névrose était un traumatisme réel, souvent violent et sexuel de part sa nature, qui avait été réprimé dans l'enfance. Plus tard il changea d'avis, décidant que l'enfant n'était en aucun cas innocent, mais né avec des gènes destructeurs et sexuels par nature. Pourquoi le complexe d'OEdipe a-t-il duré si longtemps ? Se demande Alice Miller. " Parce que dans les théories Freudiennes les parents, et non l'enfant, sont innocents. La théorie Freudienne est adaptée à la société; il oublie que dans OEdipe l'enfant est abusé et le voit avec des souhaits incestueux qui l'amènent à tuer son père, marier sa mère, et en fin de compte l'aveugle lui même ".

L'analyse traditionnelle, dit A.Miller, reproduit la relation parents-enfants avec l'analyste conventionnel dans la position de pouvoir. Mais il y a de l'espoir en thérapie si le thérapeute est un véritable avocat du patient. Le respect pour l'enfant à l'intérieur du patient et sa découverte de son histoire réelle doit jouer un rôle dans le processus de traitement. L'enfant subis une longue lutte intérieure « entre la peur de perdre la personne qu'il aime si il reste fidèle à lui même, et la panique de se perdre lui même si il doit refuser ce qu'il est. Un enfant ne peut résoudre un conflit de cette nature et est forcé de ce conformer parce qu'ils ne peut pas survivre par lui même. La thérapie ne doit pas répéter cette condition. »


A.Miller utilise la phrase « pédagogie noire » pour décrire ce qui est infligé à l'enfant « pour son propre bien » à cause de notre hypocrisie et de notre ignorance. Elle perçoit que nous instillons l'humiliation, la honte, la crainte et la culpabilité en « formant » nos enfants. En encourageant la conformité, en supprimant la curiosité et les émotions, un parent réduit la capacité de l'enfant de faire de cruciales perceptions plus tard dans sa vie. « Les enfants sont tolérants, ils apprennent de nous l'intolérance ».

Tandis que le travail d'Alice Miller est ignoré ou attaqué par les thérapeutes orthodoxes, les thérapeutes prévenants saluent son analyse de la cruauté cachée et des racines de la violence. L'anthropologue Ashley Montagu a déclaré que « L'Enfant Sous Terreur va sans doute être un tournant dans l'histoire de la psychanalyse ».


« Ma position anti-pédagogique n'est pas dirigée contre un type spécifique de pédagogie », note Alice Miller, « mais contre l'idéologie pédagogique en général, qui peut être trouvée dans des théories laxistes ». Elle craint que comme conséquences de l'attitude arrogante de l'adulte - incluant des attitudes « laxistes » - envers les sentiments de l'enfant, les enfants soient entrainés à s'accommoder. Mais on fera taire leur propre voix, et leur conscience sera tuée. Et le résultat sera des adultes encore plus arrogants et aveugles.

L'intervieweuse Diane Connors, elle aussi une psychothérapeute, a rendu visite à Alice Miller dans son appartement près de Zurich.De Petite stature, Alice Miller irradie à la fois la prudence et la fragilité, et un engagement clairvoyant, à tout épreuve envers ce qu'elle dit, et une conscience de la résistance de la société à son travail.

Quand avec vous compris que le respect de l'enfant serait votre principal centre d'intérêt ?

J'ai recherché depuis le début, je pense depuis mon enfance, la réponse à pourquoi les gens se comportent d'une manière si irrationnelle. J'ai toujours eu besoin de comprendre et de rendre les choses claires. Je n'ai jamais eu tellement d'informations de la part de ma mère, qui dirait : « C'est comme ça; c'est ainsi et ainsi et ainsi ». Elle ne m'a jamais donné d'explications si je demandais. J'étais une enfant très seule.

Peut être quand j'avais cinq ans j'ai vu une femme avec un enfant. La fille avait trois ou quatre ans. Elle était tombée et s'était blessée. Sa mère qui parlait avec une autre mère, a donné une tape à l'enfant juste parce qu'elle est venue pleurant avec des genoux sanglants. Je me rappelle ma question alors: « Cet enfant est punie deux fois: d'abord en tombant et ensuite par la mère. Pourquoi est-ce qu'elle punit l'enfant ? Elle n'est pas coupable – elle a besoin de l'aide de sa mère, pas de la punition.


Avez vous demandé à votre mère ?

Je n'ai pas osé poser cette question, mais c'était la « pré-question » de ma vie. Alors j'ai vu la guerre et je me suis demandée pourquoi les gens détestent tellement et se comportent de façon si absurde. Ils doivent avoir une raison cachée, je supposais. Je n'ai pas trouvé de réponses dans la philosophie et non plus dans la psychanalyse. Je l'ai trouvée plus tard dans ma vie quand j'ai fait face à l'enfant que j'étais et quand j'ai commencée d'écouter l'enfant dans mes patients.

J'ai dû oublier les théories. Même Freud dit que l'enfant est coupable si il est blessé. L'enfant est toujours coupable. La mère de mon souvenir d'enfance était fâchée que l'enfant soit un problème quand elle voulait parler à son amie. Je pouvais le voir parce que j'avais cinq ans et que je ne connaissais aucune théorie à cette époque. Les adultes ne voient pas. Ils apprennent des théories qui couvrent les explications les plus évidentes, et ils croient ces théories.

Connaissez vous le conte d'Andersen « Les Nouveaux Habits de L'Empereur » ? Je pense que c'est mon rôle dans la société de maintenant, et dans la société analytique de dire que l'empereur n'a pas d'habits. Et beaucoup disent maintenant, « Oh je suis si heureux parce que je le savais aussi mais je n'osais pas le dire ». Il y en a encore d'autres qui disent qu'il porte des vêtements, parce qu'ils ont peur de perdre du pouvoir.

Dans « Le Drame de L'Enfant Doué », j'espérais atteindre les professionnels, mes collègues; donc j'ai parlé un language psychanalytique. En attendant je suis allé au delà de ce langage, et je ne l'utilise plus: je n'essaie plus d'atteindre des gens formés comme je l'étais. Même si ils nient ce que j'écris, leurs patients disent, « Elle décrit ma propre expérience. Je sais de quoi elle parle ».


Pourquoi certains professionnels nient ce que vous dites ?

Parce qu'ils ne sont pas autorisés à voir la réalité. Vous savez, c'était intéressant. La première fois que j'ai parlé de ces idées était quand j'ai parlé devant environ trois cents analystes sur le narcissisme des psychanalystes. Ils étaient très surpris, parce que c'était très inhabituel d'entendre un collègue être du côté de l'enfant. Au départ, ils ont réagis naturellement, étaient simplement reconnaissants et n'ont pas montrés beaucoup de résistances à leur sentiments. Ils m'ont remerciés et ont dit, « Mais comment saviez vous que vous parliez de ma vie ? ». Et j'ai dit, « c'était ma propre vie que j'ai décrit ». Beaucoup d'hommes avaient des larmes dans les yeux. Alors j'ai essayée de publier un article dans une revue Allemande professionnelle, mais l'éditeur à refusé. La résistances était déjà établie. Ils l'ont renvoyé parce qu'ils voulaient tout voir comme Freud l'aurait vu; sinon c'est effrayant ou dangereux. La société analytique internationale l'a publié dans le journal international de la psychanalyse. Mais la revue Allemande « Psyche », ne l'a pas fait. C'était trop provoquant pour les Allemands.


Quel était les parties provocatrices ?

La névrose et la psychose sont le résultat de sentiments réprimés qui sont une réaction au traumatisme. La colère de l'enfant et les autres sentiments que nous n'aimons pas sont des réactions à l'abus de l'enfant.

Aujourd'hui nous savons qu'il y a beaucoup d'enfants abusés. C'était réduit au silence avant. L'enfant doit réprimer la mémoire de cet abus et nier la douleur pour survivre; sinon il serait tué par la douleur.


Est-ce que ça peut arriver si tôt dans le développement de l'enfant qu'il manque de mots, de compréhension, ou de permission pour exprimer la douleur ?

Les mots doivent être trouvés. Une bonne thérapie doit aider le patient à évoluer d'un « enfant silencieux » en un « enfant doué de parole». L'enfant ne peut pas avoir trouvé les mots si le traumatisme était trop tôt, ou l'environnement trop hostile. Mais maintenant en thérapie, si vous avez un thérapeute qui est réellement votre avocat, votre témoin éclairé pour quand vous avez subis un traumatisme pour la première fois, alors vous devenez un enfant qui parle. La thérapie existe pour vous aider à trouver les mots pour dire à votre mère ou à votre père comment vous vous sentiez quand ils vous ont blessés ou comment vous vous sentiez quand vous ne pouviez pas parler même de ça.


Que voulez vous dire par avocat ?

Quelqu'un qui est avec l'enfant. Toujours. Le thérapeute ne doit pas dire que les parents étaient perturbés mais bien intentionnés, parce qu'il est alors du coté des adultes. Si l'enfant pense que ses parents qui se comportaient si étrangement et l'humiliait étaient bien intentionnés, il ne peut pas sentir sa douleur, et il sympathise à la place avec ses parents. C'est un crime de battre un enfant parce que battre est un dommage, et vous ne pouvez jamais changer cette réalité. Un enfant battu se sent humilié, confus, isolé, et il se sent coupable parce qu'on lui dit qu'il est mauvais. Nous avons peur de dire qu'abuser d'un enfant est un crime parce que nous voulons protéger nos parents de cette culpabilité. Mais nous échouons vraiment à les aider quand nous soutenons leur cécité, parce que de cette manière nous trahissons aussi l'enfant à l'intérieur du parent.

Comment gérez vous la douleur dans le processus de guérison

La douleur est la voie vers la vérité. En niant que vous n'étiez pas aimé étant enfant, vous vous épargnez de la douleur, mais vous n'êtes pas avec votre propre vérité. Et partout dans votre vie entière vous essayerez de gagner de l'amour. En thérapie, éviter la douleur cause un blocage. Personne ne peut encore être confronté au fait d'avoir été négligé ou détesté sans se sentir coupable. « C'est de ma faute si ma mère est cruelle », pense-t-il. « J'ai rendu ma mère furieuse; que puis-je faire pour qu'elle m'aime ? » donc il va continuer d'essayer de la faire l'aimer. La culpabilité est vraiment une protection contre la prise de conscience que vous êtes destinés à avoir une mère qui ne peut pas aimer. C'est beaucoup plus douloureux que de penser « Oh, elle est une bonne mère, c'est seulement moi qui suis mauvais ».Parce qu'alors vous pouvez faire quelque chose pour essayer d'obtenir de l'amour. Mais ce n'est pas vrai; vous ne pouvez pas gagner de l'amour. Et le sentiment de culpabilité pour ce qui vous a été fait soutient seulement votre cécité et votre névrose.

Il y a certains traitements ou les patients crient beaucoup – ils souffrent vraiment – mais ne parlent pas. J'ai vu une vidéo cassette ou durant une heure le patient revivait la douleur de la naissance mais n'en parlait pas. Seulement plus tard il a rapporté ce qu'il avait ressenti. Mais à mon avis, il est important de parler, de verbaliser, durant l'expérience de la douleur. Même si le patient s'est senti comme si il était dans l'utérus, il devrait essayer de parler à sa mère et de lui dire comment il se sent. Le lien entre les sentiments et leur expression verbale est crucial au processus de guérison. Mais il ne peut pas le faire sans assistance; il doit savoir que quelqu'un est là qui comprend ce qu'il ressent, qui le soutient et le confirme. Si un enfant a été molesté et que le thérapeute ne nie pas ce fait, beaucoup de choses peuvent s'ouvrir pour le patient. Le thérapeute ne doit pas prêcher le pardon, ou le patient va réprimer la douleur. Il ne changera pas et la rage réprimée va rechercher un bouc émissaire.


Pensez vous que l'enfant n'a pas d'histoire, qu'un enfant nait au monde comme une tabula rasa sur laquelle l'expérience inscrit son caractère ?

Non, je ne pense pas. L'enfant vient de l'utérus avec son histoire de l'expérience dans l'utérus. Mais il ne vient pas avec des projections. Il est né innocent et prêt à aimer. Et l'enfant peut aimer – beaucoup plus que les adultes le peuvent. Cette idée de l'enfant étant un être d'amour rencontre beaucoup de résistances parce que nous avons appris à défendre nos parents et à nous accuser nous mêmes pour tout ce qu'ils ont fait.


De quelle façon pensez vous que votre style reflète ces avis ?

J'essaie de rejoindre l'enfant à l'intérieur des lecteurs, leur permettre de sentir. Je vois mon style comme des clés rangées. Chacun peut en prendre une pour ouvrir leur propre porte pour essayer de trouver quelque chose. Ou ils peuvent dire non, je ne veux pas passer cette porte; je vais rendre la clé. J'essaie d'évoquer des sentiments, des images. De cette façon, j'offre des clés à votre propre expérience. Vous pouvez alors aller voir vos enfants et apprendre d'eux, pas de moi. Parce que c'est seulement de votre propre expérience que vous pouvez vraiment apprendre.

Dans mes premières études, j'étais très abstraite; je voulais comprendre les idées les plus abstraites – de Kant, Hegel ou Marx. Ma dissertation en philosophie était très abstraite. Maintenant je vois que chaque philosophe à du construire un très, très grand immeuble pour ne pas sentir sa douleur. Même Freud.


Pourquoi avez vous décidé de devenir un auteur et une conférencière ?

Je veux informer les gens qu'il n'y a pas une personne dans le monde entier qui abuse des enfants sans avoir été abusée étant enfant. Je pense que cette découverte est cruciale et peut aider à comprendre beaucoup de choses. Etant analyste, je ne pouvais partager mes découvertes avec personne de cette profession. Ce n'était pas possible, et je devais comprendre pourquoi. Donc j'ai écrit trois livres, « L'enfant Sous Terreur » était encore dans la position de l'enfant qui voit tellement de gens admirer l'empereur sans vêtements. Je voulais comprendre ça aussi, leurs motivations. Pourquoi ne sont ils pas conscients ?

Alors les autres ont commencés de montrer un intérêt à mon travail, Ashley Montagu a confirmé ma vision de l'enfant et j'ai aussi trouvé confirmation d'autres écrivains qui écrivaient à propos de l'abus de l'enfant. Montagu m'a envoyé sont livre « Growing Young » dans lequel il cite le fameux psychanalyste anglais Edward Glover. Glover décrit l'enfant normal parfaitement comme étant « égocentrique, avide, sale, ayant un tempérament violent, des habitudes destructrices, un comportement profondément sexuel, dépourvu de tous les sens même le plus primitif de la réalité, sans conscience d'un sentiment de morale, dont l'attitude à la société représentée par la famille est opportuniste, inconsidéré, dominatrice et sadique ». Donc quand nous comparons le bébé normal au criminel type étiqueté psychopathe, le bébé est pour tous les aspects pratiques né criminel. Ce point de vue est dangereux pour l'humanité. Nous prétendons donner à l'enfant les normes de la société pour le faire devenir un « être humain ». C'est le point de vue Freudien du petit enfant. Melanie Klein voit aussi le petit enfant comme étant une créature destructrice. J'ai parlé une fois avec un analyste Kleinien, une jolie jeune femme, et elle dit « N'avez vous jamais vu de bébés destructeurs ? ».Et j'ai dit « Que voulez vous dire ? » Elle dit, « Des petits enfants qui vous donnent une claque. » Et j'ai dit, « Pourquoi êtes vous si épouvantée par ce jeu ? Le bébé ne comprend pas. Mais si vous croyez qu'il est mauvais et méchant, il se sentira mauvais et méchant, ne va pas comprendre, et va finalement devenir destructeur à cause de cette détresse. » Je pense que notre attitude envers les petits enfants vont les faire devenir soit bons, aimants et confiants ou détestables et destructeurs.


Avez vous des réactions d'analystes Kleiniens à votre travail ?

Un psychiatre hollandais formé à l'école kleinienne m'a écrit : « Ce que vous avez écrit me semblait terrible en premier et a retourné de fond en comble ce que j'ai appris et m'a effrayé. Mais maintenant je suis reconnaissant. Chaque jour à l'hôpital est fascinant. Chaque patient a une histoire et j'ai appris de chacun d'eux ».

Quand j'ai dit que j'aimais ouvrir mes yeux et entendre la souffrance de l'enfant, c'est proche de ce que [Frederick] Leboyer a fait avec le nouveau né. Tellement de gens ont été témoins de la naissance, personne encore n'avait vu que l'enfant souffrait, criait à cause de la douleur psychique. Leboyer à dit que cette douleur n'était pas nécessaire. « Je peux montrer que l'enfant va sourire quelques minutes après la naissance », dit il. Beaucoup de mères savent qu'il avait raison, mais pas les professionnels, qui empêchent toujours les mères de faire de la naissance une bonne expérience pour leurs nouveaux nés. Ils ont appris il y a trente ans que c'était nécessaire pour le bébé de crier et d'être fessé, et ils continuent de croire ce qu'ils ont appris.

C'est la même chose pour mon travail. Pour protéger ce qu'ils ont appris, les professionnels ignorent ce que je leur montre. Ce que Leboyer a fait pour le nouveau né, j'essaie de le faire pour l'enfant plus âgé pour expliquer son comportement, de rapprocher les adultes de sa souffrance, qu'ils nient; pour expliquer comment il se sent et de cette façon, empêcher les abus de l'enfant dans le futur. Aussi longtemps que nous nions l'abus de l'enfant, nous ne pouvons l'empêcher. Nous l'appelons simplement éducation. J'essaie d'écouter la voix de l'enfant, rendre les gens conscients des sentiments de l'enfant, sentiments que j'ai découvert en premier quand j'ai commencé de peindre.


Pensez vous que peindre vous a ouvert à beaucoup de sentiments ?

Parce que je pouvais commencer sans connaissances théoriques, sans bagage, vraiment comme un enfant. Et je me suis tellement amusée quand j'ai commencé. Je savais que quelque chose allait être crée, allait sortir. Et ça s'est fait. Les 5 premières années de peinture m'ont permis d'écrire « Le Drame de l'Enfant Doué » de cette façon non conventionnelle. Je jouais avec mes pensées. Et comme j'ai éprouvé la créativité dans ma peinture, je suis devenue plus critique à propos de ce que j'ai appris comme théorie.


Dans « Le Drame de L'Enfant Doué » vous connectez les sentiments réprimés avec une perte de vitalité. Etait-ce là votre expérience ?

Oui, faire l'expérience de la douleur de ma vie m'a donné en retour ma vitalité. En premier la douleur, ensuite la vitalité. Le prix des sentiments réprimés est la dépression. J'ai aussi du résister à la façon habituelle d'apprendre. Si vous êtes forcés de faire quelque chose, vous ne pouvez pas vous amuser. Mais pour moi, s'amuser est la première condition à la créativité. Je l'ai appris quand j'ai joué avec les couleurs. Mais j'ai résisté à apprendre avec la couleur en lisant des théories dans des livres. Pour moi, peindre, rêver, et écrire a quelque chose en commun. Je peint comme je rêve. J'ai beaucoup d'impulsions et d'associations. Je n'ai jamais de plan, de concept de ce que je veux faire. J'ai parfois des concepts, mais je ne peux pas les réaliser parce qu'en peignant j'ai commencé de rêver d'autre chose et j'ai oublié mes plans. Au début j'ai une sorte de style narratif. Je voulais raconter une histoire, ou une histoire se racontait en moi. Maintenant c'est plus comme avoir besoin de couleurs, cette forme, cette ligne. C'est de l'improvisation. Je dirais que je peins comme un musicien de jazz.

Je ne veux pas faire de chef d'oeuvre, ou même de bonnes images. Heureusement, je n'ai pas besoin de vendre mes peintures. Je suis seulement contrainte de travailler de plus en plus loin dans la vérité. Parfois, je détruis mes peintures. Je les change encore et encore, même si elle puissent avoir été plus belles avant. A la fin je suis contente parce que j'ai dis ce que je voulais dire. Je ne me soucie pas de ceux qui disent que c'est bon ou non. Dans le peinture je me sens absolument libre. J'ai ma palette, mon papier blanc; et personne ne peut me dire ce qui est juste ou faux.

Admirez vous Goya et Turner ?

Ils ne sont pas des modèles pour moi mais des exemples de véritables et grand artistes. Les deux avaient du succès et étaient admirés. Ils ont alors soudainement changé leurs styles. Goya, qui a fait de beaux portraits, a commencé de peindre des fantômes et son monde intérieur. Et Turner a commencé de peindre la lumière. Et quand les gens ont commencés de dire, « Ce n'est pas bien – vous faisiez de vraiment bonnes peintures avant », il ne s'en occupait pas; lui et Goya ont fait ce qu'ils avaient besoin de faire. Pour moi ils sont des exemples de courage.

Picasso, aussi, l'a fait plein de fois. Sortir ce qui conforte la plupart des gens – être bon, habile, admiré, célèbre et alors abandonner tout ça pour suivre sa propre route – c'est très effrayant pour la plupart des gens. Mais j'ai du le faire pour rester en contact avec moi même, pour devenir libre. Autrement je me sens comme dans une prison.


Qui sont vos héros ?

Plus je vieillis, moins j'ai de héros. Même Freud n'était pas un héros pour moi mais pour longtemps une figure parentale. Mais quand j'ai découvert son déni de la vérité, il n'était même plus ça. Je ne peux idéaliser personne comme je l'ai fait il y a trente ou quarante ans. Dans mes jours d'école Socrate était une grande figure parce qu'il a questionné beaucoup de choses. J'ai aussi aimé l'honnêteté de Montaigne; j'ai aimé Kafka et adoré Shakespeare. Maintenant je ne peux pas lire de roman si facilement. Je suis ennuyée si je vois le mensonge. J'aime les écrits sur l'enfance si ils sont écrit honnêtement ce qui est rare. L'enfance offre la clé à l'entière personnalité. J'ai écrit des essais sur Nietzsche, Picasso, Kathe Kollwitz [expressionniste Allemande] après avoir découvert des faits sur leur enfance qui apporte un nouvel éclairage sur leur travail. Il est stupéfiant que l'importance de ces faits soit oubliée. Les essais ne sont toujours pas publiés parce que je n'ai pas le temps de les mettre dans un nouveau livre. Et je suis fatiguée de publier des livres. J'aime écrire mais pas publier. Cela prend beaucoup de temps et ce n'est pas créatif.


Quand avec vous décidé d'écrire « Le Drame de L'enfant Doué » ?

Oh, c'était amusant. Actuellement, je ne sais pas. Je vous dirais que j'ai fait un papier pour une conférence; alors j'en ai écrit un autre sur la dépression. Après que l'association professionnelle Allemande ait refusée d'imprimer le premier, j'ai écrit le troisième papier et j'en ai fait un livre. Bien que je l'ai écrit en trois semaines, c'était l'expression de trente ans d'expérience. Je l'ai envoyé à un petit éditeur en Suisse qui m'a dit ne pas être intéressé, qu'ils ont quatre autres livres sur le « narcissime ». Alors je l'ai envoyé à Suhrkamp, mon éditeur allemand actuel. L'éditeur m'a téléphoné le jour suivant et m'a dit, « Attendez, s'il vous plaît, et vous aurez un contrat dans trois jours. C'est extraordinaire; c'est tellement inhabituel ». Et alors l'éditeur est venu en visite et m'a dit, « D'habitude, je prend les nouveaux manuscrits à la maison avec moi à l'heure du déjeuner. Cette fois je n'ai pas pu faire la sieste; je devais le terminer. Je ne suis pas retourné travailler ce jour là non plus. Vous avez fait une grande découverte ».


Est-ce que la réponse à votre travail diffère de pays en pays ?

Oui. Les pays scandinaves, la Hollande, et les Etats-Unis sont plus libéraux et ouverts. La plupart de mes livres sont vendus en Allemagne, mais la plupart des Allemands sont toujours très influencés par la pédagogie noire. Les Suisse aussi. Beaucoup ne se permettent pas de critiquer leurs parents ou de voir le poison de leur éducation. Ces gens disent que mon travail décrit l'éducation du 19ème siècle. Ils ne voient pas qu'ils vivent toujours en accord avec ces valeurs du dix-neuvième siècle.

Cette réponse est aussi une réaction au temps d'Hitler. Le déni d'Hitler est si profond que les Allemands ne peuvent pas apprendre de leur histoire. Etant enfant, Hitler n'avais aucun témoin. Son père détruisait tout ce que son fils faisait. Il ne pouvait dire à personne le douleur dont il souffrait. En Suède, ils ont fait une pièce, « L'enfance d'Hitler » à partir d'un chapitre de mon livre. L'histoire montre comment cet enfant recherchait des contacts, désirait un simple regard, mais était constamment traité comme un chien.

Une réaction semblable à l'Allemagne vient du Japon, mais il est venu aussi du Japon des réactions de gens qui sont déjà devenus conscients. Leur conscience n'est pas endommagée par des théories comme la théorie des gènes de Freud, donc ces Japonais peuvent faire face à ce que j'écris, l'utiliser dans leur réalité. Ils peuvent comprendre les abus sur les enfants omniprésents, et ils peuvent vraiment aider.

Derrière chaque acte de violence il y a une histoire. Une histoire d'agressions, une histoire de déni. Le déni est une loi nous gouvernant, mais est ignoré par la société et n'est toujours pas examiné par les professionnels. Pourtant il contient la clé de notre compréhension de pourquoi de pures non-sens peuvent être toujours tenu en haute estime dans notre culture, de tels non sens comme l'idée de Freud qu'un enfant inventerait des traumatismes.

Y a-t-il des cultures qui ont une attitude différente à l'égard des responsabilités parentales ?

En dépit des variations dans les cultures, l'abus est trouvé dans presque toutes. Mais il y en a qui sont différentes. Par exemple, il y a des gens sur l'île de Malaisie appelés Senoi qui ont une culture non violente. Ils parlent avec leurs enfants de leur rêves chaque matin. Ils n'ont jamais eu la guerre. Notre culture est tellement violente parce que quand nous étions enfants, nous avons appris à ne pas sentir.


Que sont, en général, vos idées sur les rêves ?

Les rêvent me racontent l'histoire de l'enfance, mais l'enfance transformée. Les problèmes des jours passés sont mélangés là-dedans. Les rêves révèlent parfois des traumatismes réprimés, mais ils aident aussi le rêveur à les surmonter. Les rêves sont une force créative que chacun a chaque nuit quand le contrôle est diminué.


Le thérapie peut-elle produire un changement ?

Oui, mais seulement si la thérapie va à la douleur, qui est bloquée dans nos sentiments de culpabilité. L'idée « Je suis coupable de ce qui m'est arrivé » est un blocage. Depuis que j'ai découvert que la théorie de Freud des gènes dissimule non pas accidentellement mais nécessairement la réalité de l'abus de l'enfant, j'ai recherché pour une nouvelle forme de psychothérapie, une thérapie efficace basé sur toute la connaissance de l'abus de l'enfant disponible pour nous aujourd'hui.

On peut trouver plein de techniques irresponsables et dangereuses et des mélanges de techniques qui ne fournissent pas de confrontation systématique avec le passé. Certaines laissent des personnes seules avec leur douleur non résolue. Ces patients sont victimes en premier d'un abus étant enfants et finalement d'une thérapie abusive. Et ils essaient de « s'aider » eux même en prenant des drogues, en joignant des sectes, gourous, ou recherchent d'autres voies pour nier la réalité et tuer la douleur. L'activité politique peut être l'une de ses voies.


Quel conseil donneriez vous aujourd'hui à un thérapeute en formation ?

D'abord, essayez de découvrir votre propre enfance, alors prenez cette expérience au sérieux. Ecoutez le patient et aucune théorie; avec votre théorie vous n'êtes pas libre d'écouter. Oubliez ça. N'analysez pas le patient comme un objet. Essayez de ressentir, et d'aider le patient à sentir à la place de parler au patient des sentiments des autres.

L'enfant a besoin de fantasmes pour survivre, pour ne pas souffrir. Croyez ce que le patient vous dit, et n'oubliez pas que la réalité réprimée et toujours pire qu'un fantasme. Personne n'invente des traumatismes parce que nous n'en avons pas besoin pour survivre. Mais nous n'avons pas besoin non plus de leur déni. Certains d'entre nous paient avec de sévères symptômes pour ce déni. Etudiez l'histoire de l'enfance. Le thérapie doit vous ouvrir aussi bien que le patient aux sentiments pour toute votre vie. Cela doit vous réveiller d'un endormissement.

C'est tragique d'aller en thérapie et de trouver, à la place de l'aide, la confusion. J'ai un lettre d'une femme de soixante dix neufs ans qui dit que « Pendant quarante ans de ma vie, je suis allée en psychanalyse. J'ai vu huit analystes. Mais pour la première fois, après avoir lu votre livre, je ne me sens plus coupable pour ce qui m'est arrivé. J'étais toujours fatiguée et les analystes était agréables. Ils voulaient m'aider. Mais ils n'ont jamais doutés que mes parents étaient bien pour moi. Je suis tellement reconnaissante maintenant que je ne me sens plus coupable depuis que j'ai lu vos livres. Je vois maintenant comment ils ont terriblement abusés de moi. C'était en premier mes parents et alors mes analystes qui m'ont fait me sentir mauvaise et coupable ». Cet aperçu vient d'une femme de soixante dix neufs ans ! Alors elle a cité la dernière phrase de « C'est Pour Ton Bien »: « Car l'esprit humain est pratiquement indestructible, et son habilité de renaitre de ses cendres reste aussi longtemps que le corps respire ».


Est-ce que la violence à la TV affecte les enfants ?

Les enfants qui ont été réellement aimés et protégés ne seront pas intéressés par ces films et spectacles et ne seront pas en danger. Mais si l'enfant qui était blessé et humilié – peut être à l'école, pas nécessairement pas ses parents – recherche des résultats, du matériel; il recherche un objet à détester et sur lequel il peut prendre sa revanche. Bien sur il y a des gens qui font du commerce des souffrances de l'enfant. Mais la violence ne vient pas de ces films à la télévision. Sa source est plus profonde. Les enfants protégés et aimés ne peuvent pas devenir des meurtriers. C'est impossible de trouver une personne qui n'a pas été battue et qui frappe un enfant.


Pourquoi la violence s'engendre-t-elle à travers les générations ?

Si vous retournez en arrière vous pouvez voir que tous les abuseurs ont été abusés. Mais dans la plupart des cas vous ne l'entendrez pas de lui ou d'elle, parce qu'il y a trop de déni. Si vous allez en prison et demandez à un meurtrier, « Comment était votre enfance ? » il va dire, « Ce n'était pas si mauvais. Mon père était sévère et me punissait parce que j'étais méchant. Et ma mère était une gentille femme ». C'est le problème: vous ne pouvez pas trouver la vérité parce que la personne, le meurtrier lui même, va vous empêcher de voir son enfance cruelle comme elle était en réalité. Parce qu'il ne peut pas porter cette douleur, il tue des gens innocents à la place de ressentir la douleur de son enfance.

Pensez vous qu'un enfant peut être abusé dans l'utérus ?

Bien sûr, Chaque enfant a sa propre expérience; certaines expériences sont de réelles tyrannies. Il y avait un enfant né avec trois ulcères. Il est mort. La mère avait quinze ans. Elle était battue durant la grossesse aussi et elle a pris de la drogue. Personne ne sait par quoi un enfant, même dans l'utérus, doit passer. Nous sommes tellement ignorants, et nous refusons de savoir.

Avez vous entendu parler de l'école McMartin à Los Angeles ? A cette garderie de plus de trois cents enfants, il y a eu des inculpations comme quoi beaucoup d'entre eux étaient sexuellement abusés. Pendant sept mois les avocats ont demandés aux enfants ce qui leur est arrivé. Leur questionnement était des tortures pour l'enfant. Certains ont reportés qu'ils ont du aider à tuer un bébé. Les adultes ont prouvés que ce n'était pas vrai, alors ils ont traités les enfants des menteurs. Finalement les charges ont été abandonnés contre cinq des sept accusés de maltraitances. Mais de toute évidence, c'était une manière symbolique de dire, « Quand j'ai consenti d'être abusé sexuellement, j'ai tué l'enfant en moi même ».

Je veux montrer comment la société réagit au rapports de l'enfant. Abuser veut dire tuer l'âme d'un enfant. Nous ne pouvons pas comprendre le langage symbolique de l'enfant, alors nous disons que l'enfant ment. Alors les enseignants auteurs d'abus sont libres, et nous pensons que c'est légalement correct. Le problème est que l'enfant protège l'auteur des sévices. Parfois l'auteur est échangé pour une autre personne dans leurs rapports. Ils disent peut être, « J'ai peur du postier parce qu'il était méchant avec moi ». Et les parents savent que le postier n'a pas de contact avec l'enfant. Mais derrière l'histoire « inventée » se cache un père ou un oncle. La fonction du mensonge protège la personne aimée mais en même temps exprime de l'anxiété. Les adultes disent que ces enfants inventent des histoires. Mais l'histoire n'est pas inventée; un événement réel est arrivé.

Est-ce que la société peut comprendre le langage de l'enfant ?

Je l'espère. Sinon nous allons commettre un suicide de masse avec l'aide de la technologie. Le langage de l'enfant est souvent très clair, mais nous refusons de l'entendre. Les enfants peuvent endurer de terribles abus et de la cruauté depuis le premier instant de leurs vies, merci à la technologie de l'hôpital. L'abus est stocké dans l'esprit, et il peut rester actif tout la vie. Donc, une mère maltraitant son petit enfant peut répéter exactement ce qui lui est arrivé sans en avoir aucune connaissance, aucun souvenir conscient. Mais la mémoire emmagasinée dans son corps va la contraindre à répéter le même traumatisme. A moins que cet enfant ne reçoivent les bras chauds d'une personne qui va le consoler et lui dire avec ses bras que le choc de la naissance est terminé, l'enfant va toute sa vie s'attendre à la répétition de ce choc. L'une des premières leçons est que vous êtes seul, dans un endroit dangereux, et personne ne voit votre douleur. Mais cette situation peut être facilement changée quand nous reconnaissons que le nouveau né a un sentiment et est une personne très sensible. Très souvent l'enfant vient au monde après une lutte, et nous ne comprenons pas que l'enfant a besoin de la consolation et des bras d'une mère. Nous lui donnons des médicaments, l'hôpital, et de la haute technologie à la place. Et nous pensons que c'est bien pour l'enfant – seulement parce que nous avons fait la même expérience des années avant et pensons que c'est habituel. Ce qui se passe vraiment dans la psyché d'un nouveau né n'est absolument pas intéressant pour la plupart des gens. C'est pourquoi je vous donne cette interview.


Que voulez vous faire maintenant ?

Je voudrais aider les gens qui sont confronté à l'abus de l'enfant. J'ai reçu une lettre d'un thérapeute d'enfants en Californie. C'était un consultant pour une école. Une fille lui a raconté une histoire d'une « Boite Chaude », un petit cabinet sans fenêtres ou les enfants étaient enfermés comme punition. Il l'a cru, a fait des investigations, et, quand il a écrit un rapport à ce sujet il a été renvoyé. Mais il a continué à mener des investigations et a trouvé ces « boites chaudes » utilisées dans d'autres écoles. Les journaux ont reportés ce cas, et sa voix et son expérience ont été remarquées. Il m'a remercié parce qu'il s'est senti soutenu par mes livres. Cela montre qu'une personne peut rendre les gens conscients de méthodes qu'ils n'ont jamais questionnés avant, et qui sont en fait dommageables. Un seul avocat d'enfant peut sauver une vie; les avocats disent qu'un crime est un crime; ils ne dissimulent pas la vérité en l'appelant l'amour ambivalent des parents. Un avocat peut aider un enfant à éviter de devenir un criminel. L'enfant apprend d'un témoin éclairé à reconnaître la cruauté, à la rejeter et à se défendre lui même contre ça, donc à ne pas perpétuer ça. Les expériences ont définitivement prouvé que personne n'apprend rien avec les punitions. Ce que vous apprenez est comment éviter les punitions par les mensonges et comment punir un enfant trente ou quarante ans plus tard. Les gens continuent de croire, cependant, que la punition peut être efficace.

Pouvez vous changer cette croyance ?

Je l'espère, au moins en partie. Ma vie et mon travail se concentrent sur le problème de l'abus de l'enfant et sur la question de comment je peux transmettre ce que j'ai appris à ce propos aux professionnels, parents, et gens responsables des lois. Ce n'est pas facile, parce que la plupart des gens ont appris depuis le début de leur vie que l'enfant doit être battu pour devenir quelqu'un de bien, d'humain, d'honnête, de tolérant comme les enseignants, parents, ministres, et les autres autour d'eux croient être. En Angleterre, ou j'ai donné quelques interview radio, les interviewers disent souvent, « vous parlez des formes de violences sérieuses, et de la brutalité dans les familles, mais il y en existe aussi d'autres formes – donner une fessée, des coups, crier sur l'enfant. » Les interviewer clament que ces formes d'exercices du pouvoir sont sans danger et pas sérieuses, et ils argumentent qu'ils étaient souvent fessés enfants et qu'ils ne sont pas devenus un Adolf Hitler. Je vois mon travail comme étant de répéter que chaque type de violence, fessées, coups, est une humiliation et un dommage sérieux pour toute sa vie. Un enfant peut éviter de devenir un criminel si il a la chance dans l'enfance de rencontrer au moins une personne qui n'est pas cruelle avec lui, qui peut éventuellement l'aimer ou le comprendre. L'expérience de l'amour, de la compassion, ou de la sympathie va l'aider à reconnaître la cruauté pour ce qu'elle est. Les enfants qui manquent de cette expérience parce qu'il n'y a pas de témoin éclairé vont voir la cruauté comme étant une façon normale de traiter les enfants et va continuer avec ce fardeau. Ils vont devenir comme Hitler, Eichmann, [Rudolf] Hoss et les millions de partisans qui n'ont trouvés dans leur enfance que de la cruauté.


Que dites vous à propos des formes « modérées » de cruauté, comme la fessée, crier, et les humiliations verbales ?

La tragédie est que les gens qui ont été traités de cette façon – même si ils ne deviennent pas comme Hitler – prétendent que ce genre de traitements était nécessaire. Ils se réservent le droit de faire pareil à leurs enfants et sont réticents à passer des lois qui interdisent la fessée dans les écoles. Au royaume uni une telle loi n'est passée qu'en 1986, et je vois ce délais comme étant un effet de l'abus de l'enfant ici.

L'ignorance de notre société est le résultat de l'abus de l'enfant. Nous étions fessés pour devenir aveugles comme OEdipe. Nous devons voir pour donner à nos enfants la chance de grandir avec plus de responsabilités et plus de conscience que ce qui était disponible pour notre génération qui produit maintenant des bombes atomiques.



jeudi 27 novembre 2008

"Interview d'Alice Miller de 1992", Traduction

Traduction d'une interview d'Alice Miller de 1992 en Anglais: "Interview with Alice Miller".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

Dans cet interview, A.Miller parle des traitements inhumains que subissent les enfants notamment lors de la naissance, et montre qu'on abuse de la technologie pour détruire ce qui est naturel, on ne veut pas d'un enfant "naturel", on veut qu'il soit conforme au souhait des parents que la société représente, on le veut conforme au "cahier des charges" de la société, des parents, on lui demande de s'adapter à la société, aux exigences des parents. On retrouve cette croyance dans la croyance au mal inné, de nature et d'origine génétique, le code génétique de l'individu permet son individualisation et son développement, c'est quelquechose de tout à fait naturel, de même que les besoins de l'enfant eux aussi naturels sont souvent réprimés, étiquetés comme étant mauvais, sâles, pas importants, etc...
Avec l'éducation on déforme l'enfant pour qu'il s'adapte à la société, comme si l'enfant était une sorte d'animal sauvage que l'éducation permet de rendre compatible avec la demande de la société qui ne veut pas tenir compte de l'enfant et s'y adapter.
Malheureusement, on oublie souvent que c'est la cruauté, la violence qui permet ce genre de dressage et d'adaptation de l'enfant aux adultes, aux parents, à la société, il n'est donc pas étonnant que cette violence refasse surface à l'âge adulte lorsque par la violence on a appris à l'enfant à "être adulte", à se conformer à cette société qui ne veut pas des enfants.

"Interview avec Alice Miller - Novembre 1992

Article original "Interview with Alice Miller" en anglais, sur le site http://www.alice-miller.com, traduction en Français par Gaël Roblin, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.

Ces réponses ont été données à un journaliste qui a envoyé les questions pour un magazine Américain mais l'interview n'a pas pu être publiée parce qu'Alice Miller a refusée d'accepter la rédaction suggérée.

Pouvez vous décrire votre enfance ?

J' étais le premier enfant né, dans une famille typique moyenne. Mes parents ressemblaient beaucoup à leurs concitoyens. Ils n' étaient pas alcooliques. Il n'étaient pas des criminels. Ils avaient la réputation d'être de bons parents, préoccupés. Mais parce qu'ils n'avaient pas fait l'expérience de l'amour étant enfants, plutôt négligés et enveloppés dans l'hypocrisie, ils n'avaient aucune idée de quels étaient leurs devoirs envers leurs enfants. A la naissance de leur premier enfant, tout ce qu'ils connaissaient était leurs propres besoins insatisfaits. Avec l'aide de cet enfant, ils ont commencés par essayer de satisfaire ces besoins qu'ils ont dûs réprimer dans leur propre enfance, les besoins d'attention, de considération, de tolérance, de respect et d'amour, de protection, de soins, etc. Ce qui à signifié pour l'enfant que, depuis le premier, jour, elle a du apprendre à réprimer ses propres besoins.

Dans mes premiers livres j'ai écrit en réalité beaucoup à propos de ma propre enfance, sans me rendre compte que c'était ma propre expérience que je décrivais. Depuis 1985, cependant, je l'ai fait consciemment, et nombre de lecteurs ont trouvés dans mes livres nombre de détails autobiographiques. De nombreuses réactions les 12 dernières années passées, des gens de divers environnements culturels, m'ont montrées que mon enfance n'était d'aucune façon exceptionnelle. Des destinées similaires peuvent être répertoriées, comme ça apparait dans les lettres que j'ai reçu, pas seulement d'Europe et d'Amérique, mais aussi d'Australie, des Philippines, du Japon, d'Inde, du Vietnam et beaucoup d'autres pays. Pour cette raison aussi, j'ai décidé de ne pas rendre publique plus de nouveaux détails d'endroits ou j'ai grandi. Je ne voulais pas que mes révélations sur la souffrance réprimée de l'enfant en général soient rattachées à ma vie, rendant facile de les étiqueter comme étant "mes problèmes". La tendance de faire ainsi est naturellement grande comme la délivrance d'une répression est douloureuse.

L'expérience m'a montré que ma décision était juste. Quand les gens lisent mes livres ils se trouvent face à leur propre enfance. Souvent, c'est la première fois dans leur vie que leur propre histoire devient importante pour eux. Et c'est crucial. Parce qu'avant que nous ayons fait cet avancée émotionnelle nous ne savons, en principe, rien à propos de notre propre vie, même si nous connaissons les faits. Comme je le sais de nombreuses lettres, mes livres ont permis à certains lecteurs de commencer le voyage vers leur propre histoire, sans être distraits par la mienne. Et je ne veux pas détruire cet effet.


Y a-t-il eu un moment particulier ou un concours de circonstances qui vous a mené dans ce qui s'est avéré étant le travail de votre vie ?

Etant un enfant de dix ans, j'ai vécu l'ascention d'Hitler au pouvoir à Berlin. J'ai observée ahuri comment des millions de gens "civilisés" ont été transformés en une masse aveugle, remplie de haine qui avec enthousiasme ont permis à un monstre primitif arrogant de les pousser à assassiner leurs semblables. Cette expérience est restée avec moi pour toujours; et je crois aujourd'hui que j'ai passé ma vie à essayer de comprendre l'énigme d'une telle cécité si dangereuse. J'ai essayée de comprendre comment se fait-il que des gens puissent être si facilement manipulés et ou étaient les sources invisibles de leur haine latente. Même étant enfant je me suis demandée à moi-même: D'où vient la bestialité humaine ? Est-ce que les gens naissent étant des monstres ? Se peut-il que des nouveaux nés viennent au monde avec des gènes qui les font devenir des criminels ?

Bien que notre système entier de jurisprudence semble être basé sur une telle vue de la nature humaine, donnant l'impulsion au clairon à l'appel impétueux d'aujourd'hui pour la réintroduction de la peine de mort, la notion du "mal inhérent" m'a toujours semblé comme étant la croyance médiévale dans le diable et ses enfants. L'expérience nous apprend justement l'opposé. Les études ont déjà incontestablement montrées que tous les criminel sérieux ont été une fois maltraités et négligés étant enfants, enfants qui ont du très tôt dans leur vie apprendre à réprimer leurs sentiments: c'est à dire ne sentir absolument aucune compassion pour eux mêmes et, comme résultat, n'ont pas accès aux émotions de leur propre histoire. Aujourd'hui, je sais - et j'ai, dans mes livres, essayé de le prouver avec la plus grand clarté - que la destruction, et l'auto-destruction, qui domine le monde, n'est pas une fatalité. Nous les produisons en nos enfants, et la production de ce potentiel destructeur commence déjà durant la grossesse et à la naissance. La lutte désespérée d'un enfant non désiré pour le droit de vivre commence dans l'utérus, menant plus tard à l'atrophie de ses capacités à aimer et à avoir confiance en les autres, et à un mouvement inévitable vers la destruction ou l'auto destruction.

Nous pouvons mettre fin à la production du mal dès que nous arrêtons de nier les faits prouvés et la connaissance que nous avons maintenant à propos de l'enfance.

Au début de votre carrière, y a-t-il eu des influences, des mentors, des modèles significatifs ?

Quand je regarde en arrière, je ne peux trouver une seule personne qui pourrait m'avoir soutenue, et encore moins accompagnée, sur mon chemin vers la vérité. Mes anciens professeurs et collègues s'accrochent obstinément à des théories dont le caractère défensif est devenu très clair pour moi. Quand je les ai confrontés aux faits, ils ont réagis avec peur et incompréhension. Parce que mes découvertes remettaient leurs théories en question, et parce qu'ils étaient déterminés, à tous prix, à protéger le nom de Freud, ils avaient simplement choisis de ne pas comprendre ce dont je parlais.

Croyez vous qu'il y existe quelque chose comme la "nature humaine" ? Si c'est le cas, quel est selon vous la qualité de cette nature ?

Comme je l'a déjà dit, je considère tous ces discours de pulsion de mort, de pulsions destructrices ou de mal programmé génétiquement comme un échappatoire face aux faits - faits qui ont déjà été prouvés - et donc, un choix d'auto-ignorance. Les gens qui aiment déléguer leurs responsabilités au monde extérieur évitent le témoignage des faits. Ils ne se soucient pas de la vérité. Ils veulent être laissés en paix. La bonté ils l'attribuent à Dieu, le mal au diable ou à la méchanceté innée de leurs enfants. Ils croient aussi que la destinée peut être transformée par la discipline et la violence. Comment est-ce possible ? Est-ce que quelqu'un a déjà vu un seul être humain dont la capacité innée de destruction à été transformé par des passages à tabac et d'autres formes de maltraitances en quelqu'un ayant un bon caractère positif ? Il n'y en a pas un dans le monde entier. Néanmoins, les "scientifiques" s'accrochent toujours à leur croyance au mythe du "mal inné" et des millions de parents vont encore maltraiter leur enfant avec la croyance qu'ils peuvent battre la bonté en eux.Ce qu'ils créent à la place est un enfant soumis, un enfant qui ne peut pas montrer sa rage justifiée aujourd'hui, mais qui plus tard représentera impitoyablement sa colère par des actes contre les autres, dans la guerre ou contre ses propres enfants. Les seuls qui ne seront pas forcés de transmettre ces legs de destruction sont ceux qui auront rencontrés dans leur enfance ou plus tard, un témoin éclairé - quelqu'un qui peut les aider à sentir la cruauté dont ils ont souffert, la reconnaitre pour ce qu'elle est et de la condamner catégoriquement.

Et la nature humaine ? En fin de compte, c'est une question philosophique, quoique la réponse ne doit pas se trouver avec les philosophes, psychologues ou les réformateurs de l'église. La plupart d'entre eux étaient sévèrement maltraités étant enfants, mais ont réprimé leur douleur, se défendant aveuglément, comme les enfants maltraités le font depuis le début des temps, le même système qui les a fait souffrir. Martin Luther par exemple, a demandé à tous les parents de maltraiter leurs enfants, parce qu'il idéalisait les passages à tabac sans pitié que sa mère lui avait donné et voulait les voir comme étant quelque chose de positif. Calvin, le réformateur et le père spirituel de la cité de Genève, désireux de glorifier la brutalité qu'il a connu, écrit: "Le seul salut est de ne rien savoir, et de ne rien vouloir... l'homme ne devrait pas seulement être convaincu de son inutilité absolue. Il devrait faire tout ce qu'il peut pour s'humilier lui même". Le philosophe Emmanuel Kant l'a dit de cette façon: "L'homme à une tendance innée au mal. Afin de l'empêcher de devenir une bête, ce mal doit être tenu en échec". Bien que ces penseurs contredisent grossièrement la vérité, leurs opinions ont longtemps été apprises à l'université. Pour n'importe qui de sensible, il suffirait sans doute de marcher autour d'une maternité et il verrait ce qui arrive aux bébés nouveau-nés, pour comprendre quelle souffrance inutile peut causer l'ignorance et le fait d'être têtu. Un enfant va, par exemple, être tenu par les pieds, comme ça il peut respirer, nous dit on - sans que personne ne reconnaisse ça comme étant un traitement sadique. Comme aucune des personnes impliquées ne savent ce qui leur est arrivé, les sentiments du nouveau né seront totalement ignorés. Et ce malgré le fait qu'avec l'aide de lectures électroniques nous pouvons aujourd'hui voir qu'un enfant réagit à la tendresse et à la cruauté dans l'utérus. Pas juste réagir. Ils les apprend. La société fait sa première contribution au potentiel d'une personne à l'amour ou à la destruction ici; dans la façon dont elle reçoit un nouveau né au monde. L'éducation peut énormément empirer ou améliorer ce fait. Tout dépend de la capacité d'amour et de compréhension montrée par les parents de l'enfant et d'autres personnes importantes dans sa vie.

Un enfant vient au monde plein de besoins. Pour les satisfaire, lui donner le respect, la protection, les soins, l'amour et l'honnêteté, il dépend entièrement de ses parents; si ces besoins ne sont pas satisfaits et à la place, les enfants sont utilisés, maltraités et négligés, c'est facilement compréhensible, qu'ils se développent en des personnes confuses, mauvaises ou malades. Le mal est réel. Hitler était réel, donc ses actes aussi. Qui peut le nier ?

Vous semblez suggérer que pour beaucoup de parents, battre l'enfant devient une sorte de psychodrame , dans le quel leurs propres maltraitances sont ré-activées dans la brutalisation de leur enfant. Que ça arrive avec les personnes brutales qui maltraitent leurs enfants est bien connu, mais ce que j'aimerais entendre plus est comment ce phénomène de reproduction affecte la vie de millions de familles dont le travail intérieur ne perd pas complètement le contrôle mais dont la dynamique pourrait néanmoins être appelée "abusive".

En fait, j'ai décrit exactement cette dynamique dans tous mes livres, spécialement dans "Le Drame de l'enfant doué". Comme vous, j'ai pensé que quelque chose d'aussi évident que les mauvais traitements brutaux et ses effets calamiteux ne pouvait être contestés par personne. Avec le temps, cependant, j'en suis venue à voir que les plus monstrueuses attaques sur un enfant peuvent être vue comme étant sans danger, souvent par les victimes elles mêmes. Etant enfants, ils ne peuvent pas faire face à la vérité, et ils continuent de le nier une fois qu'ils ont grandis, sans savoir qu'ils n'ont pas à mourir de cette douleur. Seulement l'enfant aurait été tué par la vérité et devait donc la réprimer. Les adultes peuvent se délivrer de leur répression. En faisant l'expérience de la douloureuse vérité, ils ont aussi la chance de devenir bien.

Depuis que je connais mieux la dynamique de la répression, j'ai commencé de parler ouvertement d'abus plutôt que de formes subtiles de mauvaise utilisation du pouvoir parental. Je crois que chacun peut gagner cette perspicacité. Aujourd'hui, cependant, il me semble urgent et impératif de disséminer la connaissance que la guerre et les crimes des dictateurs sont une conséquence directe de crimes réprimés dans l'enfance. Maintenant c'est à ça que je consacre la plupart de mon attention. Précédemment, je pensais que si on parlait des formes les plus subtiles de mauvais traitements alors les formes les plus criantes deviendrait évidentes. Mais peut être n'avons nous pas avancés aussi loin. Le fait que de larges sections des médias refusent de traiter de ce sujet montre juste combien de gens ont une connaissance superficielle des abus, et ont en conséquence peur de s'approcher du sujet. D'habitude ils viennent de familles dans lequelles la critique pouvait être mortelle pour l'enfant et ils craignent encore ce danger.

Quel est selon vous le rôle de la religion dans l'éducation des enfants ? Aussi, comment la religion affecte le comportement des parents ... ? Je pense particulièrement à la façon dont la religion pourrait avoir une incidence sur l'idéologie de l'éducation des enfants ?

Les gens attirent fréquemment mon attention sur des extraits du "Nouveau Testament" qui mettent en valeur la dignité de l'enfant. Mais pour beaucoup de gens, comme nous le savons, tenir les enfants en haute estime et les sacrifier n'est pas une contradiction. En effet la bonne fois et la franchise des enfants donne fréquemment envie à leurs parents émotionellements affamés de les exploiter et d'en abuser. Jésus n'était-il pas lui même un fils particulièrement chéri et sacrifié ? En fait, je ne connais aucune religion qui condamne et interdise les maltraitances des enfants en pratique. Le respect, la compréhension et l'amour sont universellement prêchés pour les parents, sans se soucier de la manière dont ils se comportent. D'un autre coté, selon Luther, on devrait seulement aimer les enfants tant qu'ils sont obéissants et qu'ils craignent Dieu: c'est à dire tant qu'ils se nient. Les parents ont un droit inconditionnel à l'amour et au respect de leurs enfants. Dostoyevsky peut avoir écrit dans "Les Frères Karamazov" qu'un père ne devrait être aimé que si il le mérite; mais lui même à souffert d'épilepsie, parce qu'il n'était pas autorisé à savoir qu'il était lui aussi un enfant sévèrement abusé et la victime de brutalités indescriptibles de la part de son père. C'est seulement grâce à l'amour et l'aide de sa mère qu'il a pu éviter de devenir lui même un meurtrier; mais il n'a pas pu s'échapper de sa maladie.

Dans mon dernier livre, j'ai montré comment des éducateurs intelligents, ayant l'esprit religieux conseillent toujours aux gens, comme Luther l'a fait il y a 400 ans, de battre l'enfant aujourd'hui comme ça l'enfant sera demain "aimé par Dieu". Dans son livre important "Spare the Child", Philip Greven à montré comment les méthodes destructives et sadiques répandue pour faire obéir l'enfant sont toujours là, particulièrement celles dissimulées sous la cape de la religion. Ce n'est pas seulement vrai de l'obéissance Chrétienne. 100 millions de femmes islamiques vivantes aujourd'hui ont leurs parties génitales mutilées depuis l'enfance. Des millions d'enfants juifs ou arabes sont, pour le dogme, soumis à la circoncision, étant enfant ou à un âge avancé. Une telle cruauté n'est possible qu'avec le déni total de la sensibilité de l'enfant. Mais qui peut aujourd'hui sérieusement dire qu'un enfant ne ressent rien ? En Inde, des millions de filles ont été violées en tant que "jeunes mariées", et ceci au nom de la doctrine religieuse sanctionnée par le mariage. Un nombre infini de rites d'initiation, pardonnés par la religion, ne sont rien d'autre que de sadiques maltraitances de l'enfant. L'histoire de l'art abonde de telles scènes, mais personne ne sourcille. Nous avons été élevés à ne pas sentir.Aussi tôt qu'un être humain commence de sentir, cependant, d'innombrables choses vont inévitablement changer.

Certains critiques du prétendu "mouvement de l'enfant intérieur" à suggéré que la concentration sur l'enfant est une forme d'auto pitié et même de narcissisme. Comment répondriez vous à cette critique commune ?

Je ne représente aucun mouvement et donc je ne peux pas savoir à qui exactement vous faites référence. Je ne peux pas non plus prendre la responsabilité de tout ce qui est malheureusement prononcé en mon nom. Je peux seulement dire en réponse à votre question: Permettre à l'enfant en nous, dont l'intégrité à été sérieusement endommagée, d'au moins sentir et parler, ce qui lui permet de découvrir ses droits et ses besoins, ne signifie pas moins que de lui permettre de grandir et grandir encore. Permettre aux sentiments d'être accessibles à la conscience signifie mettre en mouvement un processus de croissance, d'assumer la responsabilité et le début d'un mouvement vers la conscience. Ce processus peut seulement prendre place une fois que nous mettons en question nos parents et notre société, et une fois seulement la personne, qui était jusque là aveugle à la cruauté, commence de voir. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un pour qui ce processus ne s'est pas accompagné d'une véritable sympathie pour, et dans l'intérêt, des autres; ni quelqu'un qui n'avait pas le désir d'aider les autres en communiquant la connaissance dont il avait tiré profit. Bien sûr on peut seulement aider quelqu'un qui souhaite s'aider.

A ma connaissance, c'est précisément l'opposé du narcissisme. Le narcissique est pris au piège dans son auto-admiration et n'ose pas s'aventurer dans un tel voyage vers l'auto-découverte. Le réveil de notre propre sensibilité à ce qui nous à été fait dans notre enfance nous permet, pour la première fois, de remarquer ce qui était fait et est fait aux autres. Cette sensibilité à notre propre destin est une condition - une condition absolument nécessaire - de notre capacité à aimer. Les gens qui ont fait la lumière sur les mauvais traitements qu'ils ont reçus, qui sont fier de leur imperméabilité aux sentiments, vont inévitablement passer leurs expériences à leurs enfants ou aux autres; et cela, indépendamment de ce qu'ils disent, écrivent ou croient. Les gens qui peuvent sentir ce qui leur est arrivé, d'autre part, ne risquent pas de maltraiter les autres. Peut être ce que vous voulez dire est une personne qui se plaint constamment d'elle même, qui n'est pas cependant décidée à se confronter, et à sentir, leur réalité. Au lieu de ça, ils espèrent probablement que quelqu'un d'autre le fera pour eux - s'attendent que quelqu'un d'autre prenne finalement au sérieux l'enfant qu'ils ont eux mêmes, en fin de compte, rejeté. Mais personne ne peut le faire pour eux. Et le prix pour ce rejet, pour nier sa propre histoire, pour l'absence de sympathie pour nous mêmes est la vie elle même. Dans la critique que vous mentionnez j'entends naturellement la voix de l'enfant docile, l'enfant à qui il n'est pas permis de voir, de sentir ou d'être triste contre le comportement injuste de ses parents et, à la place, a du apprendre très tôt à voir ça comme étant de "l'apitoiement sur soi même" et à le mépriser. Mais pourquoi ne devrions nous pas souffrir de ce qui nous est infligé ? A quel but ça servirait ? N'est-ce pas une perversion choquante et extrêmement dangereuse d'un tendance humaine naturelle ? Nous sommes nés au monde en étant des être sentimentaux. Les sentiments et la compassion pour nous mêmes sont essentiels pour nous orienter nous même dans le monde. N'est-ce pas suffisant d'avoir été privés de notre capacité à sentir, de notre compassion pour nous mêmes, par des coups et l'humiliation ? Quand le champion des prétendus spécialistes de cette perversion prétend avoir une solution, cependant, il devrait être démasqué pour ce qu'il est: l'aveugle conduisant les aveugles. Hitler était aussi fier d'avoir pu compter les 32 coups que son père lui a une fois donné, sans rien ressentir. Rudolf Hoss et Adolf Eichmann ont fait des assertions similaires. Ce qui vient ensuite est assez bien connu, quoique les rapports n'ont jamais été bien compris.

Certaines personnes diront que vous avez tendance à voir la famille isolée, relativement peut affectée par l'économie, la culture et l'histoire. Que répondriez vous à cette critique ?

C'est justement ce qui me préoccupe le plus: Dans des cultures très différentes, à des époques très différentes, sous l'influence de religions très différentes, j'ai trouvé la même chose: l'abus d'enfants à une échelle massive, accompagné de répression et de déni. Ce phénomène ne peut être tracé ni à une classe particulière ou un système économique particulier. Les gens riches peuvent être des abuseurs d'enfant ou des parents aimants. Et la même chose va pour les pauvres. Seulement une chose est certaine: les gens, qui étaient des enfants respectés, vont plus tard respecter leurs propres enfants. C'est, après tout, la chose la plus naturelle du monde. La raison que les enfants soient maltraités repose seulement, et seulement, dans la répression et le déni de sa propre expérience, quelque chose que la carrière des dictateurs illustre plus qu' amplement. On m'a dit qu'il existait des cultures dans lesquelles les enfants n'étaient pas maltraités, et dans lesquelles il n'y a significativement pas de guerre. Mais je ne les connais pas bien. Si vous entendez parler d'une telle société, je serais intéressée d'avoir plus d'informations à ce sujet."

jeudi 20 novembre 2008

"Interview d'Alice Miller à Ms Noreen Taylor, The Times, Londres 1999" - Traduction

Traduction d'une interview d'Alice Miller de 1999 au Times à Londre en Anglais: "Interview given to Ms Noreen Taylor, The Times, London 1999".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

"Interview donnée à Ms Noreen Taylor, The Times, Londres 1999 - Avec des additions de 2004

Article original "Interview given to Ms Noreen Taylor, The Times, London 1999" en anglais, sur le site http://www.alice-miller.com, traduction en Français par Gaël Roblin, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.


Est-ce possible d'avoir quelques détails de votre propre enfance ? Par exemple, avec vous été frappée quand vous étiez enfant ? Pouvez vous décrire votre situation, la profession de vos parents et leurs relations avec vous ? Quand et comment avez vous trouvé la liberté de critiquer leur incompétence dans l'éducation ? Avez vous trouvé le courage de vous assoir en face d'eux et de parler de votre enfance ?

Mes parents étaient des gens de classe moyenne tout à fait ordinaires. Mon père était un banquier qui n'avait pas réussi, ma mère une femme au foyer. Elle était très dévolue à la tâche de l'éducation de l'enfant et de la discipline, c'était une voie habituelle dans les années vingt de ce siècle. Je suis née 18 mois après leur mariage, 4 ans plus tard ma soeur était née. Comme beaucoup de parents à cette époque, ils n'avaient pas la moindre idée des besoins d'un bébé, les besoins d'attachement, de contact aimants, de toucher, de sécurité, de protection, de respect, d'orientation. Ma mère avait été extrêmement négligée dans sa petite enfance, donc son corps ne savait pas ce que voulait dire être aimée et soignée. Comme résultat, son seul souçis de jeune mère était de me faire obéir le plus tôt possile. Et elle y a parfaitement réussi. J'étais déjà devenue "propre" à l'âge de 6 mois, comme elle me l'a dit plus tard. Et aujourd'hui je sais qu'un tel accomplissement est impossible sans violence et punitions corporelles systématiques au bébé. Grâce à ces méthodes utilisées très tôt je me suis parfaitement adaptée au souhait de mes parents et je suis devenue la bonne fille qu'ils voulaient que je sois. Cette stratégie de survie à demandé un énorme prix à payer: la répression de mes propres sentiments et besoins. J'ai été ainsi privée de ma boussole émotionnelle. En conséquence, quand je suis devenue moi même une mère je n'ai pas pu comprendre mon bébé de la façon dont il avait besoin d'être compris.

Quand j'ai eu 55 ans j'ai écrit "Le Drame de l'Enfant Doué" ou j'ai décrit des stratégies de survies similaires à la mienne, et beaucoup de gens m'ont écrit depuis qu'ils ont retrouvés leur propre histoire dans cette publication. Grâce à ces milliers de lettres je suis arrivée à reconnaitre que je n'étais pas seule à subir un tel traitement, que c'était plus ou moins commun et normal pour notre société et que la plupart des gens semblent complètement inconscients de ce danger. J'étais stupéfiée. Je voulais en comprendre plus à propos de notre système d'éducation et, par dessus tout, à propos des raisons de notre manque de sensibilité envers la souffrance de l'enfant. Alors j'ai fini de pratiquer en 1980 et je me suis consacrée à la recherche sur l'enfance et à l'écriture. Dans "C'est pour ton bien", j'ai décrit la cruauté d'une éducation prétendument normale et - encore - plein de gens m'ont écrit : comment se fait-il que vous connaissiez ma famille et la manière dont j'ai été traité ? Je ne connaissais pas leur famille mais dès que votre sensibilité est éveillée vous saisissez des rapports qui pour beaucoup restent encore dans l'ombre.

Mes deux parents étaient déjà morts quand j'ai commencé de saisir ce qui était arrivé dans mon passé. Donc je n'ai pas pu partager avec eux mes connaissances nouvellement gagnées. C'était trop tard.

Est-ce que l'augmentation des viols et des attaques sexuelles sur les jeunes femmes, est connectée avec certains modes de discipline dont les hommes peuvent avoir souffert dans leur propre enfance ?

Je pense que les adolescents violents démontrent ce qui leur est arrivé émotionnellement quand ils étaient petits. Je n'ai aucun doute à propos de ça. Cela n'est pas toujours une discipline dure mais dans la plupart des cas il y a de la négligence émotionnelle, un manque de communication authentique, de contacts châleureux, de contacts amicaux. Si ce manque est aussi couvert par ce que l'on appelle "gâter" (acheter un tas d'objets couteux pour remplacer l'amour), l'enfant est souvent incapable de détecter la négligence et reste attaché au déni. De toute façon, chaque enfant doit réprimer la douleur pour pouvoir survivre. C'est seulement possible à l'âge adulte de réaliser la vérité. Mais plus l'histoire de l'enfance est réprimée, plus sa cruauté est niée, moins ces jeunes sont capables de ressentir, de se confronter aux véritables raisons de leur détresse, plus ils se sentent pressés d'agir de façon destructrice. Ils n'ont pas toujours des souvenirs conscients de ce qui leur est arrivé dans leur enfance, spécialement la petite enfance, mais cette connaissance est stockée dans les cellules de leur corps et, assez étonnamment, ils menacent les autres exactement de la même façon dont ils ont été menacés au début de leur vie. Malheureusement, l'action commune, toujours présente, d'éviter le sujet de "l'enfance" ne rend pas les choses faciles. Je discute de ce problème dans mon livre "Chemins de Vie", 1998 et "Libres de Savoir", 2001.

Est-ce que vous sentez que la société est devenue plus compatissante et consciente dans les dix dernières années ?

Aujourd'hui nous en savons plus à propos des faits mais nous manquons évidemment de compassion pour l'enfant qui doit en silence tolérer d'être battu, négligé et de ne pas être respecté par des gens qu'il / elle aime. Et la plupart des gens ne voient pas les conséquences d'un tel événement. Ils leur manque l'empathie que j'ai tellement espéré éveiller en eux quand j'ai donné des interviews ou écrit des articles. Dans ces interviews on m'a souvent demandé pourquoi je parlais tellement des enfants battus. N'y a-t-il pas d'autres façons de faire souffrir un enfant ? Bien sûr il y en a. Mais pratiquement tout le monde reconnaît déjà que nous ne devons pas maltraiter un enfant pendant qu'ils clament toujours que les châtiments corporels sont OK, ne sont pas des maltraitances quand ils sont étiquetés « éducation », « discipline ». Je pense que c'est seulement avec une loi interdisant les punitions corporelles aux enfants, aussi à nos propres enfants, que nous pouvons surmonter cette dangereuse erreur. Le but de cette loi n'est pas de punir les parents mais de les informer que chaque coup est une maltraitance, une maltraitance physique et émotionnelle. Même si cette loi ne va pas changer le comportement des parents en une génération, ça va certainement changer les mentalités des gens très rapidement. Et c'est le premier pas vers des changements sociaux importants.

Quand avez vous pour la première fois liée la discipline physique des enfants avec le comportement adulte destructeur ?

J'ai commencée de comprendre ces problèmes dans ma pratique (1960 – 1980), grâce à mes patients, alors en 1980, j'ai écrit « C'est Pour Ton Bien ». J'ai trouvé plein de confirmations de mes hypothèses dans la littérature de l'éducation. Avec l'aide de nombreux exemples de l'histoire et de ma pratique j'ai essayé de démontrer comment notre éducation cruelle cause le déni et le manque de sensibilité de toute la société.

Addition de 2004: Le lien entre les maltraitances spécifiques endurées dans l'enfance et le comportement adulte destructeur est toujours nié par les médias. Ils reportent souvent les deux, mais refusent de montrer la connexion. Cette évitement peut être clairement observé dans tous les rapports à propos des tortionnaires en Irak. Les causes réelles de ce comportement pervers n'ont jamais été discutées.

L'argument en chef en faveur d'une telle discipline est usuellement basé sur la prémisse que ce soit la seule façon d'apprendre aux vilains enfants à se comporter, particulièrement ceux qui sont cruels avec d'autres. Un autre pourrait être qu'une mère fatiguée, avec une maison pleine d'enfant obstinés, a peu d'alternatives que de punir physiquement ceux qui ignorent ces avertissements verbaux. Depuis que j'ai lu vos livres, j'ai demandé à diverses personnes comment ils se sentaient étant enfant quand ils étaient tapés. La moitié croit que ça n'a pas laissé d'impression, tandis que l'autre moitié croit que la fessée était appropriée au comportement anti-social. Que diriez vous à propos de telles opinions ?

En étant un enfant battus nous avons appris très jeunes des messages très contradictoires (par exemple que la cruauté est normale et bénéfique) que nous avons beaucoup de mal à désapprendre. Mais certains ont réussi à le faire. Aujourd'hui il y a déjà des centaines d'articles et plein de livres écrits par des experts à propos des dangereuses conséquences et de l'inutilité des châtiments corporels envers les enfants. Cependant, la plupart des gens continuent d'agir et de penser comme si cette connaissance n'existait pas du tout ou n'était pas disponible. Pourquoi ? Je pense que l'une des raisons peut être le fait qu'ils ont du apprendre à ne pas sentir leur douleur psychologique ou physique quand ils étaient battus et ils pensent que leurs enfants ne la sent pas. Je peux souvent entendre des mères dire qu'elles donnent une fessée à leurs bébés sans violence juste pour leur donner une leçon. Une fois je l'ai entendu de la part d'une très agréable jeune mère qui allaitait son petit garçon et se plaignait de son anxiété. Je lui ai demande si elle n'avait jamais pensé qu'il attendait la prochaine tape. Non elle n'a jamais pensé que ça pouvait être possible. Il a seulement 15 mois, trop petit pour "faire de telles réflexions". Je lui ai demandé si elle était battue étant enfant. Oui, dit-elle, tout le temps, par les deux parents. Je lui ai demandée comment elle se sentirait si une amie lui disait que son mari la battait et qu'elle avait peur de rester avec lui. Est-ce qu'elle comprendrait ces sentiments ? Bien sûr, dit-elle, je lui dirais de partir. Donc pourquoi était-elle capable d'avoir de l'empathie pour ses amies adultes mais pas pour l'enfant ? Parce qu'il est trop petit ? Je suppose plutôt qu'elle n'a jamais eu d'empathie quand elle souffrait d'être battue et qu'elle pense que c'était la juste façon de traiter un enfant. C'est une attitude très répandue qui peut être changée. Par exemple les journaux pourrait offrir un forum à leur lecteurs pour des discussions avec les parents à propos de leur problèmes de discipline et aussi offrir les nouvelles informations sur la fessée.

Avez vous des enfants ? Comment les disciplinez vous ?

J'ai deux enfants adultes. Je ne les ai jamais frappés mais j'étais parfois négligente envers mon premier enfant à cause de l'ignorance. Heureusement, pas autant que mes parents l'étaient avec moi. C'est très douloureux de comprendre ça, mais cette compréhension peut être libératrice d'un aveuglement. Je pense que l'amour pour les enfants peut apporter la vérité et peut même s'y développer tandis que les mensonges et le déni sèment la cruauté pour la prochaine génération.

Pouvez vous me parler de vos peintures interprétatives et comment êtes vous devenue inspirée par ce moyen de communication ?

Je n'ai jamais peint avant 1973. Quand j'ai commencé de peindre spontanément des tâches, sans aucun but ou projet j'ai découvert mon ancienne anxiété et la façon dont j'ai vécu mon enfance. Jusque là j'étais persuadée que mon enfance avait été une bonne enfance. Mais mon corps, mes mains en savaient plus que mon esprit. Ils m'ont montré dans ma peinture que j'avais réchappé d'une horreur et que j'ai dissocié cette connaissance parce que personne n'était là pour comprendre que ce qui s'était passé pour moi n'était que de la pure cruauté (comme si c'était "normal") et m'aider à intégrer cette mémoire. Maintenant c'est moi qui ai finalement compris.

Vous écrivez à propos des "témoins secourables": y a -t-il un exemple que vous pouvez donner pour illustrer vos découvertes ?

J'ai développé le concept de témoin secourable et éclairé quand on m'a demandée mainte et maintes fois pourquoi certains personnes qui étaient sévèrement battues dans leur enfance ne sont pas devenue destructive, pendant que d'autres, comme Hitler, Staline, Ceaucescu, Mao etc, le sont devenus. De façon intéréssante, dans tous ces cas positifs, il y avait une personne (un enseignant, une nounou, une grand mère) qui aimait ces enfants ou du moins les affectionnait, même si il ou elle était incapable de les protéger entièrement des maltraitances. Mais dans le vies des dictateurs que j'ai analysé, je ne pouvais pas trouver une telle personne que j'appelle TEMOIN SECOURABLE. Si un adulte déprimé doit retrouver son histoire il aura besoin de plus que ça, il aura besoin d'un TEMOIN LUCIDE, une personne qui est bien informée à propos de la situation d'un enfant maltraité et qui ne la minimise pas.

En public, si vous voyez des parents battre leurs enfants, est-ce que vous leur faites remarquer ?

J'essaie de parler aux parents, de leur expliquer, mais de ne pas les blâmer parce qu'ils agissent par ignorance et je ne veux pas leur mettre la honte. Mais chaque fois j'essaie de les informer aussi bien que je peux. Les réactions à mes interventions diffèrent au cas par cas; parfois ils sont en colère, parfois perplexes, parfois même reconnaissants.

La plupart des Britanniques, je devine, croient que donner une fessée à leurs enfants est leur propre affaire, leur propre droit donné par Dieu, et auraient de graves doutes à propos d'un gouvernement, dont la législation s'introduirait dans une aire sacro sainte de la maison. Un tel comportement d'etat serait perçu comme étant proche du totalitarisme. Quel est votre opinion ?

Peut être qu'il y a 20 ans, de telles voix pourrait avoir été entendues sans opposition. Mais aujourd'hui nous en savons trop à propos des effets à long terme de la violence contre les enfants pour tolérer en silence ce manque d'informations. Nous devrions savoir que toute la société va payer le prix pour notre aveuglement. Un gouvernement d'un pays civilisé ne peut plus ignorer cette connaissance. Vous ne pouvez pas prétendre avoir le droit de jouer avec des armes nucléaires sur vos territoires, seulement parce qu'ils vous appartiennent. L'intêret de la société passe avant votre plaisir et vos habitudes. Le gouvernement doit défendre ces intêrets. Appeler ça "totalitaire" est aussi censé que d'insulter une brigade de pompiers dans une maison en feu. Regardez autour de vous: Quand les enfants sont petits certains parents réclament le "sacro saint" droit à eux comme à une propriété. Mais aussi tôt qu'ils deviennent violents ou addictés à la drogue et émotionnellement inaccessibles ces parents désirent accorder leur droit à la société. Les enfants ne sont plus "nos" enfants protégés dans la sacro sainte famille, ils deviennent des "cas sociaux" et les contribuables anonymes vont devoir payer pour les prisons et les hopitaux dont ces adolescents très disciplinés auront besoin. La nouvelle loi doit permettre aux gens d'être au courant d'un très sérieux danger que nous surveillons souvent parce que nous avons appris très tôt à le surveiller. En Norvège et en Suède ou cette loi à déjà été adoptée la plupart des gens savent déjà que battre les enfants leur apprend à court terme l'obéissance mais à long terme seulement la violence et l'anxiété. Les enfants deviennent comme ils sont traités. Les théories que nous somme nés avec de bons ou de mauvais gènes peut être une version moderne de la vieille croyance que le diable à mis cet enfant dans notre berceau et que nous devons le rendre sociable et noble avec notre vice. Nous sommes nés avec différents talents, différentes inclinaisons et différents tempéraments mais notre empressement à punir les autres n'a pas d'empreinte génétique. C'est le résultat d'avoir été punit très tôt et de la recherche de bouc émissaires à notre rage réprimée. Si ce n'était pas le cas nous aurions besoin d'une réponse à la question pourquoi tant d'enfants sont nés avec de mauvais gènes 30 - 40 ans avant le reigne d'Hitler pour rendre ces plans possibles. Cette question montre la limite d'une explication génétique du mal. Personne n'est né mauvais, nous produisont des gens destructeurs par la manière dont nous les traitont dans l'enfance.

Addition de 2004: Dans toute la discussion concernant le comportement scandaleux des soldats US montré en Irak, personne n'a jamais utilisé le mot abus sexuel alors qu'il était pourtant plus que clair que les tortures utilisaient la même méthode d'humiliations des victimes qu'ils avaient eux mêmes endurés lorsqu'ils étaient des enfants innocents à la merci de parents pervers."

samedi 8 novembre 2008

"Comment Combattre le Déni", Traduction

Traduction de l'interview d'Alice Miller en Anglais: "How to combat denial".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

On peut aller plus loin dans la compréhension du conte du petit chaperon rouge et déduire que non seulement la mère refuse de voir le danger dans la forêt parce qu'elle est semblable au loup, elle est dangereuse comme le loup car elle envoie sa petite fille sans défense seule dans une forêt forcément dangereuse, cette mère nie les parties d'elle même qui sont très ressemblantes au loup, accepter de voir le loup, c'est accepter de se voir telle qu'elle est réellement, et elle ne le peut pas à cause de sa propre enfance, on apprend à l'enfant à se renier tel qu'il est, et à "jouer la comédie" pour complaire aux parents, mais ça l'empêche d'être lui même et de voir la réalité.


"Comment Combattre le Déni

Interview originale "How to combat denial" en anglais, sur le site http://www.alice-miller.com, traduction en Français par Gaël Roblin, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.

Comment combattre le déni ?

Interview donné par Alice Miller à Borut Petrovic Jesenovec en Juillet 2005

Les contes de fées et les mythes peuvent nous en apprendre beaucoup à propos de notre culture et de notre perception du monde. L'un des contes les plus connus que les petits enfants sont "forcés" à écouter et à lire lorsqu'ils sont plus ou moins grands est "Le Petit Chaperon Rouge". Parmis des milliers d'autres contes populaires celui-ci reste debout comme étant incroyablement populaire. Qu'est-ce qu'ils nous dit à propos de notre attitude envers les enfants dans notre culture ?

Il nous dit qu'il est évident d'utiliser les enfants comme des victimes.La mère envoie l'enfant seul vers la grand mère et ne se soucie pas du danger (le loup) dans la forêt.

Je suis toujours choqué par l'interprétation "officielle" que la mère du Petit Chaperon Rouge est bien intentionnée et en prend soin. Elle envoie sa jeune fille dans une forêt dangereuse expliquant que c'est un tâche honorable (pauvre grand mère après tout).Je trouve cette mère cruelle, mauvaise et même perverse. Etes vous d'accord ?

Oui je suis d'accord parce quelle doit avoir connu l'existence de ce loup. Cependant elle ne prépare pas l'enfant pour le danger qu'elle nie. Le résultat est que l'enfant croit le loup, lui dit ou habite la grand mère et même quand elle voit plus tard le loup dans le lit de la grand mère, lui parle comme si il était la grand mère. Elle a déjà pris le déni de la mère, partage sa cécité et devient la victime naïve du loup qui symboliquement représente ici le père incestueux auquel les mères livrent souvent ses filles. Elles protègent leurs propres pères en supprimant leurs souvenirs d'avoir été abusées dans leur enfance et deviennent AINSI aveugles aux dangers pour leurs filles.

Quand j'ai voulu parler des mauvais aspects de mon enfance, j'ai été rejeté et on m'a rappelé que tout a son bon et mauvais coté et c'est pourquoi nous devrions nous concentrer sur le coté brillant de la vie et adopter une attitude positive. Dans de telles argumentation même l'abus a quelquechose de valeur. Comment réagiriez vous à de telles relativisations et à un tel relativisme ?

Ce type de pensée est nécessaire dans l'enfance, c'est notre stratégie pour survivre. Même avec les parents les plus brutaux, l'enfant ne veut pas mourir, alors il doit absolument croire que ce qu'il endure n'est pas l'entière vérité. Et bien sûr il y a des moments quand le père brutal semble changer, il vous emmène sortir pour pêcher et vous pouvez vous sentir aimé pour un temps.Si plus tard ils vous utilise comme un jouet ou un objet de ses désirs sexuels vous pouvez vous échapper de votre peur, vous avez toujours pour vous en mémoire le bon souvenir de la pêche ou d'autres occasions. De cette façon nous survivons à notre enfance, et la plupart des gens essaient de vivre seulement avec ces bons souvenirs en supprimant les mauvais. De tels actes sont supportés par les religions et presque toute les philosophies connues. Mais je pense qu'en tant qu'adultes nous avons la possibilité de prendre ces faits sérieusement et de savoir qu'en faisant ça nous ne sommes plus dans le danger mortel.Nous pouvons faire l'effort de voir que nos parents pour quelques raisons que ce soit ne nous aimaient pas aussi longtemps qu'ils pouvaient nous utiliser comme des victimes, sans prendre soins de nos sentiments, notre douleur, et notre futur. Cette conscience nous aide à nous débarasser de nos sentiments auto-destructeurs de culpabilité.En rejetant de tels actes de nos parents nous devenons libres de la compulsion de répétition de tels actes avec nos propres enfants.

Comment définiriez vous un abus ?

Abuser veut dire utiliser une personne pour ce que je veut obtenir d'elle ou de lui, sans lui demander son accord, sans respecter sa volonté et ses interêts. Avec les enfants, c'est très facile de le faire, parce qu'ils sont aimants, ils croient leurs parents et la plupart des adultes et ne réalisent pas qu'ils sont abusés, que leur amour à été exploité. Spécialement si ils étaient forcés d'ignorer leur émotions depuis le début, ils peuvent avoir perdu leur sensibilité aux signaux de dangers.

Une petite fille va suivre à la cave le voisin qui lui à promis du chocolat, bien qu'elle puisse se sentir inconfortable. Mais si elle a appris depuis le début de sa vie que ces sentiments n'ont pas d'importance et qu'elle devrait obéir à chaque personne adulte, même si elle sent de la résistance, elle va suivre le voisin. Elle va se comporter comme le Petit Chaperon Rouge dans le conte de fée. Et elle peut plus tard souffrir dans ces relations avec les hommes pour toute sa vie si elle ne travaille pas sur cette première expérience dans la cave. Cependant si elle le fait, elle ne sera plus en danger de devenir une victime de viol ou de n'importe quel autre type de tracasseries.

Combien de gens pensez vous ont été abusées dans leur enfance ?

C'est difficile d'estimer combien de gens n'ont pas été abusés. Je connais des gens qui n'ont pas été exploités dans leur enfance, qui étaient aimés, dont on se souciait et qui étaient autorisés à exprimer leur véritables sentiments. Je les ai vus étant bébés et je vois qu'ils sont capables de donner à leurs enfants le même respect qu'ils ont eu de leurs propres parents.Mais je n'en connais pas beaucoup comme ça. Donner une fessée à des enfants est toujours considéré comme étant inoffensif et utile partout dans le monde. Je pense qu'environ 90% de la population mondiale a été abusée de cette manière plus ou moins sévèrement. Vous pouvez voir chaque jour à la TV ce que les plus sévèrement abusés font quand ils deviennent des adultes qui nient leur souffrances et admirent et respectent leurs parents abusifs. Vous pouvez le tester, vous pouvez aller tout autour du monde et demander au gens les plus cruels comment étaient leurs parents. La réponse de plus grand tyrans sera souvent: Mes parents étaient des gens bien.Il voulaient le meilleur pour moi, mais j'étais un enfant têtu.

La cécité humaine qui permet d'abuser peut être stupéfiante. Même confrontés à leurs propres abus les plus évidents, les gens croient toujours au mythe d'avoir été aimés, et continuent à abuser de leurs enfants (et des enfants des autres). Comment leur "ouvreriez vous les yeux" sur ce qu'ils font ? Est-ce possible après tout ?

Je ne peux pas ouvrir les yeux des autres; ils se refermeront rapidement encore, et ils ne veulent pas voir - ou ils ont peur de voir - la vérité parce qu'ils s'attendent à être punis par leurs parents ou Dieu qui les représentent. Je peux seulement ouvrir mes propres yeux et dire ce que je vois. Et quelques fois les gens se sentent encouragés à ouvrir un oeil ou même les deux. Ils sont surpris de ne pas être punis, de sentir même le soulagement d'avoir arrêté de se trahir eux mêmes.

Les gens préfèrent normalement nier qu'ils ont été abusés. Interpréteriez vous les désordres alimentaires, l'obsession des régimes-minceur, se ronger les ongles, boire "innocemment" lors de réunions sociales, penser au suicide, l'asthme, prendre des drogues ou même le "besoin" d'aliments sans valeurs nutritive ou les cigarettes comme des preuves sans équivoques d'abus émotionnel ou physiques ?

Oui, absolument. Toutes ces maladies ou addictions sont des cris du corps qui veut être entendu. Au lieu d'entendre et d'essayer de comprendre ces cris, la plupart ont choisis de s'en aller.

Vous dites que le corps est sage et ne peut être trompé. La bonne nouvelle est que si nous l'écoutons, nous pouvons être guéris des symptômes physiques. Mais si nous sommes trop occupés à nier ces besoins et sa mémoire nous nous condamnons à vivre dans un enfer invisible. Tout est parfait, mais nous sommes coupés de nos véritables émotions et destinés à vivre une vie superficielle creuse et notre organisme devient notre ennemi. Comment pouvons nous devenir amis avec notre corps qui demande une vérité extrêmement désagréable ?

D'abord nous devons arrêter d'éviter la vérité et vivre par une ou plusieurs expériences que la vérité ne tue pas, qu'en fait ça nous fait nous sentir meilleur éventuellement. Si vous décidez de ne pas prendre vos pilules quand vous avez votre mal de tête et trouver à la place exactement quand le mal de tête à commencé, vous pouvez être assez chanceux pour comprendre pourquoi votre corps à besoin d'un mal de tête juste maintenant, ce qui vous est arrivé aujourd'hui qui vous a fait vous sentir malheureux, si vous prêté votre complète attention à l'événement. Une fois vous le faites, une émotion très douloureuse peut surgir qui doit être sentie. Cependant, après que ce sentiment soit fini, une solution à votre problème peut apparaitre. Mais en tous cas, à votre grande surprise vous vous rendez compte que votre mal de tête à disparu sans aucun médicament. Si vous avez déjà fait l'expérience d'une disparition si spontanée d'un symptôme, personne ne sera jamais capable de vous convaincre que votre mal de tête à besoin d'aspirine pour partir. Les drogues vous empêchent de vous comprendre, mais cette compréhension peut être essentielle pour votre santé.

La différence entre les sentiments (Gefühle) et les émotions (Emotionen) est fondamentale pour comprendre le mécanisme du déni. Pourquoi est-ce si important de connaitre cette différence ?

Si vous n'essayez pas de refuser votre passé vous êtes plus libres de croire vos émotions. Elles vous transmettent votre histoire, souvent inconsciemment et souvent à travers les messages de votre corps. Votre esprit peut apprendre à comprendre ces messages et dans cette optique transformer vos émotions en sentiments conscients. Si vous connaissez vos sentiments vous avez la meilleure protection dans votre vie, tandis qu'en vous battant contre eux vous vous sentez constamment en danger, effrayé par des choses qui se sont déjà produites des décennies et qui ne sont plus de vrais dangers.

Un enfant doit réprimer l'expérience de l'abus pour arriver à survivre. Comment un mécanisme qui permet de survivre se transforme-t-il en un mécanisme qui étouffe la vie ?

Ce mécanisme ne se transforme pas lui même. Il reste le même mais n'est plus adapté aux nouvelles circonstances. Nous n'en avons plus besoin adultes. Nous devons le laisser partir. Autrement nous ne pouvons pas profiter d'être un adulte; nous continuons de vivre comme des enfants dépendants. Si vous faites un voyage en avion, vous avez besoin de mettre votre ceinture de sécurité. Mais après avoir quitté l'avion, quand vous marchez sur la terre, vous n'en avez plus besoin. Vous ne la garderiez pas. Mais la plupart des gens font exactement ça. Ils gardent sur la terre ce qui leur sauvait la vie en l'air. Ils marchent adultes avec le déni qui a sauvé leur vie dans l'enfance. Et ce qui était nécessaire ALORS, devient étouffant MAINTENANT.

Vous utilisez le terme "pédagogie noire" (schwarze Pädagogik). Je comprend ceci comme étant une éducation autoritaire. L'éducation laxiste a-t-elle des effets similaires ?

La notion de "pédagogie noire" a dans mes éditions Anglaises le nom "Poisonous Pedagogy". Dans mon livre "C'est Pour Ton Bien" j'ai décris comment ces méthodes pour produire un enfant obéissant et soumis tue leur capacité naturelle d'empathie. L'éducation laxiste de 1968 à été dommageable d'une autre manière. Mais peut être moins destructrice. Cela voulait souvent dire une négligence totale pour les besoins de protection et de communication de l'enfant. Et c'était aussi un type d'exploitation de l'amour de l'enfant pour l'idéologie de l'adulte. Ceci conduisant souvent à de sévères abus sexuels, dissimulés selon la théorie de Freud de la "sexualité infantile", et à une confusion profonde du sens de l'identité de l'enfant. Mais je ne pense pas que l'éducation laxiste était aussi brutale que les partisans de l'autorité, qui a finalement mené des millions de servants obéissants volontairement auprès d'Hitler.

Quand j'ai du préparer un court résumé de votre livre, j'ai écrit que vous discutiez d'abus de l'enfant doué. Alors on m'a rappelé que je devais éviter le terme abus, parce que c'était trop offensant, brutal et révoltant. A la place j'ai du écrire que vous traitiez de "l'incompréhension" des parents et de "l'indifférence" de leurs enfants. Quel est votre commentaire ?

C'est très commun d'être accusé d'être "offensant" si vous "appelez un chat un chat", à la place d'utiliser un mot euphémique. C'est partout une bonne façon de dissimuler la brutalité des parents et d'offenser les gens qui les dénoncent. Comme c'est la façon dont nous avons appris à nous comporter, nous n'osons pas y renoncer et nous sommes rapidement intimidés. Mais en réalité c'est une voie étouffante.

Vous écrivez: "Le traumatisme stocké dans le cerveau mais nié par notre esprit conscient" sera toujours visité par la génération suivante." Pouvez vous décrire ce mécanisme ? Est-ce l'innocence de l'enfant attaché en bas âge qui est prise pour être emportée simplement parce qu'il est né de parents qui nient leur traumatismes ?

Oui, malheureusement, les miracles sont très rares. Si les parents disent: "La fessée ne m'a fait aucun mal", il vont faire la même chose à leur tour sans arrière pensées. Mais si ils peuvent voir que le traitement de leurs parents a mutilé leur vie, ils vont essayer d'épargner leurs enfants du même destin, il vont rechercher des informations et ne voudront pas être bloqués dans le déni et l'ignorance.

Je remarque que beaucoup de gens deviennent allergiques quand ils voient un enfant vraiment sincère soulagé de l'abus et de la culpabilité. Ils ne peuvent simplement pas le supporter. Ils répètent que chaque enfant doit être socialisé le plut tôt possible, en d'autres mots éloigné des parents et mis au jardin d'enfant pour qu'il ou elle devienne "disponible" pour quelqu'un. Ils prêchent les bénéfices de la socialisation comme étant la cause la plus sacrée, noble. Je trouve que cette pression sociale est énorme. Mais dans ce contexte de socialisation c'est l'égal de l'adaptation à la cruauté. Pourquoi un enfant qui est vivant, véritable et pur, à leurs yeux insupportables, même coupable et doit bien sûr être mutilé par tous les moyens pour devenir leur semblable ?

Parce que la créativité de l'enfant et sa vivacité déclenchent chez les parents leurs sentiments réprimés de douleur d'être étouffés. Ils ont peur de sentir leurs peurs, donc ils font ce qu'ils peuvent pour éviter les déclencheurs. En insistant sur l'obéissance ils tuent l'enfant vivant, ils le font devenir une victime comme eux ou elles ont été eux mêmes traités avant. C'est pourquoi ils ont absolument besoins d'informations. C'est pourquoi nous parlons et travaillons dans cette interview.La plupart des parents le font automatiquement, simplement en répétant ce qu'eux mêmes ont appris étant enfants. Nous pouvons les aider à arrêter ce comportement destructeur en leur expliquant pourquoi c'est en réalité destructeur. Pour qu'ils puissent se réveiller et faire un choix."

mardi 4 novembre 2008

"Le Piège du Pardon", Traduction

Traduction de l'article de Barbara Rogers en Anglais: "The Trap of Forgiveness".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

"Le piège du pardon

Mardi 1er mars 2005
de Barbara Rogers, auteur de « Screams from Childhood »

Article original "The Trap of Forgiveness" en anglais, sur le site http://www.alice-miller.com, traduction en Français par Delphine Jejcic, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.

Les enfants se doivent d’honorer et de pardonner leurs parents et la discipline est le maître mot de l’éducation. Pourquoi concevons-nous ainsi la relation parent enfant, une relation si essentielle pourtant? A savoir, les uns détiennent le pouvoir physique, émotionnel et mental ainsi que la responsabilité d’accompagner des enfants malléables et innocents en jouant le rôle de modèle. Les autres sont dépendants, vulnérables, n’ont aucun pouvoir et sont à la merci de leurs parents.

Ces rôles prédéfinis des parents et des enfants décrivent bien comment le pouvoir est utilisé. Pour que les enfants obéissent et soient loyaux, les parents sont autorisés et même encouragés à faire preuve de tout ce qui ressemble de près ou de loin à la discipline. Ce qui est donc transmis aux enfants comme une punition leur apprend que le pouvoir peut s’exercer sous forme de violence et de dégradation, que ce sont des comportements acceptables lorsqu’ils viennent de ceux qui détiennent le pouvoir. L’enfant impuissant ne jouit pas de droits humains.

Nous apprenons à nos enfants à ne jamais attaquer et blesser les autres. Comment pouvons-nous être des modèles sérieux si nous ne respectons pas les droits de nos enfants et surtout leur droit à l’intégrité physique ? Il existe assurément des parents qui considèrent leurs enfants avec respect, bienveillance et qui sont toujours prêts à donner des conseils avisés. Toutefois, deux tiers des Américains cautionnent la punition corporelle et plus de vingt états l’autorisent dans leurs écoles. La société assiste dans le silence à la souffrance des enfants mal traités. Les enfants ne sont protégés par aucune loi. Puis plus tard, lorsqu’ils essaient de faire face aux conséquences de ce qui leur est arrivé, souvent grâce à des thérapies, nous demandons à ces enfants mal traités de pardonner, du moins dans une certaine mesure.

L’idée selon laquelle il faut honorer les parents engendre un mécanisme destructif qui se prolonge à l’âge adulte : manquer de respect aux enfants, ne pas considérer leur dignité, leur humanité et les droits humains. Ce que ressent l’enfant qui subit un comportement abusif de la part de ses parents est soit ignoré, soit considéré par les parents comme irréel, irrespectueux, impardonnable, comme la preuve d’une insoumission ou d’une rébellion.

Mais ce mécanisme bloque les sentiments de l’enfant, l’empêche de comprendre les problèmes qu’il rencontre, de se connaître et d’appréhender son passé. Ce mécanisme est nourri par l’idée selon laquelle ceux qui détiennent le pouvoir illimité ont le droit de punir, d’humilier, de dénigrer et d’ignorer les sentiments et la douleur de l’enfant. Mais également par la conviction que les parents méritent toujours d’être honorés et pardonnés, que l’on peut pardonner le déni de la vérité et le mépris des sentiments de l’enfant. Même si aucun parent n’a demandé à son enfant de le pardonner, ou n’a essayé de le/la comprendre, on glorifie le pardon pour guérir la colère et la haine et on le considère comme un moyen d’atteindre la paix intérieure. J’ai trouvé la paix intérieure en me pardonnant à moi-même et surtout en prenant de la distance vis-à-vis de mes parents et de leurs convictions. Chaque pas que j’ai fait m’a rapproché de mon vrai Moi.

Colère, haine ou douleur sont jugés comme néfastes uniquement lorsqu’ils apparaissent chez les enfants mal traités ou lorsque plus tard, ils essaient de surmonter les conséquences de ces abus grâce à la thérapie. Pour les adultes, le mot « discipline » peut cacher et excuser les comportements les plus empreints de revanche et les plus cruels, un vrai euphémisme.

Pendant mon enfance, ma mère ressentait toujours de la souffrance et de l’amertume. Ses crises de colère incontrôlées me terrifiaient, moi et mes frères et sœurs. Elle n’éprouvait aucune indulgence envers ses enfants. Les principes éducatifs ne prônaient pas l’indulgence envers les enfants, au contraire, ils insistaient sur l’importance de la discipline. Elle pensait qu’elle était en droit de nous punir et de nous persécuter et cela lui donnait la liberté d’extérioriser sur nous tout ce qu’elle combattait en elle-même. J’ai eu besoin d’années de thérapie pour comprendre que ses actes et ses croyances étaient abusifs et cruels, que je n’étais pas coupable, que je n’étais pas le monstre diabolique qu’elle décrivait. A l’âge adulte, lorsque j’ai fini par avoir la force intérieure et le pouvoir d’agir ainsi, j’ai compris que j’avais le droit de construire des barrières pour éviter d’être blessée à nouveau par sa froideur, son manque de compassion et sa sévérité cruelle.

Ces années de thérapie m’ont fait prendre conscience que chaque être humain ressent différents sentiments, selon ce qu’il se passe dans sa vie, ou ce qui peut ressurgir du passé. Ces sentiments sont le fondement de notre capacité à être en vie et participent au ressenti de soi. Je vis depuis des années loin de ma mère, au sens propre ( géographique) comme au sens figuré puisque je n’ai plus de contacts avec elle. On m’a souvent conseillé de lui pardonner. Mais ce qui me permet d’être honnête envers moi-même, c’est de rester éloignée de ma mère pour me protéger d’elle, de sa satisfaction personnelle entêtée, de son apitoiement perpétuel sur son sort, de son manque de volonté total de me comprendre et de comprendre les épreuves que j’ai affrontées, et enfin pour me protéger du fait qu’elle veuille que je renie l’inceste qui a eu lieu entre mon père et moi. Cela me permet d’être intensément libre dans mes sentiments et dans mes pensées. Je n’ai plus besoin de les réfréner pour elle.

Si l’on met de côté l’idée de pardon, je ne suis pas quelq’un embourbée dans la colère ou la haine. Quand de tels sentiments font surface, ce qui est rare, je vérifie si cela renvoie à une expérience douloureuse de mon enfance, et si cela s’avère nécessaire, j’écris pour le comprendre avec compassion. Puis je me pardonne d’avoir tant souffert sans avoir eu le courage d’intervenir, de me défendre, de changer ma vie et mes relations. Enfin, je rattache cela à mon présent, ce qui en résulte, j’ai désormais le choix, je peux vivre différemment, je peux me défendre et je dois préserver mon bien-être.

Se pardonner à soi-même est une étape cruciale, c’est une excellente solution thérapeutique. C’est ce genre de pardon que je recommanderais aux enfants mal traités qui suivent en ce moment des thérapies pour surmonter leurs traumatismes passés.

Un acte, et tout particulièrement un acte à sens unique ou le fait de pardonner à un parent ne guérit pas des traumatismes et des mécanismes destructeurs du passé de l’enfant. Au contraire, cela les repoussent loin dans l’inconscient avec l’ordre non dit mais pourtant explicite : « reste ici, conduis-toi bien ou recommence à saigner, tout ceci est du passé, c’est derrière moi, je ne t’écouterai pas. » Il ne demande pas aux parents ou à la société de faire face à la responsabilité de celui qui est à l’origine des maltraitances et de reconnaître les conséquences de ces actes.

Ainsi, la réalité et la vérité du comportement abusif est caché par le pardon et peut refaire surface d’une façon plus tragique et plus destructive contre la prochaine génération.

Quand le passé et la souffrance de l’enfant peut être reconnu, débattu et partagé, quand un parent peut exprimer de la compassion, de la compréhension, du regret et peut accepter sa responsabilité, alors le pardon se fera naturellement sans même être exigé. Mais nombreux sont ceux qui pensent que le concept du pardon s’adresse aux parents impardonnables, ceux qui n’ont pas l’intention de considérer le mal qu’ils ont fait, qui ne s’en excusent pas sincèrement, ne le regrettent ou n’essaient pas de ressentir de l’empathie et de la compassion pour leur enfant. C’est ainsi que le pardon devient un lien invisible et secret qui continue de relier la victime à son bourreau. Il réduit au silence les voix des victimes et la vérité au travers des recommandations, ou même de l’exigence du pardon. C’est ce que j’appelle le piège du pardon.

Le piège du pardon nous fait croire que c’est fini une fois que nous avons reconnu ce qui est à l’origine du mal et ce qui nous a transformé pendant l’enfance. Nous ne cherchons plus à prendre conscience de ce mal et à le comprendre, non seulement pour nous-mêmes mais également pour ne pas adopter de comportement abusif, blessant ou méchant à l’égard de nos propres enfants.

On demande à la victime de pardonner pour mettre fin aux sentiments de douleur, de colère, de protestation et de haine, comme si pardonner allait résoudre les problèmes rencontrés pendant une enfance douloureuse. Ce type de pardon signifie le reniement de mes sentiments, mes pensées et ma capacité à vivre. Cela serait le déni de mon vrai Moi. Cela mettrait fin à mon désir le plus profond d’être moi-même. Ce n’est seulement en étant à l’écoute de mes sentiments propres, de mes souvenirs tout au long de ma vie que je peux être honnête envers moi-même et apprendre de ce ressenti.

Je connais d’une part des personnes qui s’enlisent dans la colère, la haine, la souffrance et l’apitoiement sur leur propre sort, la jalousie et les autres d’autre part.

Ils n’ont pas besoin du pardon pour surmonter des situations difficiles mais d’une thérapie éclairante. Ils n’ont, le plus souvent, pas conscience que ces sentiments obsessionnels et accablants sont déclenchés par des expériences douloureuses ou traumatisantes durant l’enfance.


Lors de mon « périple » thérapeutique, avec différents praticiens, différents types de thérapie, beaucoup d’écriture sur mes propres sentiments de colère, de tristesse, d’indignation ou de haine, j’ai eu besoin de temps pour refaire surface et pour être reconnue. Une fois compris et acceptés, ils se sont amoindris et ont laissé place à la paix intérieure. Ces sentiments révèlent le souvenir d’une enfance douloureuse, puis deviennent tout simplement des faits.

L’idée du pardon est souvent chargée de concepts vagues et d’une énergie religieuse dogmatique. Il a pour but de faire ressentir de la culpabilité chez l’être humain mal traité. Il exploite et se nourrit du sentiment ancestral de la culpabilité accumulée pendant l’enfance. Il autorise une forme passée et bien connue du contrôle de nos sentiments et l’on doit continuer de ressentir ce besoin du pardon à l’âge adulte et lors de la thérapie. Cela nous empêche de devenir des adultes libres et investis qui peuvent donner leur version de la vérité, prendre soin d’eux-mêmes et de leurs besoins réels. Tous les autres délits passent devant la justice, sont poursuivis et punis.

Mais les délits commis par les parents sur leurs enfants sont traités dans le secret et la honte, sont enfouis en conseillant le pardon et ne font jamais l’objet de poursuites devant les tribunaux. Pardonner les actes nés de la revanche est humain et fait sens, mais cela devient un piège dès lors que différents niveaux de culpabilités destructrices à l’égard des parents empêchent la création de frontières saines et protectrices qui soignent le Moi et nourrissent le bien-être. Alors que l’on ne cesse de recommander aux enfants mal traités de pardonner, il n’en est jamais question pour les parents. Le mot discipline règne en maître dans les conseils d’éducation donnés aux parents, cela englobe donner la fessée, une correction, être le bouc émissaire et tous les comportements humiliants. Ces pratiques sont dégradantes, inhumaines et seraient souvent assimilées à de la torture si elles étaient administrées à un adulte. Que se passerait-il si nous insistions sur la fait que l’on puisse pardonner et comprendre les enfants et plus seulement leur exiger le pardon ? Les enfants n’auraient plus besoin de pardonner la maltraitance parce qu’ils auraient eux-mêmes ressenti la compassion, le pardon et l’amour plutôt que d’avoir appris l’impossibilité de pardonner, l’inhumanité dans la forme impitoyable et haineuse du comportement parental.

Pourquoi n’apprend-t-on pas aux parents à pardonner et n’attendons-nous pas cela d’eux ? Les enfants doivent pouvoir faire des erreurs et apprendre de celles-ci. Ils ont besoin d’être guidés avec compassion et compréhension de façon humaine et significative, sans violence et sans dégradation.Ainsi ils éprouvent l'amour et deviennent autorisés à construire leur vie et à créer un monde qui n'est pas dominé par la violence."