vendredi 15 juillet 2011

Traumatismes de la Naissance et Psychédéliques

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Birth trauma and psychedelics".

Je ne connais aucune autre question qui est si effrayante et si évitée que l'histoire de nos propres abus dont on a souffert dans l'enfance, la douleur d'être exploité, humilié, haïs et terrorisé par des gens qu'on aimait, en qui on avait confiance et dont on avait besoin pour survivre. Donc nous avons du apprendre à ne pas voir ce qui nous arrivait, et la plupart des gens préfèreront faire tout sauf faire face à la vérité très douloureuse de leur propre histoire même si ils savent qu'y faire face peut les aider avec leurs problèmes de santé. Pour cette raison, vous pouvez trouver une grande quantité de suggestions sur ce que vous pouvez faire à la place de sentir comment vous étiez traité par vos parents quand vous étiez un petit enfant sans défense. Si vous voulez vraiment faire se travail vous n'avez pas besoin de drogues parce que la connaissance de tout ce que vous avez du endurer est stockée dans votre corps. Je ne suis pas une experte pour donner des conseils a propos de toutes ces façons d'éviter la plus terrible des douleurs. Je peux seulement dire que la vérité ne peut pas être remplacée, mais elle peut être sentie, si vous n'êtes plus effrayé par vos parents parce que maintenant ils ne sont plus dangereux pour l'adulte que vous êtes devenus.

Version Originale:
AM: I don't know of ANY other issue that is so feared and so avoided as the story of our own abuse suffered in childhood, the pain of being exploited, humiliated, hated and terrorized by people whom we loved, trusted and needed to survive. So we had to learn NOT TO SEE what then happened to us, and most people would prefer to do anything else than to face the very painful truth of their story, even if they know that facing it could help them with their health problems. For that reason you can find a huge amount of suggestions of what you can do INSTEAD of feeling how you were treated by your parents when you were a small, defenseless child. If you really WANT to do this work you don't need drugs because the knowledge of everything you had to endure is stored up in your body. I am not an expert for giving you advice about all these ways of avoiding the MOST TERRIBLE PAIN. I can only say that the truth can't be replaced, but it CAN be FELT, if you are no longer afraid of your parents because NOW they are no longer dangerous to the adult you have become.

Précaire Mais Réel

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Shaky but real".

"Vous écrivez sur votre volonté de "recrée et retrouver la sens de la sécurité, de la curiosité et du pouvoir que j'ai eu." Je n'ai pas compris comment vous l'aviez eu si vous avez grandi avec une mère détachée et un père alcoolique qui (comme vous l'avez senti) voulait vous tuer. Pouvez vous nous expliquer cette contradiction ?"
"Merci de votre réponse. Elle donne beaucoup de sens. Cependant dans votre phrase:"Après ça, j'ai finalement acceptée le fait que j'ai été abusée, et j'ai commencée l'exploration de moi même, sachant que peut être ma vie ratée, et qui j'étais, n'étais pas entièrement de ma faute." Je suggère que vous enleviez le mot "entièrement". Vous étiez terriblement abusé et ce n'était pas du tout de votre faute."


Version Originale:

"AM: You write about wanting "to recreate and recover the sense of security, wonder and power I once had". I don't understand how you had it if you grew up with a detached mother and an alcoholic father who (as you felt) wanted to kill you. Can you explain to us this contradiction?"

"AM: Thank you for your answer. It makes much sense. However in your sentence: “After that I finally accepted the notion that I had been abused, and began the exploration of myself, knowing that perhaps my messed up life, and who I was, was not altogether my fault,” I would suggest that you take out the word ‘altogether.’ You were terribly abused and it was NOT AT ALL your fault."

Questions sur les Conseillers

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Questions about counseling".

Pour répondre à vos question, je devrais répéter ce que j'ai déjà écrit longuement dans mes récents articles sur ce site web. Je vous demande donc de les lire. Dans tous les cas, conseiller sans connaitre et avoir senti la situation de sa propre enfance semble assez problématique de mon point de vue. Vous ne pouvez avoir de l'empathie pour les autres si vous n'avez pas appris à en avoir pour vous.

Version Originale:

AM: To answer your questions I would have to repeat what I already wrote at length in my recent articles on this web site. I am thus asking you to read them. In any case, counseling without knowing and having felt the plight of one's own childhood seems rather problematic in my opinion. You can't have empathy for others if you didn't learn to have it for yourself.

Etre Confus

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "CONFUSED".

L'auteur du courrier demande des précisions à Alice Miller sur des passages de son livre ou elle parle de véritable pardon (en ayant accès à ses véritables sentiments et en reconnaissent toute la cruauté que les parents ont fait subir à l'enfant) qui libère vraiment opposé au pardon par obligation morale qui n'a en fait aucune sincérité et qui n'est là que pour protéger les parents au détriment de l'enfant, mais très peu de parents sont capables d'accepter de reconnaitre pleinement toutes les cruautés qu'ils ont fait subir à leur enfant, même sans le savoir, et donc sont incapables d'aider l'enfant devenu adulte; il est donc souvent impossible de les pardonner sans (re)faire du mal à l'enfant, parce que ce serait nier encore une fois les cruautés subies de leur part dans l'enfance. L'auteur cite des extrait du chapitre 8 de "The Truh Will Set You Free" (Libre de Savoir en Français):

"Pardonner sincèrement nos parents... n'est pas difficile une fois que nous nous sommes permis de sentir la détresse qu'ils nous ont causé, de la prendre au sérieux, et de réaliser l'étendue de leur cruauté."

"Mon point de vue est que si les parents sont prêts et veulent écouter l'enfant et exprimer leurs sentiments ouvertement, de telles rencontres peuvent avoir une effet thérapeutique qui bénéficiera aux deux et à leur enfants adultes."


Vous écrivez: "Mais pour une certaine raison, après les conversations avec ma mère, je me sens très confuse. Il y a toujours de la colère en moi envers la mère qu'elle était, mais je trouve difficile d'être en colère contre la mère qu'elle est maintenant, parce qu'elle a beaucoup changée. Je sens que je me perd dans ces contradictions."
Votre corps ne vous demande pas d'être en colère contre votre mère telle qu'elle est maintenant, mais il a besoin que vous sentiez consciemment ce que vous n'osiez pas sentir alors, quand vous étiez un enfant sans défenses, abusé par les autres et qu'elle ne vous défendait pas. Le petit enfant que vous étiez a supprimé sa rage dans son corps et elle est la (à la place de dans votre esprit ) jusqu'à ce que vous sentiez votre colère découlant d'alors. Même si votre mère est devenue un ange maintenant ça ne va pas changer le fait que votre corps a à l'intérieur les souvenirs d'avoir été abusé sans aucune protection et que vous avez continuellement peur, comme si vous étiez un petit enfant, de montrer cette colère. Il est tragique que votre mère ne puisse vous aider maintenant à faire un travail que vous seulement pouvez faire. Mais ça peut être un bon sentiment, aidant, pour vous de savoir qu'elle peut s'aider elle et que vous êtes libre d'aider éventuellement le petit enfant que vous étiez alors pour lui rester fidèle. Vous n'avez pas besoin de pardonner pour vous sentir libre, (de toute façon, ça ne va pas marcher): vous avez besoin du libre accès à vos véritable sentiments (sans prescriptions morales et religieuses). L'obligation de pardonner (pour quelle raison et le bénéfice de qui ?) masque cet accès.



Version Originale:

AM: You write: ”But for some reason, after the conversations with my mother, I feel very confused. There is still anger in me at the mother SHE ONCE WAS, but I find it difficult to be angry at the mother SHE IS NOW, because she changed so much. I feel I am losing direction in these contradictions.”
Your body doesn't ask you to be angry at your mother how she is now, but it needs that you feel consciously what you didn't dare to feel THEN, when you were the defenseless child, abused by others and she didn't defend you. The small child you were suppressed his rage into his body and it is THERE (instead of in your mind) until you can FEEL your anger stemming from then. Even if your mother became an angel now this would not change the fact that your body has inside the memory of being abused without any protection and that you are constantly afraid, as if you were a small child, to show THIS anger. It is tragic that your mother can't help you now to do the work that only you can do. But it might be a good, relieving feeling for you to know that she could help HERSELF and you are free to help eventually the small child you once were to stay true to himself. You don't need to forgive to feel free, (anyway, it would not work); you need the free access to your TRUE feelings (without moralistic and religious prescriptions). The obligation to forgive (for what reason and for whose benefit?) conceals this access.

Une Biographie d'Artiste

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "An artist's autobiography".

Le courrier parle de la biographie de quelqu'un de connu en Norvège qui a dans une auto biographie révélé la vérité sur son père, un animateur d'émissions pour enfants qui semblait aimer les enfants alors que dans la vie privée avec son fils, il était un ignoble tyran, et de nombreuses personnes se sont élevées contre la divulgations de ces aspects privés de ce père admiré par une grande part de la société, pourtant mort depuis déjà longtemps.

Alice Miller dit que ceux qui révèlent ces maltraitances en public sont souvent détestés pour ça, mais on voit bien que c'est en réalité contre les parents que devrait se tourner cette haine (les auteurs des brutalités mentionnées) mais comme la plupart des gens ont été élevés brutalement et ont appris à ne pas détester leurs parents pour ça parce qu'on ne leur a pas permis de le faire, ils se retournent contre le bouc émissaire (par peur) qui ose faire ce pourquoi ils étaient battus: par peur d'être punis en retour pour avoir vu la vérité comme ça se faisait dans leur enfance, mais c'est justement en cachant ces maltraitances qu'on les protège (les parents).

En disant que c'est une affaire privée parce que cachée à la société, on empêche (interdit) de s'en libérer. Le mot "privé" est ambigüe, parce qu'on peut croire qu'il s'agit de l'intimité alors qu'il s'agit là d'abus qui privent l'enfant de sa propre vie et de sa santé (comme un esclave). Tout le monde comprend bien qu'en ce qui concerne les femmes battues il s'agit d'un problème de société, que ça n'est pas quelque chose d'uniquement "privé", mais peu de gens sont capables de comprendre que c'est pareil pour les enfants parce qu'on a évidemment encore trop peur de remettre à leur place les parents qui abusaient sans vergogne de leur pouvoir sur l'enfant. De même que dans le cas des crimes reconnus, de l'abus d'alcool quand on conduit qui met en danger sa vie et celle des autres, tout le monde voit bien qu'il ne s'agit pas que d'un problème personnel mais que ça concerne tout le monde.


Vous avez raison, les maltraitances infantiles ne sont pas une affaire privée. Pour cette raison, je suis totalement d'accord avec vous qu'elles devraient être montrées et non couvertes par le silence. Cependant habituellement, les enfants qui ont grandis sont hais par la société quand ils divulguent la brutalité de leur parents en public parce que la plupart des gens étaient battus enfants; même adultes, ils sont effrayés de voir la vérité et d'être punis pour VOIR. Nous devons travailler contre cette peur, et nous faisons ça ici aussi.

Version Originale:

AM: You are right: child mistreatment is not a private matter. For that reason I fully agree with you that it should be shown and not covered by silence. Usually however, the grown up children are hated by society when they disclose the brutality of their parents in public because most people were battered children; even as adults, they are afraid to see the truth and to be punished for SEEING. We must work against this fear, and we are doing this also here.

Arthrite et Colère

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Arthritis and anger".
Votre lucidité est merveilleuse. Vous ne méritez pas de vivre dans une telle prison. C'est compréhensible que votre corps se rebelle. Il semble dire: tu ne peux pas vivre comme ça; tu dois prendre une décision. Se peut il que vous trouverez l'issue si vous
vous permettez de sentir la rage de la petit fille pour votre père que vous semblez toujours protéger ? L'enfant ne pouvait pas partir, mais l'adulte a des options qu'il ne voit pas aussi longtemps qu'il/elle est bloqué(e) par les sentiments de son enfance.

Version Originale:

AM: Your clarity is wonderful. You don't deserve to live in such a prison. It is understandable thus that your body rebels. It seems to say: you can't live this way; you must make a decision. Can it be that you will find the outcome if you allow yourself to feel the rage of the small girl for your father whom you still seem to protect? The child could not leave, but the adult has options that he doesn't see as long as he/she is blocked by the feelings of their childhood.

Familles Schizophrènes

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Schizophrenic families".


Merci pour votre courrier. Je suis d'accord avec tout ce que vous avez écrit. Il est vrai que les familles incestueuses ont beaucoup en commun avec les familles schizophrènes ou il est interdit de voir la vérité et ou il est demandé de croire aux mensonges. Parce que les familles comme ça semblent plus fréquentes que celles en bonne santé, nous avons des difficultés à être entendu quand nous écrivons et disons la vérité. Presque tout ce qu'a écrit Laing était juste, mais les psychiatres de maintenant le mentionnent difficilement. Nous devons conclure que peut être ils ont aussi appris très tôt à nier leur vérité et sont effrayés d'être en contact avec elle. Alors à la place d'écouter les patients et leurs histoires, ils les rendent silencieux et même encore plus en leur donnant des drogues. Aussi, les politique, journalistes, enseignants semblent très effrayés par les souvenirs de leurs propres histoires quand nous écrivons à propos de ce que nous avons découverts grâce à nos sentiments. Je peux seulement vous féliciter que vous puissiez vous libérer de cette conspiration de mensonges et faire l'expérience que votre vie et par dessus tout votre corps se sent mieux maintenant. Connaissez vous l'histoire de la famille Freyd qui a inventé le syndrome de la fausse mémoire après que leur fille ait parlée d'avoir été abusée sexuellement par son père ? Vous trouverez le livre de Jennifer Freyd sur internet.



Version Originale:
AM: Thank you so much for your letter. I agree with everything you write. It is true that incest families have much in common with families of schizophrenics where it is forbidden to see the truth and demanded to believe in lies. Because families like that seem to be much more frequent than healthy ones, we have trouble to be heard when we write and say the truth. Almost everything Laing wrote was right, but psychiatrists of today hardly mention him. We must conclude perhaps that they also learned very early to deny their truth and are afraid of coming in touch with it. So instead of listening to the patients and their stories, they make them silent and even more confused by giving them drugs. Also, politicians, journalists, teachers seem to be very scared by memories of their own histories when we write about what we found out thanks to our feelings. I can only congratulate you that you could liberate yourself from this conspiracy of lies and make the experience that your life and above all your body feel healthier now. Do you know the story of the family FREYD that invented the FALSE MEMORY SYNDROM after their daughter talked about being sexually abused by her father? You will find Jennifer Freyd’s book on the Internet.