mercredi 18 mars 2009

"Le Prix de la Protection des Mères"

Traduction d'une réponse d'Alice Miller à une lettre de lecteur en Anglais: "The price for protecting the Mothers, Sunday March 15, 2009", en réponse au courrier "Le Féminisme" déjà traduit en français.

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

Je ne traduis que la réponse d'Alice Miller, les personnes qui envoient des courriers n'ayant pas prévu qu'ils puissent être traduits.



" Réponse d'Alice Miller à la lettre The price for protecting the Mothers, Sunday March 15, 2009

AM (Alice Miller): Merci pour votre lettre. Cela aide à voir comment une grande découverte peut être dissimulée par une idéologie si ça en devient une partie. Florence Rush, Sandra Butler, Michelle Morris, et d'autres ont écrit à propos des abus des enfants dans les années 80, elles étaient féministes, mais n'étaient pas encore concernées par la protection des mères. Vos citations de Bass et Davis montrent que le déni du rôle de la mère peut camoufler la vérité et bloquer le chemin vers une thérapie efficace. Je dois admettre que je n'ai pas lu le livre "The Courage to Heal" jusqu'a la fin parce que je me sentais gênée avant le chapitre "Spirituallity". Mais vos informations expliquent pourquoi je me sentais gênée.
Laura Devis rapporte dans la préface de son livre comment sa propre mère a réagit cruellement, agressivement et avec un total rejet aux confessions de Laura que son Grand Père, le Père de sa Mère l'a abusé sexuellement dans son enfance. Si elle a pardonné sa mère plus tard et se sentait si bien, peut être que son récent cancer du sein, qu'elle annonce dans la nouvelle édition, lui rappelle qu'il y a un prix à payer pour cet oubli.
Je ne connais pas la réponse, c'est seulement elle qui peut la trouver, et j'espère qu'elle va le faire parce que son livre entier montre son besoin d'être vraie. Mais j'observe partout comment les idéologies nous empêchent de voir de simples faits.
Pourquoi beaucoup de femme battues restent pendant des années avec leur mari et essaient de les aider parce que (comme elles disent) elles les "aiment", si elles SAVENT qu'ils vont encore les frapper ? Je pense que ce sont des femmes qui ont appris dans les premières années de leur vie d'accepter les coups de leur mère aimée et de ne jamais protester contre cette terreur mais d'être indulgentes avec amour. Il n'y avait pas d'autre choix."

"Comportement Désagréable ou Douleur"

Traduction d'une réponse d'Alice Miller à une lettre de lecteur en Anglais: "Nasty behavior or pain, Monday March 16, 2009", sur la discipline des enfants.

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Je ne traduis que la réponse d'Alice Miller, les personnes qui envoient des courriers n'ayant pas prévu qu'ils puissent être traduits.

On voit dans ce courrier comme la partie visible des faits comme enfermer l'enfant, le frapper, lui mettre une fessée ou le mettre dehors n'est que la partie visible des faits de ce qui à déjà été fait à l'enfant sans qu'on s'en aperçoive et c'est ce qui a provoqué les souffrances de l'enfant qu'il ne peut plus exprimer par peur, et l'on présente ces méthodes de discipline, d'éducation comme la solution au problème de l'enfant alors que c'est la répétition des même processus qui ont conduit au comportement "anormal", "dérangeant", et même violent dans certains cas de l'enfant. L'enfant se calme en apparence tellement il a peur de souffrir encore plus lorsqu'on lui donne une fessée, ce qu'on présente comme un méthode pour aider l'enfant à se calmer n'est en fait qu'une agression qui "assome" l'enfant, l'enfant est calmé comme une personne dans un état de peur, de stress peut s'évanouir ! L'enfant se déconnecte de ce qu'il ressent, de la souffrance pour survivre, ce qui conduit à croire (et souvent l'enfant lui même le croit) qu'il n'en souffre pas, mais en fait, il n'en souffre pas immédiatement, c'est comme si lorsque l'on se brûle on ne sentait rien et que l'on ait mal des années plus tard ! Alice Miller nous rappelle que derrière le comportement "anormal" d'un enfant se cache la souffrance de l'enfant que l'on ne veut pas voir, et c'est la véritable raison pour laquelle on ne s'intéresse pas au causes du comportement de l'enfant, parce que l'on a peur de ressentir à nouveau nos propres souffrances et l'on préfère se débarrasser du gêneur plutôt que de le comprendre et l'écouter car il pourrait nous rappeler et faire revenir nos souffrances passées et non résolues.


"Réponse d'Alice Miller au courrier Nasty behavior or pain, Monday March 16, 2009

AM (Alice Miller): Vous écrivez: J'ai un passé rempli principalement d'abus émotionnels et de rejets (seulement un petit peu de coups, fessée, etc m'ont été donnés). Et vous écrivez une longue lettre qui montre votre désespoir causé par votre enfant mais en plus de la phrase ci dessus, vous ne mentionnez JAMAIS COMMENT vous avez souffert des PETITES TAPES ET FESSEES etc quand VOUS étiez un enfant. Seulement dans le PS vous mentionnez "de ce fait" vos parents.
Finalement vous me demandez d'écrire un livre pour vous qui apprenne à élever votre enfant à se comporter. Mais dans tous mes livres vous pouvez trouver l'information dont vous avez actuellement besoin: Votre enfant déclenche en vous la vieille douleur, causée par vos parents, que vous craignez évidemment de sentir en dépit de vos longues thérapies, qui vous ont probablement seulement donné un savoir intellectuel. Autrement vous sauriez que le mettre dehors est une cruelle façon de refuser le contact, même si c'est peut être recommandé par une école Waldorf et par beaucoup d'autres auteurs ignorants.
Quand un enfant se comporte d'une manière que vous jugez mauvaise il souffre. A la place de trouver pourquoi il souffre vous l'envoyez dehors. Auriez vous fait ça aussi à un bon ami ? Mais vous ne pouvez pas trouver ce qui le fait souffrir aussi longtemps que vous ne savez pas ce qui vous faisait souffrir quand vous étiez enfant. Votre ancienne vieille douleur semble rester toujours niée ou dissociée et ça bloque DONC votre empathie pour votre enfant. Vous pouvez vouloir lire mon livre "Free From Lies" qui sort en Juin 2009 chez Norton, NW [NDT, ce livre est déjà sorti en france sous le titre "Ta Vie Sauvée Enfin" chez Flamarion]. Mais ce n'est pas à propos de la "discipline", pas du tout."

dimanche 15 mars 2009

"Le Féminisme"

Traduction d'une réponse d'Alice Miller à une lettre de lecteur en Anglais: "Feminism, Saturday March 14, 2009"

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Je ne traduis que la réponse d'Alice Miller, les personnes qui envoient des courriers n'ayant pas prévu qu'ils puissent être traduits.

Le courrier parle de deux choses, la première, le fait que la plupart des psys à qui l'on ose poser les questions de la FAQ d'Alice Miller pour trouver un bon psy sont rétissants et bien entendu accuse le patient de dépasser les limites exactement comme les parents accusent l'enfant lorsque celui ci commence de les accuser....

Voir aussi le courrier "How to find a therapist who answers my questions. Monday March 09, 2009 " sur le sujet des psys qui ne veulent pas répondre aux question du patient (pour cacher leur propre incompétence).

Ensuite, le courrier parle de thérapies féministes ou tout est interprété en fonction des femmes ou l'inceste serait un viol non pas contre l'enfant mais contre les femmes (et les garçons violés ?) et Alice Miller explique bien comme l'on idéalise les femmes et les mères ce qui cache les maltraitances car les femmes étant par définition innocentes, tout accusation contre elles sont forcément infondées et à tord...


"Réponse d'Alice Miller au courrier en Anglais: "Feminism", Saturday March 14, 2009

AM (Alice Miller) : merci pour votre lettre, je suis heureuse pour vous que vous ayez des yeux grands ouverts et que vous ayez le courage de vérifier le courage de votre thérapeute auquel vous parlez comme ça vous ne deviendrez pas une victime d'illusions. Vous pouvez vérifier 20 d'entre eux, vous aurez probablement les mêmes réponses, pleines d'évitements mais peut être vous trouverez éventuellement quelqu'un qui va répondre honnêtement à vos questions. Si ce n'est pas le cas, alors vous avez beaucoup appris et vous pouvez bénéficier de cette expérience. En ce qui concerne les thérapies féministes je suis complètement d'accord avec vous. J'ai écrit il y a déjà 30 ans que les femmes peuvent abuser de leur bébés, enfants en bas âge ou petits enfants avec une totale impunité, personne ne les contrôle. Elle peuvent se venger sur leurs enfants de toutes les humiliations dont elles ont souffert des hommes dans notre société. Plus tard, leurs enfants qui "aiment" leurs mères peuvent transférer leur rage contre leurs soeurs ou d'autres femmes et faire la guerre et enlever des femmes mais adorent, défendent et respectent leurs mères parce que ce dont ils ont souffert quand ils étaient des petits enfants reste inconscient, totalement réprimé. Et beaucoup d'entre nous ont besoin pendant longtemps de l'illusion d'avoir eu une merveilleuse mère. Vous avez raison, la tragédie commence avec la mère qui est protégée par toutes les sociétés et honorée dans la plupart des religions comme étant une sainte innocente. Il existe déjà en Allemand des livres qui brisent ce tabou mais pour les publications en Anglais vous devez rechercher sur Google. Le livre de Bass et Davis est très aidant pour les victimes d'abus sexuels dans l'enfance mais malheureusement les auteurs qui sont féministes ont écrit que seulement très peu de femmes abusent des enfants. Ce qui n'est absolument pas vrai. Il y apparemment aussi des femmes pédophiles qui vivent avec des enfants de 10 ou 12 ans et disent que c'est (pour eux !!!) une belle "relation". Ne pas être conscients d'utiliser les enfants pour se venger de leur propre traumatisme et de ruiner leur vie n'est pas seulement l'attitude des hommes mais des deux genres aussi longtemps que l'abus reste une question évitée par toute la société ignorante."

mercredi 25 février 2009

"Le Traumatisme de l'Enfance"

Traduction d'un article d'Alice Miller en Anglais: "The Trauma of Childhood".

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Cet article nous montre que les châtiments corporels, même la fessée, sont des traumatismes qui ont des conséquences sur l'enfant et le développement de son cerveau et que ce n'est pas un mal pour un bien, contrairement à une idée répandue.

Et contrairement à ce que prétendent certains psys connus et médiatiques, ce n'est pas en faisant comme si de rien n'était que l'on permet à l'enfant de s'en sortir, mais au contraire en lui permettant d'être écouté et entendu, en lui permettant de reconnaitre ce qu'il a subis et de ressentir ce que ça lui a fait, ses souffrances.


"Le Traumatisme de l'Enfance

Mardi 01 Juin 1999

Tant qu'ils sont aimés, les enfants peuvent se remettre de l'abus et même de l'horreur de la guerre.

4 Juin 1999 | Nous n'arrivons pas dans ce monde en étant « purs ». Chaque nouveau bébé vient au monde avec sa propre histoire, l'histoire des neufs mois entre sa conception et sa naissance. En plus, les enfants ont l'empreinte génétique dont ils héritent de leurs parents. Ces facteurs peuvent aider à déterminer quel type de tempérament un enfant aura, quelles inclinaisons, dons et prédispositions.

Mais le caractère dépend crucialement du fait que l'on donne à une personne l'amour, la protection, la tendresse et la compréhension ou si elle est exposée au rejet, à la froideur, à l'indifférence et à la cruauté dans ses premières années formatrices. Le stimulus indispensable pour développer la capacité d'empathie, est disons, l'expérience de soins protecteurs. En l'absence de tels soins, quand un enfant est forcé de grandir en étant négligé, privé émotionnellement et sujet aux abus physiques, il ou elle perdra cette capacité innée. Quand j'attribue une immense signification aux expériences des petits enfants dans leurs premiers jours, semaines et mois de leur vie, pour expliquer leur comportement ultérieur, je ne veux pas affirmer que les influences ultérieures n'ont aucun effet. Si un enfant traumatisé ou négligé peut plus tard être amené à connaître ce que j'appelle un « témoin secourable » ou un « témoin éclairé », il ou elle peut évoluer positivement avec les effets de ce traumatisme de l'enfance.

Nous savons aujourd'hui que le cerveau avec lequel nous somme nés n'est pas le produit finit que l'on croyait qu'il était. La structure du cerveau dépend en grande partie des expériences des premières heures, des premiers jours et des premières semaines de la vie de quelqu'un. Au cours des dernières années, les recherches scientifiques dirigées par le neurologiste et le psychiatre Dr. Bruce D. Perry. ont établies que les enfants traumatisés et négligés montrent de sévères lésions affectant jusqu'à 30 pour-cents des zones du cerveau qui contrôlent nos émotions. Les sévères traumas infligés sur les petits enfants mènent à une augmentation des libérations d'hormones de stress qui détruisent les neurones existants, et nouvellement formés et leurs inter-connections.

Les dernières révélations à propos du cerveau humain auraient pu provoquer un changement radical dans notre réflexion au sujet des enfants et de la façon dont nous les traitons. Mais les vieilles habitudes ont la vie dure. Beaucoup de gens croient maintenant que ça prend aux moins deux générations pour les jeunes parents de se libérer du fardeau hérité de la « sagesse » et de stopper de battre leurs propres enfants, deux générations jusqu'à ce qu'il devienne purement impossible de donner un coup à l'enfant « par inadvertance », deux générations avant que le poids du savoir nouvellement acquis bloquent la main levée pour éviter le coup « irréfléchi ».

Nous somme souvent confrontés à la croyance que les effets des châtiments corporels sont salutaires plutôt que nuisibles. Mais la seule chose qu'un enfant battu apprend est à avoir peur de ses parents, pas de se conduire correctement et de rester à l'écart des ennuis. Ils se sentiront coupables et apprendront à minimiser leur propre douleur. Etre sujet à des attaques physiques contre lesquelles ils sont sans défenses instille à l'enfant la conviction qu'il ne mérite ni le respect ni la protection. Ce faux message est alors stocké dans le corps de l'enfant en tant qu' information et va influencer leur vision du monde et plus tard leur attitude envers leurs propres enfants. De tels enfants vont être incapables de défendre leur droit à la dignité humaine, incapables de reconnaître la douleur physique comme un signal de danger et d'agir en conséquence. Même leur système immunitaire peut être affecté.

En l'absence d'autres personnes sur lesquelles prendre exemple - un témoin éclairé ou secourable - ces enfants vont voir le langage de la violence et de l'hypocrisie comme les seuls moyens efficaces de communication. Comme si ce n'était pas assez, ils utiliseront cette langue eux mêmes quand ils grandiront car les adultes choisiront de garder réprimés les sentiments d'impuissance déjà supprimés.

Le trauma vécu par les enfants Kosovar peut être dépassé si ces enfant reçoivent l'attention adéquate de leurs parents, ou, en l'absence de parents, d'un autre adulte. Ces enfants ont besoin de savoir qu'ils sont aimés et que quelqu'un comprend leurs peurs. La guerre – un trauma qui est partagé par une communauté entière – ne mène pas un enfant à la destructivité si il peut partager ce qu'il ressent avec quelqu'un. Ce qui rend une personne dangereuse plus tard dans la vie est l'isolation de la douleur et de la peur, l'impossibilité des parents ou d'autres personnes s'occupant de l'enfant de voir et de comprendre combien un enfant se sent mal.

Avec les enfants Kosovar, les parents comprennent parfaitement la détresse de leurs enfants et peuvent essayer de les aider parce qu'ils vivent la même douleur. En fait, le monde entier semble désirer aider, chacun est conscient des traumas. D'un autre coté, l'isolation d'un petit enfant dans la douleur à l'intérieur d'une famille peut laisser des traces dans le cerveau qui sont liées à des comportements violents ou agressifs plus tard.

La protection et le respect pour les besoins d'un enfant sont surement des choses que nous devons être capables de garantir pour acquis. Mais c'est loin d'être le cas. Nous vivons dans un monde peuplé d'individus qui ont grandis privés de leur droits, privés de respect. Une fois adultes ils tentent alors de regagner leur droit par la force (le chantage, les menaces, l'utilisation d'armes). La société semble voir la haine comme innée, c'est à dire donnée par Dieu. C'est une société qui refuse de voir que nous continuons la production de la haine en inculquant des modèles de violences à nos enfants, des modèles de comportements qui peuvent se révéler plus forts que tout ce qu'ils peuvent apprendre plus tard.

Les Nations Unies ont appelées à déclarer les années 2000-2010 la décade pour la culture de la non violence. Cela ne peut pas être réalisé seulement par de belles paroles . Nous devons être un exemple pour nos enfants – ceux qui décideront a quoi ressemblera le prochaine génération – et leur montrer que la co-éxistence et la communication sans violence sont possibles. Je crois qu'il y a déjà un grand nombre de parents qui sont déjà conscients de l'immense portée de leur propre comportement. Il est réaliste d'espérer que cette connaissance va conduire à une augmentation du nombre de « témoins éclairés » et de là à une amélioration rapide du traitement des enfants partout dans le monde."

dimanche 8 février 2009

"Comment les Adultes Peuvent Survivre à une Enfance de Violences et de Mensonges"

Traduction d'un article de Michael Pastore en Anglais sur le site d'Alice Miller: "How Adults Can Survive A Childhood of Violence and Untruth".

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Cet article nous montre comme l'on ne voit pas les violences que l'on a subis, comme l'on ne reconnait pas ces violences pour ce qu'elles sont, mais que l'on reconnait les violences que l'on a pas subis, ce qui prouve que les violences ont pour conséquences d'empêcher la victime de les reconnaitre pour ce qu'elles sont. C'est l'interdiction de s'apercevoir de ce que l'on subit dénoncée par Alice Miller depuis des dizaines d'années: on ne peut plus percevoir ce que l'on a subis, on croit ne pas avoir subis ce que l'on a subis.


"Comment les adultes peuvent survivre à une enfance de violence et de mensonges.

Jeudi 01 Janvier, 2004

"La crainte et l'amour ne peuvent pas vivre ensemble... Le coups sont utilisés pour corriger des bêtes brutales." - Seneca (Philosophe Romain, auteur, politique, 4 B.C.E, to C.E. 64)

Il y a deux mille ans, le peuple de la Rome Antique acclamait avec enthousiasme les gladiateurs qu'ils regardaient se battre à mort, et regardait d' innocentes personnes déchirées en morceaux par des bêtes sauvages. Durant cette même époque, les enseignants Romains pratiquaient les châtiments corporels tous les jours. Les écoles Romaines étaient approvisionnées avec une variété d'instruments utilisés pour battre les enfants, incluant la férule (un paquet de tiges à base de branches de bouleau), la scutie (un fouet fait de courroies en cuir) et la flagelle (un fouet fait de lanières de peau boeuf, le cuir le plus dur) (1).


Même si donner à manger des esclaves aux lions et battre les enfants à l'école étaient des pratiques acceptables pour la majorité des citoyens Romains, de temps en temps des voix de protestations se sont fait entendre. Le pédagogue et rhéteur Quintilien (35 – 95 après JC) écrivit: « Je suis entièrement contre les pratiques des châtiments corporels dans l'éducation, même si c'est répandu... En premier lieu c'est un traitement répugnant digne de l'esclavage qui serait considéré comme une insulte si ce n'était pas infligé sur les garçons. Ensuite, l'élève dont l'esprit est trop grossier pour être amélioré par la censure va devenir aussi indifférent aux coups que le plus mauvais des esclaves. Finalement ces punitions seraient entièrement inutiles si les enseignants étaient patients et aidaient leur élèves. »

Après avoir blamé les enseignants pour ne pas avoir incité les élèves à faire ce qui est juste, se demandant comment ceux qui punissent les enfants peuvent traiter les garçons qui ne peuvent pas être influencés par la peur, Quintilien ajoute: « Et considérez l'effet de honte et blessant produit par la douleur ou la peur des victimes. Ce sentiment de honte paralyse l'esprit humain, le faisant fuir et détester la lumière du jour. »

La plupart des Américains condamneraient les pratiques Romaines comme étant d'un autre âge, barbares et cruelles. Pour moi il est remarquable qu'une sauvagerie similaire – l'abus de l'enfant dans nos propres maisons et écoles – soit discuté si rarement, froidement et superficiellement dans les journaux, les émissions télévisées et livres Américains. Notre culture est empoisonnée par la violence contre les enfants. Dans l'année 2000, le Département de la Santé et des Ressources Humaines a reçu 3 millions de rapports d'enfants maltraités impliquant 5 millions d'enfants Américains. Approximativement 879 000 enfants (sur les 5 millions) étaient des victimes confirmées de maltraitances, en incluant la négligence et la négligence médicale (63%), abus physique (19%), abus sexuels (10%), et maltraitances psychologiques (8%). Ce nombres n'incluent par les 400 000 enfants qui étaient battus cette année là – légalement battus – dans les écoles Américaines.

Comment pouvons nous expliquer le manque de conscience privée et d'actions publiques au sujet de la façon dont nous blessons et bafouons nos fils et nos filles bien aimés ? Ou est l'indignation des auteurs et des professeurs d'universités qui se spécialisent dans ces champs ? .. Il m'apparaît que ces auteurs ont échoué à comprendre la chose la plus importante: l'essence de la nature humaine. Comme l'église, trop d'écrivains ont cru que l'enfant était l'incarnation du mal, et donc en dehors du paradis, il y a peu de chance pour l'accomplissement individuel ou le progrès social. Ce dangereux mythe, que les bébés sont nés avec des gènes qui les rendent mauvais et sont par nature de violentes créatures – a rapporté un prix Nobel de littérature à l'auteur de cette fable puérile, « Sa majesté des Mouches ».

Heureusement, nous pouvons toujours trouver des auteurs qui croient que l'enfant est né bon: Jean Jacques Rousseau, Ralph Waldo Emerson, A.S. Neill, Erich Fromm, Ashley Montagu, Abraham Maslow, Colin Wilson. Un auteur de plus doit être ajouté à cette liste prestigieuse. Tout au long des vingt dernières années, la psychiatre Alice Miller a été l'avocate la plus passionnée et sincère de la bonté naturelle de l'enfant, et pour le droit de chaque enfant de vivre librement sans violence. Les précédents livres d'Alice Miller incluent « C'est pour ton bien » (1985) ; « L'enfant sous terreur »(1986) ; « L'avenir du drame de l'enfant doué » (1996) ; « La connaisance interdite » (1990) ; et « Chemins de Vie » (1998). Le dernier ouvrage d'Alice Miller - « Libres de savoir » - contient la sagesse des anciens volumes, mais introduit aussi plein de nouvelles idées.

Les Arguments d'Alice Miller, dans « Libres De Savoir » peuvent être résumés comme ça:

  1. Beaucoup d'adultes s'occupent de leurs enfants avec des méthodes parentales d'apprentissage qui emploie la violence physique ou psychologique contre l'enfant.

  2. A cause de ce traitement violent, les enfants grandissent aveugles aux dangers des violences parentales et ne sont plus en contact avec leur véritables sentiments.

  3. Quand ces enfants devenus grands deviennent enseignants et parents, il vont pratiquer la même méthode violente contre leur propre enfants.

  4. Ce cycle de « la violence engendre plus de violence » peut être rompu, et les adultes abusés peuvent se guérir eux mêmes et devenir des parents non violents.


A.Miller commence par expliquer, avec beaucoup d'exemples, comment et pourquoi la réalité de l'enfance est ignorée dans « six domaines ou ça devrait être précisément le contraire: la médecine, les psychothérapies, la politique, le système judiciaire, la religion et les biographies. » … La partie suivante « Comment nait la cécité émotionnelle ? » offre des explications de l'histoire répandue et très souvent répétée: « Un père va battre son fils et l'humilier avec des remarques sarcastiques mais ne va pas avoir de souvenirs d'avoir été humilié de façon similaire pas son propre père ». Dans la troisième partie du livre, Alice Miller offre des exemples de courageux adultes qui sont guéris en dépit d'une longue histoire d'abus parentaux.

Alice Miller offre une explication stupéfiante au mystère: « Pourquoi les gens refusent de voir et de changer les actions qui sont douloureuses pour eux mêmes et pour les autres ? » … Dans un précédent livre, « Chemins de Vie » (1998), elle dit:

« Les gens sujets aux maltraitances dans l'enfance peuvent insister leur vie entière sur le fait que battre les enfants est sans danger et les punitions corporelles salutaires, bien qu'il y ait des preuves accablantes et évidentes du contraire »

Ecrit avec le ceur, ce livre explique les causes de nos problèmes, et donne sans jargon professionnel des solutions qui marchent. A.Miller écrit: « En tant que thérapeute je sais que nous pouvons nous libérer de modèles hérités si nous pouvons trouver quelqu'un qui nous croit et qui est de notre coté, quelqu'un qui au lieu de moraliser veut nous aider à vivre avec la vérité. »

Le long de notre chemin vers notre liberté individuelle il est nécessaire pour nous de trouver ce qu'Alice Miller appelle un témoin éclairé: un thérapeute, enseignant, avocat, ou écrivain qui est bien informé, ouvert, et désireux d'écouter les vérités personnelles douloureuses dont nous avons besoin de parler.

Dans son approche ou la connaissance de soi est la clé vers la liberté, A.Miller nous rappelle le brillant mais négligé psychologue Sidney M.Jourard. Dans « The Transparent Self », S.M.Jourard écrit: « Nous camouflons notre véritable être des autres pour nous protéger contre les critiques ou le rejet. Cette protection à un prix. Quand nous ne somme pas nous mêmes avec les autres gens dans notre vie, nous sommes incompris. Quand nous sommes incompris, spécialement par la famille et les amis, nous rejoignons « l'anonymat ». Pire encore, quand nous réussissons à cacher aux autres qui nous sommes vraiment, nous avons tendance à perdre le contact avec qui nous somme vraiment. Cette perte de soi contribue à la maladies sous toutes ses formes. »

Jourard est décédé dans un accident à l'âge de 48 ans, seulement 3 ans après l'édition révisée de «The Transparent Self » - trop jeune pour soutenir sa théorie avec des exemples vivants qui la rende plus puissante et thérapeutique. Alice Miller l'a fait: remplir ses travaux avec de nombreux exemples d'individus qui luttent et réussissent à exprimer leur véritable moi en paroles et en actes. Le livre d'Alice Miller est tellement honnête a propos de la vie d'individus spécifiques, il révèle la vie intérieure de nous tous.

« Libres de Savoir » est un chef d'oeuvre, qui nous montre comment nous pouvons faire face aux plus noirs secrets de notre enfance douloureuse, et avoir de l'espoir, du courage et des idées pour vivre notre vie plus honnêtement, plus tendrement, avec nous mêmes, et avec la famille et les amis dont nous nous préoccupons. Dans mon exemplaire du livre j'ai souligné des passages, passages qui confirment mes intuitions et mon expérience personnelle en travaillant avec des adultes et des enfants de tous les âges et de toutes situations. Le livre, avec son flot de belles observations et d'idées profondes, m'ont fait évoluer d'une façon trop profonde pour l'exprimer avec des mots.

« Croyez les hommes » écrit R.W Emerson, « Et ils seront honnêtes avec vous » …Inspiré par le livre d'Alice Miller, je comprend maintenant plus clairement comment écouter, et comment aider d'autres personnes à se libérer en partageant les profondeurs de leur coeur et de leur âme. Et il y a une leçon plus essentielle que ce livre peut apprendre. Les enfants heureux avec des enfance saines sont une espère en danger. Tous ceux d'entre nous qui sont impliqués dans les professions d'aide doivent activement travailler pour créer une culture ou la violence contre les enfants, sous toutes ses formes, est remplacée avec le plus beau cadeau de l'être humain: la raison, la sincérité et l'amour.

Michael Pastore, Directeur Editorial, Zorba Press
publié sur ePublishersWeekly.com

1) Les noms dans le texte original en anglais pour les trois outils utilisés pour battre les enfants sont, respectivement: « ferula », « scutia », « flagellum »."

mardi 13 janvier 2009

"Le Contrôle et l'Innocence de l'Enfant", Traduction

Traduction d'un article de Bob Scharf en Anglais sur le site d'Alice Miller: "Control and the Innocence of the Child".

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"Le Contrôle et l'Innocence de l'Enfant

dimanche 01 Avril 2001, par Bob Scharf

Le besoin de contrôler

Il y a certainement parfois des moments ou il est important qu'on contrôle ce que l'on peut. Cependant, c'est très courant que les gens sentent le besoin de contrôler quand ce n'est pas nécessaire ou impossible. Un exemple simple est de presser un bouton d'élévateur qui est déjà allumé ou faire des chassés dans le trafic pour arriver à destination quelques secondes plut tôt. Le conducteur se sent frustré en étant derrière un automobiliste se déplaçant lentement et doit passer, de peur que l'automobiliste lent ne dicte l'allure.

Nous avons tous vu des patrons créer des règles arbitraires pour contenir leurs propres peurs irrationnelles. J'ai vu un manager fermer une sortie durant la dernière heure de travail comme mesure pour prévenir le vol. Cette mesure a mis en danger la sécurité en ne faisant rien pour prévenir les gens de faire de la contrebande d'articles en les sortant de l'immeuble avant la dernière heure de travail.

J'ai connu des gens qui prenaient des médicaments qu'il savaient inefficaces parce qu'ils sentaient qu'ils « devait faire quelque chose » . Le lecteur peut facilement penser à des exemples ou les gens prennent des mesures sans efficacités plutôt que de ne rien faire à cause du besoin puissant de se sentir contrôler une situation.


L 'illusion de contrôle

Ce que font ces gens n'est pas vraiment prendre le contrôle – ce qui n'est souvent pas possible - mais créer l'illusion de contrôle. C'est le but de beaucoup de superstitions, particulièrement ceux regardant la « chance ». Les exemples incluent toucher du bois quand on parle d'événements favorables, éviter les « mal chances » comme passer sous une échelle et d'autres superstitions concernant « la chance ». A cet égard, il y a une superstition intéressante au sujet du baseball.

Lorsqu'un lanceur n'a pas réussi une frappe, certains prétendent que mentionner ce fait pourrait mettre en danger les résultats futurs de ce lanceur. Autrefois les annonceurs et les fans de baseball prenaient cette superstition au sérieux et s'abstenaient de commenter ce fait.

J'ai vu des supporters en venir au mains et mettre fin à des amitiés perpétuelles parce que l'un d'entre eux n'a pas honoré cette tradition.

Evidemment, il y a plus en jeu ici que le résultat d'un jeu de base ball. Les superstitions de ce type étendant l'illusion de contrôle. Il autorise « dans le fantasme » pour un fan de base ball d'imaginer qu'il porte le destin du « lanceur » dans ces mains. Les superstitions produisent aussi de l'inquiétude. La personne qui casse un miroir et imagine que la malchance suivra ne sera pas à l'aise.

Laissez nous souligner ces deux tendances importantes qui font parties de superstitions incluant la chance et le contrôle de la chance: ils représentent une anxiété omniprésente à propos de l'existence et de ses illusions et une manière illusoire de combattre cette anxiété. Nous notons que ça met l'individu au centre de l'univers. C'est à dire, selon la façon superstitieuse de voir le monde, les mauvaises choses n'arrivent pas aux gens aléatoirement; mais parce qu'ils ont échoués à les parer.


La Fondation de la Pensée Religieuse

Une telle pensée superstitieuse est la fondation de la pensée religieuse. Dans la tradition Judéo – Chrétienne, c'est une nature coupable qui provoque un Dieu juste qui impose la punition pour maintenir l'équilibre moral. A l'Est, l'idée d'un Karma repose sur la même chose. Quand la religion et la philosophie parlent de donner un sens au monde, cela veut dire souvent rejeter l'idée que les choses arrivent simplement et offrir la notion qu'elles arrivent pour une raison. Cette raison implique habituellement la responsabilité de l'individu ou des individus. Que ce soit une tragédie personnelle ou un désastre naturel, les gens imaginent que c'est du à leur transgressions – dans le sens être indigne.


Le Sens d'Etre Indigne


Qu'est-ce qui alimente ce sens d'être indigne ? Qu'est-ce qui alimente le besoin de l'illusion de contrôle et le sentiment que quelqu'un est responsable de la malchance ?

Je crois que ce sont des projections de la relations parents-enfants. C'est bien connu que l'enfant abusé doit se blâmer lui même plutôt que ces parents. L'enfant qui est menacé par l'abus parental a besoin de sentir que le parent n'est pas vraiment hostile et dangereux. L'enfant à la place imagine que l'abus est un résultat du propre comportement de l'enfant ou de son infériorité. C'est beaucoup moins douloureux. Si l'enfant pouvait voir la situation clairement, l'enfant saurait que l'abus parental est un produit des propres problèmes des parents, rien à voir avec l'enfant. Cela impliquerait encore la reconnaissance que le parent pourrait en effet détruire l'enfant, comme les parents le font souvent.

Pour déconnecter cette peur, l'enfant imagine que les parents sont bienveillants et que l'enfant mérite l'abus que le parent inflige. Cela crée l'illusion de contrôle.

Une fois adulte, l'individu continue d'expérimenter ce conflit sous la forme des croyances dont nous avons discutés ci dessus: les superstitions concernant un monde dangereux et hostile que chacun peut combattre en effectuant des actions ou en devenant différent de ce que nous sommes.

Cela informe sur les croyances religieuses et les convictions du monde politique qui imaginent que la société est juste et que c'est une méritocratie dans laquelle les gens obtiennent ce qu'ils méritent - la croyance en un monde juste.

Nous avons noté que, d'une part, cette conception est une défense contre l'impuissance parce que l'on semble toujours avoir un recours. Ca peut être trouvé dans la prière ou d'autre formes de progrès personnels. D'un autre coté, c'est la proie à l'anxiété de voir le monde parce que l'on ne peut jamais être parfait et, par conséquent, on ne peut jamais être à l'abris de menaces de représailles.

La vue de l'enfant

Une autre conséquence du monde superstitieux est que l'individu ne peut pas voir l'enfant comme innocent. Ou plutot, la conception superstitieuse du monde est un produit de l'incapacité de voir l'enfant lui même comme étant innocent. Dans des listes de discussions et dans des conversations, j'ai vu des gens devenir furieux à la suggestion que l'enfant est innocent. C'est parce que voir l'enfant comme étant mauvais est une défense importante. Si l'enfant est innocent – si il était lui même innocent – alors les parents ont vraiment fait du mal et alors rien ne pouvait les arrêter.

Bien sur, la croyance que nous sommes nous mêmes responsables de l'abus des parents ne diminue pas la menace des parents dans la réalité, mais seulement dans les fantasmes. C'est encore une façon importante de contenir l'anxiété et de créer l'illusion de contrôle.

L'affirmation d'Alice Miller que l'enfant est innocent menace cette défense et les conceptions du monde qui y sont rattachées. En conséquence, la vue de l'enfant comme innocent est une idée libératrice. Cela nous libère de conceptions superstitieuses du monde et nous permet l'empathie et la compassion. Cette compassion peut promouvoir des conceptions politiques qui ne blâment pas les victimes et promeuvent les conceptions philosophiques qui nous permettent d'accepter qu'il existe des choses au delà de notre contrôle.

Cela nous libère de nombreuses barrières. Voir l'enfant comme étant innocent est une merveilleuse clé. Cela peut être effrayant au début d'imaginer que l'on était innocent et que nous n'avons pas mérité l'abus de l'enfant – que l'on était une victime. Quand nous pouvons encore le reconnaître, nous pouvons progresser vers une conception du monde plus rationnelle et compatissante.

dimanche 28 décembre 2008

"Lettre Ouverte au Président des Etats Unis d'Amérique", Traduction

Traduction d'une lettre ouverte en Anglais d'Alice Miller: "Lettre Ouverte au Président des Etats Unis d'Amérique".

Une Liste des Traductions du site d'Alice Miller récapitule les documents de son site web traduits dans d'autres langues mais non disponibles sur son site web et quelques articles non référencés sur son site web.

"Lettre au président des Etats-Unis d'Amérique George W.Bush, Janvier 2001

Monsieur le Président,

Compte tenu de votre engagement exprimé pour améliorer la qualité de l' éducation américaine je considère qu'il est de mon devoir de porter à votre attention des informations importantes à propos du développement et de l'apprentissage qui ne sont malheureusement pas encore suffisamment connues de la majorité de notre population: Le cerveau des enfants battus montre des déficiences, même des lésions qui peuvent être vues clairement sur l'écran des ordinateurs.


Cette information modifie les bases de toutes les discussions à propos de la légitimité des châtiments corporels sur les enfants et va tôt ou tard changer notre jugement sur ce qui peut être appelé criminel ou non. Les définitions légales qui définissent généralement les « blessures physiques » comme le seuil à partir du quel ce qu'on appelle discipline devient un abus ont maintenant pris un sens nouveau. Cependant, le grand public, et probablement la plupart des personnes qui travaillent dans le domaine de l'éducation, restent inconscientes de ces récentes découvertes spécialement sur la manière dont la peur expérimentée dans la petite enfance affecte le développement du cerveau et des conséquences à long terme des déficiences de l'apprentissage. Les conséquences de cette peur, de la violence punitive, sont aussi physiques et, de plus, permanentes.

Il est vrai que de nombreux enfants souvent battus par leurs parents à la maison sont difficiles à discipliner à l'école parce que les punitions corporelles les font obéir à court terme mais deviennent plus agressifs plus tard. A l'école ils montrent la même violence qu'ils ont appris à la maison. Ainsi, en utilisant les mêmes méthodes et en répétant ce comportement qui porte atteinte au cerveau va seulement ajouter de l'huile sur le feu.

Combattre la violence à l'école, en donnant aux enseignants le support pour battre les enfants perturbés, est comme de mettre la charrue avant les boeufs.


Comme beaucoup d'experts bien informés d'aujourd'hui, je crois qu'à la place d'encourager les professeurs à utiliser des méthodes dommageables et ainsi montrer leur propre faiblesse et impuissance envers les jeunes qui ont déjà été blessés par leurs parents, nous devrions promulguer une loi qui interdise aux parents de frapper leurs enfants pour que ces enfants puissent grandir sans peur. Il seront capables de développer complètement le potentiel de leur cerveau, apprendre avec intérêt, de faire face aux défis, comme ils surgissent. Et si les enseignants s'abstiennent de recourir à la violence, même ces enfants ayant une histoire de violence à la maison, ne vont plus être conduits par ces expériences pour provoquer leurs enseignants afin de se venger des humiliations qu'ils ont endurés en étant maltraités à un âge ou ils étaient le plus vulnérable.

Battre les enfants à l'école qui ont été battus à la maison répète seulement l'ancien traumatisme, avec de sévères conséquences pour la société, comme des tendances criminelles et des maladies mentales. Les recherches faites par Drs Bruce D.Perry, Bessel van der Kolk, Martin Teicher, Megan Gunnar et beaucoup d'autres fournissent des preuvent irréfutables de la relation de cause à effet entre les traumatismes du début de la vie et le risque ultérieur de déficiences cérébrales. Dr. Gunnar écrit: « Nous ne savons pas quand la porte de la plasticité du cerveau se referme ».

Ce ne sont pas des spéculations. Ces changements ont été observés, mesurés et étudiés sur les instruments des chercheurs.

J'espère vraiment que vous serez capables de prendre le temps de reconsidérer votre intention de supporter les enseignants dans leur « droit » de discipliner les enfants avec les punitions corporelles.

Sincèrement, Alice Miller

Février 2001 : Cette lettre a été envoyée à la Maison Blanche en janvier 2001. Elle est maintenant publiée comme une Lettre Ouverte après qu'elle soit restée sans réponse. La même chose s'est produite avec la lettre suivante à la première dame.



Lettre à la Première Dame, Février 2001

Chère Mme Bush,

Etant un auteur de livres sur les racines de la violence dans l'enfance je prend la liberté de vous envoyer la lettre que mon éditeur a envoyé au président, Mr. George W.Bush et de vous demander de confirmer cette réception si possible. Je peux imaginer que beaucoup de gens vous demandent de l'aide et de l'attention pour les problèmes variés que la vie leur présente et que vous devez vous protéger vous et votre famille de ces intrusions.

Toutefois, depuis que j'ai lu votre intêret dans l'enfance j'ai pensé encore et encore que je devrais au moins essayer de vous contacter et de vous confronter avec le problème de ce que j'appelle « la cécité émotionnelle des parents ». Cette cécité, le résultat de leur propre éducation, ne permet pas à des millions de parents de voir la peur et la souffrance qu'ils infligent à leur propres enfants par les fessées ni de comprendre les dommage qu'ils créent en insistant sur le fait qu'ils font ça pour le propre bien de l'enfant. De cette façon, la portée de cette erreur a persistée pour des générations. La fessée crée des peurs. Dans un état de peur l'attention de l'enfant est totalement absorbée par la stratégie de survie et n'est pas disponible pour absorder des messages positifs à propos du comportement juste. Ainsi, les enfants n'apprennent pas de nos mots mais plutôt de ce que nous leur faisons. Comme ils apprennent par imitation, ils apprennent de nous la violence et l'hypocrisie. Ils vont obéir en premier mais sur le long terme il peuvent choisir de mentir pour éviter la prochaine punition.

Heureusement, les nouvelles découvertes scientifiques sur le jeune cerveau humain vont bientôt mettre un terme à ce manque de sensibilité. La vieille tradition destructive et erronée durant des millénaires basée sur l'hypothèse que nous devons battre le mal de l'enfant pour le faire sortir et faire de lui une personne équilibrée et forte va être remplacée par la nouvelle tradition basée sur la connaissance et la compassion, une tradition que Jésus avait déjà tentée de créer (Mathieu, 19, 14). Les nouvelles découvertes confirment ce que Jésus a dit il y a 2000 ans, que chaque enfant est né innocent et que sa capacité d'amour et de compassion dépend de comment ils sont traités au début de leur vie: soit avec respect, vérité et protection et soins, ou avec violence, humiliations et négligences.

Si vous voulez plus d'informations sur ce sujet je serais heureuse de vous les envoyer. Vous pouvez utiliser mon adresse pour m'envoyer votre requête. Le principal but de cette lettre était de vous maintenir informée.

Mes sincères salutations, Alice Miller"