dimanche 26 juin 2011

Le Trouble de Stress Post-Traumatique Est un Effet de l'Humilation Parentale

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "PTSD as effect of parental humiliation".

Je traduit aussi le courrier qui décrit bien les conséquences des graves humiliations parentales sur l'enfant et la vie adulte ensuite.

"Je soupçonne qu'un enfant qui grandit avec un père explosif, violent qui trouve en permanence des fautes dans chaque acte de l'enfant (et chaque fois que l'enfant se conduit très bien, son comportement est accueilli avec un désintérêt complet et le silence) va devenir un adulte qui, plutot que de s'engager dans la vie de ses rêves et ses ambitions, va à la place faire face à la vie de façon défensive, avec plus de prudence et craindre la réaction inévitable et enraciné de la critique et de l'humiliation. Ce schéma peut très bien correspondre à une réponse typique de trouble de stress post traumatique.

Je suis suis presque d'âge mur, ai grandit dans le milieu décrit ci dessus, et porte encore le rêve de ma vie qui est de publier de la fiction. Mon incapacité à réaliser énergiquement mes ambitions m'a induit à croire que mon enfance me hante, pour ainsi dire. Mes soupçons sont ils justifiés ? "
"AM:Vos soupçons sont absolument correts. Reconnaitre ça est le premier pas vers la guérison, le prochain sera se sentir l'énorme rage qui a été accumulée dans le corps depuis très longtemps, l'exprimer et faire ce que vous avez toujours voulu faire mais qui ne vous étais pas permis: écrire, parler, et protéger le petit enfant torturé qui vit dans la peur d'être encore frappé. Aujourd'hui, personne ne peut encore vous blesser, sauf si vous le laisser faire. Je vous souhaite le courage de prendre votre vie entre VOS mains et de vous éloigner du pouvoir de votre père."


Version Originale:

"I suspect that a child who grows up beneath an explosively violent, narcissistic father who persistently found fault with the child’s every act (and whenever the child performs splendidly, his behavior is met with complete disinterest and silence) will become an adult who, rather than charging into his life’s dreams and ambitions, will instead face life defensively, over cautiously and fearing the ingrained and inevitable backlash of criticism and humiliation. The patterns may very well resemble typical PTSD response.

I am nearing middle age, grew up in the above environment, and harbor life-long dreams of publishing fiction. My inability to aggressively address my ambitions induces me to believe that my childhood is haunting me, so to speak. Are my suspicions off the mark?"

"AM: Your suspicion is absolutely correct. Acknowledging this is the first step to healing, the next would be feeling the huge rage that has been accumulated in the body for such a long time, expressing it and do what you always wanted but were not allowed to: to write, to speak up, and to protect the small tortured boy who lives in fear of being hurt again. Today nobody can hurt you again, unless you let him to do it. I wish you the strength and the courage to take your life in YOUR hands and away from the power of your father."

Traduire un Message Difficile

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Translating a difficult message".

Dans le courrier, l'auteur explique que dans une traduction en Allemand de l'un des livres d'alice miller, la 4ème de couverture et certains titres sont edulcorés, les mots "père,mère, education ou 4ème commandement" ne sont même pas mentionnés !

Merci de votre courrier. Evidemment, la peur des parents gouverne aussi les décisions des éditeurs dans votre pays. Nous allons controler plus précisément ce qui sera sur la couverture du prochain livre. Le titre sera "Ta vie sauvée enfin", "Chemins vers la Libération" [NDT: titres provisoires sans doute, aucun livre d'alice miller n'a ce titre.]

Version Originale:

"AM: Thank you for your letter. Obviously the fear of parents governs also the decisions of editors and publishers in your country. We will control more exactly what will get on the cover of the next book. The title of it will be "Your saved Life," "Paths towards Liberation.""

Voir les Parents Comme Etant le Problème

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Seeing the parents as the problem".

"Bien sur que les parents sont le problème et non les enfants. Mais personne ne peut comprendre que les parents ne sont pas libres de donner à leurs enfant un support emotionnel aussi longtemps qu'ils sont pris dans leur peur de leurs propres parents et n'osent pas questionner leur comportement cruel. Avec cette crainte, ils répètent les cruautés auxquelles ils avaient été soumis dans leurs propres enfances."

Version Originale:

"AM: Of course, the parents are the problem and not the children. But nobody wants to understand that parents are not free to give their children emotional support as long as they are stuck in their fear of their own parents and don't dare to question their cruel behavior. Out of this fear, they repeat the cruelties they were subjected to in their own childhoods."

Les Fantômes de l'Enfance

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Ghosts from the Nursery".


Note: Il y aussi la traduction de l'article copié dans le courrier présentant le livre en question.

Dans la présentation du livre, il est dit "la plupart des jeunes délinquants ont subis des dommages neurologiques durables qui interfèrent avec leur habilité à raisonner", mais ce n'était sans doute seulement visible dans une majorité de cas par ceux qui ont écrit le livre et que dans les cas ou il n'y avait (visiblement) pas d'abus commis sur l'enfant, ces abus étaient encore trop bien cachés, même à ces chercheurs parce que tous ceux qui deviennent délinquants ont du subir des dommages, sinon cela voudrait dire que c'est un état naturel (génétique). Peut être aussi que pour les cas "inexplicables", ces abus étaient commis de façon moins "volontaire" par les parents et donc de façon encore plus cachée.

Ensuite: "[les auteurs n'expliquent pas] comment la plupart des enfants abusés et négligés ne deviennent pas violents", il semble là aussi qu'il n'est question que de la partie visible et déjà reconnue par la société de la violence, c'est à dire de la violence interdite parce que très minoritaires et donc très peu répandue, les crimes les plus visibles et les plus reconnus (violences extrêmes, décès dus à des coups immédiats, atteintes corporelles visibles, etc, toutes les violences ou les liens de causes à effets sont facilement visibles), par exemple l'excision est un crime reconnu parce qu'il n'est pas pratiqué en france, par contre la fessée très pratiqué n'est pas reconnue comme étant un abus. La plupart des abus commis contre les enfants sont dans la catégorie de la violence permise légalement par la société (la mère), donc ce n'est pas reconnu comme étant des abus donc on peut croire que ce ne sont pas des abus et des crimes (parents, éducateurs, politiques, policiers, etc) et donc ça ne rentre pas dans les statistiques et donc on dit qu'une majorité d'enfants ne reproduisent pas ce qu'ils ont subis parce qu'on ne veut pas reconnaitre toute cette violence invisible et cachée si elle n'est pas déjà visible.

Et après: "Pourtant ils notent la profonde différence entre les sexes et leur réponses à l'abus: c'est principalement les garçons qui agissent à travers la violence". Les hommes sont plus souvent vu comme étant violents parce que les filles ont l'immunité de la mère ( contrairement aux hommes ) et leurs violences restent dans ce domaine "interdit" (l'enfance et l'éducation de l'enfant) ou elles sont permises, et donc leurs crimes sont très souvent protégés, contrairement à ceux des hommes qui sont plus dans la violence visible parce qu'ils n'ont pas l'immunité de la mère.

Voir aussi pour plus de précisions, le dossier de la résilience:



"10 Mai 1998
Le Berceau des Voyoux
par KAREN WRIGHT

Référence du livre en question:

GHOSTS FROM
THE NURSERY
Tracing the Roots of Violence.
By Robin Karr-Morse and Meredith S. Wiley.
364 pp. New York:
The Atlantic Monthly Press. $25.
Dans la décennie passée, deux changements notables ont pris place dans deux secteurs distincts de la société américaine. L'une a eu lieu dans les laboratoires de scientifiques qui étudient le développement du cerveau humain. Les nouvelles techniques d'imageries ont montrées que les cerveaux des bébés ne sont pas, comme on le pensait, déjà formés, mais extraordinairement maléables, et que leurs circuits neuronaux suivent de nombreux raffinements et améliorations durant les 3 premières années de la vie. Les autres changements sont évidents dans les écoles et dans les rues de villes comme Jonesboro, West Paducah, et Pearl. D'après le FBI, le nombre d'arrestations de mineurs pour attaques avec des armes a plus que doublé dans les 10 dernières années, et les attaques graves par des adolescents a grimpé de 70 pour cents. Les arrestations de mineurs pour meurtre a augmenté de moitié.
C'est le sujet malheureux de "Ghosts From the Nursery" (Les Fantômes de l'Enfance) pour relier les nouvelles découvertes du développement du cerveau et l'augmentation des menaces de violences perpétrées par les enfants. A travers l'abus, la négligence et d'autres insultes de l'enfant, selon les auteurs, la plupart des jeunes délinquants ont subis des dommages neurologiques durables qui interfèrent avec leur habilité à raisonner, à sentir et à gérer leurs émotions et leur comportement. Et dans la plupart des cas d'enfants criminels, affirment-ils, des signes de crimes majeurs sont présents dès l'âge de 4 ans.
Encore plus important, les facteurs qui mettent l'enfant en danger de développer des personnalités violentes opèrent même encore plus tôt - dans certains cas, avant la naissance. Chapitres après chapitres, Robin Karr-Morse et Meredith S.Wiley décrivent comment le développement prénatal, le tempérament, les addictions des parents et les traumatismes physiques et psychologiques sont liés à des troubles du comportement et de la violence impulsive. Il en ressort que les bébés ont besoin qu'on prenne soin d'eux de façon sensible et cohérente pas seulement pour leur bonheur, mais pour le développement sain de la chimie la plus basique du cerveau. Les dégâts à ce développement - et à la réponse de stress en particulier - peuvent priver un enfant de ses possibilité de concentrations, d'organiser et d'articuler ses sentiments, de contrôler ses impulsions, et de prendre en compte d'autres points de vue et de reconnaitre les conséquences de son comportement.

Les conclusions de "Fantômes de l'Enfance" sont familières: seuls ou combinés, la négligence, l'abandon, l'abus, l'utilisation de drogue et la malnutrition font des ravages sur un enfant. Les auteurs ont fait un bon travail en expliquant comment ces misères peuvent se traduire par des blessures neurologiques, et comment ces blessures peuvent éventuellement être liées aux violences qui s'en suit. Ce qui manque est une discussion des limites de cette explication. Karr-Mors et Wiley n'expliquent pas, par exemple, comment la plupart des enfants abusés et négligés ne deviennent pas violents. Pourtant ils notent la profonde différence entre les sexes et leur réponses à l'abus: c'est principalement les garçons qui agissent à travers la violence, pendant que les filles se "dissocie", deviennent passives et retirées. Et leur auteurs ne parviennent pas à démontrer que ces facteurs de risques précoces ont suffisamment augmentés ces dernières années pour expliquer l'augmentation de la vague de crimes infantiles.

Néanmoins, "Les Fantômes de l'Enfance" est éclairant et persuasif. Dans leur deux derniers chapitres, Karr-Morse et Wiley disent que la protection de l'enfance et le système judiciaire des mineurs sont impliqués de façon trop tardives pour contrer les effets des blessures précoces de l'enfance. Les deux auteurs ont fait l'expérience de ces systèmes, Karr-Morse en tant que directeur d'une formation de parents pour la protection de l'enfance et Wiley en tant que membre du corps législatif de l'état qui a aidé à repenser les systèmes de protection de l'Oregon. Les deux ont rejoint un groupe d'experts croissant en développement de l'enfant qui insistent sur le fait que, pour être efficace, les programmes visant à protéger le bien être des enfants doit intervenir parfois avant la naissance. Mais le message "caché" dans "Les Fantomes de l'Enfance" est encore plus profond. Il semble que nous soyons si éloignés du bon sens et de la sensibilité dans l'education de l'enfant que nous devons compter sur les scanners du cerveau de l'enfant et des statistiques du FBI pour nous rappeler ce dont les bébés ont toujours eu besoin pour s'épanouir: attention, alimentation, stabilité et amour."

"AM: Je connais le livre et ces ceux auteurs que j'ai rencontré à New York en 1998. J'ai adoré leur livre; il est courageux, honnête, rempli d'informations et écrit avec le coeur. J'ai l'ai mentionné plusieurs fois, par dessus tout dans mon livre "Libres de Savoir" et je le fait avec plaisir en publiant ici votre lettre et la critique. J'aimerais ajouter qu'en abusant et négligeant les enfants, nous ne produisons pas seulement des enfants et des adultes malheureux, mais aussi plein d'abuseurs d'enfants parmis eux. Cette dynamique de transmission de la cruauté n'est toujours pas mentionnée, ignorée ou niée par la plupart des auteurs."


A Lire Aussi:
  • "La Fessée, Questions sur la Violence Educative", d'Olivier Maurel


Version Originale:
"May 10, 1998
Thugs in Bassinets
By KAREN WRIGHT

GHOSTS FROM
THE NURSERY
Tracing the Roots of Violence.
By Robin Karr-Morse and Meredith S. Wiley.
364 pp. New York:
The Atlantic Monthly Press. $25.

In the past decade, two notable changes have taken place in two distinct sectors of American society. One has occurred in the laboratories of scientists who study the development of the human brain. New imaging techniques have shown that babies' brains are not, as once thought, hard-wired, but extraordinarily malleable, and that their neural circuitry undergoes tremendous elaboration and refinement during the first three years of life. The other change is evident in the schools and on the streets of towns like Jonesboro, Ark., West Paducah, Ky., and Pearl, Miss. According to the F.B.I., the number of juveniles arrested for weapons offenses more than doubled in the last 10 years, and aggravated assault by teen-agers jumped 70 percent. The arrest of juveniles for murder has increased by half.

It is the unhappy theme of ''Ghosts From the Nursery'' to bring together the new understanding of brain development and the growing threat of violence perpetrated by children. Through abuse, neglect and other childhood insults, the authors argue, most youthful offenders have sustained lasting neurological damage that interferes with their ability to reason, to feel and to regulate their emotions and behavior. And in most criminal children, they assert, signs of imminent felony are present by the age of 4.

More important, the factors that put children at risk of developing violent personalities are operating even earlier -- in some cases, before birth. Chapter by chapter, Robin Karr-Morse and Meredith S. Wiley describe how prenatal development, temperament, parents' addictions and physical and psychological trauma relate to behavioral disorders and impulsive violence. It turns out that babies require sensitive and consistent care not just for their happiness, but for the healthy development of the most basic brain chemistry. Damage to this development -- and to the stress response in particular -- can rob a child of the resources to concentrate, to organize and articulate feelings, to control impulses, to appreciate other perspectives and to recognize the consequences of behavior.

The conclusions of ''Ghosts'' are familiar: alone or in combination, neglect, abandonment, abuse, drug use and malnutrition wreak havoc on a child. The authors do a good job of explaining how these miseries can translate into neurological injury, and how injury could be linked to eventual violence. What's missing is a candid discussion of the limits to this explanation. Karr-Morse and Wiley do not acknowledge, for example, that most abused and neglected children do not become violent. Nor do they note the profound differences between the sexes in their responses to abuse: it is mostly boys who act out through violence, while girls dissociate, becoming passive and withdrawn. And the authors fail to demonstrate that early risk factors have increased enough in recent years to account for the kindercrime wave.

Nevertheless, ''Ghosts'' is ominous and persuasive. In their final two chapters, Karr-Morse and Wiley argue that the child welfare and juvenile justice systems get involved too late to counter the effects of early childhood insults. Both writers have experience with these systems: Karr-Morse as the former director of parent training for the Oregon child welfare system, and Wiley as a member of the state legislative staff who helped redesign Oregon's protective services. The two join a growing chorus of child development experts in insisting that, to be effective, programs seeking to insure the welfare of children must intervene even before birth. But the unspoken message of ''Ghosts'' is more sobering still. It seems that we have strayed so far from common sense and sensitivity in child rearing that we must rely on brain scans and F.B.I. statistics to remind us of what babies have always needed to thrive: attention, nourishment, stability and love."


"AM: I know the book and both of its authors whom I met in New York in 1998. I loved their book; it is brave, honest, very informative and written with heart. I mentioned it repeatedly, above all in my book "The Truth Will Set You Free" and do it with pleasure by publishing here your letter and the review. I would like to add that by abusing and neglecting children, we not only produce unhappy children and adults but also many child abusers among them. This dynamic of passing on cruelty is still unmentioned, ignored or denied by most authors."

Sur le Chemin de la Guérison

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "On healing".


Traduction d'un passage du courrier qui explique bien comme il ne suffit pas de traiter les symptomes mais qu'il faut remonter à leur origine.

"Comme je le vois, se débarrasser des symptômes et des défenses en aval, est un must, mais ce n'est pas un acte de volonté en soi, mais une partie, ou la dernière partie, d'un autre acte de volonté: s'engager dans un processus de guérison, aborder le problème en amont - stopper la pollution de la rivière en remontant à la source. Quelque chose que je "refuse" est de me blamer moi même (ou être blamé) pour ne pas m'être complétement guéri par moi même pour ce que mes horribles parents ont fait. Je ne suis pas à blamer ! Ils le sont ! Ne serait-ce pas le processus de dépasser la peur de la mort de l'enfant qui nécessite un témoin eclairé ?"
"AM:Avec des sentiments très forts,c'est toujours mieux de ne pas être seul et d'avoir un bon témoin compréhensif. Mais, vous avez raison, il y a plein d'autres travaux que vous pouvez faire seul, comme par exemple écrire des courriers que vous n'enverrez pas et reconnaitre de cette façon de plus en plus comment vos parents vous ont traités et quel impact ça a laissé sur vous. Personne ne peut le savoir mieux que vous même. Plus vous verrez les dommages qui vous ont été faits, plus vous commencerez à aimer le petit enfant qui a du endurer la cruauté en silence et sans aide."

Version Originale:

"As I see it, getting rid of symptoms and defences downstream, is a must, but it's not a willed act in itself but a part of, or end of, an other willed act: going into a process of healing - addressing the problem upstream - stopping the pollution of the river by taking out the source. Something I "refuse", is to blame myeself (or being blamed) for not having healed all by myself for what my horrible parents did to me. I'm not to blame! They are!
Isn't overcoming a child's fear of death a process that needs an enlightened witness?"

"AM: With very strong feelings, it is still better not to be alone and to have a good, understanding witness. But, you are right, there is plenty of other work that you can do alone, like for instance writing letters that you would not send and recognize in this way more and more how your parents have treated you and which impact this left on you. Nobody can find it out better than you yourself. The more you see the damage done to you, the more you begin to love the small boy who had to endure cruelty, silently, without any help."

mardi 5 avril 2011

Sentir les Sentiments Réprimés Depuis Longtemps

Traduction de l'éditorial d'Alice Miller qui est un courrier de lecteur "To feel long repressed feelings".


"Dr Miller,

Merci pour votre travail courageux. J'ai lu en premier "Le Drame de l'Enfant Doué" il y a vingts ans et j'ai lu tous vos livres depuis. Je visite votre site web pour lire les nouvelles lettres et vos réponses.

Je vous remercie de mettre en avant la nécessité de SENTIR la rage et la colère. Vous écrivez constamment à propos de ça. Je vois maintenant pourquoi.

Durant les dernières années, j'ai appris à accueillir ma colère et ma rage encore plus que ce que j'avais pu avant. J'ai commencé de sentir complétement la rage emmagasinée de mon enfance, ce qui m'a apporté des leçons vitales. Mes souvenirs, parfois avec clarté, reviennent avec la force de la vérité. C'est arrivé grâce à vos conseils. Ma rage passée est un sentiment essentiel pour récupérer ma vie. Dernièrement, ma rage à découvert une nouvelle source: l'implication de ma mère dans les maltraitances de l'enfant.

Dans mon enfance, les punitions corporelles venaient de mon père. Quand il rentrait de son travail, et avait reçu une plainte de notre mère, il prenait habituellement sa ceinture en cuire et l'utilisait sur nos derrières (nous étions six enfants). Ceci arrivait habituellement après que nous ayons été mis en garde par notre mère. Lorsqu'elle fut contrariée ou impatiente avec notre comportement. Elle nous disait, "Attendez que votre père rentre à la maison," et quand il était là, il punissait l'un d'entre nous, ou plusieurs d'entre nous, pour des actions que nous avions oubliées. Mais notre mère prétendait que nous méritions les châtiments de notre père.

Nous n'avions souvent aucune idée de pourquoi on méritait cette punition ! Nous étions juste des enfants. Mais il écoutait notre mère et nous savions ce qui allait arriver. Quand on lui avait dit quelles violations on avait commis - qui sait, peur être ne pas écouter notre mère ou agissant avec rien de plus que l'enthousiasme débordant de six enfants jouant dans une petit maison - le père allait nous punir avec sa ceinture. C'était terrifiant. Mais c'était un lâche. Il n'était plus en contact avec sa vie et sa rage emmagasinée, et durant les coups de fouet avec la ceinture il passait la rage et les blessures de sa vie sur nous. Qu'il nous punisse était méchant, ce n'était jamais justifié, mais ça arrivait. Ce qui était particulièrement inquiétant était sa rage, son visage rouge, et la force émotionnelle derrière son utilisation de la ceinture. J'ai une série d'images ou je me souviens clairement que ça faisait partie d'une routine ritualisée.

Je voudrais vraiment mettre en avant l'aspect de l'implication de la mère, que je n'avais jamais complétement réalisé dans mes précédentes remises en mémoire ou travail inefficace avec des thérapeutes occasionnels. J'avais complètement oublié combien ma mère pouvait garantir la punition de mon père. Quel pouvoir elle avait et qu'elle exerçait !

Cette prise de conscience de l'implication de ma mère est une nouveauté révolutionnaire pour moi. Il était évident que l'acte physique de punitions venait du père, mais l'implication de ma mère était critique dans le schéma de punition. Avec une grande ironie et hypocrisie, notre mère, qui avait initiée la punition, devenait celle vers qui on allait pour être réconforté après avoir été frappés à coups de ceinture. Quel cercle fermé! Et les frères et soeurs, comme des adultes, en rangs serrés et perpétuant des mythes variés et le déni pour protéger l'un ou l'autre, ou les deux, des parents. Il n'est pas étonnant que les enfants se retrouvent piégés - tout se renforce. Et dans notre famille la mère est à l'abris des critiques ou de sa responsabilité, et donc le père est comme ça avec la plupart des frères et soeurs et cousins.

C'est seulement parce que j'ai appris de vous à RESPECTER et SENTIR à la fois MA RAGE et MA COLERE que j'ai autorisé ces souvenirs à se révéler. J'ai 50 ans. J'ai travaillé depuis mon adolescence à construire ma perspicacité, construire à mon sens ce que Socrate appelait "Mieux Se Connaitre", et à continuer de grandir et d'apprendre. Mais je dois dire que la sagesse que vous transmettez dans tout votre travail est le soutient le plus précieux écrit à l' heure actuelle.

Vos conseils pour sentir sa propre rage et colère est un antidote vitallement nécessaire pour quiconque veut grandir et guérir d'une enfance de négligences, de maltraitances ou d'abus. Et pour moi cette rage inclue maintenant la colère contre la mère. Il semble que ce soit transgressif parce que la protection aveuglante en l'honneur de la mère et du père est forte. Mais ma rage est réelle, vraie et légitime. Peu importe que ce soit concentré principalement sur ma mère; c'est extrêmement libérateur de sentir ça. Il faut du courage et de la patience et de la persistance pour guérir et permettre à ses véritables sentiments d'émerger du noir. Sans vous, je n'aurais pas pu aller aussi loin.

AM: Merci de vous courrier. Il semble que c'est très facile de donner ce conseil (sentir votre rage réprimée) mais maintenant vous savez à quel point c'est difficile de finalement sentir ce que vous avez tenté de ne pas sentir durant 50 ans. Je suis heureuse que vous ayez réussi et que vous vous sentiez libéré. Le poids des sentiments niés peut être gigantesque et très destructeur."

Version Originale:

"Dr. Miller,

I want to thank you for your brave work. I first read “Drama of the Gifted Child” over twenty years ago and have read every book of yours since. I visit your website to read new letters and your responses.


I want to thank you for emphasizing the necessity to FEEL rage and anger. You consistently write about this. I now see why this is so.


Over the past year, I have learned to welcome my anger and rage more than I ever could before. I have begun to fully feel the stored rage from my childhood, which brings vital lessons for me. My memories, sometimes with clarity, return with the force of truth. This is happening thanks to your direction. The feeling of my past rage is essential to reclaiming my life. Lately my rage has uncovered a new source: my mother’s involvement in childhood mistreatment.


In my childhood, physical punishment came from my father. When he came home from work, and had gotten a complaint from our mother, he would usually take off his leather belt and use it on our behinds (I am one of six children). This usually occurred after we were warned by our mother. She would be upset or impatient with our behavior. She would tell us, “just wait until your father comes home,” and when he did, at some point he would punish one, or several of us, for actions we had forgotten – but which our mother claimed we deserved punishment from our father.


We often had no idea why we deserved this punishment! We were just kids. But he listened to our mother and we knew what would happen. When he was told whatever violation we commited – who knows, maybe not listening to her or acting out with nothing more than the boundless enthusiasm of six children playing in one small house – the father would punish us with his belt. It was terrifying. But he was a coward for doing so. He was out of touch with his life and his stored rage, and during the belt whipping he passed his rage and hurt from his life unto us. That he punished us was itself wicked, it was never justified, but it happened. What was especially scary was his rage, the redness of his face, and the emotional strength behind his use of the belt. I have a series of images I clearly remember that were parts of a ritualized routine.


I really want to emphasize the aspect of the mother’s involvement, which I never fully realized in my past recollections or ineffective work with the occasional therapist. I had completely forgotten how my mother could guarantee the punishment from my father. Such power she had and wielded!


This insight of my mother’s involvement is a revolutionary breakthrough for me. It was obvious that the physical act of punishment came from the father, but my mother’s involvement was critical in the scheme of punishment. With great irony and hypocrisy, our mother, who initiated the punishment, became the one we then went to for comfort after we got belted. What a closed circle! And the siblings, as adults, close ranks and perpetuate various myths and denial to protect either one, or both, of the parents. No wonder children get trapped – everything reinforces itself. And in our family the mother is immune from criticism or accountability, and so is the father with most of the siblings and cousins.


Only because I have learned from you to RESPECT and FEEL both MY RAGE and MY ANGER that I have allowed this insight to reveal itself. I am 50 years old. I have worked since my adolescence to build my insight, to build my sense of what Socrates instructed, “to know thyself,” and to continue to grow and learn. But I must say that the wisdom you impart in all of your work is the most valuable material being written today.


Your guidance to FEEL one’s rage and anger is an antidote vitally necessary for anyone who wants to grow and reclaim a childhood of neglect, or mistreatment, or abuse. And for me that rage now includes the anger against the mother. It feels transgressive because protection and blind honor to the idea of mother and father is so strong. But mine is real rage, true and legitimate. No matter that it is focused properly at my mother; it is extremely liberating to feel it. It takes courage and patience and persistence to heal and allow true feelings to emerge from hiding. If not for you, Dr. Miller, I would not have gotten this far.


AM: Thank you for your letter. It might seem very easy to give this advice (feel your repressed rage) but you know now how hard it is to eventually feel what you tried not to feel over 50 years. I am glad that you succeeded and feel liberated. The weight of denied feelings can be gigantic and very destructive.."

Ou Allons Nous...

Traduction de la réponse d'Alice Miller au courrier "Where are we going...".

"Vous écrivez: "Partager votre connaissance et vos expériences m'a aidé à ouvrir mes yeux, mon coeur et mon corps pour comprendre ma vie personnelle." Plus vous ouvrez les yeux sur l'enfant tourmenté que vous étiez, plus vous verrez tout les événements scandaleux autour de vous mais vous allez aussi trouver le courage de parler comme vous le faites ici. Merci pour votre lettre."

Version Originale:

"AM: You write: “Sharing your knowledge and expeiences has helped me to open my eyes, heart and body to understand about my personal life.” The more you open your eyes to the tormented child you once were, the more you will see all the scandalous events around you; but you will also find the courage to speak up as you did here. Thank you for your letter."