mercredi 25 février 2009

"Le Traumatisme de l'Enfance"

Traduction d'un article d'Alice Miller en Anglais: "The Trauma of Childhood".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

Cet article nous montre que les châtiments corporels, même la fessée, sont des traumatismes qui ont des conséquences sur l'enfant et le développement de son cerveau et que ce n'est pas un mal pour un bien, contrairement à une idée répandue.

Et contrairement à ce que prétendent certains psys connus et médiatiques, ce n'est pas en faisant comme si de rien n'était que l'on permet à l'enfant de s'en sortir, mais au contraire en lui permettant d'être écouté et entendu, en lui permettant de reconnaitre ce qu'il a subis et de ressentir ce que ça lui a fait, ses souffrances.


"Le Traumatisme de l'Enfance

Mardi 01 Juin 1999

Tant qu'ils sont aimés, les enfants peuvent se remettre de l'abus et même de l'horreur de la guerre.

4 Juin 1999 | Nous n'arrivons pas dans ce monde en étant « purs ». Chaque nouveau bébé vient au monde avec sa propre histoire, l'histoire des neufs mois entre sa conception et sa naissance. En plus, les enfants ont l'empreinte génétique dont ils héritent de leurs parents. Ces facteurs peuvent aider à déterminer quel type de tempérament un enfant aura, quelles inclinaisons, dons et prédispositions.

Mais le caractère dépend crucialement du fait que l'on donne à une personne l'amour, la protection, la tendresse et la compréhension ou si elle est exposée au rejet, à la froideur, à l'indifférence et à la cruauté dans ses premières années formatrices. Le stimulus indispensable pour développer la capacité d'empathie, est disons, l'expérience de soins protecteurs. En l'absence de tels soins, quand un enfant est forcé de grandir en étant négligé, privé émotionnellement et sujet aux abus physiques, il ou elle perdra cette capacité innée. Quand j'attribue une immense signification aux expériences des petits enfants dans leurs premiers jours, semaines et mois de leur vie, pour expliquer leur comportement ultérieur, je ne veux pas affirmer que les influences ultérieures n'ont aucun effet. Si un enfant traumatisé ou négligé peut plus tard être amené à connaître ce que j'appelle un « témoin secourable » ou un « témoin éclairé », il ou elle peut évoluer positivement avec les effets de ce traumatisme de l'enfance.

Nous savons aujourd'hui que le cerveau avec lequel nous somme nés n'est pas le produit finit que l'on croyait qu'il était. La structure du cerveau dépend en grande partie des expériences des premières heures, des premiers jours et des premières semaines de la vie de quelqu'un. Au cours des dernières années, les recherches scientifiques dirigées par le neurologiste et le psychiatre Dr. Bruce D. Perry. ont établies que les enfants traumatisés et négligés montrent de sévères lésions affectant jusqu'à 30 pour-cents des zones du cerveau qui contrôlent nos émotions. Les sévères traumas infligés sur les petits enfants mènent à une augmentation des libérations d'hormones de stress qui détruisent les neurones existants, et nouvellement formés et leurs inter-connections.

Les dernières révélations à propos du cerveau humain auraient pu provoquer un changement radical dans notre réflexion au sujet des enfants et de la façon dont nous les traitons. Mais les vieilles habitudes ont la vie dure. Beaucoup de gens croient maintenant que ça prend aux moins deux générations pour les jeunes parents de se libérer du fardeau hérité de la « sagesse » et de stopper de battre leurs propres enfants, deux générations jusqu'à ce qu'il devienne purement impossible de donner un coup à l'enfant « par inadvertance », deux générations avant que le poids du savoir nouvellement acquis bloquent la main levée pour éviter le coup « irréfléchi ».

Nous somme souvent confrontés à la croyance que les effets des châtiments corporels sont salutaires plutôt que nuisibles. Mais la seule chose qu'un enfant battu apprend est à avoir peur de ses parents, pas de se conduire correctement et de rester à l'écart des ennuis. Ils se sentiront coupables et apprendront à minimiser leur propre douleur. Etre sujet à des attaques physiques contre lesquelles ils sont sans défenses instille à l'enfant la conviction qu'il ne mérite ni le respect ni la protection. Ce faux message est alors stocké dans le corps de l'enfant en tant qu' information et va influencer leur vision du monde et plus tard leur attitude envers leurs propres enfants. De tels enfants vont être incapables de défendre leur droit à la dignité humaine, incapables de reconnaître la douleur physique comme un signal de danger et d'agir en conséquence. Même leur système immunitaire peut être affecté.

En l'absence d'autres personnes sur lesquelles prendre exemple - un témoin éclairé ou secourable - ces enfants vont voir le langage de la violence et de l'hypocrisie comme les seuls moyens efficaces de communication. Comme si ce n'était pas assez, ils utiliseront cette langue eux mêmes quand ils grandiront car les adultes choisiront de garder réprimés les sentiments d'impuissance déjà supprimés.

Le trauma vécu par les enfants Kosovar peut être dépassé si ces enfant reçoivent l'attention adéquate de leurs parents, ou, en l'absence de parents, d'un autre adulte. Ces enfants ont besoin de savoir qu'ils sont aimés et que quelqu'un comprend leurs peurs. La guerre – un trauma qui est partagé par une communauté entière – ne mène pas un enfant à la destructivité si il peut partager ce qu'il ressent avec quelqu'un. Ce qui rend une personne dangereuse plus tard dans la vie est l'isolation de la douleur et de la peur, l'impossibilité des parents ou d'autres personnes s'occupant de l'enfant de voir et de comprendre combien un enfant se sent mal.

Avec les enfants Kosovar, les parents comprennent parfaitement la détresse de leurs enfants et peuvent essayer de les aider parce qu'ils vivent la même douleur. En fait, le monde entier semble désirer aider, chacun est conscient des traumas. D'un autre coté, l'isolation d'un petit enfant dans la douleur à l'intérieur d'une famille peut laisser des traces dans le cerveau qui sont liées à des comportements violents ou agressifs plus tard.

La protection et le respect pour les besoins d'un enfant sont surement des choses que nous devons être capables de garantir pour acquis. Mais c'est loin d'être le cas. Nous vivons dans un monde peuplé d'individus qui ont grandis privés de leur droits, privés de respect. Une fois adultes ils tentent alors de regagner leur droit par la force (le chantage, les menaces, l'utilisation d'armes). La société semble voir la haine comme innée, c'est à dire donnée par Dieu. C'est une société qui refuse de voir que nous continuons la production de la haine en inculquant des modèles de violences à nos enfants, des modèles de comportements qui peuvent se révéler plus forts que tout ce qu'ils peuvent apprendre plus tard.

Les Nations Unies ont appelées à déclarer les années 2000-2010 la décade pour la culture de la non violence. Cela ne peut pas être réalisé seulement par de belles paroles . Nous devons être un exemple pour nos enfants – ceux qui décideront a quoi ressemblera le prochaine génération – et leur montrer que la co-éxistence et la communication sans violence sont possibles. Je crois qu'il y a déjà un grand nombre de parents qui sont déjà conscients de l'immense portée de leur propre comportement. Il est réaliste d'espérer que cette connaissance va conduire à une augmentation du nombre de « témoins éclairés » et de là à une amélioration rapide du traitement des enfants partout dans le monde."

dimanche 8 février 2009

"Comment les Adultes Peuvent Survivre à une Enfance de Violences et de Mensonges"

Traduction d'un article de Michael Pastore en Anglais sur le site d'Alice Miller: "How Adults Can Survive A Childhood of Violence and Untruth".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

Cet article nous montre comme l'on ne voit pas les violences que l'on a subis, comme l'on ne reconnait pas ces violences pour ce qu'elles sont, mais que l'on reconnait les violences que l'on a pas subis, ce qui prouve que les violences ont pour conséquences d'empêcher la victime de les reconnaitre pour ce qu'elles sont. C'est l'interdiction de s'apercevoir de ce que l'on subit dénoncée par Alice Miller depuis des dizaines d'années: on ne peut plus percevoir ce que l'on a subis, on croit ne pas avoir subis ce que l'on a subis.


"Comment les adultes peuvent survivre à une enfance de violence et de mensonges.

Jeudi 01 Janvier, 2004

"La crainte et l'amour ne peuvent pas vivre ensemble... Le coups sont utilisés pour corriger des bêtes brutales." - Seneca (Philosophe Romain, auteur, politique, 4 B.C.E, to C.E. 64)

Il y a deux mille ans, le peuple de la Rome Antique acclamait avec enthousiasme les gladiateurs qu'ils regardaient se battre à mort, et regardait d' innocentes personnes déchirées en morceaux par des bêtes sauvages. Durant cette même époque, les enseignants Romains pratiquaient les châtiments corporels tous les jours. Les écoles Romaines étaient approvisionnées avec une variété d'instruments utilisés pour battre les enfants, incluant la férule (un paquet de tiges à base de branches de bouleau), la scutie (un fouet fait de courroies en cuir) et la flagelle (un fouet fait de lanières de peau boeuf, le cuir le plus dur) (1).


Même si donner à manger des esclaves aux lions et battre les enfants à l'école étaient des pratiques acceptables pour la majorité des citoyens Romains, de temps en temps des voix de protestations se sont fait entendre. Le pédagogue et rhéteur Quintilien (35 – 95 après JC) écrivit: « Je suis entièrement contre les pratiques des châtiments corporels dans l'éducation, même si c'est répandu... En premier lieu c'est un traitement répugnant digne de l'esclavage qui serait considéré comme une insulte si ce n'était pas infligé sur les garçons. Ensuite, l'élève dont l'esprit est trop grossier pour être amélioré par la censure va devenir aussi indifférent aux coups que le plus mauvais des esclaves. Finalement ces punitions seraient entièrement inutiles si les enseignants étaient patients et aidaient leur élèves. »

Après avoir blamé les enseignants pour ne pas avoir incité les élèves à faire ce qui est juste, se demandant comment ceux qui punissent les enfants peuvent traiter les garçons qui ne peuvent pas être influencés par la peur, Quintilien ajoute: « Et considérez l'effet de honte et blessant produit par la douleur ou la peur des victimes. Ce sentiment de honte paralyse l'esprit humain, le faisant fuir et détester la lumière du jour. »

La plupart des Américains condamneraient les pratiques Romaines comme étant d'un autre âge, barbares et cruelles. Pour moi il est remarquable qu'une sauvagerie similaire – l'abus de l'enfant dans nos propres maisons et écoles – soit discuté si rarement, froidement et superficiellement dans les journaux, les émissions télévisées et livres Américains. Notre culture est empoisonnée par la violence contre les enfants. Dans l'année 2000, le Département de la Santé et des Ressources Humaines a reçu 3 millions de rapports d'enfants maltraités impliquant 5 millions d'enfants Américains. Approximativement 879 000 enfants (sur les 5 millions) étaient des victimes confirmées de maltraitances, en incluant la négligence et la négligence médicale (63%), abus physique (19%), abus sexuels (10%), et maltraitances psychologiques (8%). Ce nombres n'incluent par les 400 000 enfants qui étaient battus cette année là – légalement battus – dans les écoles Américaines.

Comment pouvons nous expliquer le manque de conscience privée et d'actions publiques au sujet de la façon dont nous blessons et bafouons nos fils et nos filles bien aimés ? Ou est l'indignation des auteurs et des professeurs d'universités qui se spécialisent dans ces champs ? .. Il m'apparaît que ces auteurs ont échoué à comprendre la chose la plus importante: l'essence de la nature humaine. Comme l'église, trop d'écrivains ont cru que l'enfant était l'incarnation du mal, et donc en dehors du paradis, il y a peu de chance pour l'accomplissement individuel ou le progrès social. Ce dangereux mythe, que les bébés sont nés avec des gènes qui les rendent mauvais et sont par nature de violentes créatures – a rapporté un prix Nobel de littérature à l'auteur de cette fable puérile, « Sa majesté des Mouches ».

Heureusement, nous pouvons toujours trouver des auteurs qui croient que l'enfant est né bon: Jean Jacques Rousseau, Ralph Waldo Emerson, A.S. Neill, Erich Fromm, Ashley Montagu, Abraham Maslow, Colin Wilson. Un auteur de plus doit être ajouté à cette liste prestigieuse. Tout au long des vingt dernières années, la psychiatre Alice Miller a été l'avocate la plus passionnée et sincère de la bonté naturelle de l'enfant, et pour le droit de chaque enfant de vivre librement sans violence. Les précédents livres d'Alice Miller incluent « C'est pour ton bien » (1985) ; « L'enfant sous terreur »(1986) ; « L'avenir du drame de l'enfant doué » (1996) ; « La connaisance interdite » (1990) ; et « Chemins de Vie » (1998). Le dernier ouvrage d'Alice Miller - « Libres de savoir » - contient la sagesse des anciens volumes, mais introduit aussi plein de nouvelles idées.

Les Arguments d'Alice Miller, dans « Libres De Savoir » peuvent être résumés comme ça:

  1. Beaucoup d'adultes s'occupent de leurs enfants avec des méthodes parentales d'apprentissage qui emploie la violence physique ou psychologique contre l'enfant.

  2. A cause de ce traitement violent, les enfants grandissent aveugles aux dangers des violences parentales et ne sont plus en contact avec leur véritables sentiments.

  3. Quand ces enfants devenus grands deviennent enseignants et parents, il vont pratiquer la même méthode violente contre leur propre enfants.

  4. Ce cycle de « la violence engendre plus de violence » peut être rompu, et les adultes abusés peuvent se guérir eux mêmes et devenir des parents non violents.


A.Miller commence par expliquer, avec beaucoup d'exemples, comment et pourquoi la réalité de l'enfance est ignorée dans « six domaines ou ça devrait être précisément le contraire: la médecine, les psychothérapies, la politique, le système judiciaire, la religion et les biographies. » … La partie suivante « Comment nait la cécité émotionnelle ? » offre des explications de l'histoire répandue et très souvent répétée: « Un père va battre son fils et l'humilier avec des remarques sarcastiques mais ne va pas avoir de souvenirs d'avoir été humilié de façon similaire pas son propre père ». Dans la troisième partie du livre, Alice Miller offre des exemples de courageux adultes qui sont guéris en dépit d'une longue histoire d'abus parentaux.

Alice Miller offre une explication stupéfiante au mystère: « Pourquoi les gens refusent de voir et de changer les actions qui sont douloureuses pour eux mêmes et pour les autres ? » … Dans un précédent livre, « Chemins de Vie » (1998), elle dit:

« Les gens sujets aux maltraitances dans l'enfance peuvent insister leur vie entière sur le fait que battre les enfants est sans danger et les punitions corporelles salutaires, bien qu'il y ait des preuves accablantes et évidentes du contraire »

Ecrit avec le ceur, ce livre explique les causes de nos problèmes, et donne sans jargon professionnel des solutions qui marchent. A.Miller écrit: « En tant que thérapeute je sais que nous pouvons nous libérer de modèles hérités si nous pouvons trouver quelqu'un qui nous croit et qui est de notre coté, quelqu'un qui au lieu de moraliser veut nous aider à vivre avec la vérité. »

Le long de notre chemin vers notre liberté individuelle il est nécessaire pour nous de trouver ce qu'Alice Miller appelle un témoin éclairé: un thérapeute, enseignant, avocat, ou écrivain qui est bien informé, ouvert, et désireux d'écouter les vérités personnelles douloureuses dont nous avons besoin de parler.

Dans son approche ou la connaissance de soi est la clé vers la liberté, A.Miller nous rappelle le brillant mais négligé psychologue Sidney M.Jourard. Dans « The Transparent Self », S.M.Jourard écrit: « Nous camouflons notre véritable être des autres pour nous protéger contre les critiques ou le rejet. Cette protection à un prix. Quand nous ne somme pas nous mêmes avec les autres gens dans notre vie, nous sommes incompris. Quand nous sommes incompris, spécialement par la famille et les amis, nous rejoignons « l'anonymat ». Pire encore, quand nous réussissons à cacher aux autres qui nous sommes vraiment, nous avons tendance à perdre le contact avec qui nous somme vraiment. Cette perte de soi contribue à la maladies sous toutes ses formes. »

Jourard est décédé dans un accident à l'âge de 48 ans, seulement 3 ans après l'édition révisée de «The Transparent Self » - trop jeune pour soutenir sa théorie avec des exemples vivants qui la rende plus puissante et thérapeutique. Alice Miller l'a fait: remplir ses travaux avec de nombreux exemples d'individus qui luttent et réussissent à exprimer leur véritable moi en paroles et en actes. Le livre d'Alice Miller est tellement honnête a propos de la vie d'individus spécifiques, il révèle la vie intérieure de nous tous.

« Libres de Savoir » est un chef d'oeuvre, qui nous montre comment nous pouvons faire face aux plus noirs secrets de notre enfance douloureuse, et avoir de l'espoir, du courage et des idées pour vivre notre vie plus honnêtement, plus tendrement, avec nous mêmes, et avec la famille et les amis dont nous nous préoccupons. Dans mon exemplaire du livre j'ai souligné des passages, passages qui confirment mes intuitions et mon expérience personnelle en travaillant avec des adultes et des enfants de tous les âges et de toutes situations. Le livre, avec son flot de belles observations et d'idées profondes, m'ont fait évoluer d'une façon trop profonde pour l'exprimer avec des mots.

« Croyez les hommes » écrit R.W Emerson, « Et ils seront honnêtes avec vous » …Inspiré par le livre d'Alice Miller, je comprend maintenant plus clairement comment écouter, et comment aider d'autres personnes à se libérer en partageant les profondeurs de leur coeur et de leur âme. Et il y a une leçon plus essentielle que ce livre peut apprendre. Les enfants heureux avec des enfance saines sont une espère en danger. Tous ceux d'entre nous qui sont impliqués dans les professions d'aide doivent activement travailler pour créer une culture ou la violence contre les enfants, sous toutes ses formes, est remplacée avec le plus beau cadeau de l'être humain: la raison, la sincérité et l'amour.

Michael Pastore, Directeur Editorial, Zorba Press
publié sur ePublishersWeekly.com

1) Les noms dans le texte original en anglais pour les trois outils utilisés pour battre les enfants sont, respectivement: « ferula », « scutia », « flagellum »."

mardi 13 janvier 2009

"Le Contrôle et l'Innocence de l'Enfant", Traduction

Traduction d'un article de Bob Scharf en Anglais sur le site d'Alice Miller: "Control and the Innocence of the Child".

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"Le Contrôle et l'Innocence de l'Enfant

dimanche 01 Avril 2001, par Bob Scharf

Le besoin de contrôler

Il y a certainement parfois des moments ou il est important qu'on contrôle ce que l'on peut. Cependant, c'est très courant que les gens sentent le besoin de contrôler quand ce n'est pas nécessaire ou impossible. Un exemple simple est de presser un bouton d'élévateur qui est déjà allumé ou faire des chassés dans le trafic pour arriver à destination quelques secondes plut tôt. Le conducteur se sent frustré en étant derrière un automobiliste se déplaçant lentement et doit passer, de peur que l'automobiliste lent ne dicte l'allure.

Nous avons tous vu des patrons créer des règles arbitraires pour contenir leurs propres peurs irrationnelles. J'ai vu un manager fermer une sortie durant la dernière heure de travail comme mesure pour prévenir le vol. Cette mesure a mis en danger la sécurité en ne faisant rien pour prévenir les gens de faire de la contrebande d'articles en les sortant de l'immeuble avant la dernière heure de travail.

J'ai connu des gens qui prenaient des médicaments qu'il savaient inefficaces parce qu'ils sentaient qu'ils « devait faire quelque chose » . Le lecteur peut facilement penser à des exemples ou les gens prennent des mesures sans efficacités plutôt que de ne rien faire à cause du besoin puissant de se sentir contrôler une situation.


L 'illusion de contrôle

Ce que font ces gens n'est pas vraiment prendre le contrôle – ce qui n'est souvent pas possible - mais créer l'illusion de contrôle. C'est le but de beaucoup de superstitions, particulièrement ceux regardant la « chance ». Les exemples incluent toucher du bois quand on parle d'événements favorables, éviter les « mal chances » comme passer sous une échelle et d'autres superstitions concernant « la chance ». A cet égard, il y a une superstition intéressante au sujet du baseball.

Lorsqu'un lanceur n'a pas réussi une frappe, certains prétendent que mentionner ce fait pourrait mettre en danger les résultats futurs de ce lanceur. Autrefois les annonceurs et les fans de baseball prenaient cette superstition au sérieux et s'abstenaient de commenter ce fait.

J'ai vu des supporters en venir au mains et mettre fin à des amitiés perpétuelles parce que l'un d'entre eux n'a pas honoré cette tradition.

Evidemment, il y a plus en jeu ici que le résultat d'un jeu de base ball. Les superstitions de ce type étendant l'illusion de contrôle. Il autorise « dans le fantasme » pour un fan de base ball d'imaginer qu'il porte le destin du « lanceur » dans ces mains. Les superstitions produisent aussi de l'inquiétude. La personne qui casse un miroir et imagine que la malchance suivra ne sera pas à l'aise.

Laissez nous souligner ces deux tendances importantes qui font parties de superstitions incluant la chance et le contrôle de la chance: ils représentent une anxiété omniprésente à propos de l'existence et de ses illusions et une manière illusoire de combattre cette anxiété. Nous notons que ça met l'individu au centre de l'univers. C'est à dire, selon la façon superstitieuse de voir le monde, les mauvaises choses n'arrivent pas aux gens aléatoirement; mais parce qu'ils ont échoués à les parer.


La Fondation de la Pensée Religieuse

Une telle pensée superstitieuse est la fondation de la pensée religieuse. Dans la tradition Judéo – Chrétienne, c'est une nature coupable qui provoque un Dieu juste qui impose la punition pour maintenir l'équilibre moral. A l'Est, l'idée d'un Karma repose sur la même chose. Quand la religion et la philosophie parlent de donner un sens au monde, cela veut dire souvent rejeter l'idée que les choses arrivent simplement et offrir la notion qu'elles arrivent pour une raison. Cette raison implique habituellement la responsabilité de l'individu ou des individus. Que ce soit une tragédie personnelle ou un désastre naturel, les gens imaginent que c'est du à leur transgressions – dans le sens être indigne.


Le Sens d'Etre Indigne


Qu'est-ce qui alimente ce sens d'être indigne ? Qu'est-ce qui alimente le besoin de l'illusion de contrôle et le sentiment que quelqu'un est responsable de la malchance ?

Je crois que ce sont des projections de la relations parents-enfants. C'est bien connu que l'enfant abusé doit se blâmer lui même plutôt que ces parents. L'enfant qui est menacé par l'abus parental a besoin de sentir que le parent n'est pas vraiment hostile et dangereux. L'enfant à la place imagine que l'abus est un résultat du propre comportement de l'enfant ou de son infériorité. C'est beaucoup moins douloureux. Si l'enfant pouvait voir la situation clairement, l'enfant saurait que l'abus parental est un produit des propres problèmes des parents, rien à voir avec l'enfant. Cela impliquerait encore la reconnaissance que le parent pourrait en effet détruire l'enfant, comme les parents le font souvent.

Pour déconnecter cette peur, l'enfant imagine que les parents sont bienveillants et que l'enfant mérite l'abus que le parent inflige. Cela crée l'illusion de contrôle.

Une fois adulte, l'individu continue d'expérimenter ce conflit sous la forme des croyances dont nous avons discutés ci dessus: les superstitions concernant un monde dangereux et hostile que chacun peut combattre en effectuant des actions ou en devenant différent de ce que nous sommes.

Cela informe sur les croyances religieuses et les convictions du monde politique qui imaginent que la société est juste et que c'est une méritocratie dans laquelle les gens obtiennent ce qu'ils méritent - la croyance en un monde juste.

Nous avons noté que, d'une part, cette conception est une défense contre l'impuissance parce que l'on semble toujours avoir un recours. Ca peut être trouvé dans la prière ou d'autre formes de progrès personnels. D'un autre coté, c'est la proie à l'anxiété de voir le monde parce que l'on ne peut jamais être parfait et, par conséquent, on ne peut jamais être à l'abris de menaces de représailles.

La vue de l'enfant

Une autre conséquence du monde superstitieux est que l'individu ne peut pas voir l'enfant comme innocent. Ou plutot, la conception superstitieuse du monde est un produit de l'incapacité de voir l'enfant lui même comme étant innocent. Dans des listes de discussions et dans des conversations, j'ai vu des gens devenir furieux à la suggestion que l'enfant est innocent. C'est parce que voir l'enfant comme étant mauvais est une défense importante. Si l'enfant est innocent – si il était lui même innocent – alors les parents ont vraiment fait du mal et alors rien ne pouvait les arrêter.

Bien sur, la croyance que nous sommes nous mêmes responsables de l'abus des parents ne diminue pas la menace des parents dans la réalité, mais seulement dans les fantasmes. C'est encore une façon importante de contenir l'anxiété et de créer l'illusion de contrôle.

L'affirmation d'Alice Miller que l'enfant est innocent menace cette défense et les conceptions du monde qui y sont rattachées. En conséquence, la vue de l'enfant comme innocent est une idée libératrice. Cela nous libère de conceptions superstitieuses du monde et nous permet l'empathie et la compassion. Cette compassion peut promouvoir des conceptions politiques qui ne blâment pas les victimes et promeuvent les conceptions philosophiques qui nous permettent d'accepter qu'il existe des choses au delà de notre contrôle.

Cela nous libère de nombreuses barrières. Voir l'enfant comme étant innocent est une merveilleuse clé. Cela peut être effrayant au début d'imaginer que l'on était innocent et que nous n'avons pas mérité l'abus de l'enfant – que l'on était une victime. Quand nous pouvons encore le reconnaître, nous pouvons progresser vers une conception du monde plus rationnelle et compatissante.

dimanche 28 décembre 2008

"Lettre Ouverte au Président des Etats Unis d'Amérique", Traduction

Traduction d'une lettre ouverte en Anglais d'Alice Miller: "Lettre Ouverte au Président des Etats Unis d'Amérique".

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"Lettre au président des Etats-Unis d'Amérique George W.Bush, Janvier 2001

Monsieur le Président,

Compte tenu de votre engagement exprimé pour améliorer la qualité de l' éducation américaine je considère qu'il est de mon devoir de porter à votre attention des informations importantes à propos du développement et de l'apprentissage qui ne sont malheureusement pas encore suffisamment connues de la majorité de notre population: Le cerveau des enfants battus montre des déficiences, même des lésions qui peuvent être vues clairement sur l'écran des ordinateurs.


Cette information modifie les bases de toutes les discussions à propos de la légitimité des châtiments corporels sur les enfants et va tôt ou tard changer notre jugement sur ce qui peut être appelé criminel ou non. Les définitions légales qui définissent généralement les « blessures physiques » comme le seuil à partir du quel ce qu'on appelle discipline devient un abus ont maintenant pris un sens nouveau. Cependant, le grand public, et probablement la plupart des personnes qui travaillent dans le domaine de l'éducation, restent inconscientes de ces récentes découvertes spécialement sur la manière dont la peur expérimentée dans la petite enfance affecte le développement du cerveau et des conséquences à long terme des déficiences de l'apprentissage. Les conséquences de cette peur, de la violence punitive, sont aussi physiques et, de plus, permanentes.

Il est vrai que de nombreux enfants souvent battus par leurs parents à la maison sont difficiles à discipliner à l'école parce que les punitions corporelles les font obéir à court terme mais deviennent plus agressifs plus tard. A l'école ils montrent la même violence qu'ils ont appris à la maison. Ainsi, en utilisant les mêmes méthodes et en répétant ce comportement qui porte atteinte au cerveau va seulement ajouter de l'huile sur le feu.

Combattre la violence à l'école, en donnant aux enseignants le support pour battre les enfants perturbés, est comme de mettre la charrue avant les boeufs.


Comme beaucoup d'experts bien informés d'aujourd'hui, je crois qu'à la place d'encourager les professeurs à utiliser des méthodes dommageables et ainsi montrer leur propre faiblesse et impuissance envers les jeunes qui ont déjà été blessés par leurs parents, nous devrions promulguer une loi qui interdise aux parents de frapper leurs enfants pour que ces enfants puissent grandir sans peur. Il seront capables de développer complètement le potentiel de leur cerveau, apprendre avec intérêt, de faire face aux défis, comme ils surgissent. Et si les enseignants s'abstiennent de recourir à la violence, même ces enfants ayant une histoire de violence à la maison, ne vont plus être conduits par ces expériences pour provoquer leurs enseignants afin de se venger des humiliations qu'ils ont endurés en étant maltraités à un âge ou ils étaient le plus vulnérable.

Battre les enfants à l'école qui ont été battus à la maison répète seulement l'ancien traumatisme, avec de sévères conséquences pour la société, comme des tendances criminelles et des maladies mentales. Les recherches faites par Drs Bruce D.Perry, Bessel van der Kolk, Martin Teicher, Megan Gunnar et beaucoup d'autres fournissent des preuvent irréfutables de la relation de cause à effet entre les traumatismes du début de la vie et le risque ultérieur de déficiences cérébrales. Dr. Gunnar écrit: « Nous ne savons pas quand la porte de la plasticité du cerveau se referme ».

Ce ne sont pas des spéculations. Ces changements ont été observés, mesurés et étudiés sur les instruments des chercheurs.

J'espère vraiment que vous serez capables de prendre le temps de reconsidérer votre intention de supporter les enseignants dans leur « droit » de discipliner les enfants avec les punitions corporelles.

Sincèrement, Alice Miller

Février 2001 : Cette lettre a été envoyée à la Maison Blanche en janvier 2001. Elle est maintenant publiée comme une Lettre Ouverte après qu'elle soit restée sans réponse. La même chose s'est produite avec la lettre suivante à la première dame.



Lettre à la Première Dame, Février 2001

Chère Mme Bush,

Etant un auteur de livres sur les racines de la violence dans l'enfance je prend la liberté de vous envoyer la lettre que mon éditeur a envoyé au président, Mr. George W.Bush et de vous demander de confirmer cette réception si possible. Je peux imaginer que beaucoup de gens vous demandent de l'aide et de l'attention pour les problèmes variés que la vie leur présente et que vous devez vous protéger vous et votre famille de ces intrusions.

Toutefois, depuis que j'ai lu votre intêret dans l'enfance j'ai pensé encore et encore que je devrais au moins essayer de vous contacter et de vous confronter avec le problème de ce que j'appelle « la cécité émotionnelle des parents ». Cette cécité, le résultat de leur propre éducation, ne permet pas à des millions de parents de voir la peur et la souffrance qu'ils infligent à leur propres enfants par les fessées ni de comprendre les dommage qu'ils créent en insistant sur le fait qu'ils font ça pour le propre bien de l'enfant. De cette façon, la portée de cette erreur a persistée pour des générations. La fessée crée des peurs. Dans un état de peur l'attention de l'enfant est totalement absorbée par la stratégie de survie et n'est pas disponible pour absorder des messages positifs à propos du comportement juste. Ainsi, les enfants n'apprennent pas de nos mots mais plutôt de ce que nous leur faisons. Comme ils apprennent par imitation, ils apprennent de nous la violence et l'hypocrisie. Ils vont obéir en premier mais sur le long terme il peuvent choisir de mentir pour éviter la prochaine punition.

Heureusement, les nouvelles découvertes scientifiques sur le jeune cerveau humain vont bientôt mettre un terme à ce manque de sensibilité. La vieille tradition destructive et erronée durant des millénaires basée sur l'hypothèse que nous devons battre le mal de l'enfant pour le faire sortir et faire de lui une personne équilibrée et forte va être remplacée par la nouvelle tradition basée sur la connaissance et la compassion, une tradition que Jésus avait déjà tentée de créer (Mathieu, 19, 14). Les nouvelles découvertes confirment ce que Jésus a dit il y a 2000 ans, que chaque enfant est né innocent et que sa capacité d'amour et de compassion dépend de comment ils sont traités au début de leur vie: soit avec respect, vérité et protection et soins, ou avec violence, humiliations et négligences.

Si vous voulez plus d'informations sur ce sujet je serais heureuse de vous les envoyer. Vous pouvez utiliser mon adresse pour m'envoyer votre requête. Le principal but de cette lettre était de vous maintenir informée.

Mes sincères salutations, Alice Miller"

samedi 20 décembre 2008

"Lettre Ouverte aux Gouverneurs des Etats", Traduction

Traduction d'une lettre ouverte en Anglais d'Alice Miller: "Open Letter to Governors of States".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

"Lettre ouverte aux gouverneurs des états

Novembre 2000

J'ai l'honneur de m'adresser à vous pour vous faire part d'un appel aux parents et aux éducateurs de votre pays pour les rendre conscients du danger inculqué par la pratique des châtiments corporels envers les enfants, à la fois à la maison et à l'école.

En tant que chercheur sur l'enfance, j'ai durant des années examiné l'influence de la violence, subie tôt dans l'enfance, sur la violence infligée plus tard par les adolescents et les adultes. Il est difficile pour moi de résumer les résultats de mes recherches et du contenu de mes nombreux livres sur le sujet sans le risque de trop simplifier, mais je prend ce risque dans l'espoir que si cette lettre vous parvient, ça permettra de trouver de la compréhension et la détermination d'agir.

Durant des milliers d'années, la conviction que l'enfant était né avec des instincts mauvais prévalait, et qu'ils devaient être éradiqués par des châtiments corporels répétés pour qu'ainsi l'enfant puisse devenir un adulte équilibré. Cette opinion dangereuse est en contradiction avec les dernières recherches psychologiques et neurologiques. Elle ont récemment montrées que l'être humain ne nait pas avec un cerveau complètement développé, et que le développement de ce cerveau dépend des expériences des trois premières années de la vie. L'enfant entouré de respect et d'amour va développer une capacité pour l'empathie envers les autres. Par contraste, l'enfant battu va apprendre à glorifier la violence, sauf si, dans son enfance, il rencontre une personne qui, à travers le respect qu'elle lui donne, lui inculque la notion de l'amour.

Les tyrans les plus dangereux, comme Hitler, Stalin, Mao et Ceaucescu, qui était tout battus sans pitié étant enfant, et dont j'ai investigué les enfances, n'ont pas bénéficiés de la présence d'un témoin secourable. Ils ont seulement appris à nier leurs souffrances, à ignorer la cruauté qu'ils ont endurés, et en conséquence ils ont infligés les deux, sur des peuples entiers. Ils se sont vengés symboliquement pour les humiliations de leurs premières années de vie, sans avoir la moindre connaissance de ce fait. Terroristes, fondamentalistes, et néo nazis ne sont pas plus sages quand ils clament agir pour des buts politiques. Nous et la société dans son ensemble, assumons la responsabilité d'ouvrir nos yeux et de reconnaître l'évidence de ces rapports.

Il est nécessaire d'apporter les informations urgentes à la connaissance de tous aussi rapidement que possible pour protéger les nouvelles générations des tragiques conséquences d'un mal entendu très sérieux. Nos parents administraient des punitions corporelles parce qu'à cette époque, tout le monde croyait que c'était sans danger. Aujourd'hui les parents peuvent et doivent savoir qu'en infligeant de la violence, ils apprennent à leurs enfants la violence (contre les autres et contre eux mêmes) et ils implantent dans leur âme la conviction que la violence contre une personne sans défense sert une noble cause. En fait, les punitions corporelles apprennent à l'enfant la haine; c'est humiliant, immoral et dangereux.

Malheureusement, les fausses informations ne sont pas facilement expulsées de l'esprit des enfants battus qui constituent la vaste majorité de l'humanité, convaincus que les humiliations dont ils ont soufferts étaient utiles et sans danger, et qui restent donc insensible à la douleur des enfants. Comme ces informations sont enracinées en nous très tôt, dans les premières années de la vie, et comme on a dit à la plupart des gens que les coups reçus étaient salutaires, ils résistent fortement aux arguments de la raison et du coeur d'un adulte.

Votre autorité peut, je l'espère, traverser les barrières dans l'esprit des citoyens, barrières inscrites pour des millénaires. Aussi le principe de l'éducation sans violence est accessible à tous: traitons nos enfants comme nous voudrions qu'ils nous traitent. Le futur de notre planète sera dans les mains des enfants d'aujourd'hui.

Mes salutations, Alice Miller"

vendredi 12 décembre 2008

Les Conséquences Politiques de l'Abus de l'Enfant

Traduction d'un article en Anglais d'Alice Miller: "The Political Conséquences of Child Abuse".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

Voir aussi l'article sur l'enfance d'Adolf Hitler et l'éducation répandue en Allemagne qui a permis à Hitler de trouver tant de partisans pour sa cause à l'époque: "Adolf Hitler: Comment un Monstre Peut Il Réussir à Aveugler une Nation ?"


On reparle d'Hitler et de son enfance, et l'on voit bien que grâce à l'éducation violente très répandue à l'époque, et au racisme prévalant dans la société de l'époque, bien avant la naissance d'Hitler, racisme à la base envers les enfants, enfants qui ensuite essaient de se libérer de cette haine contre des boucs émissaires, c'est à dire détruire l'origine de leur haine, il a profité de cette violence très présente qu'il a lui même subis pour utiliser les facilités de la société de l'époque pour satisfaire sa soif de vengeance personnelle. Vengeance liée à sa propre histoire personnelle et son enfance.


"Les Conséquences Politiques de l'Abus de l'Enfant

par Alice Miller

Journal of Psychohistory 26 (2) Courant 1998

Article original "The Political Consequences of Child Abuse" en anglais, sur le site http://www.psychohistory.com/, traduction en Français par Gaël Roblin, traduction non vérifiée par Alice Miller ou son équipe.

Adresse originale: http://www.psychohistory.com/htm/06_politic.html


Bien que des siècles de romans et d'autobiographies aient traités le sujet des abus de l'enfant sous toutes ses formes, la société a été lente dans la reconnaissance de la fréquence avec laquelle cet assaut est commis. Seulement dans les trente dernières années il y a eu de réels progrès avec ce respect, et par la plupart dus aux efforts d'un petit nombre de chercheurs et par dessus tout aux médias. Les conséquences qu'un abus subis très jeune va avoir pour les victimes dans leur vie adulte sont sous estimées et défois contestées. Les implications ont été largement ignorées, et il y a accordement très peu de leurs mentions dans les études historiques et antropologiques. Ainsi, le sociologue Wolfgang Sovsky est capable d'écrire un travail impressionnant sur les formes de la violence sans faire une seule référence à la dimension de l'enfance. Il donne une place très considérable à la volonté d'infliger de la souffrance, l'appelle « mystérieuse », mais il est facilement explicable une fois que nous avons envisagé l'idée que le corps des exécuteurs, bourreaux, et les orchestrateurs de chasse à l'homme organisée ont déjà appris leurs leçons fatidiques très tôt et donc de façon très efficace.


Aussi Goldhagen se limite lui même à une discussion phénoménologique des gens qui ont été volontaires pour torturer et humilier les autres, sans donner aucune considération à leur enfance. Il consacre vraiment beaucoup d'attention aux émotions des criminels, un sujet jusqu'ici en grande partie ignoré, mais sans l'arrière plan de leur éducation précoce leur comportement reste mystérieux. Le lecteur recherche en vain une explication. Qu'est-ce qui a fait que des membres respectés de la société ont soudain agis comme des monstres ? Comment un ancien enseignant comme Klaus Barbie, et d'autres hommes décrit par leurs filles comme étant des pères soucieux, ont fait torturer ou torturé eux mêmes des gens innocents ? Goldhagen ne se pose pas cette question. Il est convaincu que les références au traditionnel anti-sémitisme en Allemagne fournissent une réponse satisfaisante. Elles ne le font pas.

L'hypothèse que l'anti-sémitisme Allemand était la véritable raison de l'Holocauste a été critiqué en comparaison avec la première guerre mondiale. A ce moment là, l'anti-sémitisme était aussi fort en Allemagne mais il n'y a pas eu en résultat de génocide organisé. Et pourquoi aucun Holocauste dans d'autres pays anti-sémites, Pologne, Russie, et d'autres parts de l'Europe ?

L'argument que dans la république de Weimar le chômage et la pauvreté a causé d'immenses frustrations générales qui ont été déchargées par le meurtre de masse des Juifs est à peine convaincant, étant donné qu'Hitler a rapidement réussi à contrôler le chômage.

Il doit y avoir d'autres facteurs en jeu qui ont été jusque là ignorés, facteurs expliquant d'une certaine façon pourquoi l'Holocauste est arrivé en Allemagne et pourquoi c'est arrivé à ce moment particulier plutôt qu'à un autre. De mon point de vue, l'un des facteurs possible est l'éducation destructrice à l'obéissance pratiquée très largement sur les enfants au changement du siècle en Allemagne, un style que je n'ai aucune hésitation à qualifier d'abus universel d' enfants en bas âge.


Bien sûr les enfants dans d'autres pays ont été et sont toujours maltraités au nom de l'éducation ou d'en prendre soin, mais peu étant déjà bébés et peu avec la caractéristique systématique de perfection de la pédagogie Prussienne. Dans les deux générations avant l'achèvement d'Hitler au pouvoir, l'implémentation de cette méthode avait été porté à un haut degrés de perfection en Allemagne. Avec cette fondation sur la quelle construire, Hitler à finalement achevé ce qu'il voulait: « Mon idéal d'éducation est élevé. Tout ce qui est faible doit être mis dehors. Dans la forteresse de mes militants une génération de jeunes gens va grandir pour combattre la peur au coeur du monde. Des jeunes violents, puissants, sans peur est ce que je veux. Les jeunes doivent être tout ça. Il doivent résister à la douleur. Il ne doit rien avoir de faible ou de tendre en eux. Le prédateur magnifique doit étinceler de leurs yeux à nouveau. Je les veux beaux et forts... Je peux de cette façon modeler les choses à nouveau ». Ce programme d'éducation reposant sur l'extermination de tout ce qui vit – était le précurseur des plans d'Hitler pour l'extermination d'une nation entière. En effet, c'était le préalable pour le succès final de ces créations.


Les nombreux et très largement répandus écrits du Dr. Daniel Gottlieb Moritz Schreber, l'inventeur des Schrebergärten (le mot allemand pour les jardin familiaux) sont d'intérêt majeur ici. Certains d'entre eux ont été réédités jusqu'à 40 éditions, et leur centre d'intérêt était d'instruire les parents au dressage systématique des enfants depuis les tous premiers jours de leur vie. Beaucoup de gens motivés par ce qu'ils pensaient être les meilleures des intentions ont observé les conseils donnés par Schreber et d'autres auteurs sur la meilleure façon d'élever leurs enfants si ils voulaient les faire devenir des sujets modèles du Reich Allemand. Ils l'ont fait sans soupçonner même à distance qu'ils exposaient leurs enfants à une forme de torture systématique avec des effets à long terme. Les phrases et dictons que les Allemands disent comme « Félicitez les choses qui nous rendent forts » et « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », toujours entendues d'éducateurs de l'ancienne école, ont probablement pour origine cette période.

Morton Schatzman, qui cite des passages éclairants des écrits de Schreber's, partage l'opinion que nous ne sommes pas ici en présence de méthodes pour élever l'enfant mais d'instructions systématiques pour la persécution de l'enfant. Une des convictions de Schreber est que quand l'enfant crie il devrait être fait pour qu'il renonce l'utilisation « d'almonestations physiques perceptibles », assurant ces lecteurs « qu'une telle procédure est seulement nécessaire une fois, ou au plus deux, et alors on est le maitre de l'enfant pour tous le temps. Depuis lors une regard, un seul geste menaçant suffira pour subjuguer l'enfant ». Par dessus tout, le nouveau né devrait être entrainé depuis le tout premier jour à obéir et à se retenir de crier.

Aujourd'hui, les gens qui ont été élevés dans quoi que ce soit approchant une voie humaine vont difficilement imaginer la rigueur et la ténacité avec laquelle Schreber lui même a implémenté ce programme. Le psychanalyste Wilhelm G. Niederland cite des exemples qui mettent en lumière les pratiques quotidiennes de dressage de l'enfant à l'obéissance dans ces décennies, par exemple, pour inculquer l'art de « la négation de soi » aux petits enfants. « Cette méthode doit être simple et effective: l'enfant est placé sur les genoux d'une bonne d'enfants pendant que cette dernière mange ou boit selon ce qu'elle prend. Cependant, aussi urgent que les besoins oraux de l'enfant puissent être dans cette situation, ils ne doivent pas être satisfaits ».

Niederland cite un passage de la propre vie de famille de Schreber. Une nounou mangeant des poires pendant que l'un de ses enfants était sur ses genoux fût incapable de résister à la tentation de donner au petit enfant un bout de fruit. Elle fût immédiatement renvoyée. La nouvelle de cette mesure draconienne se répandu rapidement à toutes les autres nounou de Leipzig, et depuis cette époque, écrit Schreber, il « n'a jamais rencontré de nouveau une telle insubordination, que ce soit avec cet enfant ou avec n'importe lequel des autres qui sont venus plus tard ».


Contrairement à l'idée reçue qui prévalait aussi récemment qu'il y a 15 ans, le cerveau humain à la naissance n'est pas complètement développé. Les habilités qu'un cerveau humain développe dépend de l'expérience dans les premiers trois ans de la vie. Les études sur les enfants roumains abandonnés et sévèrement maltraités ont révélés des lésions saisissantes dans certaines régions du cerveau et ont remarqué des insuffisances émotionnelles et cognitives plus tard dans la vie. En accord avec les très récentes découvertes neurobiologiques, les traumatismes répétés entrainent une augmentation d'hormones de stress qui attaquent les parties sensibles du cerveau et détruisent les neurones existants. Les autres études d'enfants maltraités ont révélées que les aires du cerveau responsables de gérer les émotions sont 20 à 30 pour-cents plus petites que chez des personnes normales.

Les enfants systématiquement soumis à l'exercice de l'obéissance autour du début de 20ème siècle n'étaient pas seulement exposés aux « corrections » corporelles mais aussi à de sévères privations émotionnelles. Les manuels d'éducation de l'époque décrivaient les démonstrations physiques d'affection comme caresser, embrasser, câliner comme étant des indications d'une attitude de faiblesse, de mièvrerie. Les parents ont été avertis des effets désastreux de gâter leurs enfants, une forme d'indulgence entièrement incompatible avec l'idée prévalente de rigueur et de sévérité. En conséquence, les enfants ont souffert d'absence de contacts aimants directs avec les parents. Le mieux qu'ils pouvaient attendre était de trouver un substitut des serviteurs, qui dans de nombreux cas utilisaient et exploitaient l'enfant comme des objets de plaisir, augmentant ainsi la confusion émotionnelle de l'enfant.

Depuis les expériences conduites sur des singes par le Dr. Harlow dans les années 50, nous savons que les animaux élevés par des mères « robots » sont devenus plus tard agressifs et n'ont pas montré d'intérêt dans leur propre progéniture. Les nouvelles recherches sur les macaques ont révélées qu'ils tuent même des membres de leurs propres espèce si ils ont été élevés sans soins appropriés. Les études de John Bowlby's sur l'absence d'attachement chez les délinquants et les descriptions de René Spitz de petits enfants mourant après des négligences émotionnelles à l'hôpital durant leur hospitalisation sous des conditions extrêmement hygiéniques est une indication que non seulement l'animal mais aussi les bébés humains ont besoin de contacts qui ne sont pas seulement avec leurs parents si la socialisation doit prendre un cours normal.

Ces découvertes présentées par Bowlby et Splitz il y a plus de 40 ans sont corroborées par les récentes recherches neurobiologiques. Les études en question suggèrent que non seulement les maltraitances actives mais aussi l'absence de contacts physiques aimants entre l'enfant et les parents vont causer des dommages à certaines aires du cerveau, notamment celles responsables des émotions, qui restent sous développées. De là les enfants « subjugués par les apparences » ont souffert de dommages émotionnels qui développeront leur potentiel destructeur complet à la prochaine génération.

Les recherches actuelles neurobiologiques rendent plus facile pour nous la compréhension de la façon dont les Nazis comme Eichmann, Himmler, Höss et d'autres fonctionnaient. Leur obéissance rigoureuse a dans leur petite enfance empêché le développement de capacités humaines comme la compassion et la pitié pour les autres. Ils étaient incapables d'émotions face au malheur, de tels sentiments leurs étaient étrangers. Leur totale atrophie émotionnelle ont permis aux auteurs des crimes les plus haineux imaginables de fonctionner « normalement » et de continuer d'impressioner leur environnement avec leur efficacité dans les années après la guerre sans le moindre remord. Dr. Mengele a pu accomplir les plus cruelles expériences sur les enfants juifs à Auschwitz et alors a vécu 30 ans comme un homme « normal », bien adapté.

En l'absence de facteurs positifs, d'affection et de témoin secourable, la seule voie ouverte à l'individu maltraité est le désaveu de la souffrance personnelle et l'idéalisation de la cruauté avec ces effets dévastateurs ultérieurs. Subir une éducation extrêmement cruelle et humiliante au stade préverbal, habituellement sans témoin secourable, peut instiller chez la victime l'admiration de cette cruauté si il n'y a personne dans le voisinage immédiat de la victime pour remettre en question ces méthodes et lui montrer des valeurs humaines. Les gens soumis aux mauvais traitements dans leur enfance peuvent insister toute leur vie que battre les enfants est sans danger et que les punitions corporelles sont salutaires même si il y a la preuve écrasante, formelle, du contraire. Vice Versa, un enfant protégé, aimé, et chéri depuis le début, prospérera grâce à cette expérience tout sa vie.

Binjamin Wilkomirski, l'auteur d'un livre poignant et intensément lumineux à propos de son enfance dans les camps de concentration, m'a confié une fois lors d'une rencontre personnelle des observations qu'il a fait avec les yeux d'un prisonnier mais d'un enfant extrêmement ouvert, éveillé sur le comportement de femmes gardiennes de camp. Il a dit qu'il a pris 50 ans pour se renseigner sur qui étaient vraiment ces « blokowas », ces femmes qui ont spontanément et sans réserve accepté l'emploi de tourmenter et humilier les enfants Juifs et les ont soumis à toutes les variétés concevables de cruauté mentale et physique.

A son grand étonnement, la lecture des rapports a révélé que la plupart d'entre elles étaient de jeunes femmes entre 19 et 21 ans qui avaient autrefois un travail tout a fait ordinaire de vendeuses ou de couturières et dont les biographies ne contenaient rien d'inhabituel. Pendant le procès il a été unanimement reconnu qu'elles n'étaient pas conscientes que les enfants juifs étaient des êtres humains. La conclusion suggérée immédiatement est qu'en fin de compte la propagande et la manipulation ont suffit à transformer les gens en de sadiques exécutants et meurtriers de masse.

Ce n'est pas une opinion que je partage. Au contraire. Je crois que seulement les hommes et les femmes qui ont fait l'expérience de la cruauté mentale et physique dans les premières semaines et mois de la vie et à qui l'on n'a pas montré d'amour du tout peuvent s'être laissés être eux mêmes les bourreaux à la disposition d'Hitler. Comme le matériel des archives de Goldhagen le montre, il n'ont pas eu besoin ensuite d'endoctrinement parce que leur corps savait déjà exactement ce qu'ils voulaient faire aussi tôt qu'ils étaient autorisés à suivre leurs penchants. Et comme les juifs, jeunes ou vieux, ont été déclarés comme n'étant pas des être humains, il n'y avait rien pour les stopper d'infliger leurs penchants. Mais aucune quantité d'endoctrinement seul, à l'école ou ailleurs, ne va relâcher la haine dans une personne qui n'a pas de pré-conditionnement dans cette direction. C'est bien connu qu'il y avait des Allemands comme Karl Jaspers, Hermann Hesse ou Thomas Mann, qui ont immédiatement reconnu la déclaration que les Juifs n'étaient pas des être humains comme un signal d'alarme et le cri de ralliement d'une barbarie non entravée.

Pour les gens comme les « blokowas », exposées à la confusion émotionnelle dans leur petite enfance, la déclaration était le moment opportun. Tout ce dont elles avaient besoin de faire était de refuser que les enfants se lavent eux mêmes et ça leur donnait des raisons suffisantes de les haïr d'être sâles et noirs comme du charbon. Elles pouvaient jeter des morceaux de sucre aux enfants affamés et alors les mépriser pour la ferveur avec laquelle ils ont se sont précipités pour en attraper. Ces jeunes femmes pouvaient rendre ces enfants précisément comme elles en avait besoin pour se sentir supérieures et ainsi décharger sur leurs victimes la vieille rage inconsciente sommeillant en elles.

Cependant, aussi brutalement que ces gens ont été élevés , ils n'ont montré aucun signe immédiat du mal qu'on leur a fait. Au contraire. La plupart d'entre eux sont devenus des jeunes personnes bien adaptées. Mais tôt ou tard, généralement une génération plus tard, quand les enfants tourmentés sont devenus eux mêmes parents, les anciennes victimes font la même chose avec leurs enfants que ce qui leur a été fait, sans aucun sentiments de culpabilité. C'était la seule chose qu'ils connaissaient, après qu'ils aient réprimés et nié leur propre douleur.


L'étude des abus sur les enfants nous confronte avec le fait stupéfiant que les parents vont infliger la même punition ou négligeront leurs enfants comme ils en ont fait l'expérience eux mêmes au début de leur vie. Mais étant adultes ils n'ont pas de souvenirs de ce qui leur est arrivé. Dans le cas des abus sexuels sur les enfants, c'est habituel pour l'auteur du crime de n'avoir aucune connaissance consciente du début de leur propre vie – l'histoire doit être au moins coupée des sentiments réveillés par ces expériences. Ce n'est pas avant qu'ils soient en thérapie – en supposant qu'il en fasse une – qu'il apparait qu'ils ont reproduit ce par quoi ils étaient passés étant enfants.

La seule explication que je peux avancer pour ce fait est que l'information sur la cruauté dont on a souffert dans l'enfance reste stockée dans le cerveau sous la forme de mémoires inconscientes. Pour un enfant, l'expérience consciente de tels mauvais traitements est impossible. Si les enfants ne veulent pas s'écrouler sous la peur et la douleur, il doivent réprimer cette connaissance. Mais la mémoire inconsciente les conduit à reproduire ces scènes réprimées encore et encore dans l'attente (et avec le faux espoir) de se libérer des peurs que la cruauté et l'abus ont laissés avec eux. Les victimes crées les situations dans lesquelles elles peuvent assumer le rôle actif pour surmonter les sentiments d'abandon et s'échapper de l'anxiété inconsciente.

Mais cette libération est apparente parce que les effets du passé ne changent pas aussi longtemps qu'ils demeurent inaperçus. Les criminels vont encore et encore rechercher de nouvelles victimes. Aussi longtemps que l'on projette la haine et la peur sur des boucs émissaires, il n'y a pas d'issue pour arriver au bout de ces sentiments. Pas avant que la cause ai été reconnue et que la compréhension de la réaction naturelle aux méfaits puissent dissiper la haine aveugle causée aux victimes. La fonction que ça exerce, masquer la vérité, n'est plus nécessaire. Les criminels sexuels ayant travaillés durant leur vie en thérapie ne courent plus le risque d'une répétition destructive de leur traumatismes.


Qu'est-ce que la haine ? Comme je la vois, c'est une conséquence possible de la rage et du désespoir qui ne peut pas être senti consciemment par un enfant qui a été négligé et maltraité même avant qu'il ou elle apprenne à parler. Aussi longtemps que la haine dirigée contre les parents ou d'autres personnes s'occupant de l'enfant reste inconsciente ou reniée, elle ne peut pas se dissiper. Elle peut seulement être prise sur soi ou être transférée, sur des boucs émissaires comme nos propres enfants ou des ennemis présumés. L'observation compatissante des cris des petits enfants à la maison force le spectateur à remarquer combien les sentiments impliqués doivent être intenses. La haine peut finalement fonctionner comme étant une défense qui sauve la vie contre le fait d'être impuissant.

Les études déjà à ma disposition en 1980 et citées dans mon livre « C'est Pour Ton Bien » ont confirmées ma conjecture que, autant dans l'Allemagne Nazi que chez les soldats professionnels Américains qui ont volontairement servi au Vietnam, les enfants brutalement élevés figuraient parmis les criminels de guerre les plus vindicatifs. Une confirmation ultérieure a été apportée par l'étude des biographies d'enfance de ces personnes exceptionnelles qui ont eu en temps de terreur le courage de sauver les autres de l'extermination.

Pourquoi y a-t-il des gens assez courageux pour risquer leur vie pour sauver des Juifs de la persécution Nazi ? Beaucoup d'enquêtes scientifiques ont été faites sur cette question. La réponse usuelle tourne autour de valeurs religieuses ou morales comme la charité Chrétienne ou un sens de la responsabilité instillée en eux par les parents, professeurs et autres personnes qui s'occupaient de l'enfant. Mais il n'y a pas de doutes que l'on donnait aux supporters actifs de l'extermination et des partisans une éducation religieuse. Donc cela peine à fournir une explication suffisante.

J'étais convaincue qu'il devait y avoir un facteur spécial dans l'enfance des sauveurs, dans l'atmosphère prévalente de leur enfance, qui a fait une différence fondamentale entre ce que les criminels ont subis, mais tout d'abord je ne pouvais pas prouver mon hypothèse. Pendant des années j'ai recherché en vain un livre qui couvrirait ce sujet de manière satisfaisante. Finalement, grâce à l'aide de Lloyd deMause, j'ai trouvé une étude empirique par les Oliners « La Personnalité Altruiste: Les Sauveurs de Juifs en Europe », basée sur les interviews de plus de 400 témoins de ces jours sombres. Cela a confirmé mon hypothèse. L'étude conclut que le seul facteur qui distingue les sauveurs des criminels et des partisans était la façon dont ils avaient été élevés par les parents.

Presque tous les sauveurs interviewés ont reportés que leurs parents ont tentés de les discipliner avec des arguments plutôt que des punitions. Ils étaient seulement rarement sujets à des punitions corporelles, et si ils l'étaient c'était invariablement en connexion avec un comportement délictueux et jamais parce que les parents ont senti le besoin de se décharger de sentiments incontrôlables et inexplicables de rage sur eux. Un homme s'est rappelé qu'il avait été une fois fessé pour avoir emmené de petits enfants sur un lac gelé et mis leur vie en danger. Un autre à annoncé que son père l'avait frappé seulement une seule fois et qu'il s'était ensuite excusé. Beaucoup des déclarations peuvent être paraphrasées comme ça: « Ma mère a toujours essayé de m'expliquer ce qui était mauvais dans ce que j'avais fait. Mon père a aussi passé beaucoup de temps à me parler. J'étais impressionné parce ce qu'il devait dire ».

Quelle image différente nous avons des rapports des criminels et des partisans: « Quand mon père était saoul, il m'a fouetté. Je ne savais jamais pourquoi j'étais battu. Souvent c'était pour des choses que j'avais fait il y a des mois. Et quand ma mère était furieuse, elle battais n'importe qui sur son passage, y compris moi ».

A la différence de telles décharges affectives non contrôlées subjectivement ressenties comme étant justifiées, expliquer ce que le parent ressent comme étant mauvais est synonyme de croire dans les bonnes intentions de l'enfant. Un tel mouvement est motivé par le respect et la confiance dans l'habilité de l'enfant à se développer et à améliorer son comportement.

Les gens à qui l'on a donné de l'affection et du soutient imitent rapidement la nature sympathique et autonome de leurs parents. Le point commun de tous les secoureurs étaient la confiance en soi, la possibilité de prendre des décisions immédiates et la capacité d'empathie et de compassion avec les autres. Soixante dix pour-cents d'eux disaient que ça leur à pris seulement quelques minutes pour décider si ils voulaient intervenir. Quatre vingt pour-cents ont dit qu'il n'ont pas consulté d'autres personnes. « Je devais le faire, je ne pouvais pas être innocupé et observer l'injustice sans rien faire. »

Cette attitude, prisée dans toutes les cultures comme « noble », n'est pas quelque chose d'instillé en l'enfant avec des belles paroles. Si le comportement montré par ceux qui s'occupent de l'enfant est en contradiction avec leur propre mots, si les enfants sont battus au nom d'idéaux élevés, comme c'est toujours la coutume dans certaines écoles catholiques, alors ces sentiments élevés sont condamnés à ne pas être entendus et même à provoquer la haine et la violence. Les enfants peuvent finir par imiter ces expression spirituelles et les ressortir plus tard dans la vie, mais il ne vont jamais les mettre en pratique parce qu'ils n'ont pas d'exemple à reproduire.

Martin Luther, par exemple, était un homme intelligent et éduqué, mais il a haït le juifs et a encouragé les parents à battre leurs enfants. Il n'était pas un sadique pervertis comme les bourreaux d'Hitler. Mais 400 ans avant Hitler il disséminait ce type de conseils destructeurs. En accord avec la biographie de Eric Ericson, sa mère le battait sévèrement avant qu'il n'ait été traité comme ça pas son père et son enseignant. Il a cru que cette punition l'avait « rendu bon » et était donc justifiée. La conviction stockée dans son corps que si les parents l'ont fait alors ce doit être juste de tourmenter quelqu'un de plus faible que soi a laissé une impression beaucoup plus durable que les commandements divins et les exhortations Chrétiennes à aimer votre voisin et à être compatissant envers le faible.

Des cas similaires sont discuté par Philip Greven dans son livre très informatif, « Spare The Child ». Il cite divers hommes et femmes américans de l'église recommandant de battre cruellement les petits enfants dans les premiers mois de la vie comme étant une méthode pour s'assurer que la leçon reste apprise indélibilement en eux pour le reste de leur vie. Malheureusement, ce n'était que trop juste. Ces terribles textes desctructeurs ont trompés de nombreux parents comme étant la preuve concluante de effets à long termes des maltraitances. Ils pourraient seulement avoir été écrit par des gens ayant été exposés à la merci d'impitoyables tortures étant enfant et plus tard ont glorifiés ce qui leur à été fait. Heureusement, ces livres n'ont pas été édités 40 fois aux USA.


Un animal va répondre à une attaque avec « le combat ou la fuite ». Aucun chemin n'est ouvert à un enfant exposé à l'agression d'immédiates personnes de la famille. Ainsi la réaction naturelle reste en place, défois pour des décennies, jusqu'à ce qu'elle puisse être transférée sur un objet plus faible. Alors les émotions réprimées sont relâchées contre les minorités. Les cibles varient de pays en pays. Mais les raisons pour cette haine sont probablement identiques partout dans le monde.

Nous savons qu'étant enfant Hitler était tourmenté, humilié, et moqué par son père, sans la moindre protection de sa mère. Nous savons aussi qu'il niait ses véritables sentiments envers son père. Les sources réelles de sa haine deviennent ainsi évidentes. J'ai recherché les vrais motifs pas seulement pour la folie mentale d'Hitler mais aussi pour beaucoup d'autres dictateurs. Dans tous j'ai identifié les effets de la haine d'un parent qui reste inconsciente pas seulement parce que haïr un parent était strictement prohibé, mais aussi parce que c'était dans l'intérêt de l'auto protection de l'enfant de maintenir l'illusion d'avoir un père aimant. C'était seulement sous la forme d'une déviation sur les autres que la haine était permise, et pouvait alors couler librement. Hitler aurait eu de la peine à trouver tant de support si les modèles de l'enfant auxquels il a été exposé et leurs effets nuisibles ultérieurs n'avaient pas été si répandus en Allemagne et en Autriche.

Mais les problèmes spécifiques d'Hitler avec les Juifs peuvent être en fait tracés en arrière durant la période avant sa naissance. Dans sa jeunesse, sa grand mère paternelle a été employée chez un marchand Juif de Graz. Après être retourné à la maison au village Autrichien de Braunau, elle a donné naissance à son fils, Alois, plus tard il est devenu le père d'Hitler, et a reçu pour élever l'enfant des paiments de la famille de Graz pendant 14 ans. Cette histoire qui est raconté dans beaucoup de biographies d'Hitler représentait un dilemme pour la famille d'Hitler. Il avaient intérêt de nier que la jeune femme avait été laissée avec l'enfant par le marchant Juif ou son fils. D'un autre coté, c'était impossible d'affirmer qu'un Juif va payer une pension alimentaire sans de bonnes raisons. Une telle générosité de la part d'un Juif aurait été inconcevable pour les habitants d'un village Autrichien. Ainsi la famille Hitler a été face au dilemme insoluble d'inventer une version qui servirait pour annuler leur « disgrâce ».

Pour Alois Hitler [NDT: le père d'Hitler], la suspicion qu'il pourrait être de descendance Juive était insupportable dans le contexte de l'époque anti-Juif dans lequel il a grandi. Tous les honneurs qu'il a gagné lui même en étant un officier des douanes étaient insuffisants pour le libérer de la rage latente de la disgrâce et de l'humiliation qu'il a connu sans que ce soit sa propre faute. Le seul chose qu'il pouvait faire en toute impunité était de prendre sa revanche sur son fils Adolf. Selon les rapports de sa fille de son ancien mariage Angela, il battait son fils impitoyablement tous les jours. Dans la tentative d'exorciser ses peurs de son enfance, son fils a élevé l'illusion maniaque qu'il était venu au monde pour libérer non seulement lui même du sang Juif mais aussi l'Allemagne et plus tard le monde. Jusqu'à sa mort dans le bunker, Hitler est resté une victime de cette illusion parce que toute sa vie sa peur de sa moitié juive de père est restée bloquée dans son inconscient.


J'ai développé ces idées avec plus de détails dans mon livre, « C'est Pour Ton Bien ». Beaucoup de gens m'ont dit qu'il ont trouvés très troublantes et d'aucune façon suffisante les explications des actes d'Hitler. Pas toutes ces actions, peut être, mais certainement ces illusions. Et ces illusions sont les fondations de ces actions. Je peux certainement dépeindre le garçon Hitler jurant vengeance sur « les juifs », ces figures imaginaires monstrueuses d'une imagination déjà malade. Consciemment, il a probablement pensé qu'il aurait pu avoir une vie heureuse si les « Juifs » n'avaient pas plongé sa grand mère dans le disgrâce et que lui et sa famille ont du vivre avec. Et c'était ça à ses yeux qui ont servi d'excuses aux coups qu'il a reçu de son père, qui après tout était lui même une victime du comportement diabolique et omnipotent des Juifs. Dans l'esprit d'un enfant en colère, très confus, c'est seulement une courte étape vers l'idée que les juifs doivent être exterminés.


Pas seulement les juifs. Dans la maison de la famille d'Hitler vivait pour des années une tante schizophrénique imprévisible Johana dont le comportement était reporté comme étant très effrayant pour l'enfant. Une fois adulte, Hitler a ordonné de tuer chaque handicapé et personne psychotique pour libérer la société Allemande de son fardeau. L'Allemagne semblait symboliser pour lui l'enfant innocent qui devait être sauvé. En conséquence, Hitler devait protéger sa nation des dangers auxquels il a lui même du faire face. Absurde ? Pas du tout. Pour un esprit inconscient, ce type de symbolisation paraît tout à fait normal et logique.

En plus des sources de sa peur connectées avec son père et sa tante, il y avait sa première relation avec sa mètre très intimidante qui vivait dans le peur constante des explosions violentes de son mari et de ses coups. Elle l'appelait « Oncle Aloïs » et a enduré patiemment ses traitements humiliants sans aucune protestation. La mère d'Hitler a perdu les trois premiers enfants à cause d'une maladie, et Adolf était le premier enfant qui a survécu à la petite enfance. Nous pouvons facilement imaginer que le lait qu'il a bu de sa mère était « empoisonné » d'une certaine façon par les propres peurs de sa mère. Il a but du lait en même temps que les peurs de sa mère, mais il était bien sûr incapable de comprendre ni de les intégrer. Ces peurs irrationnelles – que quelqu'un d'extérieur, observant ces discours peut reconnaitre restèrent non reconnues et inconsciente à Hitler jusqu'à la fin de sa vie. Stockées dans son corps , elles l'ont poussées constamment à de nouvelles actions destructrices, dans sa tentative sans fin de trouver une solution.

Dans la vie de tous les tyrans que j'ai examiné, j'ai trouvé sans exception des pensées paranoïdes liées à leur biographie dans leur petite enfance et la répression des expériences qu'ils ont vécus. Mao avait été régulièrement fouetté par son père et plus tard a envoyé 30 millions de personnes à leur mort. Mais nous avons beaucoup de difficultées à admettre la mesure complète de l'étendue de la rage qu'il a du ressentir contre son propre père, un enseignant très sévère qui a essayé à travers les coups de « faire de son fils un homme ». Staline a causé des millions de souffrances et de morts parce que même à l'apogée de son pouvoir ses actions étaient déterminée par des peur infantiles inconscientes d'impuissance. Apparemment son père, un pauvre cordonnier de Géorgie, tentait de noyer sa frustration dans la liqueur et fouettait son fils presque tous les jours. Sa mère montrait des traits psychotiques, était complètement incapable de défendre son fils et était habituellement en dehors de la maison soit priant à l'église ou faisant le ménage chez le prêtre. Stalin a idéalisé ses parents jusqu'à la fin de sa vie et était constamment hanté par la peur des dangers qui n'existaient plus depuis longtemps mais qui étaient toujours présents dans son esprit dérangé. La même chose doit être vraie pour beaucoup d'autres tyrans. Les groupes de gens qu'ils ont choisis pour la persécution et les mécanismes de rationalisation qu'ils ont employés étaient différents dans chaque cas, mais la raison fondamentale derrière ça était probablement identique. Il en appelaient souvent aux idéologies pour déguiser la vérité et leur propre paranoïa. Et les masses ont fait corps avec leur enthousiasme parce qu'elles étaient inconscientes de leurs motifs réels, incluant ceux opérant dans leurs propres biographies. Les fantasmes de vengeances d'individus ne seraient pas pris en compte si la société ne montrait si régulièrement un empressement naif pour les aider à devenir vrai.

Naturellement, mes références à Schreber et ses méthodes ne sont pas suffisantes pour expliquer l'histoire de l'Holocaust. Un nombre infini de livres ont été écrits à ce propos, mais l'énormité de ces crimes défient la compréhension. Beaucoup plus de recherche se doivent d'être faites avant que nous puissions commencer de vraiment comprendre. Etant donné ce que nous savons aujourd'hui, tenter de construire une explication autour d'un seul facteur va résulter dans de stupides simplifications. Ca laisse trop de choses en dehors. Aussi, une explication mono-causale peut conduire à une exonération des criminels, les délivrant de leur responsabilité en les déclarant malades. Aucune éducation, aussi cruelle soit elle, n'est un permit de tuer. Mais imputer tout ça sur un plan génétique défectueux est insatisfaisant. Pourquoi devrait il y avoir tant de gens nés 30 ou 40 ans avant l'Holocauste en Allemagne avec une telle disposition génétique fatidique ? Je ne connais pas de chercheur qui ont essayés de répondre à cette question.

Mes références aux humiliations systématiques des enfants autour du début du siècle [NDT: le début du 20ème siècle] et à la torture à laquelle les petits enfants étaient exposés (tragiquement jamais reconnue comme tel par les parents), me semblent, cependant, être un élément important dans la concaténation complexe de causes. Malheureusement on doit encore leur donner l'attention qu'elles méritent. La raison pour cette négligence sont probablement connectées de près avec le tabou général qui a été imposé au sujet de l'enfance. Mais pour des raisons pragmatiques, notamment un souçi pour le futur, c'est important de casser ce tabou et de s'aventurer dans ce territoire largement inexploré.

La totale négligence ou banalisation du facteur de l'enfance opérant dans le contexte de la violence et la façon dont il évolue dans la petite enfance mène parfois à des explications qui sont non seulement pas convaincantes et avortées mais détournent l'attention des véritables racines de la violence. Le terme abstrait « anti-Sémitisme» contient un nombre infini de significations et sert fréquemment à brouiller la complexité des processus psychologiques impliqués, processus qui doivent être identifiés et appelés par leur nom. C'est seulement de cette manière que nous pouvons espérer changer quelque chose.


De mon point de vue, une comparaison précise des méthodes parentales d'aujourd'hui et du passé peut apporter un tel changement. Ca peut ouvrir de nouvelles voies et encourager la formation de nouvelles structures plus saines pour élever les enfants. Beaucoup de nouveaux livres éclairés sur les relations parents-enfants sont des instances d'aide concrète pour les parents pour incorporer l'information dont nous disposons dans la pratique de l'éducation des enfants. Les parents qui sont capables d'intégrer ces nouvelles informations vont probablement trouver plus facile de respecter, encourager, comprendre et aimer leurs enfants et apprendre d'eux.

Mais travailler pour un futur meilleur, plus conscient, ne peut être fait en étant isolé de la tentative de comprendre notre histoire sous toutes ces facettes, pour nous en tant qu'individus et que société. Le travail commencé par Lloyd deMause et continué par lui et d'autres psychohistoriens est à ma connaissance le première recherche systématique dans cette direction. L'histoire de l'éducation de l'enfant peut être plus éclairante que beaucoup d'autres pour illustrer le danger pour la société de la grande ignorance à propos du développement de l'enfant. Les recherches en cours sur des bébés de la naissance à trois ans peut être aidante pour finalement surmonter cette ignorance. Cela peut permettre à certains historiens de lever plus fréquemment la question levée pour la première fois par Lloyd deMause: qu'est-ce que ressent un petit enfant abusé, sans un témoin éclairé ? Malheureusement, la petite enfance de gens qui ont récemment tués sans pitié au Rwanda n'est pas encore devenue le thème d'une enquête psychologique ou sociologique. Mais si des psychohistoriens une fois devenus intéressés dans la recherche et la descriptions des premiers trois ans de la vie des tueurs, ils pourraient probablement être capable d'expliquer certains des événements qui semble toujours inexplicables.

Alice Miller est une psychothérapeute suisse et auteur de livres comme « Le Drame de l'Enfant Doué », « L'enfant Sous Terreur », « C'est Pour Ton Bien », « La Connaissance Interdite » et « Abattre le Mur du Silence ». Cet article a été écrit comme une conférence pour la 21ème Convention Internationale de l'Association Psychohistorique à New York, et contient des parties de son prochain livre, « Chemins de Vie ».




vendredi 5 décembre 2008

"Lettre Ouverte à Tony Blair", Traduction

Traduction d'une lettre ouvert en Anglais d'Alice Miller: "Open Letter to Tony Blair".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.


"Une lettre ouvert à Tony Blair, concernant la nouvelle loi sur la fessée des enfants, Février 2000


Monsieur,

Comme étant une ancienne psychanalyste et auteur de neufs livres concernant l'influence de l'enfance sur la société, je prend la liberté de vous écrire et de vous demander de prêter attention au problème des enfant frappés. Comme vous pouvez le savoir, les enfants apprennent le comportement approprié seulement par des exemples et personne ne peut l'apprendre en état de peur et de terreur.

L'idée que l'on peut "apprendre aux enfants la différence entre le bien et le mal" en les frappant, idée largement répandue, est aussi vielle que notre culture mais est néanmoins fortement trompeuse comme les nouvelles recherches le prouvent.

Quand nous giflons les enfants nous leur apprenons seulement la violence, l'ignorance et l'hypocrisie. Ils apprennent rapidement à faire la même chose que nous une fois que nous l'avons fait: premièrement se soumettre au plus puissant, à obéir par peur, à ne pas sentir la douleur d'être humilié, puis, 20 ans plus tard, à couvrir leur propre faiblesse ( d'incapacité d'agir paisiblement) avec l'aide de la violence, à maintenir que frapper un enfant est ce qui est juste, pour résister à tous les arguments logiques en les appelant "paternalisme", et à continuer de gifler leurs propres enfants (ou de se blesser eux mêmes) sans arrières pensées, sans le moindre remord.

Si vous demandez aux adultes pourquoi ils étaient frappés dans leur enfance il vont dire quelque chose comme: "J'étais un garçon ou une fille méchant(e), et je rendais mes parents fous, ils étaient vraiment débordés par la façon dont j'étais." Ces personnes peuvent rarement se rappeler d'un incident concrêt ou de leçons construcives parce qu'ils étaient trop effrayés pour les apprendre. Mais maintenant contre tout manière logique de réfléchir, ils espèrent de leur enfant de 3 ans qu'il va apprendre les leçons que leurs parents voulaient leur apprendre en les frappant. Malheureusement, les politiques des plus grands pays en Europe succombent à cette erreur.

Nos parents et nos grands parents ne sont pas à blamer pour nous avoir transmis les mauvais messages parce que, à cette époque, il n'avaient pas de meilleures informations à leur disposition. Mais nous le faisons. Nous ne pourrons clamer la même innocence quand la prochaine génération va nous blâmer pour ne pas avoir utilisé ou même rejeté l'information qui était disponible et qui était facile à comprendre, en permettant une loi, qui est en contradiction avec nos connaissances.

Un gouvernement responsable ne va pas ignorer les plus récentes découvertes scientifiques. Si il souhaite vraiment un futur en paix nous ne pouvons pas encourager les parents à apprendre la violence à leurs enfants. Nous devrions à la place leur donner, à l'aube du nouveau millénaire, un message clair que frapper cause toujours de sérieux dommages, que ça manque de respect à la dignité de l'autre personne (l'enfant) et n'est jamais éducatif. Les citoyens doivent apprendre des lois de leur gouvernement responsable comment l'hostilité est apprise dans l'enfance et comment ça peut être annulé en apprenant de nouvelles façons de communiquer avec nos enfants, sans violence. En frappant les enfants nous leur enseignons des leçons destructives et toute la société va en payer le prix.

Sincérement,
Alice Miller, Virago Press