dimanche 24 octobre 2010

Réponse au Courrier "Mettre des Limites"

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Response to letter on limit-setting".

Les histoires de limites, tout comme de règles à respecter sont à "double tranchant", puisqu'il peut s'agir des règles des abus, de la loi du crime et des criminels (qu'on appelle mafia) qui sont en définitive les causes de ces abus et des crimes, ce qui les provoquent, c'est à dire comment ils se produisent, comme un loi physique expliquant pourquoi un bombe explose et les règles à suivre pour y parvenir.

On devrait plutot parler des règles, des limites des parents puisqu'il s'agit là comme avec l'éducation de répondre aux besoins des parents, d'exploiter l'enfant pour ses parents, de l'adapter aux exigences parentales et non de respecter l'enfant avec ses besoins.
"Merci pour votre courrier. Je suis complétement d'accord avec ce que vous dites ici et je suis vraiment reconnaissante de vos références à ces sites utiles. Je ne peux pas encore maintenant les vérifier mais je crois votre jugement parce que je vous connais vous et votre histoire. Pour moi, vous êtes une preuve vivante que même la plus abusée des victimes n'est pas condamnée à répéter l'abus enduré sur ses enfants grâce à sa conscience grandissante. Actuellement, nos enfants peuvent être nos meilleurs professeurs quand nous observons attentivement leur réactions (toujours positives) à notre attitude respectueuse."

"AM: Thank you so much for your letter; I completely agree with what you are saying here and am very grateful for your references to the helpful websites. I couldn't yet check them but trust your judgment because I know you and your history. To me, you are a living proof that even the most abused victim is not condemned to repeat the endured abuse on her children thanks to her growing CONSCIOUSNESS. Actually, children could be our best teachers when we carefully observe their (always positive) reaction to our respectful attitude."

Honore Ton Père et ta Mère

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Honor Thy Father & Mother".

"Si votre compréhension métaphysique et métaphorique de la bible vous aide à guérir, il n'y a rien à dire contre ça. Mais si vous n'étiez pas un enfant maltraité vous n'avez pas été blessée donc je ne comprend pas de quoi vous avez besoin de guérir. D'un autre coté, si vous avez été battue et humiliée n'oubliez pas d'honorer aussi le petit enfant qui a survécu à l'intérieur de vous, dont les souffrances n'étais jamais comprises, qui ne peut comprendre la bible ni vos interprétations, et qui est toujours en train d'espérer dans la douleur que vous puissiez éventuellement honorer sa souffrance et la prendre au sérieux."
"AM: If your metaphysical and metaphorical understanding of the bible help you to heal there is nothing to say against it. But if you were not a mistreated child you were not wounded so I don't understand what you need to heal from. On the other hand, if you were beaten and humiliated don't forget also to honor the small child who survived inside of you, whose suffering was never acknowledged, who can't understand the bible nor your interpretations of it, and who is still hoping in pain that you eventually may HONOR HIS SUFFERING and take it seriously."

lundi 11 octobre 2010

Utiliser la Peintures d'Alice Miller Comme Outil

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Using the AM painting as a tool".

"Merci beaucoup pour votre courrier. J'ai d'abord été surprise par votre mention du test de Rorschach qui a été utilisé depuis les années 50 à des fins de diagnostics, que je n'apprécie pas du tout. Mais alors, après un court instant, j'ai trouvé votre idée très convaincante et je l'ai appréciée. Bien sûr, tous les psychologues ne peuvent pas travailler avec cet "outil" mais pour une personne sensible comme vous, regarder ces peintures ensemble peut permettre un réel contact émotionnel avec la personne souffrante. Si vous demandez seulement ce qu'ils ressentent ou ce qu'ils voient quand ils regardent une peinture ils peuvent venir au contact de leurs propres sentiments d'une façon plus profonde que quand ils parlent seulement de leur enfance et sont bloqués par la peur des parents. Laissez nous savoir si vous avez déjà fait des expériences de ce genre. Aussi, si vous avez une idée de comment nous pourrions suggérer cette façon de travailler à d'autres psys sans devenir la cible d'intérêts commerciaux."


"AM: Thank you very much for your letter. At the first moment I was surprised by your mentioning the Rorschach test that has been used since the fifties for diagnostic aims, which I don't appreciate at all. But then, after a short time, I found your idea very convincing and I like it. Of course, not every psychologist could work with this "tool" but for sensitive people like you regarding these paintings together can enable a real emotional contact with the suffering person. If you only ask what they feel or see when they regard a painting they may come in touch with their own feelings in a much deeper way than when they only talk about their childhoods and are blocked by fears of their parents. If you already have made some experiences of this kind please let us know. Also, if you have any idea about how we could suggest this way of working also to other psychologists without to become a target of commercial interests."

L'Education Empoisonnée

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Poisonous Education".

"Votre histoire est épouvantable. Comment avec vous survécu à tout ces cruautés et perversions ? Et pourquoi voulez vous "rester silencieux" ? Ne sentez vous donc aucun besoin de rébellion et de crier fortement sur ce qui vous a été fait ?"

"AM: Your story is appalling. How have you survived all these cruelties and perversions? And why do you "want to stay silent"? Don't you feel any need to rebel and to scream loudly about what has been done to you?"

A Propos de l'Age

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "The age".
"J'ai lu votre lettre et je suis désolée de ne pouvoir y répondre parce que je sens que quoi que j'écrive, cela ne va pas vous toucher aussi longtemps que vous prendrez des anti dépresseurs. La seule chose que je peux vous dire sans hésitation est ma propre expérience et celles des autres qui est qu'il n'est jamais trop tard pour sentir et comprendre la vérité, nommer la souffrance de l'enfant que nous étions. Cela veut dire sentir pour la première fois sa rage et sa peur supprimées qui va libérer vos énergies et la joie de la vie. Mais, malheureusement, les médicaments rendent cela impossible."

"AM: I read your letter and am very sorry that I can't respond to it because I feel that whatever I would write, it will not reach you as long as you take antidepressants. The only one thing I can tell you without hesitation is my experience with myself and others that it is NEVER too late to feel and understand our truth, namely the suffering of the small child we once were. This would mean to feel for the first time his suppressed fear and rage which would liberate your energies and the joy of life. But, unfortunately, the medication makes all this impossible."

Apprendre l'Empathie Pour Soi Même

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Learning empathy for yourself".

"Si vous pouvez apprendre à sentir vos émotions fortes supprimées dans votre thérapie, si vous pouvez apprendre ici à devenir empathique avec vous mêmes et avec le petit enfant que vous étiez alors, vous allez certainement trouver de nombreuses réponses à la question que vous posez. Comment pourrais je savoir quoi que ce soit à propos de votre vie aussi longtemps que vous n'en parlez pas ?"

"AM: If you can learn to feel your suppressed strong emotions in your therapy, if you can learn there to become empathic with yourself and with the small child you once were, you certainly will find many answers to the question you ask me. How should I know anything about your life as long as you don't talk about it?"

Mettre des Limites

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Limit-setting"qui montre comme les parents pensent qu'il doivent faire subir à l'enfant ce qu'ils veulent lui interdire de faire, mais ils ne comprennent pas qu'en faisant comme ça, ils ne font qu'en reproduire la cause: ce que l'on fait à l'enfant, puisque l'enfant reproduit ce qu'on lui a fait, c'est un cercle vicieux dont il sera bien difficile de sortir ensuite.

Les parents apprennent en fait à l'enfant à refaire ce qu'ils veulent lui interdire de faire tout en disant le contraire, ce qui est très perturbant et illogique. On n'apprend pas à quelqu'un à conduire en lui apprenant à foncer droit un arbre pour lui montrer ce qu'il ne faut pas faire, ce qui pourtant est souvent le modèle d'éducation proposé par les parents et les éducateurs.

Les parents ne comprennent pas que si l'enfant se met à battre les plus faibles que lui, ce n'est pas parce que lui même n'a pas été battu, mais au contraire qu'il l'a déjà été, mais de façon invisible bien souvent pour lui et son entourage, voilà pourquoi on croit qu'il n'a pas déjà été battu et que le battre à nouveau en prétendant avoir des bonnes intentions (lui montrer qu'il ne faut pas faire ça) parce que l'on pense qu'il bat les plus faibles parce que ce n'est pas lui qui en subis les conséquences n'est que reproduire ce qui a causé cette situation ou l'enfant ressent le "besoin" de battre les plus faibles que lui, et c'est aussi le point de vue dissimulé des parents qu'ils ont transféré à l'enfant. Les parents pensent que l'enfant fait subir ce qu'il n'a pas subis parce qu'ils nient ce qu'ils ont déjà fait subir à l'enfant et pensent donc qu'ils ne lui ont pas déjà fait subir ce traitement violent et cruel.

Battre un enfant ne lui permet pas de voir et de comprendre (consciemment) ce que ça fait, mais bien au contraire cela lui fait reproduire (émotionellement) à l'identique ce qu'on lui fait subir (ce qui est le véritable but de ceux qui battent les enfants qui pensent que c'est bien de battre les enfants) parce pour supporter la violence endurée il doit se couper de ses émotions (comme un disjoncteur électrique qui coupe tout le système en cas de surcharge pour éviter d'endommager tout le réseau) et c'est justement d'être coupé de ses émotions qui lui fera reproduire cette situation, parce qu'étant coupé de ses émotions, il n'a pas pu sentir combien il avait souffert de ces traitements, alors il pense encore que cela ne l'a pas fait souffrir (ce sont des manques d'informations, comme un plan qui n'est pas complet et qui nous envoie nous perdre) , que cela ne lui avait pas fait de mal puisqu'il n'en souffre pas et donc que c'était bien. Mais c'est seulement COMME SI l'enfant n'en avait pas souffert.

On voit bien dans la situation donnée par Alice Miller du père qui frappe son enfant qu'il ne fait en définitive que reproduire la situation incriminée (un fort, le père bat le faible, l'enfant, c'est la reproduction de la situation d'origine ou le père a appris à son fils à battre les plus faibles qui a conduit son fils à répéter ce schéma parental).

Elle dit que ce père est sans doute intelligent, mais il ne semble pas intelligent sur ce point là de la vie, l'éducation de l'enfant, un manque d'intelligence, comme un point noir, exactement par exemple comme on manque en général d'empathie envers les enfants alors qu'on en a généralement beaucoup pour les animaux traités avec cruauté, parce que la plupart d'entre nous ne sont pas coupables de maltraiter les animaux. C'est la limite de l'intelligence de ce père, là ou elle s'arrête.

Si les punitions, coups, etc semblent permettre aux parents de faire comprendre à l'enfant qu'il ne faut pas frapper les plus faibles, c'est parce que l'enfant aura peur d'être battu et qu'on lui a fait comprendre qu'il ne faut pas être battu, mais lorsqu'il ne sera plus soumis à quelqu'un de plus fort, lorsqu'il sera lui même parent ou chef, patron, voir même chef d'état, il n'aura plus de contrainte (risquer d'être battu par les parents, ou toute autre autorité supérieure) qui l'empêcheront de reproduire cela, la véritable leçon que l'enfant retient n'est pas de ne pas faire de mal aux plus faibles, mais de ne pas s'y risquer si lui aussi risque d'être battu en retour. Ce n'est pas donc pas une véritable compréhension de ce qu'il faut faire ou pas, mais la peur de l'enfant (d'être battu).

Je ne peux pas m'empêcher de penser en lisant cette réponse comme c'est aux parents qui traitent avec tellement de cruauté leurs enfants qu'il faudrait mettre des limites ! Mais on demande presque toujours à l'enfant ce qu'en fait les parents devraient à l'enfant mais ne font pas, comme ici ne pas frapper les plus faibles et comme si les enfants devaient apprendre à leurs parents à les respecter, à s'occuper d'eux, comme si c'était l'enfant le parent, mais c'est comme ça que beaucoup de parents voient leurs enfants. On en demande toujours plus aux enfants, aux plus faibles, à ceux qui ont le plus de difficultés.

En conclusion; ce type d'éducation n'est qu'encourager l'enfant à faire ce qu'on lui interdit de faire puisqu'on lui fait croire que c'est bien de frapper les plus faibles parce que cela apprend à ne pas frapper les plus faibles, en plus d'être totalement illogique, c'est absurde et dangereux mais l'enfant ne peut pas faire autrement que d'y croire vraiment, sous peine d'être encore battu (on apprend en fait à l'enfant ce qu'on lui fait subir: qu'il ne faut pas être battu et de ne pas battre les plus forts que soi) pour ne pas avoir retenu la leçon.
"Vous avez raison; l'histoire de mettre des limites est une sorte de jeu de pouvoir ou seulement l' adulte peut gagner. Vous connaissez peut être ce type d'établissement de limites: Un père frappe son fils et dit "Tu as poussé ton petit frère, et il crie maintenant, je dois te donner une fessée parce que tu dois apprendre à ne pas offenser quelqu'un de plus petit et de plus faible que toi". Est-ce que ce père est conscient du fait qu'il est en train de faire exactement ce qu'il veut actuellement interdire (pour de bonnes raisons) ? Probablement pas. Pourquoi ? Est-il stupide ? Non, il peut même être un professeur de psychologie, mais son premier enseignant de comportement a été sa mère dont il n'a jamais osé remettre en question les leçons. Alors il fait la même chose à son fils. Pourrons nous y changer quelquechose aussi longtemps que les enfants battus (et presque tout le monde l'a été) ont tellement peur de leurs parents qu'ils n'osent pas les questionner ? Ils semblent vivre dans la peur constante de la prochaine punitions si ils osent condamner les maltraitances dont ils ont souffert dans l'enfance. Cependant, c'est seulement alors qu'ils pourront devenir adultes et arrêter de se comporter inconsciemment comme un enfant menacé de mort si il reconnait complétement la cruauté et la perversion du traitement auquel il a été soumis."


"AM: You are right; the story of limit-setting is a kind of power game where only the adult can win. You know perhaps this kind of limit-setting: A father spanks his son and says: "You pushed your little brother, and he is crying now, I must spank you so that you can learn not to offend someone smaller and weaker than yourself." Is this father aware of the fact that he is doing exactly what he actually wants to forbid (for good reasons)? Probably not. Why? Is he stupid? No, he might even be a professor of psychology, but his first teacher in behavior was his mother whose lessons he never dared to question. So he does the same to his son.
Will we ever change anything as long as once beaten children (and almost everybody was beaten) are so afraid of their parents that they don't dare to question them? They seem to live in a constant fear of the next punishment if they dare to condemn the mistreatment they suffered in childhood. However, only then could they become adult and stop to behave unconsciously like a child scared to death if he or she fully recognize the cruelty and perversion of the treatment they were subjected to."